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01/09/2009

Samedi, MacEwan

8119011.jpgC'est une belle histoire , lorsque de livres en livres, on trouve que c'est de mieux en mieux .... McEwan, j'ai commencé avec Expiation, sur les recommandations de la copine A.B. Pas évident comme début entre ce livre et moi. Posé, recommencé, reposé, recommencé, oublié, repris ... et finalement lu et aimé. Pourquoi cet acharnement ? L'impression de passer à côté de quelque chose de bien. Pourquoi cette difficulté ? Je ne sais pas, peut-être un univers victorien (celui de la première partie) que je n'arrivais à saisir.
Sur les conseils de la copine Zizou, j'ai poursuivi avec Un jardin de ciment. J'ai plusieurs fois résisté à l'envie de le fermer. Je l'ai fini quand même et moyennement aimé. Trop glauque, un peu cousu d'avance. Là, pause, Ian McEwan. Je laisse tomber. Peut-être bien, mais pas pour moi finalement.
Deuxième opus, mon homme préféré se met à Expiation, sur mes conseils malgré ce que je viens d'écrire. Le trouve génial. Bon, soit. Et il poursuit avec Samedi. Regénial me dit-il. Insiste avec Sur la plage de Chesil. Le top me dit-il.
En femme et en lectrice consciencieuse, je m'y remets. Et sans effort, avale Samedi, dévore Sur la plage de Chesil.
Samedi, il faut quand même passer les premières pages neurochirugicales, elles ont sûrement leur raison d'être mais moi j'ai pas vu laquelle.
Après, le rythme de lecture s'installe, on accepte de suivre les activités habituelles du samedi de cet homme a qui tout réussi, même ses enfants, même sa femme, même sa cuisine ... Il pourrait être très énervant, en fait ... Le  petit bourgeois sans histoire, honnête, travailleur, les enfants un peu bohèmes mais complices, aimants ...
Si ce n'est de toutes petites failles, comme les nôtres, finalement ... Pas plus grandes ni plus petites : l'enfance, la mère, la peur de l'avenir, l'angoisse des temps devenus terroristes, les petites douleurs d'un corps qui veilli, mais pas trop encore.
Un bout de parcours d'un homme presque bien qui dérape, pour rien, pour un tout petit rien qui aurait pu être sans conséquence, même pas tragique ni grandiose.
Et on suit encore, lorsque l'univers cossu-bobo de cet homme et de sa famille se fait violenter et tangue et vacille. L'extérieur va faire irruption dans ce monde ordonné. On l'a vu depuis un moment que l'édifice n'allait pas tenir debout comme ça et pourtant on suit encore, sans suspens et sans angoisse. On accepte que l'histoire se déroule, finalement, construite et maitrisée, jusquau bout.
Sur la plage de Chesil, donc, je n'avais plus le choix.

Athalie

La batarde d'Istambul d'Elif Shafak

 

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Les loukoums et le génocide ....La batarde d'Istambul d'Elif Shafak mêle les deux, aussi étonnant que cela puisse paraître ; l'excessive douceur d'une famille de femmes comme livrées à elles-même dans le navire de la maison familliale aux façades douceureuses et trompeuses, parce que à la fin, ça croque sous la dent, comme une amande que l'on avait oubliée être au milieu d'un loukoum. Elles ne semblent jamais sortir, sauf une, la révoltée .... Sinon, les tantes, les soeurs, elles sont comme des berniques, des bigorneaux, bien acrochées au même rocher, sans, semble-t-il, d'autres liens que ce rocher commun.
Le génocide arménien, ces femmes en sont la trace, sans même le savoir d'ailleurs jusqu'à ce l'arrivée d'une exilée qui veut reprendre sa place dans l'histroire familliale et l'Histoire, change la donne.
Doucement, le roman va aller vers sa fin, comme une construction où les morceaux de la pyramide (de loukoums, toujours ....) vont trouver leur place.
Pas de la grande littérature, mais un livre qui se dévoile solide petit à petit. La violence est douce, pire peut-être que si elle éclatait vraiment. Un livre de traitres douceurs.

Athalie