Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/08/2011

My first sony Benny Barbash

imagesCA1RF9S0.jpgVoilà un livre que je ne prêterai à aucune A., non pas qu’il soit franchement  mauvais, mais comme il a été arrosé deux fois copieusement par l’eau de la piscine, il a d’abord littéralement gonflé, doublé de volume avant que les dernières pages ne se détachent complètement et que je ne finisse de le lire avec les deux mains bien accrochées aux dernières phrases de l’histoire, qui en plus donnent une autre résonnance aux précédentes, il aurait été dommage qu’elles ne s’envolent.

Le procédé narratif est complètement artificiel : un petit garçon, Yotam, onze ans, à la famille déglinguée et hystérique, malmenée par les aléas de l’histoire, la grande tragique, et les petites, tragi-comiques, enregistre sur un magnétophone toutes les conversations qui passent à sa portée et comme par hasard, ça fait une histoire …  les querelles politiques, nombreuses , et pour la néophyte que je suis, bien obscures,  mais aussi d’autres plus intimes, pantelantes et pitoyables voire même les silences … ce qui fait de lui une sorte de narrateur de substitution, sauf que c’est quand même tiré par les cheveux et que ça sent son auteur adulte qui fait semblant d’être un enfant, mélange qui ne fonctionne pas toujours, comme une double voix.

Sa famille, on n’en sort pas, et lui non plus, les disputes sont incessantes voire roboratives, on se demande au bout d’un moment comment on peut survivre comme ça, d’ailleurs il a bien du mal le pauvre à trouver sa place parmi toutes ses individualités qui se gargarisent de leur propre  vérité. C’est une autre limite du livre, je trouve, les personnages n’évoluent pas, ils campent des positions. L’histoire se passe en Israël de nos jours, plus ou moins, tous les membres sont représentatifs, ou censés l’être d’un choix ou d’un itinéraire face à la judaïté, le grand père, combattant sioniste de la première heure a rencontré la grand-mère, rescapée des camps, et a vécu avec elle l’arrivée en Israël, les camps de regroupement à Chypre, la lutte contre les anglais. Il croit dur comme fer, à ce que j’ai compris, du moins, en ces valeurs de combat nationalistes qui seraient à présent tenues par la droite. Son fils, Assi, le père du narrateur enregistreur, a « viré à gauche », mais surtout a épousé une tenante de la réconciliation avec les palestiniens, Alma, architecte, militante idéaliste férue des droits de la femme, ce qui évidemment complique avec le grand père pontifiant. Emigrée d’Argentine, où elle a vécu la répression fasciste, elle tombe amoureuse d’un émigré russe, de la vague qui vient d’arriver suite à ce qu’on sait, et a dû se faire circonscrire pour pouvoir divorcer d’un premier mariage non conforme … elle a des copines presque toutes plus libertines ou fidèles les unes que les autres, deux soeurs dont Béatrice, une folle qui a succombé au délire de la persécution. Alma rente de résister au chaos qu'engendre les coucheries incessantes du père, ses doutes d’écrivain, les exigences de ses employeurs, la dêche permanente … faut dire que le père, il assure pas une noisette , égocentrique jusque la kipa,  désespéré par le poids d’un passé qui n’est pas le sien, celui de la Shoah, souvenir qui rôde sans cesse entre les lignes. Je vous passe les autres grands parents, le taré des timbres rares, le fils cadet qui, lui a viré ultra orthodoxe, et hop, on a tout le panel, le prisme des possibles … C’est  quand même parfois drôle, parfois attachant, parfois rien, parfois trop compliqué, les références aux différentes tendances sionistes, moi j’ai lâché, mais quand même j’ai fini mes dernières pages en vrac, et pourtant ce jour là, il y avait du vent.

Athalie

Commentaires

Arrête Athalie : tu vas virer antisémite... Néanmoins lecture indispensable , celle du roman de David Grossman que je vais offrir à Arthur en vo vu le temps qu'il passe sur ses cours d'hébreu; je me contenterai de la traduction française. très bel article ds le monde des livres semaine dernière .
PS- n'oublie pas que les coques c'est pas kasher et prévoit dons moult vin blanc, ça c'est kasher enfin je crois...
REPS-J'ai lu Oedipe sur la route de Bauchau, après Antigone du même auteur: écriture à la fois lumineuse et obscure ( Bauchau est psychanalyste ceci explique sans doute cela mais j'ai honte: je suis sûre que vous avez toutes lu ces ''romans (?)'' il y a belle lurette mais j'assume !!!!! ainsi que mon goût pour un emploi hyperbolique de la ponctuation expressive d'ailleurs .
REREPS- Le dernier Irving est un vrai plaisir mâtiné madeleine: tout y est : les ours, les poèles, la neige, la fonte des glaces, l'amour, la mort qui rôde, les générations qui passent, les rancunes qui ne passent pas, les rires et les boules dans les gorges... et puis des hommes , des hommes et des hommes!
Je me relirai bien le monde selon Garp moi.
A plus les A

Écrit par : Agnes B | 29/08/2011

Oui, je sais .... mais la cure de sevrage est commencée, je fais dans l'indou végétarien, maintenant, j'ai aussi un problème avec les sushis depuis peu !!!!
Bauchau, j'y arrive pas, je me suis accroche à L'enfant bleu sur les conseils de Nanou, je vais peut-être m'y remettre du coup. Le dernier Irving, bonne idée, mais on mange quoi là dedans ?
Athalie

Écrit par : Athalie | 30/08/2011

Nanou est psycho.... Donc ce qu'elle aime, on n'aime pas forcément Mais OEDIPE, ANTIGONE ça c'est notre rayon et franchement c'est une belle écriture , envoutante, qui nous arrive des origines du monde...
Dans le dernier Irving pour manger, on mange puisque le père du personnage principal tient la cantine du campement de bûcheron et qu'ensuite lorsqu'il quittera (fuira) son trou perdu, il bossera dans de nombreux resto qu'ils servent des mets italiens (origine des personnages oblige) français (je crois???) ou chinois (amitié oblige).
Agnès B

Écrit par : Agnes B | 30/08/2011

Les commentaires sont fermés.