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01/10/2011

Eux sur la photo Hélène Gestern

barthes.jpgLa première page a quelque chose de délicieusement surrané, une belle femme, deux hommes, une complicité, un instant fixé. A chaque fois que je lis une description de photo, je pense à ce qu'en a dit Barthes (je sais, ça fait pédante, mais c'est vrai) dans La chambre noire ; quelque chose qui dit dans que lorsqu'on regarde une photo, on regarde forcément la mort d'un instant. (Evidemment, c'est plus long et c'est mieux dit, mais j'ai la flemme d'aller chercher l'extrait). Je ne sais pas pourquoi, ça résonne juste, pour moi en tout cas. Je ne pense jamais à ça lorsque je regarde une photo, une vraie, celle de ma vie normale, mais uniquement quand j'en trouve une dans les livres. (J'arrête ma psycho à deux balles, les A. sont moqueuses)

Une femme, Hélène, ne sait rien de sa mère, sauf que la belle femme, à la raquette de tennis, sur la première photo, c'est elle, rien de rien du tout d'autre, à un point que s'en est quand même quelque peu artificiel.  Pourquoi qu'elle a pas régi avant que son père soit mort et sa belle mère atteinte de la maladie d'Alzermer ? (Trop fastoche Alzermer ....) Donc, au lieu de demander avant, elle a passé une petite annonce dans Libération après. Un certain Stéphane répond, un des deux hommes de la hoto, c'est son père, sauf que lui non plus ne sait rien de rien. Le fils du troisième, on saura plus tard pourquoi il ne risquait pas de se manifester. Une mère disparue dans la nature depuis l'enfance, un père mort depuis des années mais qui, même vivant, était un fantôme, atone. Sans être devin, c'est bon, on a vite compris, et pourtant, malgré quelques platitudes et un côté  bleuette, peut-être dû au côté roman épistolaire, résurgences du truc machin chouette des amateurs d'épluchures de patates, et avec un goût de pépin de pommes dans la bouche, je me suis laissée prendre par les circonvolutions autour d'un secret de polichinelle.

Pour une fois, je mets un extrait pour que l'on m'excuse ce penchant pour les ritournelles nostalgiques.

 La photographie a fixé pour toujours trois silhouettes en plein soleil, deux hommes et une femme. Ils sont tout de blanc vêtus et tiennent une raquette à la main. La jeune femme se trouve au milieu : l’homme qui est à sa droite, assez grand, est penché vers elle, comme s’il était sur le point de lui dire quelque chose. Le deuxième homme, à sa gauche, se tient un peu en retrait, une jambe fléchie, et prend appui sur sa raquette, dans une posture humoristique à la Charlie Chaplin. Tous trois ont l’air d’avoir environ trente ans, mais peu être le plus grand est-il un peu plus âgé. Le paysage en arrière-plan, que masquent en partie les volumes d’une installation sportive, est à la fois alpin et sylvestre : un massif, encore blanc à son sommet, ferme la perspective, en imprimant sur la scène une allure irréelle de carte postale. 

Tout, dans ce portrait de groupe, respire la légèreté et l’insouciance mondaine.

 Athalie

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