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03/11/2011

Le désert de la grâce Claude Pujade-Renaud

Pour moi ce roman, c'est une lecture vallonnée ...le désert de la grâce,claude pujade-renaud

L'histoire du monastère est retracée par une multitude de voix féminines, qui en disent chacune un petit fragment, (d'ailleurs parfois plus au moins le même) ; la tranquilité, la douceur, la magie du vallon, l'élévation de la grâce, la grâce du lieu, celle d'une volonté d'être autre que dans le siècle, d'avoir une pensée propre face au monarque tout puissant qui irradiait là-bas, à Versailles ... Elles sont  nombreuses ; la propre fille de Racine, l'archiviste copiste, une prieure, une deuxième, une soeur converse, le fils du médecin de la communauté (quand même un homme), la soeur de Pascal ... elles prennent parole et papote de la grâce jansénistes et des persécutions suite à la bulle papale, comme les A. de leur dernier Etonnants Voyageurs quand elles auront 80 ans.

Port-Royal me fascine, soit, ce site détruit par un harcharnement hors de proportion, Louis XIV en a même fait exhumer les corps du cimetière, mais trop de Port Royal tue le Port-Royal. Tous les personnages parlent de Port-Royal, s'occupent de Port Royal, se souviennent de Port-Royal, ont été arrachées à Port Royal. A croire que toute les femmes du Paris de la fin XVIIème n'avaient que cela à faire. Il y a aussi la Duparc, maîtresse aimée de Racine, qui s'en fiche comme de son premier rôle, elle, de Port Royal, mais elle ne cause pas beaucoup.

Pourtant, ce bruissement des voix, cette répétition du souvenir, échappe à l'ennui, comme si ce lieu et cette foi, cette résistance au pouvoir, cette sorte d'épopée en sourdine que fut celle de ces religieuses, insoumises dans un siècle où le pouvoir ne pouvait tolérer un murmure contre les clairons du roi soleil, ne pouvait être éclairée qu'ainsi. Le mystère demeure, pas tant celui de savoir si cette fameuse grâce est donnée par dieu (les jansénistes)ou s'acquière par les actes (plus ou moins les autres), mais celui d'avoir pu faire entendre une volonté d'agir selon sa conscience, de lire et d'agir par soi-même, d'instruire, de transmettre.

Je ne comprends toujours pas Port-Royal et on ne sait toujours pas si Racine a, ou non, assassiné la Duparc. Zut. Mais bonne nouvelle ; Pascal n'était pas une pure pensée, il avait des brûlures d'estomac, suite à une histoire de chat qui aurait été tué à sa place quand il était petit. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me rassure.

Athalie

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