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31/08/2011

Tsubaki Aki Shimazaki

imagesCABUZ9EF.jpgHistoire de changer de l'indien, vu que j'allais attaquer L'équilibre du monde, un pavé de Mystri, je me suis dit : tiens, je vais faire dans le japonais, et dans le livre court. La littérature japonaise, en général, je n'y arrive pas, soit ça me barbe, soit je n'y comprends rien. C'est comme le cinéma japonais, enfin, le peu que j'ai réussi à voir sans trop m'ennuyer. Mishima ne m'a jamais fait délirer, la torture mentale, ça doit pas être mon truc, enfin, pas à la sauce japonaise.

Mais, comme j'avais vu de bonnes critiques (je ne sais plus où  et je le regrette car je suis devenue une pro de l'expression de mon mécontentement par mail depuis que j'en ai envoyé un à l'office du tourisme de Carcassonne, histoire de causer dans le vide ...) et qu'il est vraiment très très court, je me suis dit que, vu que je m'étais bien mise à aimer les sushis ... et bien non.

Ce n'est pas que je n'ai rien compris pour cette fois, c'est que justement, on comprend tout très vite et qu'en plus, c'est même pas intéressant ce qu'il y avait à comprendre.

Une femme meurt en laissant à sa fille une enveloppe qu'elle ne doit pas ouvrir (pas déjà vu, le truc) et une lettre mystérieuse (pas déjà vu non plus) où elle explique pourquoi elle a tué son propre père le jour où la bombe est tombée sur Hiroshima. La fille lit donc la lettre, et nous aussi et voilà. Sauf que la fille, elle n'est quand même pas rapide, parce qu'elle lit jusqu'au bout pour savoir le secret alors que le lecteur, lui, il pourrait s'en passer, vu qu'il est gros comme une pastèque chinoise. Ah oui, j'allais oublier le top du gratin : avant la lettre, la tueuse de son papa, elle explique aussi à son petit fils les tenants et les aboutissants de la politique américaine pendant la seconde guerre mondiale, en à peine deux coups de cueillère à petit pot. Il fallait oser le cours d'histoire en intro et en version light, tellement light qu'on voit à travers.

C'est le premier opus d'une série de cinq sur le même sujet. Pour moi, ça ira merci. Même si c'est bon, les shushis.

Athalie 

L'équilibre du monde Mystri

sari2011.jpg

Voilà une note qui n’est pas facile à faire tellement j’ai aimé ce livre : pas possible pourtant de ne faire qu’une liste de superlatifs. Le seul qui me vient est « dévorant », comme la misère, comme vouloir s’en sortir, sans trop se salir en pataugeant dans la fange et les ordures, les pieds dedans, englués, enchainés.

Le "Marabahatha de la pauvreté" pourrait peut-être convenir, mais je ne connais pas le "Marabahata," le vrai, je sais juste que c’est une espèce de fleuves d’histoires censées révéler l’âme incestrale de l’Inde. Si ce n’est que cela, cela va bien. Sauf que là c’est l’Inde des années 1970, et l'âme ancestrale .... on a envie de la secouer.

Pas de cynisme comme dans Le tigre blanc, mais une certaine naïveté, au contraire, un regard tendre sur des laisser pour compte aux grands coeurs, des aller et retour dans le destin des personnages comme des montagnes russes qui vous font toujours  craindre qu’après le un peu mieux, viendra le un peu plus pire. Dès fois, on ne voit pas ce qui pourrait être pire, mais tout semble possible, surtout le pire. Ce qui fait que plusieurs fois, je suis aller voir quelques pages plus loin, pour voir si ils étaient encore là, si il leur était rien arrivé, de définitif, je veux dire.

La première scène donne un ton, une des tonalités, quelque peu  burlesque, où est prise à la légère la gravité sous entendue, trois des héros se rencontrent par hasard dans un train qui s’est arrêté parce qu’un suicide vient d’avoir lieu sur la voie. Un de plus, visiblement, et le narrateur se fait voix collective pour déplorer le manque de succès du poison ou de l’empoisonnement …  Les trois, C’est Maneck,  Ishvar et Om. Sans le savoir, ils se rendent dans le même endroit, chez Dina. Le premier comme hôte payant, les deux autres comme tailleurs, employés hypothétiques d’une entreprise qui n’existe pas encore. Mais évidemment ils n’en savent rien.  Dina, elle a été mariée avant, avec un homme qui l’aimait et qu’elle aimait. Trop peu de temps. Elle a été fille, elle aurait dû être médecin. Elle est maintenant veuve, solitaire  et sœur d’un abruti qui veut sans cesse la remarier et qui ne lui refuse même pas l’aumône. Elle a un petit appartement, délabré, une véranda et un cœur un peu séché, des yeux qui ne voient que peu, la seule volonté de ne pas se laisser faire. Au point que dès fois, elle se goure. Maneck, c’est l’enfant gâté, il vient des montagnes, transbahute les rêves de sa pureté et ceux de ses parents, et va se cogner la rudesse impitoyable de la grande ville. Ishar et Om, c’est l’oncle et le neveu, sorte de Laurel et Hardy des intouchables, Charlots de la ruée vers l’or. Ils comptent le trouver dans la grande ville eux aussi. Quelques bidonvilles et amitiés incongrues  plus tard.

C’est un livre où les délires gouvernementaux de la loi d’urgence font que l’on ramasse des fous et des ivrognes pour les faire travailler sur des chantiers publics, qu’on propose (ou impose) une opération  de stérilisation contre un poste de radio, où la corruption gangrène les hommes aussi sûrement qu’une peste malodorante et purulente, ça pustule de partout, où pourtant le roi des mendiants peut (presque) devenir une bonne  fée, où un patchwork  aurait pu être magique et sombre dans une infinie tristesse.

Pour moi, à lire absolument, même si les bons sentiments y coulent parfois, ce n’est pas inutile, parce qu'autrement ce serait à hurler. De rage.

Athalie

PS : avis, l'auteur du tigre blanc Aravind Adida vient de sortir un nouvel opus : Les ombres de Kittur, à voir .... Moi, je fais un break sur l'Inde, ce pourquoi ,je laisse la main à la A. nantaise pour L'histoire de mes assassins

30/08/2011

Belibaste Henri Gougaud

book_cover_belibaste_460_250_400.jpgUne lecture en forme de devoir de vacances … l’année dernière à Banon, j’avais lu deux trois  Magnan que je ne connaissais pas ( dont l’excellent Les charbonniers de la mort, de mémoire). Donc, cette année, étant en pays cathare, je me suis dit « je vais lire un Gougaud », vu que la  A. banlieusarde m’avait signalé la qualité du régionaliste de l’étape annuelle. Renseignement repris auprès d’elle, vu que j’avais oublié le titre conseillé, me voilà à la recherche dans les libraires plus ou moins locales de L’homme à la vie inexplicable. Epuisé, fut le verdict du fort aimable libraire de Castelnaudary (faudra que je fasse une note sur cette librairie là, même si rien à voir avec Banon et les bleuets redoutables et fourmillants, il faut quand même avoir la foi pour tenir une bonne librairie dans une ville aussi tristounette, en gardant le sourire. C’est là qu’un client m’a affirmé que les cathares étaient un mythe. Mais comme je suis une bonne élève, j’ai quand même acheté Les cathares  en Découvertes Flammarion, après m’être assurée auprès du libraire que je ne risquais pas le délire mystique. Faut dire que mon historien de référence m’a lâchement laissée tomber sur ce coup là ! ).

Bref, je me retrouve en possession, malgré tous les vents cathares contraires de Bélibaste. Achat par défaut, qui se présente comme un bon vieux roman à la couenne historique et à la plume conteuse : pas d’état d’âme de l’auteur narrateur qui nous dit combien il peine à transcrire une vérité qui sans nul doute n’est pas vraie, à la hHhh par exemple.  Une lecture chausson, c’est bien.

Sauf que … j’ai pas dû bien comprendre l’intérêt d’écrire sur les cathares sans les cathares et après les cathares, mais je pense que ma lecture a été faussée parce que je cherchais de l'historique "documentaire" et qu’il ne s’agit pas de cela. Du coup,  ça m’a donné l’impression de lire un faux. Belibaste se retrouve Parfait à défaut lui aussi. Sa famille est suffisamment habile pour avoir échapper jusque là aux persécutions, elle est prospère, il est marié, il a un fils, n’est pas spécialement croyant, et un soir, tue, presque par hasard un espèce de vagabond berger même pas du coin mais qui menaçait de les dénoncer comme hérétiques. Pour échapper à la justice, il est embarqué par un Parfait, un vrai lui, un des derniers vrais, qui passait par là, pour devenir Parfait à son tour, même si imparfaitement. Là, je me suis dit que pour échapper à la justice, devenir le représentant d’une religion martyrisée, pourchassée et moribonde,  ce n’était pas une bonne idée. Ce en quoi, je n’avais pas tout à fait tort, parce que le pauvre Bélibaste, malgré quelques moments de répit, ben il n’y arrive pas vraiment   Il tord les dogmes, s’arrange de ses pêchés, se les excuse tout seul, en commet d’autres, est  immonde avec à peu près tout le monde, devient un espèce de mythe sans n'avoir rien fait d'autre que fuir et sans cesser de réclamer à son dieu qu’il se manifeste ou qu'il lui foute la paix.

Finalement, Il ne fait ni l’un l’autre.

Athalie

PS : mais cette petite déception ne m'empêchera pas de lire celui conseillé par la A. conseillère.

 

Compartiment pour dames Anita Nair

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C’est fait pour raconter la condition des femmes en Inde, c’est dit dès le départ qu’on va avoir une galerie de portraits de femmes, injustement traitées, que l’on va suivre une trame de différents destins pas mêlés. C’est artificiel mais pourtant  pas très grave finalement, puisque c’est dit. Ce n’est pas virulent, ni démonstratif, juste des petites touches d’une peinture entre résignation, petites victoires et tristesses, des facettes, des entrevues entre aspirations et possibles, des tiraillements, un poids les relie, celui de la tradition.

Une histoire de femmes, donc. Celle qui fait le lien, ou l’encadrement, qui donne le rythme et le prétexte de celles des autres,  est celle d'Akhila,  célibataire de 45 ans, fonctionnaire pâlichonne et morne à la vie plate comme un sari amidonné. Elle n’a rien vécu, ou plutôt n'a rien voulu vivre, elle a fait son devoir d'aîné, sa vie est passée dans un acceptement non consenti dans celles des autres, sa  mère, peu compréhensive, sa jeune sœur, exigeante, ses frères,  dont il a fallu qu’elle assure la subsistance puis les études et le mariage,  suite à la mort d’un pére falot pitoyable mais  tyrannique dans sa médiocrité. Le récit débute par sa fin, sa première décision pour être elle.  Elle va pendre le train pour se rendre dans un endroit inconnu et y passer quelques jours, sans raisons. Prétexte fictionnel peu crédible mais qui lui permet de poser ses fesses (et nos oreilles) dans un wagon, celui réservé aux "femmes et aux handicapés", de rencontrer les autres histoires, des brides ou des vies entière selon les narratrices qui succèdent à sa voix et à sa question « une femme en Inde peut-elle vivre seule ? » Ben apparemment, c’est pas facile, facile … mais avec un mari, cela n’a pas l’air évident non plus, sans compter les mères castratrices, les pères qui meurent en laissant leur filles aller à la prostitution et les mères qui les pousser vers un mariage forcé, les frères exigeants, les sœurs égoïstes. La famille indienne parait dévorante, même la liberté que quelques unes ont pu se donner les a enchaînées …  La toute jeune Sheela  conspuée parce que a fait ce qu’elle pensait être juste, juste rendre sa beauté à sa grand-mère morte,  Janaki, qui s’est endormie dans l’amour et la protection d’un homme, toute sa vie, sans même s’en rendre compte, ni s’en soucier,  Margaret ou l’amour vitriol, Prabha Devi ou comment retrouver sa voix et son corps  en se réussissant à , en cachette, flotter dans une piscine vêtue d’une sorte de combinaison anti impuretés …  et le pauvre chemin de Mari, substitut balottée au gré des intérêts ou des envies des maîtres , des amours des autres, jamais les siens.

Leurs paroles, nous parviennent, comme en sourdine, des confessions murmurées au fur et à mesure du voyage, les unes après les autres, sagement alignées dans leur boîte à train. La technique de la tranche de vie n’est pas lassante, elle semble tenter de boucler un tour d’horizon, une boucle qui ne serait pas complètement refermée sur elle-même, mais qui aurait un peu bout d’ouverture, un souffle entre les barreaux de la fenêtre, même illusoire et fugace.

Athalie

29/08/2011

My first sony Benny Barbash

imagesCA1RF9S0.jpgVoilà un livre que je ne prêterai à aucune A., non pas qu’il soit franchement  mauvais, mais comme il a été arrosé deux fois copieusement par l’eau de la piscine, il a d’abord littéralement gonflé, doublé de volume avant que les dernières pages ne se détachent complètement et que je ne finisse de le lire avec les deux mains bien accrochées aux dernières phrases de l’histoire, qui en plus donnent une autre résonnance aux précédentes, il aurait été dommage qu’elles ne s’envolent.

Le procédé narratif est complètement artificiel : un petit garçon, Yotam, onze ans, à la famille déglinguée et hystérique, malmenée par les aléas de l’histoire, la grande tragique, et les petites, tragi-comiques, enregistre sur un magnétophone toutes les conversations qui passent à sa portée et comme par hasard, ça fait une histoire …  les querelles politiques, nombreuses , et pour la néophyte que je suis, bien obscures,  mais aussi d’autres plus intimes, pantelantes et pitoyables voire même les silences … ce qui fait de lui une sorte de narrateur de substitution, sauf que c’est quand même tiré par les cheveux et que ça sent son auteur adulte qui fait semblant d’être un enfant, mélange qui ne fonctionne pas toujours, comme une double voix.

Sa famille, on n’en sort pas, et lui non plus, les disputes sont incessantes voire roboratives, on se demande au bout d’un moment comment on peut survivre comme ça, d’ailleurs il a bien du mal le pauvre à trouver sa place parmi toutes ses individualités qui se gargarisent de leur propre  vérité. C’est une autre limite du livre, je trouve, les personnages n’évoluent pas, ils campent des positions. L’histoire se passe en Israël de nos jours, plus ou moins, tous les membres sont représentatifs, ou censés l’être d’un choix ou d’un itinéraire face à la judaïté, le grand père, combattant sioniste de la première heure a rencontré la grand-mère, rescapée des camps, et a vécu avec elle l’arrivée en Israël, les camps de regroupement à Chypre, la lutte contre les anglais. Il croit dur comme fer, à ce que j’ai compris, du moins, en ces valeurs de combat nationalistes qui seraient à présent tenues par la droite. Son fils, Assi, le père du narrateur enregistreur, a « viré à gauche », mais surtout a épousé une tenante de la réconciliation avec les palestiniens, Alma, architecte, militante idéaliste férue des droits de la femme, ce qui évidemment complique avec le grand père pontifiant. Emigrée d’Argentine, où elle a vécu la répression fasciste, elle tombe amoureuse d’un émigré russe, de la vague qui vient d’arriver suite à ce qu’on sait, et a dû se faire circonscrire pour pouvoir divorcer d’un premier mariage non conforme … elle a des copines presque toutes plus libertines ou fidèles les unes que les autres, deux soeurs dont Béatrice, une folle qui a succombé au délire de la persécution. Alma rente de résister au chaos qu'engendre les coucheries incessantes du père, ses doutes d’écrivain, les exigences de ses employeurs, la dêche permanente … faut dire que le père, il assure pas une noisette , égocentrique jusque la kipa,  désespéré par le poids d’un passé qui n’est pas le sien, celui de la Shoah, souvenir qui rôde sans cesse entre les lignes. Je vous passe les autres grands parents, le taré des timbres rares, le fils cadet qui, lui a viré ultra orthodoxe, et hop, on a tout le panel, le prisme des possibles … C’est  quand même parfois drôle, parfois attachant, parfois rien, parfois trop compliqué, les références aux différentes tendances sionistes, moi j’ai lâché, mais quand même j’ai fini mes dernières pages en vrac, et pourtant ce jour là, il y avait du vent.

Athalie

28/08/2011

La route de tous les dangers Kris Nelscott

43389.jpgY’a des airs du « Port de l’angoisse », sauf que cela n’a rien à voir, peut-être un peu de « Chinatown », ou alors une résurgence de ces anciennes couvertures des nouvelles de Goodis, comme un  remake du roman policier américain classique depuis Marlowe, le moment ou l’on voit le nom du détective privé affiché en transparence sur la porte vitrée du bureau sordide et une main gantée de noir qui tourne la poignée …. sauf que là, le détective privé est noir et que la femme fatale, n’a au départ, ni même après, rien de la brune pulpeuse qui s’adosse, provocante, au chambranle d’une porte qui n’en avait demandé pas tant. D’abord, elle est blonde, n’a pas de long fume cigarette ni une voix rauque à se faire damner les doubleuses, ne boit que du coca, et  le détective aussi (mais il a quand même un grand cœur derrière son bureau bourru), ce qui peut les rendre suspects de non conformisme au genre. Les premières scènes sonnent pourtant comme cela, avec le poil d’agressivité qui convient au polar noir des années cinquante et encore plus à la situation, car la jeune blonde pas pulpeuse vient demander des comptes au détective inconnu auquel sa mère vient de léguer une coquette somme d’argent, sans que l’on puisse savoir pourquoi, du moins elle. Le problème, c’est que lui non plus, il n’en sait rien, n’a rien demandé et ne connait rien de cette histoire qui lui tombe dessus, de la sienne non plus. Des zones d’ombres qui vont prendre petit à petit sens dans les ombres l’une de l’autre, les vides vont  être remplis, les douleurs vont surgir, et pourtant, ça se lit sans heurt, comme un remake bien fait, un vieux film en noir et blanc au scénario bien huilé.

La toile de fond n’est pas non plus sans rappeler des imagesd’archives, la lutte des noirs pour leur liberté à Memphis, quelques jours avant l’assassinat de Martin Luther King, l’opposition des Blacks Panthers, ces mômes paumés qui commencent à toucher à des trafics qui vont noyer leur cause dans d’autres détresses, plus intimes, la difficulté de se situer dans un camp, la manipulation du FBI,  . Il y a parfois quelque chose de surfait, la blonde bourgeoise pas raciste pour un sous, mais qui a juste un peu peur quand même quand dans les émeutes, parce qu’elle se fait insulter, elle croyait quoi ? que les noirs en lutte, c’était des bambis ? … quelque chose de convenu, « la vérité révélée sur la mort de «  docteur king » seule connue par un gamin du coup pourchassé …. Mais bon, moi, les Bogart, noir ou blanc, ça m’a toujours fait fondre et j’ai toujours rêvé de pouvoir sussurer en ensemble vichy super moulant « If you know how to whistle, put you lips together and blow ». Ce qui n’a rien à voir non plus.

Athalie

Notes de vacances ( 1 bis)

carcassonne.jpgVisite de Carcassonne, la vieille ville : une concession au tourisme de masse et aux enfants qui adorent les conneries du tourisme commercial. A l’arrivée, une forêt de dos qui montent la même rue, sans doute pavée, mais on ne le voit pas et sans doute bordée de maisons à colombages, qu’on ne voit pas non plus, occupés à éviter d’égarer un de nos enfants sous peine de le retrouver coincé entre une vitrine d’armures en plastique et une autre d’épées en mousse, l’air ravi et l’œil pétillant d’envie et de bonheur, dont il va falloir les priver dare dare.

(Moi ma technique, c’est la prévention, j’offre avant la demande, c’est comme cela que l’autre jour ma fille qui n’avait rien réclamé, s’est retrouvée avec trois bracelets tous plus roses à paillettes les uns que les autres. Mais ce n’est pas une technique fiable, j’en conviens.)

Vaille que vaille, on arrive au château, mon homme fait 20 minutes de queue, dans le calme et la résignation, comme tous les autres touristes, pour obtenir une visite guidée de trois quart d’heure, dont ne sait pas trop ce qu’elle comprend, mais bon, c’est tout ce qui restait. Durant ce temps, moi et les zozos, on a écumé les alentours immédiats, perturbés à l’idée que visiblement,  les estomacs touristiques devaient subir la religion du cassoulet ou du canard confit. J’ai quand même dégoté trois merveilleux bracelets en plastoc avec des bondieuseries dessus à 5 euros les trois, qu’une certaine A. devrait m’envier, si tout va bien. Je n’avais plus assez de liquide pour payer à ma fille une carte postale à 2 euros, dans la même collection des « dames du Moyen Age » dont on avait trouvé deux exemplaires la veille à 0,90… A Carcassonne, l’inflation est  étonnante, c’est ainsi que la deuxième extension du jeu du même nom, dont on est fan, se prend 5 euros de plus que dans une autre  ville quelconque, qui n’est pas entourée de remparts du Moyen Age, je veux dire.

On est quand même allé au restaurant, c’était inclus dans la journée : les enfants étaient ravis, il parait que les nuggets frites étaient meilleurs qu’à la cantine. Ma saucisse de Toulouse, non, le steack haché de mon homme, je ne sais pas. Mais le jardin était joli et la serveuse bien sympa. Elle a même souri en coin quand mon fils lui a déclaré que le resto était un des meilleurs qu’il ait connu.

Et puis, ce fut l’heure de la visite réservée. On est arrivé bien à l’heure, dans la cour, comme c’était marqué sur le ticket. Mais nul part ailleurs. Il y avait des groupes de partout, aucune indication, par là, nous dit une jeune fille, alors on a attendu par là. C’est ceux de 14.15 ? dit un homme qui a un bagde,  dans son truc portable relié à la billetterie, ben oui, ça doit être nous, ceux-là, puisqu’ on a réussi à comprendre que c’est autour de lui qu’il fallait se regrouper, et ça presque tous seuls comme des grands. C’est bien vous, ceux de 14.15 ? Ben oui, qu’on se dit vu que que c’est marqué sur le billet et qu’il est 14. 15. Le type avec le badge insiste auprès de qui ? on ne sait pas … Ben, ils ne sont pas tous là ? C’est pas grave, je pars avec ceux qui sont là. Vous êtes inscrits ? demande –il directement cette fois aux touristes dont visiblement, il vient de réaliser qu’ils avaient des oreilles, voire un cerveau. Ben oui, puisqu’on est là. Bon, je vous fait confiance, mais vous allez passer devant moi, avec les billets dans le sens de la lecture, de mon côté, la lecture. » Là, j’ai commencé à me dire que culture des enfants ou pas, ça n’allait pas le faire, du tout.  En tout touriste sommeille une humanité.

Pourtant, il a eu de la chance, parce que personne visiblement ne s’est trompé de sens de lecture, mais quelqu’uns n’étaient pas "inscrits". Je n’ai pas compris comment on pouvait avoir son billet pour 14.15 et n’être pas "inscrits". Il parait que c’était un privilège, cette visite. Les "pas inscrits" ce sont retrouvés derrière. Vu qu’on  n’était pas au complet, ça faisait quoi qu’ils passent ou pas ? Pas compris non plus. De toute façon, on a décidé de quitter le groupe après le discours historique introductif. Ça a fait de la place. Je ne sais pas si les autres ont subi sans rien dire le mépris de ce soit disant guide jusqu’au bout  … Je vais faire 4 siècles en cinq minutes, ça ne va pas être trop long ? Le traité de paix avec l’Espagne, c’est loin hein ? Louis XIV, vous souvenez, c’est un roi de France, le roi soleil, m’enfin, c’est un roi quand même ! Les albigeois c’est qui ? Et on ne me dit pas les habitants d’Albi, ça c’est déjà fait ! Il rigolait tout seul, empli d’une superbe vanité de baudruche.

Je crois que ça a été la première fois que j’ai répondu  à une question, pour abréger le truc. Quand il a dit bravo, je me suis sentie pire qu’une merde. C’est là où on a décidé de ne pas la faire, la visite guidée. Sauf ma fille qui voulait voir les remparts, alors on est allé faire le tour de garde.

Athalie

 

27/08/2011

Des vies d'oiseaux Véronique Ovaldé

imagesCA4PRP2L.jpgJ’avais bien aimé l’année dernière Ce que je sais de Véra Candida, malgré le côté un peu roman de fille qui se bat contre le dur destin et le côté réalisme magique, dont depuis qui on sait n’est pas facile à suivre.

Mais là, Des vies d’oiseaux, m’a pas mal énervé parce que je l’ai acheté hier à Carcassonne (parce qu’à Carcassonne il n’y a pas que des boutiques à touristes et des guides qui prennent ces mêmes touristes pour des cons finis en dégoisant des blagues creuses et des approximations historiques d’un air supérieur de monsieur je sais et toi t’es qu’un pauv’ ignare, il y a aussi une librairie normale,  avec un rayon catharisme, quand même …). Et voilà, je viens de le finir. Pas pu m’en empêcher. Pas vraiment essayé. J’ai lu dans la voiture, j’ai même failli continuer sur le bateau à promenade touristique ( et oui, j’ai dit concession, les enfants en rêvaient) sur le canal du midi. Mais, là j’ai résisté parce que la guide était sympa et qu’elle avait l’air de bien l’aimer son canal. Donc, j’ai passé deux heures sans lire.

Les deux premières parties sont un vrai bonheur, la troisième, j’ai trouvé que le rythme se tassait un peu. Mais, c’est peut-être parce que j’étais trop dans l’immersion. Et puis la jolie Paloma est peut-être un peu lisse, si sa mère est floue, sa fille (oui j'avais oublié de dire que, c'est entre autre, l'histoire d'une mère et d'une fille) est peut-être un peu trop claire, en sur exposition.

Le style est ciselé à souhait, mais pas moyen d’en donner un exemple, pourtant j’ai cherché, pour une fois, c’est trop dentelle à voir dans l’ensemble. La lecture danse entre les mots, palpite et papillonne, arabesque et virevolte pour une histoire toute simple, celle d’une solitude, d’une rencontre et puis d’une autre solitude et d’une autre rencontre.

Vida Izzara se vit par procuration, elle est la femme de Gustavo, en robes d’intérieur surannées, elle a pris place dans sa cuisine, devant la baie luxueuse, d’une maison luxueuse, construite par son mari luxueux et regarde pousser les roses parfaitement ordonnée. Ce n’est même pas de l’ennui, c’est une forme d’acceptation dans une ville luxueuse et vide d’une existence immobile. Le mari, il n’est même pas atroce, juste pas là, dîners d’affaire et symposiums, assistante et non secrétaire. Sa femme  a visiblement cessé de l’intéresser depuis un certain temps déjà, puis a décidé ne pas s’en inquiéter, enfin, c’est vague et confus, une esquisse , comme elle, une jolie fille que le beau jeune homme plein d’avenir qu’était Gustavo, a choisi de tirer de la fange de Irigoy, une ville de la misère de nulle part, pour la placer dans un tableau où elle a dû avoir une place. Sa fille est partie, elle n’a pas vraiment su faire non plus avec elle. C’est une sorte de femme sans squelette, en décalé. Et puis, elle rencontre Taïbo. Et puis, ne pas s’attendre à un raz de marée amoureux, se laisser bercer par les vaguelettes.

C’est doux, c’est tendre, découpé en petits chapitres, des touches qui rajoutent et complètent, parfois s’arrêtent sur un moment en dehors : la scène du diner de « Mais qui saura d’où je viens ? », les deux pages de « Mon cœur en sautoir », quelques lignes par ci par là, une sorte de collections éphémères de petits mots de grâce. Peut-être bientôt oubliés … je me méfie de l’effet immersion en fin de vacances !!!!

Autre bonne nouvelle de la journée, mis à part que l’on foutra plus les pieds à Carcassonne, c’est que d’après mon homme, Carole Martinez a sorti un nouveau bouquin.

PS : cette note a été écrite avant que je revienne de l'Aude et retrouve Internet, d'où l'inutilité de ma dernière annonce .... devancée par A. finaude.

 

 

Notes de vacances (1): d'un gîte dans l'Aude

cedez-le-passage.jpgHier, le propriétaire du gîte  nous a conseillé d'aller à « Carcassonne plage » parce qu’il y a plein de pédalos et des murs d’escalade et plein de monde pour que les enfants se fassent des copains. Je ne lui ai pas dit qu’on est  des sauvages de base et que sa piscine de 12 mètres de long et 9 mètres de large avec que nous comme seuls occupants par un cagnard de 35 ( plus ou moins) degrés, c’était pas mal aussi.

Vu un jour, même cagnard, sur le bord d’une route, une intersection en plein croisement de deux champs,  un homme en bleu de chauffe et chapeau de paille avec un seau et une éponge qui nettoyait le panneau stop. Après vérification, c’était un "cédez le passage". Très propre.

Il  y a un musée de la chapellerie à Espéraza. On n’y est pas allé.

Il  y a un musée des dinosaures à Espéraza. On y est allé. Les enfants préfèrent les dinosaures aux chapeaux. Moi, je ne sais pas.

Ici, les gens aiment les enfants. Un jour, je dispute ma fille qui faisait la tronche vu que je ne lui avais acheté que deux bracelets, un livre et une glace. Un dame se retourne : «  Tu sais, faut faire avec ce que l’on a et ta maman, elle est pas vraiment méchante ». Plus, tard, à l’épicerie du village on a appris que son « tout petit » vivait à Barcelone. Enfin, juste à côté.

J’ai appris qu’il avait plein de souris dans les vignes et que c’est pour cela qu’il en a qui sont venues manger les céréales des enfants. Par contre, un chat inconnu a élu domicile dans notre gîte, et les céréales, il s’en fiche, des souris aussi.

Quelques jours plus tard, le chat inconnu s’est envoyé  la moitié des lardons prévus pour les pâtes carbo pendant qu’on était à la piscine. Heureusement, il en restait un paquet. De lardons.

J’ai appris que Bugarach allait survivre à la prochaine fin du monde. C’est le fromager de Limoux qui me l’a dit. Plus tard, on a traversé ce village. J’espère que ça compte aussi.

Il parait que les châteaux Cathares n’ont rien à voir avec les Cathares. J’espère bien comprendre d’ici la fin des vacances pourquoi. Sinon, je pense que je vais laisser de côté cette question pendant un certain temps …

A Puivert, les baignades dans le lac sont interdites le lundi. Mon homme a dit que ce devait être le jour de congé du maître-nageur. Moi, je pense que c’est celui des poissons.

A Alet les bains, il y a un gîte à louer : le gîte Nostradamus. Sur la façade, il y a l'emblème des Cathares. A côté, il y a un cabinet de « retour à la vie » : aromathérapie, yoga, et autres transcendantalités. Je me suis dit que ce devait être la femme de l’autre, celui du gîte mystique. Par contre, il n’y a pas un seul troquet pour manger une glace. Enfin si, mais il était fermé. Peut-être tant mieux finalement. Il est situé dans les anciens jardins du séminaire.

On a acheté du sirop de prunelles fabriqué à Bugarach. Je pense qu’on augmente nos chances.

Sur la route pour aller à Mirepoix, il y a une maison avec deux sangliers en plâtre qui décorent l’entrée, comme des lions, mais en sangliers rugissant. Heureusement, c’est loin du gîte et on ne connait pas les gens qui habitent dedans.

Dans notre voiture, avec la clim à fond : je râle (un peu) parce que mes enfants ne semblent pas débordés de joie à l’idée d’aller découvrir une abbaye perdue au fin fond d’une vallée perdue mais avec une église cistercienne du XIII ème siècle et des vraies nonnes, des en vrai avec le voile et tout et tout. Je tentais une explication de la règle de saint Benoît, quand on a dépassé une famille qui roulait à vélo sur le cagnard : Vous préfériez peut-être qu’on vous oblige à pédaler toute la journée sur des routes de montagnes ? Mon fils : ben là c’est plat. Pas faux, mais après ça descendait.

Entendu  devant la billetterie du château de Puivert, au bout d’un petit sentier caillouteuse et abrupt et toujours sous le cagnard d’un début d’après-midi : une famille arrive pour prendre ses billets : on prend d’avance pour la grand-mère, si vous la voyez passer vous la reconnaitrez, elle a un chien. On a croisé la grand-mère en descendant, elle avait bien un chien, un petit noir et blanc, en laisse, devant elle, qui tirait

Athalie

14/08/2011

Istanbul était un conte Mario Levi

C'est conteux, ça c'est sûr, et méandreux, très, très, très méandreux même. On flotte, quelque part dans le Bosphore,ou sur d'autres rivages, on peut se laisser flotter sur sa bouée, ou se lasser et dériver, en laissant la bouée ...

" Saga familliale", sauf qu'en général, quand on lit saga, on pense plutôt événements qui s'enchainent, un tant soit peu de bruits et de fureurs ... Il y en a aussi ici, mais en sourdine, genre sonate quand on attendait une symphonie, avec les cymbales et les coups de clairons des choeurs de "Nabuccho", tant qu'à faire dans l'exotisme.

5949.jpgLa famille, on finit quand même par la reconstituer, petit à petit, très petit à petit (le glossaire des personnages du début est très poétique, mais parfaitement inutile pour s'y retrouver, vaut mieux encore flotter). Madame Roza, monsieur Jack, monsieur Rober et la myriade d'autres sont des exilés qui s'accrochent à une ville, Istambul, ou bien c'est la ville qui s'accroche à eux ... des exilés d'un lieu originel dont on ne sait pas grand chose, des exilés d'un temps d'avant, dont on ne sait pas très bien non plus ce qu'il recouvre, avant, quand la famille était réunie (mais elle semble ne l'avoir jamais vraiment été ...) dans le temps du magasin de tapis du grand-père, Avram Efendi, l'expert, quand la grand mère Perla y voyait encore et ne se cognait pas aux meubles, dans la solitude et l'obscurité poignante d'un crépuscule sans fin, quand tante Tilda se croyait encore la reine des écrans et dansait jusqu'au bout de la nuit dans son cinéma imaginaire, quand Ceri rêvait de révolte, quand Mimiko jouait aux billes et n'avait pas encore épousé la tigresse qui ne lui fera pas oublier sa solitude, quand Nessim n'avait pas encore été déporté, quand c'était la saison des roses cent-feuilles, quand Ukram n'avait pas encore été assassinée dans la chambre d'un hotel qui ne peut être que sordide ...thumb.jpg

Un temps que la famille tente de garder, de rattraper, à coups de journées de Pessah et de Yiddish cosmopolite, de bateaux qui passent ou qui repartent, à coups de raki et de mezelers : valse mélancolique et langoureux vertige dirait l'autre ou alors "Longtemps j'ai flotté de bonne heure" ...

Le narrateur est insituable, ce qui n'est pas le problème, mais c'est surtout que souvent, trop souvent, pour moi en tout cas, il s'interroge, médite sur le cours de l'histoire, prend son temps, ne sait plus, nous le dira plus tard, ou ne peut pas dire, que c'est un secret que le roman doit garder. Trucages si frustrants et agaçants que plusieurs fois, je me suis dit que j'allais le poser son bouquin et ses mystères, il allait se retrouver sur une étagère, avec son poids de nostalgie qui commençait à me courir sérieux ! et non, parce qu'il y a de sacrées belles pages, des accélérations parfois (surtout à la fin, ouf !) des images qui raccrochent la bouée, j'ai fini ce voyage long au lent cours, qui vaut quand même par ces parfums surannés, ses couleurs sépia et ses sons aphones, ses gens, ses gens fantomatiques au destin parfois drôlatique, parfois dramatique, mais surtout pas héroïque, surtout pas, juste comme des petits morceaux d'un service à thé à moitié ébréchés.

Athalie

12/08/2011

Chocolat amer Laura Esquivel

chocolat-amer-laura-esquivel-L-ZT7pgd.jpgComme un goût de déjà dégusté, déjà consommé, même si c'est bon, cela ne surprend en rien. Bien dommage, un ressucé réchauffé de réalisme magique à la mode sud américaine, c'est mijoté mais peu relevé, même en intercalant de joyeuses odeurs poivrées et en mélangeant les sucrés salés, pour moi, cela n'a pas pris.

Tous les ingrédients attendus sont utilisés : une famille de filles, une mère acâriatre, un désir de fuite et de révolte, une obéissance à sa destinée, la révolution mexicaine, chaud chaud bouillant les sens, l'amour impossible né d'un seul regard torride, le sacrifice de soi, la puissance du don aux aliments mêlés, et attention aux fées qui se nichent au fond des marmites.

Tita est au centre du roman, avec Pedro, celui qu'elle ne peut épouser et pourtant qu'elle doit côtoyer tous les jours. C'est la plus jeune, elle est née dans une inondation de larmes, au milieu des oignons. Courroux de la mère et destin bouclé, dans cette famille, la plus jeune doit rester célibataire pour s'occuper de la mère jusqu'au bout, et la mère Héléna, faut se la coltiner !!! En attendant sa disparition, pour cause de naissance malencontreuse et d'amour interdit, la Tita, elle est exilée dans la cuisine, avec la vieille bonne indienne, mére de substition et Pygmalion en chef de l'art de la tambouille à double tranchant. L' affreuse mère veille au grain, mais les effluves passent les portes et Tita apprend à cuisiner, et à faire consommer, de drôles de recettes, qui au gré de ses humeurs et sensations amoureuses peuvent se rélèver aux conséquences aléatoires voire regrettables. Se méfier surtout des cailles aux pétales de roses qui vont entraîner Gertrudis, la seconde, vers des chemins de perdition et Rosaura, malgré une forme d'abstinence ... carrèment sans gout au départ, mais point sans odeur à la fin, n'aura finalement que ce qu'elle mérite.

On cuisine beaucoup dans ce livre, on mange souvent, presque sans faim, on malaxe odeurs, coups de théâtre et coups du sort, mais sans trop d'appétit.

Peut se lire ; mais il faut alors oublier Cent ans de solitude, ce qui n'est quand même pas évident.

Athalie

11/08/2011

L'affaire Jane Eyre Jasper Fforde

dim11.jpgDeux FF comme totalement déjanté, complètement foutraque et fortement plaisant !!!! A réserver pour un trou entre pavés nostalgiques (ou pas) ; "saga familliale et lourds secrets" et pavés " le monde comme il devrait être et nature humaine comme elle n'est pas".

Ici l'Angleterre des années 1980 prend des airs de science fiction et de monde parallèle, mais parallèle à quoi, c'est pas clair ... sauf que la littérature y est la valeur suprême, que les vaisseaux spatiaux sont des dirigeables, y'a pas de martiens, mais les héros de fiction peuvent se matérialiser, mais dans quel espace ??? Pas clair non plus. Mais il y a des bons et des méchants. Le bon, c'est Thursday Next, jeune enquêtrice, sorte de détective littéraire appartenant au corps de police qui doit préserver les manuscrits et histoires originelles en débusquant les tentatives de faux et les trafiquants de versions non conformes aux chef d'oeuvres littéraires, une sorte de répression des fraudes pour objets de grande valeur à la marque déposée que sont les Dickens et autre Wordsworth (sorte de Chanel ou de Vuitton, en quelque sorte, par chez nous). Le méchant, c'est Achéron Hadès. Il a volé soit disant le manuscrit d'un Dickens, mais en fait, c'est pour mieux trafiquer la fin de Jane Eyre. Le Brontë est en danger, à moins qu'une énorme rançon ne soit versée ... Auquel cas, il laisserait (peut-être) tranquilles Jane et Rochester. Faut dire que dans ce monde là, le lecteur (bien ou mal intentionné) peut (sous certaines conditions quand même) rentrer dans les intervales de la fiction, dans les moments pas racontés par l'auteur entre deux scènes et changer deux ou trois petits trucs qui vont faire se détricoter les mailles prévues à l'envers à l'endroit. Ou l'inverse. En plus, si l'original est modifié, c'est toutes les éditions qui se modifient en même temps, et définitivement si l'original est détruit ... D'où l'urgence, évidemment ! (je ne sais pas si je n'ai pas perdu deux troix A. en cours de lecture moi, par contre).

La course contre la montre est trépidante, surréaliste, insuivable, drôle, sans compter que d'autres trucs s'emmêlent sans arrêt : Shakespeare a des troubles identitaires, un père fantôme déboule quand ça lui chante, le dodo est calineur mais un peu encombrant, les amoureux aussi, ou pas, ça dépend lesquels ... On perd le fil, on en retrouve un autre, en fait, coup de bol, c'était le même. A la fin, je me suis retrouvée sur mes pattes mais Rochester avait pris un coup de chaud et Jane s'était un peu cramé la jupette. La fiction se dédouble encore, vrai jeu de miroir où apparaissent et disparaissent des pions-personnages, à en donner le tournis au lapin d'Alice.

Du coup, j'ai lu Jane Eyre, le vrai, enfin, logiquement. Ben, c'est drôlement bien aussi.

Athalie

04/08/2011

L'élu C. Potok

potok.jpgLa A. cachottière avait encore un as dans sa manche, la voilà qui pourra faire sa maligne. Je me demande quand même comment elle joue au poker ...

L'élu : sur la quatrième, c'est dit "une histoire d'amitié" entre deux adolescents juifs, soit. Ce ne serait que cela, on serait un peu dans la bibliothèque verte ou chez L'école des loisirs, collection " Découverte de l'autre et pratique de la tolérance", voire "citoyenneté et respect des croyances" ...

Moi, mais ce n'est que moi, évidemment, (je ne voudrais pas que le quatrième me réponde en un commentaire virulent), j'ai trouvé que le récit tourne autour de ce que la tradition et les croyances , et ici, la religion, peuvent faire aux enfants et à leur père, comme une question de choix et de don, comment on peut être honnête et piégé, sincère et injuste.

ça commence par un match de base-ball, je ne comprenais rien, je survolais le score en attendant que le match se termine, puis, le match devient duel, presque inquiétant, je ne voyais pas trop comment, mais du coup, j'ai plongé dans le bouquin, comme un règlement de compte qui leur échappe aux deux ados, Reuven et Danny, qui ne se connaissaient pas, mais, qu'une sorte de pulsion meurtrière va pourtant unir ... (je sais, c'est bizarre.)

Tous les deux sont juifs, seulement, ils n'appartiennent pas à la même communauté, l'un pense posséder la certitude de la pureté, de la loi, de l'élection, l'autre semble s'en moquer, sauf que le premier doit être rabbin, alors que le second le veut, le premier est obligé, le second le choisit. ça devrait être l'inverse, mais alors, il n'y aurait pas de roman. La pureté, l'obéissance aux règles, à la tradition, aux lois des pères, au poids de l'histoire d'une persécution qui légitime, et oblige, au respect de ce qui doit être, pour continuer.

Les deux pères sont pratiquants, mais l'un tendance "moderniste", celui de Reuven, il parle à son fils et le conseille, l'autre, le père de "l'élu", Danny, est le rabbin d'une communauté hassidim. Il lui parle du Talmud, ou plutôt ils se parlent à travers le Talmud, notamment le soir du shabbat, sorte de mélange de foire à la parole illuminée et d'interrogation publique, entre sadisme et tendresse : le fils doit succéder au père, il doit être à sa hauteur, quitte à s'affronter, en se taisant ... C'est une étrange logique, mais qu'on finit par comprendre, comprendre entre autre qu'ils ne peuvent faire autrement. Du moins, que pour le père de Danny, c'est la seule voie possible. L'élu, Danny, ne veut pas l'être, résistant et résigné, pourtant. Etrange, dis-je, loin de notre (ma ?) vision des choses où le lien à la religion ne définit pas notre identité, ce qui pour les juifs, évidemment, est au contraire une question qui ne peut que se poser, un piège qui s'ouvre ou pas, une borne, une jauge ...

Enfin, je crois ...

Athalie

 

02/08/2011

Tom, petit Tom, tout petit Tom, Tom Barbara Constantine

sommer.jpgBen, si j'avais su, j'aurais pas lu ...  J'avais pas vu que c'était de la même auteure que Mélie sans mélo, parce que dans Mélie sans Mélo, du mélo y'a que ça ! C'est l'histoire d'une grand mère et de son adorable  sa petite fille, genre Martine au pays de Oui Oui mais sans les Stroumphs, ce qui fait que c'est moins drôle ..... La grand mère, elle vit seule, à la campagne, dans une campagne où y' a pas de bouse de vache ni d'élevage de cochons qui pue, ni d'engrais qui pollue, un truc qui doit dater des fims de Bourvil, genre vélo qui s'ébroue sur les routes bordées de platanes ... Connais pas, je ne connais pas beaucoup la campagne, faut dire. La petite fille, elle adore sa grand-mère, un peu fofolle, genre indépendante, originale, mais profonde, dans sa philosophie de la vie, dégoulinante de bons sentiments, la philosophie, faut aimer et en retour, hop ! y'a l'ami Ricoré qui arrive en vélo ... ou la mère Denis qui enlève la blouse pour un streep super hop, mais dans des draps blanc bien propres, quand même.

Tom, c'est pareil ou presque, presque pire, j'entends. Tom vit dans un mobil home avec sa mère qui l'a eu à treize ans, à cause de ses gros seins, c'est pour cela qu'elle veut se les faire enlever, logique. Joss, donc, s'occupe peu de son fils et l'envoie voler de quoi se nourrir dans le jardin des voisins, qui, coup de bol, sont aussi gentils et mignons que des nains de jardin, logique encore. Elle le laisse seul pour boire des coups, ou se payer une semaine de vacances à la mer. Bien sûr, Tom sait où est la réserve des économies pour l'opération des gros seins. Mais, il ne la prend pas, non, non, à la place, il va secourir une vieille grand mère et son vieux chat et son vieux chien et fait des bocaux de confit de tomates pour les nains de jardin, attendris par cette touchante attention, mais pas dupes, non, non !!! finauds !!!! Ils laissent faire, en fait !!!!! ( Désolée, je dévoile un scoop), sans compter que la grand-mère pendant ce temps, elle ressuscite à coup de madeleine (finaud aussi, c'est son prénom !!!!!), sans oublier le bon croque mort ex-taulard ...........

J'attendais le retour de monsieur propre, mais finalement, il avait un rencart, sûrement avec la fée du logis, qui était occupée avec Belle des champs, allez savoir à quoi faire !!! Et les platanes regardaient passer Bourvil.

Athalie

 

Un pied au paradis Ron Rash

Bien prenant comme un polar qu'il n'est pas vraiment, bien troussé en cinq parties que l'on enchaîne, malgré quelques répétitions, un coup d'accélérateur sur la fin, et même si quelques ficelles trainent, on ne culbute quand même pas trop dans le total mélo.

Il fait chaud dans ce livre, une chaleur moite qui colle aux mains calleuses des paysans qui s'acharnent à tirer quelques plants de tabac d'une terre aride, perdus dans une vallée bien paumée du sud des Etats Unis, ancien territoire indien où trainent encore quelques ombres. Ils triment pour ne pas faire pousser grand chose, et surtout pas des enfants ... Une grande ombre aussi plane en arrière-plan, celle d'une grande entreprise qui se moque pas mal d'eux et du passé, c'est dit, les terres anciennes et ce qui va avec doit être noyé sous l'eau de la retenue necessaire à la centrale électrique.

WorkShoesS.jpgCe livre a un goût de poussière, un son de pendule qui sonne les coups du sort pour les personnages qui peinent en dessous. Il y a d'abord la voix du shérif, parti à la recherche du corps d'un ancien combattant tourné pas grand chose. Sa mère a donné une piste : les voisins, et surtout la voisine, seulement voilà, pas de cadavre, pas de crime, alors, il cherche. C'est rèche et tendu, c'est lourd. Le shérif traine la jambe, mais aussi sa propre histoire, un mariage raté, un père et un frère qui, eux, sont restés à la ferme, un parcours clopin clopant qui garde une part d'ombre ... Puis la voix de la voisine, relais qui dévoile un peu, on croit savoir, on devine, on met d'autres pierres dans le sac, puis le mari, puis leur fils, et lorsqu'arrive le tour de l'adjoint, c'est juste pour le fardeau final, les pierres tombales disparaissent sous l'eau du barrage, les pick-up déglingués ne se cabosseront plus aux routes pas carossées.

Ce n'est pas si dense ni si puissant que du Harisson ( celui de Dalva), il y a comme un écho de déjà lu, mais du déjà lu qui fonctionne pas mal.

Athalie