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26/01/2012

Le soleil des Scorta Laurent Gaudé

imagesCAQXGH40.jpgPour prendre un coup de soleil derrière la tragédie racinienne (j'ai un truc avec Racine, je ne sais pas quoi ....)

Dans un soleil de plomb, sur un âne désertique, un homme monte prendre sexe et vengeance. Le chemin a été long et il ne survivra pas lontemps ni au sexe, ni à sa vengeance, mais comme il ne sait pas encore, il monte. Falaises et mer. Sec et aride comme un western spaguetti. C'est le premier des Scorta, il sort de prison, c'est un vaurien, un voleur, il vient chercher celle qui lui revenait, selon lui, une belle fille du petit village qui se terre tout en haut, ramassé dans les silences de ceux qui connaissent tous les secrets depuis longtemps et n'ont pas besoin de parler pour supprimer celui qui n'est pas des leurs. D'un silence de femme frustrée, oubliée, d'une erreur, d'une confusion, presque risible, l'homme va fonder la lignée des "maudits" : de lui naitra un autre père, bâtard exilé mais qui deviendra richissisme, et respecté, finalement, pour ça, bandit de grand chemin même pas au grand coeur, âpre comme une trique, pas goulaillant pour un rond et même pas amadoué par ses enfants, deux fils et une fille, privés d'héritage, forcés d'aller vers l'ailleurs. Ce qui était une chance donnée, en fait, une drôle de chance, celle de sortir de "là", de leur destin, de la malédiction.

Quelques moments à relire pour se souvenir quand la sauce tomate prend, elle peut être vraiment goûteuse, avec des effluves de basilic, du granuleux sous le pain, de la poussière et de la sueur qui colle aux chemins de terre et aux maisons de pierres, et comme un goût de bureau de tabac : le discours de Rocco aux villageois pour que l'accent de la malédiction éternelle résonne encore, le retour au village pour que l'échec soit magnifié ( à ce propos, revoir "Golden door")  la scène du repas sur le trabucco, pour que la fraternité prenne corps à coups de poissons partagés, de photos fièrement posées et de grappa atiédie, le soir.

Parce les vieilles lectures n'ont pas toujours le goût de bouchon !

Athalie

A lire du même Eldorado et La mort du roi Tsongor


The golden door bande annonce par Hisaux

Commentaires

Un des rares Prix Goncourt mérités !

Écrit par : Nico | 30/01/2012

C'est tellement rare qu'un bon livre obtienne ce prix commercial que j'en avais oublié que "Le soleil des Scorta" en avait été "décoré". Il faut dire que les lycéens avaient vu juste avant les académiciens en élisant "La mort du roi Tsongor" deux ans auparavant, je crois. C'est comme pour "Du domaine des murmures" de cette année,ou "Le club des incorrigibles optimistes", deux autres excellentes lectures !
Athalie

Écrit par : Athalie | 30/01/2012

Je suis un peu plus nuancé que toi par rapports aux prix d'une façon générale. Par exemple, j'ai eu du mal avec La mort du roi Tsongor, qui m'a semblé trop "mythologique" à mon goût, du coup je ne suis jamais vraiment rentré dedans. De plus, j'avais été fortement déçu par "Parle-leur de roi, de batailles et d'éléphants", qui m'avait, malgré son nombre peu conséquent de pages, passablement ennuyé. Au final, je ne lis pas trop les Prix.

Écrit par : Nico | 30/01/2012

Très bon livre.J'ai lu aussi Eldorado,très passionnant sur un thème où la démagogie est souvent facile.Mais Gaudé ne tombe pas dans ce piège.

Écrit par : Eeguab | 22/07/2012

J'avais beaucoup aimé cette lecture solaire, même si l' évocation de la période contemporaine de la famille Scorta était plus faible, j'ai trouvé (mais c'est en comparaison avec les débuts). J'ai aussi bien aimé "Eldorado". Les thèmes de l'exil, de la perte de soi (et de la retrouvaille) se retrouvent dans "La mort du roi Tsongor", et l'écriture est emportante (non, ce n'est pas une faute de frappe !)

Écrit par : Athalie | 23/07/2012

Les commentaires sont fermés.