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31/03/2011

La librairie de Banon

P1010107.JPG Banon, c'est dans les Alpes de Haute provence, on avait loué un gîte pas loin l'été dernier, parce que personne n'y va et qu'il y fait chaud. Pourquoi personne ne va dans cet endroit où il fait beau, et chaud et où il n'y a personne, enfin, je veux dire pas de hordes touristiques, m'échappe ... Surtout après y être allée.

A Banon, il y a quelques magasins, peu, mais les essentiels : une boucherie charcuterie avec des chaises dedans, disposées de chaque côté de la fille d'attente (ben oui, il n'y a pas hordes, mais quand même), pour que les mamies descendues du haut du village (qui est haut et la rue pentue ...) puissent s'assoir et se taper la discut avant de remonter ; une épicerie à tout faire, "Super Banon", elle s'appelle, le tenancier aborde un tee-shirt rouge avec le nom dessus et vous vend du fromage de chèvre comme si chacune des crottes était un millésime rarissisme ... (Bon, il faut aimer le fromage de chèvre, mais, nous, on aime, on a fait une telle cure que le sevrage fut rude) Y'a même un brumisateur qui se déclenche quand on entre.... Le top technologique du coin. Parce que c'est paumé quand même comme coin, bien planqué dans les champs de lavande qui font fuir l'envahisseur touristique. C'est paumé, mais c'est beau, c'est super beau.

Y'a pas de supermarché, mais il y a une librairie. Un truc comme ça, ça donne l'idée du village. Devant la librairie, pas loin de la placette à la fontaine (non, je n'invente pas) il y a trois bars avec des terrasses, avec des gens dessus qui mangent des glaces après avoir acheté des livres, ou pas, certains, c'est le pastis. D'autres déambulent dans les rues (pentues) avec un sac plastique à la main : "les bleuets" marqué dessus (c'est le nom de la librairie)

La première fois qu'on y est allé, à Banon, on n'y a pas cru. La deuxième, j'ai regardé si il n'y avait pas un collège quelconque pour demander ma mut. Il n'y en a pas, comme le supermarché. On ne consomme pas bêtement, dans ce pays là, on savoure. Donc, nous, comme on est des touristes,qu'on est pas dans la vraie vie du village, on a savouré les fromages et les odeurs de lavande, et on a consommé des livres. En plus, au gîte, il y avait piscine et transats pour aller avec la lavande et les mûres, à cueillir quand on avait fini les bouquins (et après, il fallait retourner à Banon, en plus, pour le ravitaillement en fromage de chèvre et en  livres ...)

Une histoire que celle de la librairie de Banon : un type, un tournant de sa vie, il a racheté le vieux tabac presse et en a fait l'attraction touristique majeure du coin perdu mais beau et odorant, et pentu et sec comme un coup de trique des romans du père Magnan : cela donne des années plus tard, une vieille maison labyrinthique avec des livres partout. En tas, en vrac, pas comme les supermarchés du livre de chez nous. Avec les dernières parutions, sans la recommandation manuscrite de Sophie (FNAC) et Emile (Virgin) qui entoure le truc à vendre. Ouf !

Frime intime assurée, lire le dernier Dugain, "L'insommie des étoiles" dans les derniers rayons du soir, avant un p'tit blanc, en regardant les lavandes faner. Je ne vous fais pas le bruit des cigales, il n'y en avait pas ...

 

Athalie

 

Le dicton du mois

il-0405-enf-sg-01.jpg

Avril
Sans soirée filles
Lexomil
 
Agnès B.

23/03/2011

La vie très privée de monsieur Sim J. Coe

LA-VIE~1.JPGLe dernier Coe, c'est comme le dernier Indridasson : je le vois, je le prends, je le lis le (la ?) quatrième de couverture dans la file d'attente de la caisse, si il y en a une, ou dans le bus, si il n'y en avait pas.

Après, il reste deux ou trois semaines sur l'étagère des "pas encore lu" et les vacances d'après l'achat, hop ! dans le sac !

Ce n'est pas vrai pour celui-là, mon homme l'a lu avant moi, je lui ai dit que c'était un cadeau pour lui, vu qu'il m'avait signalé deux trois jours avant, que nos finances étaient quelque peu en baisse, ça passait mieux, en cadeau, vu qu'avec le dernier Coe, j'en avais acheté deux ou trois autres, et que il y a mon fils aussi. Je peux lui refuser plein de choses à mon fils préféré : une DS, une heure sur internet à jouer à des jeux idiots ( auxquels je joue, d'ailleurs, plus ou moins en cachette ...) mais pas une chemise rose ou violette (qu'il ne réclame pas) ni un livre. Surtout pas un livre, évidemment. (Il faudra que je raconte la librairie de Banon, un de ces jours).

Donc, le dernier Coe, au début, je suis partie comme une flèche, puis quelque peu déçue, je trouvais que le rythme lambinait, le personnage par trop décalé pour qu'on y croit, trop "has been" qui le sait, trop réflexion sur la société ; la société, elle ne va pas bien, on communique sans communiquer, (la preuve ce blog où je suis en train d'écrire une note au lieu de téléphoner à une A, voire de boire un coup d'apéro avec une A, ou un ou une non A ...), voire même de parler à mes enfants, mon homme ... oui, OK, les nouvelles technologies, c'est pas bien, sauf que moi je m'en sers sans arrêt (à ma mesure) et que je trouve ça "vachement bien", combat d'arrière-garde, un peu ... quelques morceaux de bravoure qui racrochaient quand même : la discussion sur les brosses à dents qui tiennent la société de consommation, d'autres moments : la découverte du père, endormi, après s'être branlé, la goutte blanche qui coule encore ... Un sentiment mitigé, jusqu'aux derniers chapitres qui donnent leur sens au pitoyable.

Finalement, je l'aime bien ce Coe, pas un grand, soit, mais un rendez-vous pour le prochain.

Athalie

12/03/2011

True grit, les frères Cohen

bear44.jpgLes enfants n'étant toujours pas là, avec mon homme, on est retourné au cinéma ... Dingue ! En plus, il faisait beau, en plus, c'était pas l'heure qu'on préfère, en plus, j'avais du boulot, en plus on n'était les seuls à avoir eu la même idée saugrenue d'aller s'enfermer dans le noir devant un écran alors que les gens normaux poussent des poussettes dans les rues rennaises pour aller au parc ...

(Il y avait même une A, qui d'ailleurs devait faire sa première note ... )

Ben, ça en valait la peine de ne pas pousser de poussettes dans les rues ensoleillées. Il est rudement bien le dernier des frères Cohen. En trois quatre plans, on y est dans l'enfance du western, dans la nôtre aussi. Tous les codes y sont, la grande rue, la poussière, les lois qui n'en sont pas vraiment ... On entre dedans l'image et on se laisse pousser vers l'action, tranquillement, au rythme des scènes réécrites, des "must have" doucement décalés : la traversée de la rivière, j'ai adoré, mille fois vue, pourtant.

Bon, c'est du Cohen quand même, donc il me faut parfois fermer les yeux, voire les oreilles en plus : le burlesque sanguinolent, je peux regarder, mais seulement la deuxième fois et sur petit écran, donc je n'ai pas su tout de suite ce que le marshall arrachait ou pas dans la bouche du texan, mais on suit quand même. Dès fois, on n'a pas le temps de fermer les yeux ....

Après, ça s'accelère, tellement que j'ai sauté sur mon fauteuil pendant les 20 dernières minutes, genre cabri qu'a oublié que c'est même pas vrai ce qui se passe sur l'écran, et qu'il fait beau dehors et que les gens normaux poussent leur poussettes vers des parcs normaux, où il n'y a pas de serpents qui mordent les petites filles, pas de duel à un contre cinq, ou six, pas de rédemption possible. Et puis la "chevauchée fantastique", la "nuit du chasseur", mais à l'envers ...

Le miracle a dû opérer parce que même au "masque et la plume", il n'ont rien trouvé à redire. C'est dire.

Athalie

En lieu et place de ... 

La rivière noire Indridason

9782864247586.jpgBon, puisque personne ne s'y colle, je m'y mets.

Il est sorti sans crier gare, celui-là.

Il fut un temps où le dernier Indridason mettait notre petit groupe de lectrices en émoi : "Il est sorti", "Oui, je sais, je suis passé le prendre à la Fnac, hier ..", "Mince, j'ai pas le temps cette semaine, j'irai samedi, de toute façon, j'aurai pas le temps de le lire cette semaine.Il est bien ?", "Je ne sais pas, j'ai pas eu le temps de le commencer, et de toute façon, je n'aurais pas le temps cette semaine non plus". Mais, bon, y'en avait une qui l'avait, c'était déjà ça.

Ca avait commencé à "Etonnants voyageurs", une fois de plus ... avec la copine A.B., on flanait dans les rayons, pas vu grand chose encore (Boyden était-il là cette année là ?), voire rien, on traîne entre les piles de livres, histoire de bien se remettre dans l'imaginaire : "tu l'as lu celui-là" "Ah, oui, génial !" et celui-là ?" "Non, connais pas", "Comment tu connais pas ? mais comment t'as fait, il est excellent ! Ben, parce que je suis la dernière bécasse à qui t'en cause ... ( Il faudra qu'on cause d'Euréka street, d'ailleurs). Bref, un libraire qui avait compris qu'on aimait le "rouge qui tâche" nous a conseillé Indridason, on est reparties avec La cité des jarres et La femme en vert, et après ça, c' était parti, on attendait le dernier et après, on a fait comme une tâche d'huile ...

Donc, je passais il y a une quinzaine et quelque dans un des super marchés de bouquins rennais, et je le vois, surprise mais pas d'hésitation, je tends le bras, je l'attrape, le cale avec les autres achetés pour le boulot et hop, passage à la caisse. Y'avait pas assez de monde pour que j'ai le temps de lire le quatrième, je l'ai lu dans le bus. Tiens, pas de Erlendur dans celui-là ... ? (je dois encore écorcher le nom, mais y'a bien quelqu'un qui me rectifiera ...) Pas grave.

Donc, vacances, donc temps de le lire. Et bien, c'est bien de se couler dans les chaussons islandais. Tout y est comme d'hab, c'est lent, l'enquête se traine, les rencontres sont improbables : ah ! la dame des ondes qui a vu un boiteux passer ... tout se trame sans que l'on sache comment on va arriver à la fin, des fois, on se demande si il va finir par en avoir une, de fin. C'est une société étrange qui se montre, d'infinies solitudes, de noirs secrets, une si petite société où l'on peut recenser les malades d'une épidémie de polio et aller les interroger un par un, puis si grande qu'il faille prendre l'avion pour vérifier une simple intuition ... c'est ça qui m'a plu en fait, une forme d'exotisme du froid.

Athalie

Discours d'un roi

P3240018.JPGBon, les enfants ne sont pas là et mon homme et moi on a réussi à aller voir un film. Un truc classique, sans images qui tremblent et trucs bizarres qu'on comprend pas (non, je vous rassure j'en ai vu d'autres depuis "Téréhan sans autorisation" comme "Matmud" ou un truc comme ça avec Depardieu, y'a bien une A qui trouvera le bon titre ...). Le film que tout le monde a vu, dont les A, I suppose. Surtout qu'il y a des A qui partiquent la langue anglaise. D'autres, moins.

Comme je suis sans doute celle des A qui va le moins au cinéma, je donne mon avis de spectatrice toujours en retard de plusieurs films ...

Bref, pour moi, y'a du bégaiement là dedans. Le classicisme dans la mise en scène, et des dialogues en frontal, et des champs contre champs ...., et que je te montre ce que je veux te montrer, détails d'époque pour faire vrai, gros plans sur les visage, surtout celui de Berthie, il faut dire qu'il souffre le malheureux, le long couloir qui le mène au studio où il doit prononcer son discours de roi qui annonce la guerre, justement, un condamné à mort qui va vers son exécution ..., sauf que lui il bégaie juste, la grande histoire, c'est quand même le fascisme qui ne bégaie pas, lui, la sortie triomphale, la seconde guerre mondiale en arrière plan ... mais c'est pas très grave, Berthie a réussi à l'annoncer : des scènes superbes : la mort de Georges V, dans le parc entre Berthie et Longe, des dialogues riches et des piques bien humour anglais.

Juste assez bien fait pour que l'on ne s'ennuie pas, tout en regrettant la maestria de "The Queen", cependant.

Athalie

La pluie avant qu'elle tombe Jonathan Coe

dentelles.jpg

C'est toujours une bonne surprise sur les rayonnages des grandes surfaces de livres de retrouver quelqu'un qu'on aime bien, c'est comme un clin d'oeil dans l'anonymat de toutes les autres couvertures, de tous les noms de ces intellos franchouillards genre Marc Levy et autres ... Au milieu des livres-objets de vente, dont les médias causent, un nom dont on reconnait la qualité, fait signe et plaisir : "Tiens, un nouveau ..."
Donc, je me souviens, il pleuvait et j'avais des courses à faire, des copies à corriger et surtout des cours à préparer, vu que j'avais donné à lire à mes élèves un livre, que l'on allait commencer à étudier et .... comme d'hab' pressée, dont je n'avais pas auparavant vérifier la présence sur les rayonnages de mes "livres pour le travail".
Donc, bingo, pas de bouquin pour préparer mes cours et ça commençait à urger .... 

Mais, comme, même pressée par le temps, le regard d'une lectrice qui vient racheter un livre qu'elle a dû prêter à un collègien qui ne le lui a pas rendu, et qui peste parce que acheter un livre uniquement pour préparer ses cours, ça énerve ....ce regard donc, jette un oeil de travers vers les nouveautés.
La pluie avant qu'elle tombe, donc. Jonathan Coe.
Déjà, le titre, je l'ai trouvé génial.
J'ai pas mal lu de Jonathan Coe, et j'ai bien aimé, surtout Le cercle fermé et Bienvenu au club (c'est peut-être dans l'autre sens d'ailleurs ...).
Le livre tout de suite en main, lecture de la première page, même pas en entier, le premier paragraphe, et l'évidence, là, c'est du tout bon qu'on dans la main.
J'ai dû acheter aussi le livre à étudier, mais là ....
Mon homme a lu avant moi, faut dire que je lui en ai fait cadeau en rentrant, donc, c'était plutôt normal.
Mais, je sais pas pourquoi, même si il m'a dit l'avoir beaucoup aimé, je trouve que c'est quand même plus un livre de filles.
Un livre qui a quelque chose à voir avec la maturité et l'acceptation que l'on y perd quelque chose à devenir une femme mature, contrairement à ce que les magasines féminins voudrait nous faire croire à grand renfort de couvertures pour "femmes matures qui s'éclatent dans leur maturité". Mon oeil, la maturité, c'est les rides, et les rides, c'est pas l'éclate.
La pluie avant qu'elle tombe parle donc tranquillement des choses qui auraient pu être dans la vie d'une vieille dame, des choix faits, des choix imposés, de ce que ces choix ont fait finalement un chemin qui a l'air d'être tracé, mais qui ne l'est que par sa fin. Un chemin tendre à lire pour le lecteur, attachant, de failles en images. Un roman intime mais pas intimiste, qui touche sans mièvreries. Un parcours que l'on suit. Presque comme le sien.

Athalie

08/03/2011

un mode d'emploi anti mastaflashe (quoique ...)

 

Pour prendre un bon bain ;Picture in Fichier bribes (2).jpg

Avoir eu un problème dans la journée (trop fastoche, dirait ma fille).

Ne pas avoir de solution à ce problème, du moins dans l'immédiat, voire même plus tard.

Avoir des perles de bain en quantité suffisante, on peut aller jusque trois dans les cas vraiment difficiles, mais en mélangeant les couleurs et donc les odeurs ou "fragrances", terme plus "perles de bain" de chez Yves Rocher (les moins chères).

Oublier le bain moussant (has been).

Mettre le thermostat à bonne température et laisser couler, dans tous les sens du terme.

Pendant ce temps, préparer les occupations : mettre le masque (en alternance un hydratant et un désincrustant ou un affermissant). Ne pas se tromper avec la fois d'avant, ne pas mettre les deux, l'un par dessus l'autre ...., puis retrouver le gommage "spécial pieds", le mettre sur le bord, retrouver le gommage corps (plus dur, ne doit se faire qu'une fois par mois, donc se souvenir de quel mois on est), et éventuellement le masque hydratant pour cheveux (si cheveux secs, sinon, on n'oublie cette étape) autres produits possibles selon la gravité du problème. (le plus de produits variant avec le plus de gravité, comme vous l'avez compris !)

Les huiles essentielles sont à réserver aux cas d'urgence.

Retourner dans la chambre en évitant les différentes remarques de votre homme sur l'aspect ridicule que vous donne les différents masques.

Préparer le pyjama (princesse Tam Tam, of course ...), dépareillé mais assorti quand même, les chaussons, la crème pour le corps, assortie ou non, selon urgence du bain qui est encore en train de couler et qui va finir par déborder si on continue à lambiner comme ça.

Revenir dans la salle de bain. Rentrer dans l'eau avec ses masques. Fermer les yeux. Rouvrir les yeux, se mettre au boulot pour enlever toutes les couches et se se faire les gommages prévus. Ou non, si on a la flemme, finalement.

Sortir.

S'induire le corps de crème ( qui colle au pyjama). Se dire qu'on a gaspillé des litres d'eau alors qu'il y a des gens qui meurent de soif dans le monde. Se dire que de tout façon, ils n'auraient pas bu l'eau de notre bain. Se répondre que ce n'est pas une raison pour l'avoir gaspillé égoïstement. Reprendre un bain parce que c'est un nouveau problème ....

Athalie

 

 

07/03/2011

Un été andalou

P7290264.JPGCe fut le luxe suprême : lire au bord d'une piscine, ou, au choix, sur une terrasse lègèrement ventée surplombant la ville andalouse. C'est même pas de la frime, j'en reviens vraiment ... Avec ma caisse de bouquins presque vide, mais j'avais tellement peur de manquer que j'avais un peu chargé la dite caisse. Pas de véritable coup de coeur, mais des moments sympas, sauf qu'au bout d'un moment, je me suis aperçue que j'avais quand même fait dans le GRAVE, la QUETE, le PASSE, le passé de la quête et inversement. Quelques traces :
Les vivants et les ombres de Diane Meur : j'avais un peu peur, vu le pavé et le choix narratif (c'est la maison qui parle) mais en fait l'histoire passe très bien. Une famille polonaise du XIXème siècle, perdue quelque part au fond de la Pologne (je suis nulle en géo et je m'en fous), des destins de femmes surtout.
Le chemin des âmes Joseph Boyden. Et pof ! encore un petit coup de guerre et de destins brisés : deux jeunes soldats indiens canadiens perdus dans la grande guerre, la nôtre ... Je ne sais pas ce qu'en dira la copine Agnès qui trouvait ce Joseph très beau à "Etonnants voyageurs", mais en tout cas, il écrit pas mal et juste. Et avec une ou deux A. On aime bien le physique avenant du dit Boyden ...
Hortense et Queenie Andréa Lévy Et rehop ! destins brisés par la guerre, mais cette fois-ci c'était la deuxième, en Angleterre, et les indiens ce sont des Jamaïquains. Plus destins de femmes.
On oublie:
Contours du jour qui vient Léonora Miano. J'avais aimé L'intérieur de la nuit, mais là le style n'est pas passé, plus overdose de destins de femme brisée par la guerre, la prostitution, l'absence de la mère, la cruauté sociable. GLOUPS ! Y'en a trop !

Sator Alain Le Ninèze. Ouf ! Pourrait-on se dire, le destin brisé, c'est celui d'un homme et, rapidement, on comprend que c'est Jésus Christ en personne. Reouf ! On connait donc la fin, on est tranquille. En fait, on s'ennuie du coup. Pas vu l'intérêt de cette ixième réécriture.
Une ombre sans doute Michel Quint. J'aime bien Michel Quint, mais là c'est trop ! ça tient pas debout deux secondes, son truc. Où est Cake-walk ?

Petits détails sans importance : ma fille n'a pas perdu ni cassé son éventail, son chapeau non plus d'ailleurs.

Athalie

Il faut qu'on parle de Kévin Lionel Shiver

Bon, c'était pas vraiment le moment, d'accord. On partait le lendemain en Andalousie pour quinze jours, on était au milieu des sacs, mon homme venait de m'annoncer que le compte courant avait nettement baissé alors que je m'étais acheté une tunique IKKS (en soldes, ouf ! ) quelques bouquins (six ...) en cas de manque "on the road", un chapeau rose pour ma fille (indispensable par contre), un éventail rose aussi à fleurs pour la même puce (totalement inutile, perdu ou cassé dans trois jours). Heureusement, j'ai résisté au peignoir pour le camping de chez "Les filles du mékong" (le magasin était fermé) et au maillot de bain deux pièces pour ma pucinette de chez "Petit bateau" (Y'avait pas le modèle que j'P7120167.JPGavais repéré). Et toc ! 80 euros d'économisé !
Ceci dit, il fallait que je parle de Kévin. Le titre c'est Il faut qu'on parle de Kévin. Rarement lu un bouquin qui me dérange autant, au point de me relever à trois heures du matin pour me calmer avec une cigarette, ce qui n'est pas franchement malin, j'avoue.
C'est la mère d'un tueur qui écrit, un tueur de quinze ans, qui a liquidé à coups de fléches ses "copains" de lycée, pas vraiment au hasard. Elle le décrit comme un être malfaisant, pas depuis la naissance, mais même avant, dans son ventre. Une vie avec lui faite de méfiance, de coups bas de part et d'autre, ses efforts à elle pour communiquer avec un enfant qui la déteste, foncièrement. Le problème, c'est qu'au bout d'un moment, cette mère martyre qui se présente comme coupable, et martyre, "coupable, forcément coupable" n'aurait pas écrit Duras, on se demande ce qu'elle cache, ce qu'elle ment. La fin est pire encore, on découvre que depuis le début, elle cache, effectivement, les deux crimes les plus intimes. Du coup, moi, tourneboulée, je me dis, depuis quand le mensonge a commencé ? Le monstre, c'est la maternité ? l'enfance ? Le bouquin, il me manipule depuis quand ? Comme Kévin a manipulé son entourage ? ou comme elle a manipulé son fils ?
Bref, une cigarette de plus en écrivant cet article ! C'est pas malin !

Athalie

Le transat est jagouin

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Saint Jacut, ça  laisse la journée (plus ou moins pluvieuse) pour plonger dans les réserves accumulées depuis des semaines en prévision de ce moment béni que sont les vacances dans un transat avec une pile de livres à portée de main.
J'ai donc pioché : mais la pioche est inégale cette année ... Pour l'instant.
Le complot contre l'Amérique de Philip Roth ou ce que serait devenue l'Amérique si les thèses nazies l'avaient remportées en 1942 : politique fiction, exercice de style interessant intelectuellement, mais qui laisse sa lectrice jaguouine quelque peu froide...
La folle équipée de Sashenka Golberg de Anya Ulinich, découverte à "Etonnants Voyageurs" ou les pérégrinations quelques peu improbables d'une gamine, de la Sibérie post soviétique à un loft américain (en compagnie d'un infirme amoureux et riche, mais bien infirme quand même, genre sans espoir de guérison). Des pages amusantes, tant qu'on y cherche pas autre chose. Convient bien au transat jagouin, en clair.
Mes quatre femmes de Gisèle Pineau ou l'esclavage et ses conséquences sur la condition féminine .... un peu rebattu le thème, un peu académique l'écriture. On peut rester dans le même transat que pour celui d'avant.
Et quelles autres choses dont je causerai plus tard. Maintenant, je vais aller (RITUEL !!!!!!) ranger les "déjà lus" dans la bibliothèque.
Un petit bonheur : Terre des oublis va retrouver sa place après une longue absence. Un jour, je causerai aussi des bouquins voyageurs, parce que des fois, mes copines emprunteuses de bouquins, elles m'énervent salement. Mon homme préféré a enfin pu le lire et évidemment, l'a trouvé génial, mais qu'attendre d'autre de ce lecteur averti, beau, bronzé, intelligent (Il lit ce blog ...)

 

 

Athalie

05/03/2011

Les chroniques de San Francisco A. Maupin

puy de Sancy.jpg

Sûrement, un article inutile, sûrement toutes les A. les ont déjà lues les Chroniques de San Francisco.
C'est donc juste pour dire aux A encore plus en retard que moi, si il y en a, en retard de quelques wagons, qu'elles peuvent y aller. Y a pas de honte à lire la même chose que tout le monde après tout le monde et à faire un commentaire comme tout le monde.
Une jolie lecture de plage ou de transat (d'ailleurs j'y étais dans un transat ....), des personnages typiques d'une époque un peu déjantée qu'on a pas connue (mais qui ne fait pas envie en fait ....). Y'a de la solitude chez ces doux déjantés du sexe, chez ces consommateurs plus ou raisonnables de dragues et de sensations. Un monde qui tourne en rond, aussi, malgré des gags plutôt drôles, on sourit d'une lèvre seulement, mais tendrement.

Athalie

Bérénice au TNB


"Bérénice" donc, allez hop ! Racine, ça classe sa blogueuse. J'avais passé la journée à mettre de l'engrais soit-disant bio, cher, et surtout totalement inefficace, autour des arbustes de ma pauvre haie qui ne pousse pas (non, elle ne pousse pas, ma haie, des arbustes qui ne prennent même pas 50 cms en un an, on peut pas dire que ça pousse ! Contrairement à ce qu'affirme mon beau-père qui s'obstine à me contredire avec une parfaite mauvaise foi et à tous les copains qui, avec une identique mauvaise foi, pensent me consoler de vivre à la vue de tous ceux qui passent dans la rue.)

Donc, pantalon infâme et pull de même, les ongles noirs pour un résultat que je sais d'avance dérisoire, et 20 euros de plus laissés chez Truffaut. Parce qu'évidemment, j'ai pris aussi l'engrais "spécial plantes méditerrannéennes" pour avoir bonne conscience auprès de mes lauriers roses qui ne poussent pas,donc,mais qui ne fleurissent pas non plus ....
Et le soir, l'intégrale IKKS acheté la veille avec une A anonyme (dans un entrepot de déstockage, faut rester démerde jusqu'au bout ) et la voilà, au bras de son mari préféré, gravissant ce temple de la culture bobo rennaise qu'est le TNB, toute ouïe dédiée au rythme racinien.
Le pire, c'est que j'aime vraiment Racine, et que la représentation valait vraiment la peine de se changer.
Une mise en scène très sobre, le texte, rien que le texte, pas d'effet de sens, de trucs pour moderniser, pour faire du sens, pas de projection d'images vidéos pour donner du sens moderne.
Juste le texte de Racine, l'écoute du texte de Racine, une Bérénice magistrale, un Titus tout minus à côté de cet amour trop grand pour sa chemise serrée. J'ai du coup compris le ridicule d'Antiochus (que je n'avais jamais perçu), en plus compris "l'ironie racienne" dont parlait Barthes, et que je faisais semblant d'avoir saisi dans mes années de fac, il faut bien le dire...
Le mieux de la soirée, c'est le bonheur partagé avec l'homme de ma vie. Et son sourire en sortant (mon homme, il a un super sourire). En plus, il m'a expliqué toute la pièce en sortant, et il explique drôlement bien ... Il adore m'expliquer des choses, surtout quand on est d'accord ... C'est pas un Titus, mon homme !

Athalie

                             

Téhéran sans autorisation S. Farsi

P3240022.JPGAvec mon mari préféré, nous allons peu souvent au cinéma ensemble. C'est pas qu'on aime pas ça, c'est  qu'on a toujours autre chose à faire : les courses, la cuisine, des trucs super importants qui ne peuvent pas attendre le lendemain : rester à la maison regarder la téloche ou un des derniers DVD achetés en promo à la FNAC, glander en causant de notre boulot, de nos enfants. Mais de temps en temps, on prend de bonnes résolutions. "Bon, on se faire un ciné". Et là, les problèmes commencent : je passe le choix du film, toujours légèrement problématique. "Non, celui-là, je le verrai plutôt avec mes copines, non, celui-là, il ne me dit rien. tant pis, j'irais le voir tout seul." "Celui-là, il parait qu'il est pas mal."" Ouais, mais ma copine qui l'a vu me dit que ..."
Ensuite, il y a les horaires, trop tôt,j'ai un paquet de copies à finir ... trop tard, si c'est pour rentrer à onze heure et pas profiter d'une soirée peinarde à la maison après une semaine de boulot, c'est pas la peine ..." Bref, on y arrive dès fois. C'est comme cela qu'on est allé voir "Téhéran sans autorisation". Pendant 1.30, j'ai tenté de ne pas le regarder, peur du fou rire. 1.30, c'est long.
 Surtout devant des images prises au téléphone portable, sans voix off, avec des tremblements, du flou,des mots qu'on ne comprend pas. On comprend pas grand chose. D'où le fou rire. Je ne sais pourquoi elle n'a pas eu l'autorisation, la dame, de filmer. Vu qu'on ne comprend pas ce que l'on voit (à peine), ni ce que l'on entend (à peine).  On était quand même contents en sortant. On n'avait même pas ri. La prochaine fois,je lui interdit, à mon homme, d'écouter "le masque et la plume", ça rend bizarre, les émissions favorites des bobos ... 

Athalie

03/03/2011

Avec les meilleures intentions

 

 Avec les meilleures intentions, je crois que je ne vais pas le finir ce livre de Alessandro Piperno.... Avec les pires intentions qu'il s'appelle. Ce n'est pas qu'il ne soit pas bien, non. Il est pas génial non plus, faut dire .... Mais bon, il se lisait. Seulement voilà, et toute lectrice A et nonb A, connait cela, il est tombé au mauvais moment, ces jours qui s'enchainent et ces soirées où les yeux, tous petits yeux, font ce qu'ils peuvent mais que bon, non, décidément.
Ils me font de la peine mes bouquins qui finissent comme cela, au pied du lit, toujours ouverts, à terre .... solitaires ... Les autres leur passent dessus (j'ai lu trois autres bouquins depuis que j'ai commencé ce pauvre Piperno) .... On y revient, quand même au délaissé, on le réessaye, mais impossible de se souvenir de la page d'avant, on revient en arrière, et puis ... non vraiment, trop tard pour lui.
Chez moi, il peut alors rester prendre la poussière pendant des mois, négligé dans un coin, ou se retrouver en bas d'une pile qui l'écrase.
Par mauvaise conscience, je fais semblant de ne pas le voir, pas encore définitivement classé dans les "bouquins que je ne lirai pas". (ceux là sont hypocritement rangés subreptricement dans les "déjà lus" : la bibliothèque officielle, celle où ils trônent, les vainqueurs, du haut de leur ordre alphabétique (presque) impeccable. Dignes.
Mais y'a les autres qui attendent, les éventuelles pages prometteuses de bonnes vieilles soirées au fond de la couette, elles sont quand même trop tentantes. Alors voilà, ce petit mot fini, j'irai traîner autour de la pile des      " pas encore lus". Entre Il faut qu'on parle de Kevin, De beaux lendemains, Contours du jour qui vient, sans savoir encore.

Athalie

Le coeur cousu Carole Martinez

Parce qu'il y a plein d'autres choses dans les livres que les livres. Surtout à "Etonnants voyageurs". Il faudrait raconter toutes les rencontres. Y'aurait un côté arrière garde.
Alors une année, c'était Carole Martinez.ça avait  commencé l'année d'avant, cette histoire. Dernier jour, dernière heure. Le truc débile : le prix "Ouest France". Tout lecteur breton normalement constitué ne lit pas le prix "Ouest France" , surtout quand le lecteur tient à sa dignité de lecteur, surtout quand c'est une lectrice snob, genre moi. Vous imaginez les bouffes entre copains " T'as lu le dernier prix Ouest France ?" La honte.
Et puis, une femme de mon âge (deux ans de moins en fait, je le saurais plus tard) monte au café littéraire ; elle ne pleure pas, non, mais on voit qu'elle ne sait plus où elle est, qu'elle est vachement émue cette écrivaine d'avoir eu ce prix "Ouest France". Et puis, on voit que ce n'est pas  le problème, que l'histoire c'est avec les lecteurs qu'elle l'a eu.
Alors, du coup, confiance. Je fonce. J'achète un des derniers de la pile (y'en avait pas beaucoup il faut dire). Et me voilà Le coeur cousu en main, ne sachant si j'avais dépensé 23 euros pour rien ou si le pouvoir des rêves allait s'ouvrir pour encore alourdir un sac de futurs (métaphore filée) . Gagné, l'histoire, le bonheur, le livre qu'on arrête pas, le pari.
Coeur cousu, pour moi, c'est juste une voix qui me parlait. Juste.
Alors, la voir l'année suivante, causer un peu, l'entendre dans ses doutes... Juste commencer à lui dire un petit peu le bonheur de l'avoir lue.
Le côté marrant, c'est qu'il y avait plein de lectrices qui passaient lui dire à quel point c'était bien et qu'on avait pas du tout la même vision du livre; couture ? coq ? Garcia Marquez ? Mère Courage ? ... Du coup, j'ai recommandé plein de Terre des oublis (tout et rien à voir)
Athalie