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06/02/2012

Les lieux sombres G. Flynn

diable_dop.jpgDes lieux sombres comme des boites de carton entassés où grouillent des souvenirs ensanglantés. Libby Day ne veut pas les ouvrir. Dedans, il a les petits bouts de la mémoire de sa famille : sa mère , ses deux soeurs, massacrées par son grand frère Ben, une nuit, dans leur ferme. Elle a couru et a survécu, juste deux trois orteils en moins et un béant en plus. Avant, la fuite, elle a vu son frère tuer. Enfin, presque. Et ce presque, elle ne veut pas l'ouvrir non plus. Fait assez noir dans cette histoire ça.

Autre lieu sombre, c'est sur son témoignage de petite fille de six ans que repose l'accusation contre Ben, en  prison depuis vingt ans. Enfin, presque uniquement. Ne pas ouvrir non plus l'album de famille : le grand frère qui s'était mis à la dérive du bateau famillial dèjà pas mal cahoté, disputant "les filles", se mettant à l'écart, se disputant avec sa mère, se teignant les cheveux en noir, révoltes dérisoires puis les massacrant à coups de fusil et  de hache.

Des lieux sombres comme ceux où Ben trainait, amoureux fou lamentable, jouet des autres, plus beaux, plus riches, plus défoncés.

Seulement voilà, Libby Day a besoin d'argent. Depuis "le drame", "l'affaire", elle vit de la curiosité publique, de l'argent qu'elle procure. Elle a tout fait, tout monnayé ou presque, mais d'autres histoires sordides prennent la place de la sienne, prennent le devant de la scène. Les fonds baissent. Il y a des souvenirs à vendre dans les boites et des gens pour les acheter (Ben oui, c'est sordide, c'est pour cela que c'est bien !). Pas le choix, faut racler les fonds de tiroirs, et draguer la clientèle, en l'occurence un "fan club" organisé en comité de soutien, que des femmes (mais mon dieu d'où sort ce troupeau caricatural, ça existe ça  ? ...) persuadée de l'innocence de Ben, le doux, le gentil Ben.

Et Libby va accepter de refaire le chemin, de revoir son frère, de retrouver les protagonistes et le fil de l'histoire, l'histoire de cette journée où Ben a tué, rouages cassés et parfois grinçants d'une traque et d'un piège.

C'est parfois ( souvent) trop, ça tient debout par un pilotis de guingois, on se raccroche aux cordes (parfois même aux grosses ficelles) d'une narration qui joue des coups de trompettes et des coups de théâtre, mais parfois aussi en solo et sourdine. Le diable surgit de la boite toutes grimaces dehors, grand guignol satanique aux effets faciles, puis les souvenirs de Libby s'attardent dans la ferme familliale, clopin-clopant, sur un album d'autocollant, des hambergers ramasse-miettes, un lapin orne la cuvette des toilettes, une mère courage qui ne le savait même pas.

Plein de hauts et de bas, mais quand on se laisse prendre, ça propulse dans l'abysse.

Athalie

Commentaires

C'est vrai que Gillian Flynn réussit un étrange tour de force: nous faire presque rire par le "too much" du roman et nous captiver à la fois!

Écrit par : Lily | 07/02/2012

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