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10/10/2009

Le tigre blanc, A. Adiga

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Là, on est dans le cynisme pur et brut. Pour ceux qui avait encore une vision idyllique de l'Inde, soit dans le sens post soixante-huitard, genre Bénarès et peace and love, ou dans le sens plus récent, de modèle de réussite libéraliste, genre pays modèle parmi les pays dits "émergeants" (émergeant de quoi d'ailleurs ? de la misère dans lequel ce même système les avait plongés ou laissés patauger .....), et bien, là, c'est la claque !!!
L'écriture est rapide, sans fioriture, efficace, dure et tranchante. L'écriture est à l'image du monde décrit et du personnage qui prend la parole, "le tigre blanc".
Rien n'est épargné, l'idéalisme n'a pas de droit de cité : et vlan pour la plus grande démocratie du monde dont "le tigre blanc" révèle le leurre et l'imposture, et blan pour les classes dirigeantes corrompues jusqu'aux babouches, écoeurantes de nombrilisme.
Rien à sauver non plus chez les petites gens, le peuple des domestiques, vulgaires, écrasés par la bêtise, l'inculture, les traditions, sales et complaisants... Les liens familiaux ? Marqués par la cupidité et montrés comme le fardeau qui retient l'individu dans sa propre fange. C'est une prison que la pauvreté, mais "le tigre blanc " assene surtout que c'est une prison  consentie : "une cage à poule".
"Le tigre blanc" se définit comme un "entrepreneur".Il retrace son itinéraire sous forme de lettres au premier ministre chinois qui va venir "apprendre la vérité sur Bangalore" ; Des "ténèbres" du fin fond de l' Inde laborieuse à son état de chauffeur-domestique à tout faire, puis sa réussite individualiste et cynique. Il dit "la vérité sur Bangalore", c'est-à-dire, qu'il met en miettes tranchantes comme des éclats de verre, la façade de la réussite indienne.
Ni remords, ni doute, ni humanisme et une seule valeur : sa propre peau et sa propre richesse.  Une réussite acquise en assumant mépris et individualisme. Une vision terrible de l'Inde, mais aussi des sociétés sur lesquelles cette Inde "moderne" s'est calquée. "Une révolution indienne ? (....) Le livre de ta révolution est dans tes tripes, jeune Indien. Chie-le, et lis" 

Athalie 

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