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31/05/2011

Les cartes de fidélité

enfers.jpgDans les librairies, avant, on passait à la caisse, on avait les - 5 % d'office et puis voilà. Je ne sais pas d'où ça sort que ça ne marche plus comme ça ?

Il y a un certain temps, la caissière de Virgin me propose une carte de fidélité. C'est pas que je sois une fan de ce type de supermarché, mais bon, il y a des livres dedans, et c'est tout ce que je vais y faire. Surtout sans lire les bandereaux à la noix qui font "conseils personnalisés" et "le livre est ici lu et respecté". Mon oeil, gros comme un orteil de Gargantua. "Gargan qui ?" dit le bandereau photocopié. Passons.

"Elle est gratuite" (la carte). Bon, pourquoi pas, c'est bien situé Virgin, et vu la quantité de livres que j'achète, je ne peux pas perdre. Donc, je valide ma carte sur internet comme indiqué. Je comprends que 1 euro = 1 point, que, au bout d'un certain nombre de points, je vais passer des "niveaux" qui me donneront de plus en plus d'avantages, la chanceuse que je suis d'avoir la carte ... J'aurais même droit à une remise de je ne sais plus combien sur un jour décidé par le magasin, mais dont je serai avertie A L'AVANCE !!! (pas après, ni le jour même, donc). Trop bien. Je valide. (je passe les autres avantages, tous plus extraordinaires les uns que les autres, ça clignote tellement y'en a).

Et je continue à acheter mes bouquins chez Virgin, comme avant, pas plus, pas moins. Je remarque que je passe mes niveaux, tranquillement, comme une bonne acheteuse, conscienceuse, du genre : je rentabilise ma carte, je suis une bonne petite consommatrice et au bout, j'aurais ma récompense. J'en salive d'avance du bon d'achat de 5 euro, auquel j'aurais enfin droit après 200 ou 300 euros d'achats, ma carte bleue en pleure de soulagement et de bonheur.

Sauf qu'au bout d'un moment, je ne comprends plus : je ne passe plus de niveau ... Je stagne .... J'en tremble. Et je vérifie où est l'arnaque dans les petites lignes de l'offre sur le site, j'écris même un mail au chef du web (c'est dire ma frustration, moi qui ne suis même pas capable de vérifier mes comptes...). Je demande à la caissière, vu que le chef ne répond pas à la bonne petite consommatrice que je suis. Elle oui. " Ben, en fait, au bout d'un moment (elle a peut-être été plus précise, mais moi, les dates, c'est comme les chiffres, ça devient vite vague...), les livres, ils ne comptent plus pour les points, c'est juste les autres choses". Ben oui, mais moi, les autres choses de chez Virgin, je les achète pas. "Alors, j'ai pas droit à ma remise sur les livres ? ben non, puisqu'il faut acheter autre chose que des livres pour pouvoir .... avoir une remise sur des livres ? Ben oui." Logique.

Depuis, j'ai une carte à la FNAC et au Forum.

Athalie

 

 

Le mode d'emploi d'un apéro réussi

(en hommage à Rosanne et Céline, mais aux A aussi)

Avoir eu un problème dans la journée (trop fastoche dirait la même qu'avant : suivre l'ordre du blog voir archives n'importe quoi " comment prendre un bain réussi"

Ne pas savoir comment le résoudre (ou ne pas vouloir le résoudre, cause envie d'un apéro, problème ou non)

Ne pas avoir envie de prendre de bain : ça recule l'heure de l'apéro et l'apéro en pyjama avec la crème qui colle, c'est pas top, et puis le bain, c'est trop de timing, l'apéro, ça doit être "free"

Convaincre quelqu'un de la maison de le prendre avec vous : les enfants étant exclus, on a des limites quand même, reste dans l'ordre son homme, c'est le plus pratique, on l'a en général sous la main ;  les voisins, mais il faut que cela paraisse normal, donc les connaître avant, avoir même discuté quelque peu ... les croiser par hasard dans la rue ou sur le palier restant problématique. Lancer à la cantonade "Vous n'auriez pas envie d'un apéro" au type (ou à la nana) qui rentre chez lui les clefs à la main alors que vous êtes en train de poireauter depuis un certain temps comme une andouille sur votre palier ou devant votre portail en essayant d'avoir l'air normale, peut ruiner votre réputation d'alcolique non anonyme. Enfin, les copains, mais ils sont en général peu fiables, vus qu'ils habitent plus loin et que votre envie d'apéro, franchement ça urge. En plus, le temps de les appeler et qu'ils rapliquent, vous serez déjà dans le bain, de désespoir ...

 Donc, votre homme. Reste à savoir ce qu'il reste à boire et à grignoter dans la maison (pour se donner une contenance en levant le verre, puisque l'important, c'est le verre, mais quand même, on a sa dignité, enfin, pour l'instant).

Prendre deux verres à pieds et autoriser les enfants à aller voir un DVD sur l'ordi dans leur chambre. "Mais maman, y'a école demain, normalement, on n'a pas le doit ..." Oui, ben aujourd'hui, si ! en plus y a plus qu'une journée, vous n'allez pas chipauter, c'est pour pas longtemps, mince, alors.

Reprendre le cours des choses normales : remplir les deux verres, bien les remplir, ou pas (si prévision d'un deuxième, ou si quand même). Et se poser les fesses, se dire qu'on en a le droit, que le repas attendra, de toutes façons, c'est pas près d'être cuit, que les enfants verront pourquoi pas ! le DVD en entier ....

Athalie

 

 

27/05/2011

Hyacinthe et Rose F. Morel

hyacinthe_et_rose_400.jpgJ'ai mis du temps à la lire en entier, cette chose atypique, entre recueil de souvenirs et album illustré. Un album illustré pour adultes, pas une bande dessinée, pas un roman, pas une autobiographie. Un grand format, comme pour les enfants. Dès fois, que des images, grandes, belles, des fleurs qui envahissent la page, prennent toute la place dans les yeux, s'incurvent, et on reste devant, révassant, comme devant les herbiers que l'on a fait en sixième et retrouvé plusieurs années plus tard, quand on part de la maison pour aller à la fac et que l'on revient pour le week-end, que l'on pousse le fatras des feuilles de cours du lycée et que l'on retrouve l'enfance. Sauf que les herbiers, ils sont tout fanés et pas les fleurs de Martin Jarrie. Au contraire.

Hyacinthe et Rose, ce sont les grands parents de François Morel. Ce sont les Deschiens de sa tendresse. des petits moments de rien, d'une époque qui est passée, de souvenirs qui restent, disparates, de bric et de broc, de bouts de ficelle, il est communiste, elle aime les blouses en nylon, ils ne s'entendent sur rien mais ils aiment tous les deux les fleurs, Hyacinthe traine dès fois au bistrot, va à la messe, mais en trainant des pieds, conduit une diane, le monde de la modernité s'est arrêté là. Et Rose, bien sûr, ne conduit pas, porte des fleurs en cachette à la sacristie, aime les toiles cirées (et j'imagine le formica), fait des pommes de terre rissolées et manger son petit fils amoureux.

Hier soir, au lieu de picorer dans les textes, je les ai lus à suivre et suis ensuite aller regarder mes fleurs pousser. Elles n'étaient pas aussi belles que dans mon souvenir. Mais les fleurs du jardin de mes grands-parents, elles, étaient splendides. Et pourtant depuis longtemps disparues.

Athalie

 

26/05/2011

Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary Doumenc

affiche_Madame_Bovary_1933_1.jpgC'est mon côté "prof de lettres qui se la pète". Comme je ne vais quand même pas me lancer sur une note critique d'Emma Bovary (pourquoi pas Phèdre, tant qu'on y est), je botte en touche sur cette petite curiosité (que j'ai lu il y a longtemps, pour éviter l'ire des A, qui elles, vont au cinéma).

L'idée de départ est drôle, pas extraordinaire, non plus, pas super originale, mais quand on aime Emma, ça accroche. Emma ne se serait pas suicidée, elle aurait été assassinée, il s'agit donc de savoir par qui et pourquoi. Comme dans un roman policier logiquement construit, je veux dire pas comme dans un Fred Vargas, ni un Indridarson, il y a enquête, témoignages des suspects possibles, suppositions et solution. Pas très logique, d'ailleurs la solution ... mais ce qui est plaisant, je ne dis pas tordant, mais amusant, c'est de voir les personnages de Flaubert dire autre chose que ce qu'il leur a fait dire, mais faire ce qu'il leur a fait faire. C'est un peu comme dans un musée de cire, où les traits étaient figés et qu'ils se mettent à bouger. Léon, Rodolphe, Charles témoignent, des scènes sont revues, pas changées, revues sur un autre angle, des silhouettes entrevues prennent corps, la caméra change d'épaule.

Juste plaisant, donc, pour les amoureux et les inconditionnels.

Athalie

 

21/05/2011

L'armée furieuse Fred Vargas

papillons-autres-animaux-knokke-belgique-1737024189-588304.jpgJe ne vais pas au cinéma, parce que je lis le dernier Vargas ....

Où l'on se demande quelle peut être la composition chimique des crottes de pigeon, où les visions tuent mais pas les trains, où on atteint le niveau 2 en mots de croisés, mais vraiment à la fin, ne croyez pas y parvenir avant, trop facile, où la mie de pain est perfide, comme les lacets d'une paire de baskets, sans parler des costumes à rayures, où les pigeons se civilisent, ce qui peut être inquiétant, (rassurez-vous, le chat est toujours sur sa photocopieuse et Danglard aime toujours le vin blanc ), où les cloportes deviennent des araignées à moins que ce ne soient des crevettes de terre... qui sait ! Adamberg se met à jouer du portable, mais les vaches restent immobiles alors que le sanglier est courant, et le que temps se couvre à l'ouest.

Pourquoi à l'ouest, ça on ne sait pas. Ce qui est sûr, c'est que la chouette est un oiseau, ce qui est quand même rassurant.

Un excellent Vargas, dont on peut rien dire (sinon que si le nom du coupable est donné sur ce blog, ce ne sera pas par moi ...). Juste que quand la boîte à sucre se referme (avec un élastique autour), ben mince, la boîte à histoire aussi.

Athalie

20/05/2011

Laurent Gaudé Eldorado

LAUREN~1.JPGC'est drôle, mais dès fois, il faut abandonner un auteur pour le retrouver après. ça ne marche pas à tous les coups, mais parfois oui. Et alors, c'est bien.

Avec la copine Anne, un soir, on est allé voir Laurent Gaudé en conférence. Et oui, on fait des trucs comme ça, nous. Des trucs classe, dans des endroits culturels et tout, en province, soit, mais après on les raconte, c'est bien, ça fait province aussi de les raconter (genre, on n'a que ça sous la main). Athalie et Anne Bovary (s) ...

En tout cas, c'était bien. D'abord, il est pas mal du tout le Gaudé, cheveux argentés, le verbe suave, le teint hâlé mais pas trop UV sur le retour. Classe, quoi. Et intéressant aussi (on n'est pas que des Bovary (s), on est aussi des lectrices à cerveau entre les oreilles, faut pas croire). Il présentait Ouragan, la copine Anne l'a acheté, et moi j'ai acheté Eldorado, parce qu'il était en poche et que, je me méfiais un peu ... C'était super La mort du roi Tsongor et Le soleil des Scorta, mais ... justement. Je ne voulais pas abuser des bons crus (pour une fois, diront les copines, je sais !). "Eldorado" trace  l'histoire de plusieurs exilés qui se croisent, pas tous et pas vraiment. L' exilé principal, c'est le commandant chargé à la fois de sauver les clandestins qui arrivent de leur misère africaine vers la pseudo terre promise italienne, et de les arrêter ensuite pour qu'ils soient retenus en centre de détention. Evidemment, la contradiction, ça exile un peu, de soi-même, pour commencer. Et puis, un jour, il y a le regard d'un clandestin sur lui, le sien sur une femme qui a perdu son enfant dans le voyage. Et il tangue, prend le gîte dans la voile de sa conscience et part dans le sens inverse.

Et puis, il y a les deux frères qui cherchent à rejoindre l'Europe pour échapper à la misère. Leur exil à eux n'est pas celui de leur conscience, c'est l'économique, celui qu'on voit dans les journaux, celui donc, qui indigne, du moins les gens normaux.

L' intérêt du livre est dans ce croisement, le politique et le personnel, le réel et le fantasme, une impossible rédemption, des deux côtés ; l'exilé finalement solitaire de son frère, qui va chercher la survie, tout en se sentant coupable de survir, le pauvre qui cherche la richesse, et le riche qui cherche une vérité à travers l'exil choisi. Même si la fin du récit vire à la métaphore symboliste humanitaire gnan-gnan et allucinée et quelque peu foireuse ... Il est bien ce Gaudé, bel homme ou pas.

Et puis, il écrit drôlement bien aussi :

A Catane en ce jour, les pavés des ruelles du quartier sentaient la poiscaille. Sur les étals serrés du marché, des centaines de poissons morts faisaient briller le soleil de midi.

J'aime bien les poisssons morts qui font briller le soleil... ça inverse.

Athalie

 

19/05/2011

Roman sans titre Duong Thu Huong

brassai400-2-2c98e.jpgBon, il n'est pas aussi beau que Terre des oublis, mais il faut savoir passer à autre chose que Terre des oublis, en plus, pas de beau titre, et pas d'histoire d'amour, comme ça, on est tranquille, ça ressemble pas. On a peur d'être décue, un jour, de ne pas retrouver la voix, le goût ...

Un de ses premiers livres, en fait, du coup, il n'y a que la guerre, ni héroïque, ni sordide, juste ce qu'elle a fait aux hommes, aux liens d'amitié, juste ce qu'elle a d'absurde et de risible (le commando perdu au milieu de la forêt, chargé de construire les cercueils des morts au combat et les hommes qui dorment dedans pour échapper aux tigres qui rôdent). Un ami qui devient fou mais ne retourne pas au village, ne veut pas cesser d'être soldat de la révolution, parce que ce serait perdre l'honneur  et qui finalement ..., une femme qui aurait pu être aimée et qui finalement ... une mère, le fantasme de la douceur perdue, trois amis d'enfance et leur petite histoire, jusqu'à une victoire, désenchantée, l'idéal est perdu, lui aussi, comme la mère, en échange, la guerre se termine, mais sans gloire ni chanson.

Le "dernier" Duong thu Huong paru, sans tambour ni trompette, un nouvel petit opus, une première plainte.

En plus, il n'a pas trop d'évocation de la nourriture vietnamienne, ça évite d'en avoir envie pendant trois jours ... Par rapport à Terre des oublis, c'est un gain de temps, d'argent et de salive ...

Athalie

 

Le Livre d’Hanna Géraldine Brooks

Haggadah.jpgEn attendant le dernier Vargas que mon homme n'a pas encore réussi à m'offrir ....

Un petit bouquin sans doute anecdotique, ce n'est pas du grand, mais on n'en pas toujours besoin de lire du grand, ça fatigue Madame Bovary tous les jours, et puis au moins, on n'est pas décue, pas comme pour Homo erectus, par exemple...

Un livre pas prise de tête et bien construit, un peu cousu de fil blanc, mais ce n'est pas très grave : une spécialiste de livres anciens australienne, qui a quelques soucis de communication avec sa mère ( des pages savoureuses, sur le rapport à la réussite, et un innocent pied de nez à l'image de la femme féministe qui a réussi, mais pas tout, finalement, c'est pas original, mais moi, ça m'a fait rire ...) rencontre un livre rare ancien, une sorte de Bible juive si j'ai bien compris, et y relève des peites miettes de rien du tout : un poil de chat, une trace de vin ... des traces de rien qui servent de prétexte aux retour arrière qui retrace l'histoire du livre perdu, oublié et et retrouvé (reperdu ?), des traces pour dire l'histoire des persécutions millénaires contre les juifs en Europe depuis la fin del Andaluz (j'adore ce mot).

Un livre qui balade son lecteur de guerres en guerres, ça n'a pas l'air gai, les persécutions contre les juifs, non plus d'ailleurs, c'est pas gai. Mais j'ai aimé parce que c'est érudit sans être pontifiant, et puis ça cause de traces et de transmission et moi, j'aime bien les traces et les transmissions.

 Athalie

 

09/05/2011

Carnet rose

img_1161526429312.jpgZélie est une personne ouverte, sociable, communicative, extravertie, exprimant la joie de vivre et appréciant les échanges avec les autres. C'est une individualiste qui est prête à fournir beaucoup d'efforts pour accomplir ses projets, sa volonté et son ambition étant à toute épreuve. Dotée d'une grande sensibilité, elle peut parfois apparaître réservée, discrète, timide C'est à la maturité qu'apparaîtront sa force, son sens des responsabilités, sa détermination, et sa capacité à prendre en charge les autres et à les guider. Perspicace, intuitive, elle possède une excellente écoute, et sait être tant une amie attentive qu'une conseillère avisée. Attention toutefois qu'elle n'abuse pas trop de l'ascendant qu'elle peut avoir sur les autres pour imposer ses conceptions avec autorité. Indépendante, originale, honnête, volontaire, Zélie est sans aucun doute une personnalité à part entière. Enfant, elle joue les Sarah Bernhardt et manipule avec maestria son entourage, qu'elle tyrannise sans vergogne. Les activités créatives lui sont conseillées (théâtre, danse, dessin...). Elle se montre prompte, dynamique, adaptable, maligne, curieuse d'apprendre et douée d'une grande vivacité intellectuelle.

Bonne chance ...

Athalie

08/05/2011

Les anonymes RJ Ellory

imagesCAHU691W.jpgUn Américain tout rouge sur la terrasse de "l'univers", qui ressemble à un anglais et boit comme un irlandais ???? et auteur de romans policiers : Ellory à "Etonnants voyageurs" ....

J'avais beaucoup aimé Seul le silence : thriller plutôt classique, tueur en série de petites filles (miammm ...) sur fond d'Amérique profonde, plouc, raciste et violente de stupidité comme j'adore m'imaginer les fameux bas-fonds ruraux du pays de la toute puissance moralisatrice. (on a les fantasmes qu'on veut bien avoir ...). Des petites faiblesses vers le milieu de l'intrigue et un goût de too much catasphophes, mais bon, vraiment bien.

Les anonymes, c'est autre chose, d'abord, on y comprend rien, ensuite, on ne comprend pas grand chose, puis, rapidement, on décide que ce n'est pas très grave, finalement. On a le tueur en série ( de femmes mûres, moins suintant, tant pis !), le détective brillant mais seul, qui carbure au boulot, au café mais pas clope, à l'humanité déchirée, au looser qu'il aurait pu être, et son fidèle second, image inversée de lui même : le mec normal avec enfants qui ne se prend pas trop la tête, lui, une idylle naisante avec un médecin légiste (trop top la nana des experts ...) etc, etc ... Je ne fais pas faire tous les poncifs du genre non plus.

Ce qui est super bien, c'est que ça va à toute vitesse, alors qu'il ne se passe vraiment pas grand chose en fait, tout bien considéré, mais on en a l'impression, on court après les phrases pour savoir, enfin, ce que la CIA et les "contras" du Niacaragua ont à faire là dedans, pourquoi l'inspecteur a rompu avec sa copine, pourquoi les identités des victimes sont fausses, pourquoi les étiquettes, pourquoi la lavande, qu'est-ce qui vient faire là le mec qui cause en italiques, comment les deux narrations vont se rejoindre ... Comment ça va se rabibocher tout ce fatras ???? On court, on arrive tout essouflé à la fin, la bouche ouverte (surtout que moi, c'est avec clopes !), on cherche de l'air, on tourne les dernières pages. Et hop ! c'est fini. Belle course, mais il est où le lièvre qui était devant ? Pas grave, on a dû le perdre entre deux "lignes".

Il doit en prendre un peu le Ellory pour courir aussi vite. Le problème, c'est un peu quand même de savoir vers où ....

Ainsi, Seul le silence aurait mérité une note à lui tout seul.

Athalie

Solaire McEwan

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Pas solaire pour un sous ! plutôt crépusculaire ... mais excellent ! on ne dirait pas du McEwan, même pas obligée de sauter quelques pages de temps en temps ( les opérations du cerveau dans Samedi) ou d'attendre quelque peu que l'action se décide à avoir un sens (Expiation, le tout début). Non, on ne s'arrête pas, pas de trous. On dirait un mélange de David Lodge (du temps où cela se faisait encore de lire David Lodge) et du meilleur Coe.

Comment faire croire que l'on veut sauver le monde en étant uniquement préoccupé de ses propres intérêts ?

Le personnage principal est une ordure totale, sans rachat possible, cynique, lâche, répugnant, profiteur sans conscience ni remords. La narration le suit, en trois parties, trois étapes dans la déchéance, la recherche du profit et du sexe sans amour et sans gloire. Sans jugement, elle fout en l'air le politiquement correct : "sauvez la planète" n'est plus ici qu'une opération commerciale, une aubaine dont il faut profiter, le plus rapidement possible, avant l'explosion finale.

Sexuellement, il est immonde, sentimentalement, il est immonde aussi. Il a parfois la nausée et on le comprend, on l'aurait aussi à sa place, mais pas forcément pour les mêmes raisons ...

On le déteste, le méprise, mais on lit. On plaint les femmes qui le croisent ou qui l'ont croisé, mais que peut-on trouver à un type pareil, escroc de la pensée et du sentiment, uniquement préoccupé par la satisfaction sans encombre de sa libido? De toutes ses envies, sans retenue et sans frein, gaspillage de lui-même, comme nous gaspillons la terre, remettant toujours au lendemain les décisions du changement. Cela en devient une fable, catastrophique et immorale, parabole percutante d'une catastrophe programmée.

Les autres personnages masculins ne valent pas beaucoup mieux : chercheurs ou profiteurs de tous poils, amoureux incompétents. Ce monde là est noir, mais drôle : burlesque (la virée en moto ski ...), farce (le lancer de tomate molle), satire des milieux universitaires scientifiques, imposture (le prix Nobel)  au vitriol !

Athalie

07/05/2011

Le voyage de l'éléphant Saramango

voyageelephant.jpgUn petit livre qui n'a l'air de rien, mais alors de rien du tout. Pas le genre de truc que j'aurais acheté normalement, si il n'avait été sur la table "coups de coeur" de la librairie "Dialogue" de Brest. Oui, je sais qu'il y en a qui vont ricaner, genre, elle ne part en vacances que pour faire les librairies, celle-là ... Sait-elle qu'il y a aussi des abbayes ? Ben oui, je sais, mais pas dans le finistère nord. Ou alors ; ils les ont bien cachées. En plus, à Brest, les cisterciens, ils sont un peu mourrus ... (un r ou deux ?)

Sur cette table, il y avait plein de livres que j'avais déjà lus et aimés, donc, j'ai pris ceux que je n'avais pas encore lus. Pas tous, quand même, mon homme me surveillait du coin de ses beaux yeux, et mon fils lorgnait du coin de ses encore plus beaux yeux vers le rayon jeunesse, et ma fille, qui ne savait pas encore lire, avait quand même la ferme intention de se faire offrir quelque chose dans cette boutique ...

Handicap de départ quand même, l'auteur est un portugais (et moi, le fado ....) , deuxième handicap, il a eu le pris Nobel (et moi, le prix Nobel ...) et malgré tout cela, il a beaucoup de charme ce petit livre-ovni : c'est l'histoire d'un éléphant qui va voyager de Lisbonne à Vienne, au XVI siècle, à peu près, c'est aussi (et surtout) l'histoire de son cormac, petit bonhomme plein de sagesse qui n'a rien demandé et dans l'ombre des grands enjeux, fait son chemin de petit bonhomme qui n'avait rien, mais alors rien, à faire là. C'est plein de douces disgressions sur les pigeons voyageurs et l'art de faire des miracles, ou du commerce avec les miracles, de dire la brutalité des croyances et leur relativité, de regarder l'art de conter, un peu comme à la Diderot, en laissant le lecteur divaguer mais en sachant le reprendre au bord des gués.

Il y a plein d'histoires, qui se croisent sans y toucher, l'air de ne pas être là, celle de la reine qui aimait l'éléphant, celle du roi qui décide de l'identité des hommes, celle du militaire qui finit mieux qu'on ne pourrait le croire, celle des chars à boeuf qui ne conduisent pas forcément quelque part. C'est drôle, ironique, distancié et finalement, très plaisant ...

Athalie

 

Le polygame solitaire Brady Udall

526px-Brady_Udall,_author.jpgLe dernier ... ah merde je sais plus son nom ; en tout cas le 2ème après L'incroyable destin d'Edgar Mint (titre plus ou moins exact... décidément ça va pas fort moi). Bref, pas mal du tout sur les polygs tarés du middle west. Où on se prend à rêver d'alliances polygames au féminin sans la bénédiction des Saints du dernier, avant dernier, avant avant dernier jour avant l'Apocalypse. D'ailleurs elle a eu lieu dans le roman sous la forme de terribles essais nucléaires dont les nuages radio actifs ne respectent pas les limites des terrais d'essai archi secrets ! Bizarre non?
Très bien aussi le dernier CD d'Alex Beaupin qui passe en boucle dans ma grande maison vide ( les hommes font leur allya en Israel) A écouter de toute urgence (à mon avis, humble avis)
A. B.