Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/11/2011

Loin des bras Metin Arditi

imagesCALAUCAA.jpgLoin des coeurs aussi, des bras cassés pas encore plâtrés, en attente d'attelles (ça prend autant de doubles consonnes que ça, ce mot ? ...), de béquilles perdues ; des bras pas trop ouverts, repliés, un envol ne semble pas pour tout de suite, un envol claudiquant d'oisillons secoués.

Dans un internat, en Suisse, se pratique le culte du corps sportif, avec une façade d' éducation policée de jardin à l'anglaise. Le prestigieux directeur de cette école qui fut prestigieuse est mort, et depuis, le prestige rabat les oisillons sur d'autres institutions. Les élèves s'envolent et les difficultés financières pointent leur nez. Les professeurs s'inquiètent de la permanence de leur gagne-pain. Vu leur passif, ils ne semblent pas avoir d'autres nids possibles pour dispenser leur savoir, bras cassés pour oisillons riches mais laissés pour compte par des parents occupés à bien d'autres choses, dispersés de par le monde cosmopolite. Eux, ils restent là pendant que les mères vaquent à leur dépression oisive.

Madame Alderson, tenancière d'origine, tente le sauvetage , sa soeur accrochée derrière, une bouée de sauvetage bien peu fiable. Brunet, un des professeurs, s'accroche, lui, à son appareil photo, son lacs et ses rituels, lesté par une mère qui lui a cassé les ailes, il y a bien longtemps déjà. Et Véra qui arrive là presque par hasard, l'esquif qui butte contre toutes les rives, les élèves, son fils perdu, un trop plein plein de soumission. Gügül, né dans les entrailles d'un palais oriental, enseigne football et danses de salon, mais que fait-il échoué sur ces rives là ? Et puis, Nadelmanne, le juif amoureux de la langue allemende, au point d'en retraduire pour lui tout seul tout Kafka, celui-là se trouve les pépites qu'il peut, son radeau de survie à lui. Il reste Irène, dont le bateau prend l'eau par le fond et pour qui " pleurer la mort d'un mari boche, ça doit rester un exercice solitaire". ( faut dire que un peu collabo nazi, le mari quand même). Les deux autres, sont des fantôches qui se prennent pour des aigles, le Berthier ,juste assez fasciste pour en être suintant et le MacAlistair qui drape sa lâcheté dans une philosophie de pacotille.

Chapitres courts après chapitres courts, on avance de petits faits en petits faits, sans pathos, tableau d'une arche de Noé où le luxe serait celui des sentiments, un monde en bocal, on les regarde faire la brasse. Avec plaisir, c'est ça le pire !

On a lorgné avec A.L.M. du côté du dernier roman de M. Arditi Le Turquetto, à suivre ...

Athalie

 

Les commentaires sont fermés.