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16/10/2011

Désolations David Vann

Désolations, le pluriel est juste. Des désolations, au sens d'être désolé devant un paysage qui l'est aussi, de faire le constat de ce qui est devant soi est tout cassé, peut pas être réparé, que ça c'est cassé la figure, en route de route. Que c'est tout par terre.

598599_david-vann.jpgComme dans Shukkand Island, il y a une histoire de cabane, il y a une histoire de cabane, de bois, mal fichue, mal conçue, un projet de survie, pour de mauvaises raisons, il y a une histoire d'île, de tempête, de neige, de froid, de solitude à deux (sauf que celle-là, elle datait d'avant l'île), une histoire de famille, cette fois, ils sont quatre, ça fait plus de possibilités quand même, surtout qu'il y a aussi les conjoints et deux autres figures "touristiques" qui traînaient leur rêve d'Alaska sauvage.

Iren et Gary se sont mariés il y a longtemps, trop, sans doute, les deux enfants, Mark et Rhoda sont partis, lui les fuit, elle reste autour, s'inquiète pour eux, surtout depuis que le père a décidé de construire une cabane sur l'île d'en face et d'y vivre, ce qu'il voudrait bien faire seul mais Iren le suit, malgré elle. A la retraite depuis peu, sdans rien d'autre que lui et elle, elle s'enfonce dans ses méandres migraineux et Gary dans l'illusion de faire peau neuve, devenir enfin un libre conquérant, comme dans ses rêves d'enfant, ne veut pas voir que c'est un peu raté d'avance. Lequel des deux est le bourreau de l'autre ? lequel a commencé à reporter la faute sur l'autre ? Lequel s'est retourné et a pleuré ? La construction de la cabane, c'est pas une nouvelle vie, c'est la même qu'avant mais en concentré de rancoeur. Des grains de folie s'installent et on attend l'explosion de la marmitte conjugale. Pas moyen de faire autrement.

En contre-point, Rhoda, la fille, sagement équilibrée et presque aimante, prépare de bons petits plats à son dentiste de fiancé. Elle a la grande maison, la vue sur la baie, le confort et l'assise, et commande des kits mariage "clefs en main" sur des îles baignées de soleil celles-là, au sable qui caresse les pieds et la traine légère de la robe en dentelle qui flotte sur les vaguelettes. Pendant ce temps, le dentiste, il fait un peu autre chose en fait, ce qui n'augure pas très bien de l'état de l'assise conjugale, vue par David Van, elle fait un peu peur en fait .... (pourtant, l'est bien joli, l'auteur, il a une femme ?)

Moins coup de poing dans la tête que Shukkand Island, moins, "je vide ma névrose sur les pages", même si on reste dans le lourd, c'est du lourd moins lourdinge, avec un peu plus de trous pour respirer, peut-être même une porte de sortie. Enfin, elle n'est pas grande ouverte, faut pas exagérer.

Athalie

PS : j'ai vu qu'il avait un autre titre, Caribou Island, je crains le dépeçage de la bête ...

 

Commentaires

Les personnages de Vann ne me sont guère sympathiques.J'ai aimé les deux livres mais cet écrivain me semble s'enfermer et je ne veux pas trop manquer d'air.

Écrit par : Eeguab | 22/07/2012

Tout a fait d'accord, même si je ne sais pas si j'ai vraiment aimé Shukkand Island, disons que je l'ai plutôt pris dans la figure ... Celui-ci est un peu plus aéré, mais bon, le couvercle pèse quand même sur la marmite ...
A bientôt

Écrit par : Athalie | 22/07/2012

Les commentaires sont fermés.