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16/06/2011

Testament à l'anglaise Jonathan Coe

Encore un en langue anglaise (j'avais écrit "encore un anglais", ça sonnait mieux comme attaque, mais c'était pas vrai, par rapport à Auster, je veux dire ...), encore un jubilatoire, (sauf que là, c'est parce qu'on aime les détester les personnages, pas qu'on aime les aimer, mais ça fait le lien, aussi), encore un que sûrement beaucoup ont déjà lu.

MEISTE~1.JPGOn peut ne pas aimer la fin (mon homme, par exemple, a émis quelques réserves) : artificielle, soit, incohérente, soit, un pastiche revendiqué d'une Agatha Christie qui aurait trop bu de thé aux alouettes, ou toute autre substance particulièrement explosive, soit. Moi, j'ai adoré, quand la satire sociale se déjante, et bien fait pour eux à tous ces salauds, et que ça saigne, et qu'on se venge, nous les lecteurs, qu'on les crucifie et les égorge. ça fait du bien, par procuration, d'avoir du sang de pourris sur les lignes ...

Le principe narratif est simple : Mickaël Owen est un écrivain raté, à peine raté en fait, puisqu'il n'écrit rien. Il végète, fait sa plante verte solitaire devant sa télé ... quand le vase Mingh lui tombe dessus dans la personne de Tahiba Winshaw, vieille folle incertaine, du moins décrétée telle par les membres de sa puissante famille depuis qu'un certain frère est mort quelque peu étrangement ... Tribu puissante, que les Winshaw, arbre aux branches obscures qui se déploient largement sur toute l'Angleterre, voire sur le monde capitaliste dans toute sa splendeur déjà éclose : Roddy, branche artistique, un parfait dégueulasse, même pas haut en couleur, Hilary, cactus médiatique, arriviste bling bling, le genre à écraser la bluette, Thomas et son frère Henry, rameaux jumeaux et venimeux qui étendent un système politico-financier terriblement efficace dans son cynisme abouti, le rouleau compresseur qui fait fi des marguerites et des petites fleurs des champs qui regardaient encore passer les jaguars de l'économie tatchérienne en croyant que c'était juste des gros chats .... et la dernière prédatrice, Dorothy, s'engraisse conscieusement en distillant dans notre mère nature tous les poisons qui viendront mourir dans nos assiettes, et nous avec.

Un roman construit comme une machine de guerre, aussi bien romanesque que politique. Jubilatoire, redis-je ... Même si de son côté, Mickaël  ...  même si rire de notre monde qui va de traviole alors qu'on voit bien qu'il va de traviole ... Farce satirique, oui, quoique ... peinture acerbe et acérée de notre société, oui, quoique ... Jubilatoire, quoique finalement ...

Athalie

 PS : à lire du même auteur : Bienvenu au club, Le cercle ferméLa pluie, avant qu'elle ne tombe, La vie très privée de Mr Sim

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