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15/06/2011

Brooklin follies P. Auster

guimauve.jpg"Il ne faut jamais sous estimer le pouvoir des livres" (Paul Auster dans l'avant dernier chapitre de Brooklin follies, justement). Ni d'un manège pour enfants (ça c'est de moi, par contre) et parfois, ils se ressemblent.

En général, je n'aime pas P. Auster. Pour être plus juste, je ne sais pas si c'était pour faire mon interessante rebelle et contre tout, ou si c'était vraient sincère, mais à la grande période du Léviathan partout, non seulement je ne l'avais pas lu, je crois même ne pas avoir dépasser la dixième page, mais j'en disais même beaucoup de mal. Trop, pour à peine 10 pages vaguement lues. Je le reconnais, pour les A qui s'en souviendraient encore. Surtout la A lozérienne qui aimait Paul Auster, mais elle, elle l'avait lu.

Et puis, un jour, quelque peu lointain maintenant, mon homme m'a dit : " Tu devrais lire Brooklin follies". Il avait raison.

" Un livre sur le désir d'aimer" dit la présentation de l'éditeur. Ben oui, dans ce livre là, faut pas la bouder sa joie d'aimer, aimer les personnages, Nathan, Tom, Lucy et tous les autres, y'en a plein à aimer, faut profiter. Et puis Brooklin aussi qui devient un village à taille humaine, sans grandes avenues, ni voitures qui klaxonnent, ni drogues, ni dealers, ni violences (je ne sais pas si Brooklin est comme ça, non seulement, je n'aimais pas Paul Auster, mais en plus je n'ai strictement aucune attirance pour New-York, mais pas le brin d'un début d'intérêt, même après cette lecture réjouissante ...) C'est comme le Vermont, on aime tout, la pelouse, la soupe au cresson, les haricots, c'est tout vert, même pas de neige ... (parce qu'un moment les personnages vont dans le Vermont, faut dire, et ça, je le sais, il fait froid, normalement dans le Vermont).

C'est un livre qui tient chaud, il y a de la bluette et de la guimauve, c'est vert donc,  et rose, rose-violet, tout doux.

Nathan, le personnage principal, est au départ un vieux grincheux, atteint d'un cancer et ancien vendeur d'assurance vie. Il vient à Brooklin pour finir, solitaire, une vie peu remplie et tristounette. Et puis, le manège se met en route, d'abord parce qu'il tombe amoureux d'une jeune serveuse et puis parce qu'il y a Tom qui arrive, le dépressif qui aime les livres, et puis Lucy, sa nièce qui ne parle plus sans que l'on sache pourquoi. Et puis le destin qui tourne, le coeur qui repart ... les bras cassés qui se réparent, plus ou moins, entre burlesque idéaliste et tendresse apaisée. On n'a pas envie qu'il leur arrive d'autres accidents, d'autres cognages de la vie ; on se sort des sectes, de la pauvreté, de la solitude ... on se prend à y croire, et si nous aussi, un jour ça nous faisait ça, une paix, un berceau, comme si c'était facile et qu'il suffisait de le vouloir pour aimer et, enfin, laisser aller, enfin, le monde comme il devrait aller.

C'est peut-être un peu long, un peu mièvre, un un peu trop rose, violet et violet et rose, mais après tout, on n'est pas toujours obligé d'espérer "une fin silencieuse à une vie triste et ridicule" (paroles de Nathan au début du premier chapitre)

Athalie

PS : cette note pour A. B. (entre autres) en rattrapage pour celui sur Blues pour Elise ... Vu que Brooklin Follies, les A l'ont déjà lu.

 

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