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17/10/2011

Les âmes grises P. Claudel

jardin-evolution-belles-jour-img.jpgDes femmes fleurs et des hommes passent et vivent dans un brouillard ... La guerre tonne derrière, des soldats se soulent et meurent après, d'autres arrivent, les fleurs fanent ou sont déracinées, par des hommes, noirs.

La figure centrale est celle du procureur, veuf lugubre qui traine une sorte de carcasse vide, de masque solennel, glacial. Il demande la peine de mort comme d'autres un dessert qu'ils ne finiront pas. Pas un monstre, mais une machine à rendre la justice, enfin, une certaine idée de la justice, tranchante. Ce n'est pas vraiment de sa faute, mais bon, on ne le saura qu'après. Il croise la route de la première fleur, un petit bouton de Belle de jour, la fille de l'aubergiste, petit chaperon pas éclos, qui va rentrer trop tard chez elle un soir, ou trop tôt, en tout cas, pas au bon moment. Qui l'a cueillie ? C'est le fil rouge du roman, l'enquête sur ce meurtre, mais la pelote se mêle d'autres fils, celui de Véra, la belle institutrice, venue dans le petit village pour être au plus près du front, et donc de celui qu'elle aime, à qui elle écrit, patiemment, peut-être est-il là derrière la colline. Le procureur qui la croise et la regarde, l'invite, parle. Peu, mais bon, c'est un homme qui est perdu dans son silence depuis si longtemps, dans son chateau de la Belle au bois Dormant qui ne s'est pas réveillée ... Et puis les affreux, les salauds, Mierk, le juge, se délecte d'oeufs à la coque devant le cadavre de la petite, le porc satisfait de lui-même, et l'autre, le pas mieux, le militaire fanfaron sanglé dans sa ritournelle à deux balles, traquent les déserteux comme des criminels, méprisent vérité et justice. Le meurtre de Belle, finalement, il disparait dans la grande tuerie de 14-18, là-bas, donc, juste derrière la colline. Et puis le narrateur enquête, comme une ombre lui aussi, entre souvenirs et fascination, lui aussi, il a eu sa petite fleur, sa chance et son grand bonheur.

Un roman lu il y a longtemps, je sais, j'ai eu envie d'y revenir en passant, le côté comédie sociale, image des notables en place que rien ne bouge même quand tout vacille, alors que les petites gens sombrent (ah ! la scène de folie de l'instituteur, le chagrin du père de Belle, tout seul dans son café, pleurant sa peine à coups de gnôle). Un truc comme ça, et puis, c'est un vraiment bon bouquin, il manquait dans les notes.

Athalie

 

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