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28/08/2011

Notes de vacances ( 1 bis)

carcassonne.jpgVisite de Carcassonne, la vieille ville : une concession au tourisme de masse et aux enfants qui adorent les conneries du tourisme commercial. A l’arrivée, une forêt de dos qui montent la même rue, sans doute pavée, mais on ne le voit pas et sans doute bordée de maisons à colombages, qu’on ne voit pas non plus, occupés à éviter d’égarer un de nos enfants sous peine de le retrouver coincé entre une vitrine d’armures en plastique et une autre d’épées en mousse, l’air ravi et l’œil pétillant d’envie et de bonheur, dont il va falloir les priver dare dare.

(Moi ma technique, c’est la prévention, j’offre avant la demande, c’est comme cela que l’autre jour ma fille qui n’avait rien réclamé, s’est retrouvée avec trois bracelets tous plus roses à paillettes les uns que les autres. Mais ce n’est pas une technique fiable, j’en conviens.)

Vaille que vaille, on arrive au château, mon homme fait 20 minutes de queue, dans le calme et la résignation, comme tous les autres touristes, pour obtenir une visite guidée de trois quart d’heure, dont ne sait pas trop ce qu’elle comprend, mais bon, c’est tout ce qui restait. Durant ce temps, moi et les zozos, on a écumé les alentours immédiats, perturbés à l’idée que visiblement,  les estomacs touristiques devaient subir la religion du cassoulet ou du canard confit. J’ai quand même dégoté trois merveilleux bracelets en plastoc avec des bondieuseries dessus à 5 euros les trois, qu’une certaine A. devrait m’envier, si tout va bien. Je n’avais plus assez de liquide pour payer à ma fille une carte postale à 2 euros, dans la même collection des « dames du Moyen Age » dont on avait trouvé deux exemplaires la veille à 0,90… A Carcassonne, l’inflation est  étonnante, c’est ainsi que la deuxième extension du jeu du même nom, dont on est fan, se prend 5 euros de plus que dans une autre  ville quelconque, qui n’est pas entourée de remparts du Moyen Age, je veux dire.

On est quand même allé au restaurant, c’était inclus dans la journée : les enfants étaient ravis, il parait que les nuggets frites étaient meilleurs qu’à la cantine. Ma saucisse de Toulouse, non, le steack haché de mon homme, je ne sais pas. Mais le jardin était joli et la serveuse bien sympa. Elle a même souri en coin quand mon fils lui a déclaré que le resto était un des meilleurs qu’il ait connu.

Et puis, ce fut l’heure de la visite réservée. On est arrivé bien à l’heure, dans la cour, comme c’était marqué sur le ticket. Mais nul part ailleurs. Il y avait des groupes de partout, aucune indication, par là, nous dit une jeune fille, alors on a attendu par là. C’est ceux de 14.15 ? dit un homme qui a un bagde,  dans son truc portable relié à la billetterie, ben oui, ça doit être nous, ceux-là, puisqu’ on a réussi à comprendre que c’est autour de lui qu’il fallait se regrouper, et ça presque tous seuls comme des grands. C’est bien vous, ceux de 14.15 ? Ben oui, qu’on se dit vu que que c’est marqué sur le billet et qu’il est 14. 15. Le type avec le badge insiste auprès de qui ? on ne sait pas … Ben, ils ne sont pas tous là ? C’est pas grave, je pars avec ceux qui sont là. Vous êtes inscrits ? demande –il directement cette fois aux touristes dont visiblement, il vient de réaliser qu’ils avaient des oreilles, voire un cerveau. Ben oui, puisqu’on est là. Bon, je vous fait confiance, mais vous allez passer devant moi, avec les billets dans le sens de la lecture, de mon côté, la lecture. » Là, j’ai commencé à me dire que culture des enfants ou pas, ça n’allait pas le faire, du tout.  En tout touriste sommeille une humanité.

Pourtant, il a eu de la chance, parce que personne visiblement ne s’est trompé de sens de lecture, mais quelqu’uns n’étaient pas "inscrits". Je n’ai pas compris comment on pouvait avoir son billet pour 14.15 et n’être pas "inscrits". Il parait que c’était un privilège, cette visite. Les "pas inscrits" ce sont retrouvés derrière. Vu qu’on  n’était pas au complet, ça faisait quoi qu’ils passent ou pas ? Pas compris non plus. De toute façon, on a décidé de quitter le groupe après le discours historique introductif. Ça a fait de la place. Je ne sais pas si les autres ont subi sans rien dire le mépris de ce soit disant guide jusqu’au bout  … Je vais faire 4 siècles en cinq minutes, ça ne va pas être trop long ? Le traité de paix avec l’Espagne, c’est loin hein ? Louis XIV, vous souvenez, c’est un roi de France, le roi soleil, m’enfin, c’est un roi quand même ! Les albigeois c’est qui ? Et on ne me dit pas les habitants d’Albi, ça c’est déjà fait ! Il rigolait tout seul, empli d’une superbe vanité de baudruche.

Je crois que ça a été la première fois que j’ai répondu  à une question, pour abréger le truc. Quand il a dit bravo, je me suis sentie pire qu’une merde. C’est là où on a décidé de ne pas la faire, la visite guidée. Sauf ma fille qui voulait voir les remparts, alors on est allé faire le tour de garde.

Athalie

 

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