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30/10/2011

Sanctuaire du coeur Duong Thu Huong

Le hors d'oeuvre

Un des problèmes avec Duong Thu Huong, c'est d'orthographier son nom correctement. Par contre , pour le prononcer, on peut aussi dire, "Tu sais, l'auteure de Terre des oublis (le souci étant que celle (celui), à qui l'on parle ait lu Terre des oublis....). Après, c'est pour ranger le bouquin dans la bibliothèque. On le met à D ? T ? ou H ? En ce qui me concerne, j'ai choisi D, ce qui n'est pas non plus un choix définitif : puisque je ne lirai pas T. Tjepal, j'ai gagné de la place sur les T par anticipation. A H, je n'ai pas de désistement. Le truc, c'est que si je déplace Terre des oublis, Au zénith et les autres, il va falloir que je m'en souvienne, et ne pas accuser les A. de me les avoir empruntés. Les pavés, ça prend de la place. c'est un souci récurrent.

 

L'entrée

Une autre récurrence, le Vietnam. Du coup, je m'étais préparée à garder en permanence le nez en aguet des effluves, papilles dilatées au vent, résignée à rêver de nems pendant quinze jours ou plus ... Et changement, on mange par procuration, un peu quand même, mais moins. ce qui n'enlève rien aux saveurs littéraires ... Autre changement, le plat principal n'est pas une figure féminine, mais un jeune homme, aux contours féminins,soit, mais dont l'histoire a fait une bête de sexe. 

Pas dès le départ, qui part d'ailleurs lentement. De loin, on l'entrevoit, on le respire à pas feutrés, il met du temps à prendre forme et goût. Sa cousine en trace quelques traits : elle a été appelée par ses parents, maîtresse Yen et maître Thy, couple d'enseignants et d'amoureux modèles, dont le fils chéri unique vient de se faire la malle avec toutes leurs économies. Thanh, le petit garçon si sage, si studieux, si promis à un si bel avenir n'a pu qu'être entrainé par l'autre,le fils du poète fou, le responsable, le tentateur. Derrière la quête, on commence à l'apercevoir, l'absent,une silhouette absorbée par la contemplation des lucioles et le goût sucré des fleurs de pamplemoussiers.

Les accompagnements du plat principal

Avant de retrouver le fantôme du garçon sage transformé en gigolo de luxe, on se fait balader, d'histoires en histoires. Le lingot d'or pur est tombé dans la mare fangieuse, mais on prend le temps de faire le tour des centres concentriques le poète fou, sa femme, l'oncle Qué, la belle jeune veuve ... Un rythme indolent qui berce sa lectrice, pas pressée de retrouver Thanh, finalement, pourquoi se presser, il a l'air si loin, immobile jouet. Et puis, ses souvenirs prennent forme, les parts d'ombre s'entrelacent comme des poupées gigognes, sans que l'on n'ai trop d'efforts à faire pour les ouvrir. C'est l'intime de la blessure que l'on creuse en continuant les circonvolutions quelques peu balzaciennes, il y a bien quelque chose de pourri aussi dans cette société de l'après révolution : on nous ouvre les échoppes, on regarde dedans, pendant que Tranh avance, en semant ses illusions perdues, plutôt Rubempré que Rastignac.

Peu de miettes sur la nappe, juste deux trois scènes redondantes vers la fin, comme si l'auteure n'arrivait à le laisser marcher tout seul, le frêle et mélancolique étalon.

Athalie

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