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29/12/2011

Sur ma peau Gillian Flynn

imagesCABCQI27.jpgPolar noir, noir plutôt que polar, d'ailleurs,  pas vraiment convenu, pas complètement, et vaut le temps de deux trois soirées pluvieuses, ou de fins d'après-midi feignantes.

Un personnage se construit petit à petit,  celui d'une ville, Wind Gap, bourgade contrainte et scérosée du Missouri, où l'ennui conduit les adolescentes à établir un impitoyable système de valeurs : les belles et riches dirigent ce monde en écartant toutes variantes. Elles sont les modèles et les bourreaux, même sans tuer. Le code n'est pas écrit, il se reproduit.

Camille a été une belle dirigeante, admirée et copiée par les plus jeunes, mais aussi une victime consentante, une spectatrice du malsain. Et puis, elle est partie et est devenue journaliste, même pas excellente, dans un journal même pas trop lu, mais soutenue par Curry, son chef, elle survit, boit trop, solitaire qui s'est massacrée le corps à coups de scarifications éloquentes. Les mots brûlent encore, mais surtout les violences des non-dit.

C'est donc sans prévenir et sans du tout le vouloir, qu'elle revient dans la grande et belle demeure familiale, où règne sa mère, Adora, où traine le fantôme de sa demi-soeur morte et sévit une poupée Barbie qui n'a rien de candide, son autre demi soeur, Amma, ( Il y a aussi le beau-père, mais bon, il ne compte pas vraiment celui-là, quoiqu'il arrive à être répugnant rien qu'en mangeant une sardine, une de mes scènes préférées ... ), puisque deux jeunes filles ont été tuées, édentées et étranglées, et que Camille est du cru. Du cru, oui.

Ce n'est pas que l'enquête soit vraiment haletante, des scènes maldororantes se dessinent plutôt : la belle et respectée Adora à l'enterrement de sa protégée, ses amies fardées, qui trainent leur ennui dans le club local et suintent leurs ragots comme les rides se creusent malgré les liftings, les  anciennes amies de Camille, devenues ce qu'elles devaient devenir : 4-4 et maison pseudo-victorienne, bronzage entretenu, ou, serveuse de bar, enfants plus ou moins désirés et rancoeur. Univers factice, ou, univers sordide. Un non woman's land où les femmes se déchirent, dans le chuintement des apparences.

Soit, le souci, c'est qu'on oublie peu à peu les victimes, enfin, celles qui ont vraiment été tuées, édentées, étranglées, soit, des éléments convenus trainaillent (la méfiance de l'étranger dans les petites villes, l'enquête qui piètine quand tout à coup, y'en a un qui savait tout ...), mais comme  les Perséphones, c'est quand même plus rigolo que les douces agnelles, en littérature, s'entend, bonnes soirées pluvieuses à vous ...

Athalie

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