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21/12/2011

Nous étions les Mulvaney Joyce Carol Oates

images.jpgUne famille comme on aurait aimé en avoir une (pas en vrai, mais juste pour faire joli) : une maman, Caroline, brocanteuse si peu commerciale, belle mais à sa façon, nature, peu efficace, mais si attachante dans ses tenues de hasard, si peu mère et si maman, le genre qui fait la cuisine par plaisir, comme pour rire et dont les enfants dévorent les plats autour de la table, tous réunis, amoureuse du papa, mais aussi croyante, pratiquante de l'optimisme à tout crin, et donc un papa, Mickaël, bel homme, amoureux de sa femme. Parti de rien, chassé par son père, lui, il a tout réussi, son entreprise prospère, prospère, ses relations l'estiment, il va aux clubs des respectabilités du coin et il aime ça.  Il y a les enfants, quatre, trois garçons, une fille : Mickäel, dit "Le mulet", champion de foot, Patrick, dit "Pinch", champion des notes du lycée, Marianne, dite "Bouton", championne de la popularité, une jeune fille "comme il faut", pas comme d'autres qui traînent et à qui il arrive de "vilaines choses" (qu'elles ont bien cherchées, finalement, d'ailleurs ...). Et je vous passe le canari, les chiens, les chats, les chevaux et "La petite maison dans la prairie"

La parole circule, l'éducation bienveillante et responsable, doucement codifiée : les histoires d'enfance sont des repères qui fondent la légende de la tribu. Les Mulvaney : le nom résume la force et la certitude d'un clan, les surnoms cautionnent les identités, les fixent, les avaient fixées .... Parce que c'est quoi ce "trop", ces coups de pinceaux si appuyés, si appliqués sur une toile de chromo ?

Une soirée de Saint Valentin et la lézarde est dans le fruit. Il est arrivé "ça" à la jolie Bouton, et l'aquarelle prend l'huile. "ça" va être l'engrenage pour chacun de la tribu, celui qui tente de sauver les meubles, celui qui saute par la fenêtre, et celle que l'on sort par la petite porte, pour que "ça" n'existe plus, ni la honte de "ça", et que "ça" ne se voit plus, la tâche sur la robe du Bouton si aimée, et d'autant plus dégradée, souillée. Spirales des rumeurs, des regards qui se détournent, des graffitis qui ne s'effacent pas sur les murs des toilettes des garçons, au lycée. La mère qui fait semblant de ne rien voir devient parfois aussi méprisable que le père qui ne voit plus que "ça". Et la peinture se désagrège sous les yeux du lecteur aussi sûrement que s'effrite une façade  de stuc ou les pieds d'argile du père.

Moi, je me suis enfoncée jusqu'au cou avec eux, parce que ça palpite et ça vibre cette histoire : à quoi tenait l'amour d'avant ? quand il était si évident qu'il brillait trop fort ? Une famille ce serait une construction précaire qu'il faudrait tenir à coup d'optimisme hypocrite ? Sinon ... quoi ? Elle se fracasserait la margoulette, elle tiendrait pas la déroute ? Un truc du genre Père Noël ?

Brr....

Athalie

Commentaires

Bonjour Athalie,

Suite à votre visite sur mon blog, me voici...
L'image d'illustration de votre billet est bien choisie !

A bientôt...

Écrit par : Ingannmic | 22/12/2011

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