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10/07/2009

Là où les tigres sont chez eux, Jean Marie Blas de Roblès

images.jpgLà, c'est du lourd !!! Au sens propre d' un pavé de 700 pages, au sens propre encore, parce ce que ça brasse là-dedans .... Des personnages, du sens (parfois trop), des éruditions, des lieux, des époques, de la végétation, du politique, du social, du religieux, bref y'a de tout et beaucoup. Un "livre monde" dirait cet ampoulé de Michel Le Bris .... Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie de Roblès. D'abord, ça me disait rien, en premier parce que c'était le Prix Médicis et que les prix littéraires attribués à des auteurs français en général, ça sent le nombrilisme et le post nouveau roman transformé en une fade autofiction quinze mille fois déjà lue quand c'était encore "ce qu'il fallait avoir lu" (genre du temps où Houellebec passait pour un écrivain).
Mais 700 pages pour une autofiction, ça paraissait quand même beaucoup, et puis, il avait un air d'anti roman De Roblès, et puis une fois de plus entrainée par l'ambiance d'achat de notre festival du livre préféré, j'ai fait comme les autres A. et je me suis dit que ça pouvait être pas mal.
(Là où je suis pas peu fière, c'est qu'en plus, je l'ai terminé, le pavé d'érudition multi mondes).
Il y a le monde du moine moyennageux, le XVI-XVII européen, et le monde du journaliste quelque peu blasé, aveuglé à lui-même dans le Brésil aujourd'hui.
Deux personnages qui tiennent le fil entre les deux mondes, un fil parfois tenu, d'ailleurs, mais qui tient le choc dans l'ensemble.
Autour des fils, il y a les toiles : la bêtise, la corruption, le goût du savoir inutile, l'inutilité de l'érudition, le goût des livres malgré tout, la perte du goût des combats, personnels et politiques. Comme si tout avait déjà été fait et dit, que savoir ou vouloir savoir, ou paraître savoir, paralysait en fait, du moins dans le monde actuel, celui du journaliste qui vit au brésil, entouré de morts et de drames, morts et drames dont il ne voit d'ailleurs rien. Alors qu'il pense voir et savoir. Surtout savoir. (je sais pas si je suis claire, là ...)
L'objet de son travail est le moine moyennageux, qui lui, est montré comme ficelé dans une croyance tenace et dépassée dans la possibilité de comprendre le monde selon des schémas non rationels, l'anamorphose, l'analogie.... Et pourtant, me semble-t-il, c'est des deux, le seul qui réussit à agit et à construire, même mal, même de traviole, même bancal, il lui est donné un pouvoir sur les choses.
Quelle morale ? Je n'en sais rien, je ne suis pas critique littéraire, juste une simple lectrice de pavés. Juste assez curieuse pour goûter un peu de cette interrogation. Si elle existe vraiment dans le livre, d'ailleurs ....

Bon, aussi un peu ésotérique sur ce coup là ...

Athalie

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