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03/07/2011

Une séparation Asghar Farhadi

imagesCA6GDYPA.jpgJe ne savais absolument rien sur ce film, aucune idée de quoi il pouvait bien être question, sauf que ceux de nos connaissances qui l'avaient vu en disaient du bien, on avait un petit moment, pas trop la flemme, mon homme et moi, alors on s'est retrouvés devant le ciné.

Incrédulité quand je regarde l'affiche : "Y'a Téhéran marqué dessus". Je n'ai strictement rien contre le cinéma iranien, rien du tout. Sauf que, nous, on ne voit pas beaucoup de films sans qu'il y ait Téhéran dedans. On sait pas pourquoi, un destin. ( ce qui montre bien que l'on ne va pas souvent au cinéma, parce que des films avec Téhéran dedans, c'est pas la majorité de la production cinématographique mondiale, non plus. Mais, nous on tombe dessus.) Mon homme me rétorque qu'il semblerait que ce ne soit pas grave, je ne réponds pas que je ne vois pas pourquoi ce serait grave, ou pas, c'est juste que "Téhéran sans autorisation", on avait juste réussi à ne pas s'endormir.

Le titre annonce un mélo, j'avais prévu de pleurer. Première scène, ça colle plus ou moins. Une femme demande le divorce, son mari refuse, sous le prétexte (pense-t-on, du moins), qu'il ne veut pas quitter le pays parce qu'il doit rester s'occuper qui n'a plus toute sa tête. Sauf que c'est pas glamour, pas de violons, ni de trémolos, presque amusant, lègèrement décalé.  Ensuite, j'ai craint le pire. Comme sa femme le quitte, sans que cela ait l'air de lui beaucoup de peine, le bon fils et bon père s'occupe de trouver une femme pouvant l'aider, passer la journée à garder le malade. Côté glamour et strass, c'est complètement loupé. C'est voile islamique, circulation chaotique, elle est embauchée, s'en va, revient, toujours avecsa petite fille, son mari qui ne sait rien, le salaire peu satisfaisant, elle habite loin. Elle vient quand même, le père malade lui cause des soucis, ne veut plus revenir mais revient quand même ... Là moi, je me disais " ça dure deux heures ..."

Pourtant, dès le départ, il y a quelque chose, bien filmée, bien jouée, bien bruitée, on s'attache à cette histoire, en apparence d'une simplicité quotidienne relativement affligeante et pourtant ... Deux heures plus tard, je sautais intérieurement sur mon fauteuil priant le bon dieu des cinéphiles, pour que cela s'arrête, la spirale, pour qu'il y ait une issue, pour que tout le monde s'en sorte, pour que cela finisse bien, mais non. c'est l'histoire de gens biens, tous, les deux couples, les deux hommes, les deux femmes, pris dans un engrenage que chacun a nourri même si aucun ne l'a voulu. Le scénario est terriblement efficace, certains face à face poignants. Pris au piège de leurs peurs, croyances, profondement humains, tous sincéres, tous, tour à tour, on les comprend, on les aime et les trouve nuls, énervants, obtus, égoïstes. On a envie que l'histoire se désembobine, que l'on revienne à la première scène, quand on croyait encore que séparation voulait dire divorce. Alors que la séparation, elle est pourtout, dans la revendication d'une existence sociale, dans une revanche, parfois violente, parfois désespérée, dans la volonté d'exprimer un amour père-fils-mère, dans les regards qui se croisent et les mensonges pour faire le bien, la recherche d'une intégrité qui mène à la catastrophe.

Je n'ai pas pleuré, pourtant, quand j'y repense, c'est une machine à sanglots, ce film, pire que le pire des mélos. Mais drôlement plus secouant.

Athalie

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