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06/10/2009

Tableau d'une exposition Patrick Gale

L'auteur est charmant, anglais jusqu'au bout de son col de chemise. Il explique qu'il ne peut écrire que sur certains cahiers, certains papiers et à la plume, enfin, au stylo plume quand même. Et au milieu des champs, avec des vaches si possible. Il vit en Cornouailles, où les vaches ne doivent pas manquer avec tout ce vert autour ... (je précise que je n'ai jamais mis les pieds en Cornouailles, mes a priori parfaitement injustes contre les anglais m'interdisant de traverser la Manche) Un récent article de "Ouest France "précise " qu'il y vit avec son compagnon, fermier". On imagine bien le fermier, gentleman farmer en tweed, pas le genre "trou du cul des vaches" ....
C'est le quatrième de couverture qui m'avait dès le départ retenue au milieu du Salon du livre de Saint Malo. Et il faut le faire, avec autant de livres autour .... Une certaine délicatesse justement, alors que le thème annoncé parait douloureux : une femme peintre sacrifiant sa famille à son art, nourrie de cachets, alternant amour et violence....
Je ne sais pas si, comme le dit l'article de "Ouest France", le livre traite des rapports entre la folie et la création ... Moi, je trouve plutôt qu'il parle de la difficulté d'aimer tout le temps, parfaitement, ses enfants, et aussi ses parents. Parce que le livre donne la parole à plusieurs des membres de cette famille, si fragile, si forte pourtant. Il dit la complexité des liens, l'absence d'acquis de cet amour familial, qu'on dit évident, mais qui ne l'est pas justement, sa construction ou sa destruction, sa disparition qui ne peut être, en fait, que temporaire.
La figure de la mère est belle et douloureuse, surtout lorsqu'elle est racontée par ses enfants qu'elle a maltraités, négligés, qui lui doivent leurs angoisses, leurs fragilités, mais qu'elle a aimés aussi et qui l' aiment.
Les secrets sont à peine levés, certaines scènes seulement esquissées. Mais il n'y a pas besoin de tout dire, c'est suffisant, ce que l'on devine, de drames et d'erreurs,de fuites.
Même si le livre a parfois quelques moments plus faibles, il y a la belle idée des galets ( il faut lire, sinon en expliquant, la belle idée tombe à plat) et la description des tableaux peints par la mère est si évocatrice qu'il m'a semblé les avoir déjà vus, les connaître, quelque chose entre Rothko et des collages subtils.
Ce serait bien s'il avait un peu de succès ce livre, parce que j'aimerais bien lire les autres, moi ....

Athalie

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