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18/12/2011

Mille femmes blanches Jim Fergus

mille femmes blanches,jim fergus,roman américain,roman sur les indiens américainsUn roman qui parle d'indiens sans que ce soit de Boyden (le P. de A.M.L., il ne voudrait pas nous la faire, la note sur Le chemin des âmes ?) ou de Louise Erdrich, c'est une première sur ce blog.

Un conseil reçu d'une dame inconnue dans la librairie où j'hésitais encore, le livre à la main, mais déjà bien chargée de l'autre. "C'est très bien" m'a-t-elle dit. Et moi, j'aime bien les conseils de lecture de gens que je ne connais pas et qui ose donner leur avis tout haut quand on ne leur demandait rien. D'ailleurs souvent, je brûle souvent de le faire quand je vois un de mes romans préférés reposé sur la pile par une main erronée : "Mais prenez-le allez-y!", ou "Tant pis pour vous, vous passez à côté, mais vous ne voyez donc pas ce que vous loupez ...". Non, la main ne voit rien, mais je ne dis jamais rien non plus.

Mille femmes blanches, "pas très bien" mais pas "pas mal", comme le commentait A.B. Le prologue est réjouissant : Washington 1874, une délégation d'indiens cheyennes, avec à sa tête "le chef et grand homme médecine" Little Wolf, est reçu par le président en grande pompe. Grandes pompes qui vont rapidement se transformer en coup de pieds aux fesses lorsque le chef indien propose une solution rationnelle permettant de mettre fin aux conflits récents, avec un moyen fort pacifique : mille femmes blanches. Mille femmes blanches livrées aux Indiens de sa tribu, perdue aux fins fonds hors de la civilisation, chargées de fabriquer des métis pour que les deux civilisations se fondent en une seule. Cela peut paraître logique, finalement. Surprenant, mais logique, pacifique en tout cas. Choquant pour la société américaine, vraiment. Ce qui fait que c'est en catimini que le gouvernement blanc va recruter des volontaires, dont la narratrice principale May Dodd dont les carnets retraçant son aventure ont été conservés.

Premier truc qui m'a fait tiquer. Moi, quand me présente un roman comme vraisemblable, j'aime bien qu'il le soit. Sinon faut le dire. Deuxième truc qui cloche, la May Dodd, fille d'une famille grande bourgeoise, elle aurait choisi de son plein gré et par amour d'aller vivre aux fonds des docks pour un contremaître brutal qui va lui caser deux enfants vite faits ... Soit, puisque à cause de cette mésalliance et donc de ce qui est présenté par sa famille, non comme une grande histoire d'amour, mais comme une tendance hystérique et nymphomane, May est internée dans un hopital psychiatrique. Le seul moyen d'en sortir est d'intégrer le projet baptisé "Mille femmes blanches pour l'Amérique". Ce qui ne permet pas vraiment de se refaire une réputation. Femme forte et va sans peur, May nous raconte son périple, occasion aussi de faire connaissance avec les autres recrues, portraits plutôt disparates et amusants, femmes aux motivations curieuses, aux itinéraires focément atypiques, les rejetées, les pas méritantes, juste bonnes à satisfaire les sauvages dette Amérique là.

Elles vont finir par trouver hommes et tipis, plus ou moins à leur goût, liées finalement par choix à ce qui n'en n'était pas un. Et c'est là que ça m'a gêné, on vire à l'apologie de la vie naturelle chez les bons sauvages. Et moi les bons sauvages, j'ai comme un doute, voir la série Montaigne¨et la bonne conscience née de l'institution littéraire...)

Mais, bon, j'écouterai encore les conseils des lectrices Anonymes.

Athalie 

PS : pour d'autres lectures indiennes : Erdrich, donc, surtout La malédiction des colombes, voir aussi Love Médecine, Ce qui a dévoré nos coeurs, Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse et La chorale des maîtres bouchers (sauf que là, il n'y a pas d'indiens) et le beau et excellent Boyden Le chemin des âmes ( âpre) et Les saisons de la solitude (moins âpre)

 

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