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11/10/2011

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet Reif Larsen

Délicieux OVNI fantôme, une figurine de Mac Do en plastique mal peinte sur la plate forme d'un train passant dans le désert, alors qu'on buvait, en équilibre sur un fauteuil à bascule légèrement grinçant, un thé sépia de la main gauche, et que la droite fourrageait dans un pot de beurre de cacahouettes volé sur l'étagère cachée de l'épicerie de Ma Dalton, ou autres Mark twainetterries possibles, imaginaires et magiques, dont les saveurs me sont totalement inconnues. Je n'ai pas lu Mark Twain, n'ai aucune intention de m'y mettre, et encore moins de m'empiffrer de beurre de cacahouettes à la place de galettes saucisses. Mais les galettes saucisses, c'est moins poétique. De toute façon, T.S. il carbure au TaB (sorte de soda dopant nébuleux) et de barres de carottes (?).

lextravagant-voyage-jeune-prodigieux-ts-spive-L-VWb51G-175x130.jpgT.S. , c'est le héros, il a douze ans. Il vit dans un coin du Montana, dans un autre siècle qui est le nôtre. Son père se vit cow-boy du temps du grand temps, articule quelques métaphores tant bouseuses qu'énigmatiques, rarement quitte son stetson avant de planter ses bottes dans le sanctuaire dédié à tous les Billy the kid, whisky chronométrés en main. Le docteur Clair ( "mère" dit T.S) laisse griller les grille pain tandis qu'elle s'absorbe dans la description du dernier insecte capturé dans son filet, à la recherche d'un impossible spécimen rarissime de coéloptère. Sauf que cela fait déjà un sacré bon moment qu'elle le cherche. Trop peut-être. T.S a aussi une soeur, la seule qui semble être de son temps, celui des ordinateurs roses et des élections de miss stupides. Il avait aussi un petit frère.

T.S est un petit cartographe, petit, mais génial. A l'ancienne, il dessine, classe, inventorie, répertorie, à coups de compas, de crayons, de notes, tout ce qu'il voit : le monde visible, le Montana, les adultes, les sourires, les sensations, les bruits, ce qu'il ne voit pas. C'est un maniaque de la précision, un obsédé du rationnel. Ce pourrait être inquiétant (kévinesque, oserai-je ...) mais c'est juste attendrissant. Faut dire que c'est le narrateur, et moi, je suis tombé sous le charme de son obsession, décrivant ce monde du tout et du rien, du foutraque et du pas grand chose, et du reste, du rêve de totalité, un peu à la Jules Verne ou à la Perec. Univers poussiéreux sans limites , entre bloc-notes et rayonnages , livres et papiers, secrets et enfance, peurs de ne pas être aimé et envie de Mac Do interdits. Les dessins et schémas envahissent les marges des pages, commentaires, listes, disgressions qui amusent, touchent, font mouche, partent et repartent, restent, ajoutent, élident, inconcongrus, obsessionnels, ils nous lancent dans une recherche de côté (peut-être finalement la plus au centre) et nous oblige à une lecture sautillante, fantaisiste, presque onirique et fantastique par moment, comme le voyage de TS. 

Parce que oui, il a quitté son ranch au fait, (depuis un bon moment déjà, mais je me suis un peu égarée en cours de note) il doit recevoir le prix, consécration ultime pour un cartographe, Braid (?), décerné par le prestigieux musée de Smithsonain, de Whicago, ce qui n'est pas tout près du Montana. Le long des rails, et au bout des rails, il y a encore une autre histoire, en dessous, ou à côté, avant notre monde ou alors coincé entre deux. Sûrement, la plus au centre. Ou alors, je me suis encore paumée.

Un petit régal, comme un livre pour enfant qui se déploie, des poupées gigognes, un Mac Do plein de tranches de ketchup, un lait de poule dans Magazin zinzin et le sourire de Little Miss Sunshine.

Athalie

 

 

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