Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/02/2012

Toute passion abolie Vita Sackeville-West

76704c96b2783fc3ba7a0e1759956f05-300x300.jpgBon d'accord, ce peut être un projet de vie d'abolir toute passion, pourquoi pas. On n'est pas obligé de faire dans le Phèdre tous les jours, ça fatigue le complètement passionnel et ça ne rentre pas toujours, il faut bien le dire, dans les grilles horaire d'une A-lectrice normale. Vous voyez Phèdre faire cuire des pâtes ( voire un boeuf bourguigon) avant d'aller bruler  l'Hippolyte de sa fureur ? Ou madame Bovary mettre une machine de linge à tourner avant de se payer une partie de jambes en l'air avec Rodolphe ?. Mais à force d'abolir, on frise la platitude, quand même.

Le mari de Lady Slane vient de mourir, grande figure de la vie politique anglaise, il a été vice roi des Indes, et elle donc, vice-reine, ce qui aurait pu être palpitant ou romanesque, quand même ... et bien non. Elle a accompli ses devoirs de dame du grand homme, sans grande passion (pas encore abolie, mais presque), et conjugaux sans doute aussi (c'est vraiment pas raconté, cet aspect là des choses, faut dire) mais il faut le croire puisqu'elle se retrouve entourée de ses enfants qui, pas passionnés ni passionnants, la considèrent plus ou moins comme une gentille potiche, quelque peu irresponsable et anecdotique. Faut dire qu'ils lui font concurrence : entre la célibataire pas collectionneuse, le célibataire collectionneur d'astrolabes, les radin-mesquin et l'autoritariste rigoriste, on se demande quelque peu ce que l'on fait là, nous. Il n'y a que la servante, Genoux, toute revêche dévouée, qui palpite un peu, mais comme le Lady n'a pas l'air de s'en aperveçoir, qu'elle a une bonne pleine de potentiel fusionnel, on est bien obligée de la laisser tomber nous aussi. Ce qui m'a fait peine.

Bon, après, ça ne se corse pas non plus. La lady veut refaire sa vie notamment en louant une maison, aperçue trente ans auparavant. C'est dire si elle sait retarder la pulsion. Bon, miracle, elle est à louer. La lady va donc pourvoir y vivre sa nouvelle vie, en compagnie de deux vieux monsieurs excentriques à souhait mais toujours aussi peu explosifs. D'une femme en sourdine, elle devient l'égérie de son propriétaire puis l'héritière d'un viel soupirant, même pas éconduit, pas la peine, pas de passion, je vous dit. Ce qui fait que la Lady, statue de marbre qui se voulait artiste, même en un style joliment tourné, moi, elle a commencé me languir sérieux.

Athalie

 

Les commentaires sont fermés.