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29/02/2012

Rosa Candida Véra Olafsdottir

ange6213.gifPas facile de noter un livre plume ou papillon dont le titre est le nom d'une fleur. ça fait beaucoup de nature légère tout cela ... ça fait peur de mettre des mots dessus, ils vont peser trop lourds et ça va se casser la figure, si ça se trouve.

Donc juste le titre, un joli titre, le nom d'une rose, variété exceptionelle à huit pétales. Du coup, je me suis demandée combien de pétales avait une rose, cela n'a pas vraiment retardé ma lecture, non plus, vu que je me suis dit que :

  1. C'est un roman.
  2. Sortir vérifier dans mon jardin combien de pétales avaient mes variétés à moi n'était pas productif a) Il fait froid b) Il n'y a pas de roses en fleurs, ce n'est pas la saison, juste un début de camélia maigrichon c) Même si c'était la saison, je me voit mal en arrêt devant mes rosiers pour compter les pétales des fleurs, en plus je suis sûre que le nombre de pétales n'est pas le même pour chaque rose, même sur le même rosier. ( Mais sur ce point, j'accepte la contradiction)

Donc, je me suis contentée de continuer à effeuiller les pages, sans épines non plus, comme la Rosa Candida.

Arnljotur, là c'est le nom du candide héros, vingt deux ans, est père par hasard, au détour d'une halte dans une serre, d'une petite fille aux cheveux blonds, mais rares, sauf un accroche coeur que l'on voit bien sur la photo, celle où elle sort du bain. De la mère, Anna, il sait peu de choses, sauf que dans la serre, en ce quart de nuit partagé, une ombre de plante faisait image sur son ventre, son accroche coeur à elle. Depuis, il ne s'est plus rien passé. Marin au mal de mer, depuis peu orphelin d'une mère qui faisait pousser les roses et savait faire les boulettes et la soupe au cacao, fils d'un père qui tente de faire la même chose, sauf faire pousser les tomates et les roses, et frère jumeau d'un autiste élégant, il a décidé de rejoindre un vieux monastère, quatre frontières plus loin, plus au sud, où un jardin précieux necessite réparation. Il prend son premier avion avec ses boutures de Rosa Candida dans le sac à dos et au sauce verte dans le ventre. Ce qui fait que les débuts hors serre ne seront pas des plus évidents.

Un père enfant, qui fait les choses quelque peu dans le désordre, s'attarde aux bords des choses, des lits, des sentiments, une fille fleur, la sienne,  Flora Sol, un monastère plutôt endormi où les manuscrits passent avant les roses, un moine alcoolique cinéphile mentor improbable qui pense que "La grande bouffe" peut donner des idées de recettes familiales et Antonioni des leçons de psychologie amoureuse, un tableau de l'enfant Jésus, un lièvre à la moutarde, un canard farci, une robe jaune à collerette et un manteau rouge (sans oublier le pyjama avec des myosotis dessus), et quelques rosa candida plus tard, on termine dans une jolie lumière. Aussi jolie que le titre. Et voilà.

Athalie

 

25/02/2012

Jaloux Sandra Brown

jalousie-poison.jpgIl a des qualités ce roman , un petit parfum du sud, de celui du Prince des marées, d'un côté et de l'autre, des traces de Woody Allen, ce qui rend du coup l'ensemble un peu décevant, peut-être, en comparaison.

L'intrigue n'a rien à voir avec les deux références ci-dessus évoquées, on est dans un polar plutôt bien fait, avec des intrigues parallèles qui finissent par converger, normal, et un roman dans le roman aussi, là, c'est assez bien vu, le fictif qui rejoint un autre fictif, ça fait deux couches de fictif, et plus il y a de couches, mieux c'est confortable, logiquement, sauf que là, c'est bancal.

Couche numéro 1 : un couple new-yorkais, enfin, un couple, c'est vite dit. Y'en a quand même un, le mari, Noah,  qui prend l'autre,  Maris, sa femme donc,  pour une andouille frigide. Les deux travaillent pour une maison d'édition qui appartient au papa et beau-papa. Tradition oblige, on publie de la qualité et on reste indépendant. Le côté bourgeoisie soft, fauteuil en cuir et pipe en bois du côté de la fille et du papa. Par contre, le gendre, c'est clinquant et sexe libre, il veut secouer les boiseries et revendre en douce l'affaire du beau-papa, et cela fait un sacré moment qu'il y travaille à son complot.

Couche numéro 2 : un prologue arrive dans le bureau de Maris. Enthousiaste, elle décide de rencontrer l'auteur. L'auteur ne veut pas. Elle y va quand même, avec ses habits de petite bourgeoise new-yorkaise quindée, et débarque sur une île perdue, dans une ancienne maison coloniale, où séjournent un étrange majordome et un butor d' handicapé en fauteuil roulant qui se dit auteur. celui-là aussi, cela fait un sacré moment qu'il fourbit sa vengeance ...

Et voilà, c'est tout comme ça, il y a plein d'idées, des pas mauvaises du tout d'ailleurs : entre deux géographies : new-york et le monde de l'édition, les requins qui forniquent, et l'île, le sud étouffant et ses fantômes d'amour et de mort qui rodent et ressurgissent.

Seulement voilà, l' écriture m'a gênée, cédant trop souvent à mon goût à des facilités frisant le cliché, des formules qui se plaquent et claquent la porte au nez de l'émotion et du suspens. Evidemment, je me suis dit "traduction or not traduction" ? Gardons lui le bénéfice du doute ...

Athalie

 

23/02/2012

La religion Tim Willock : bilan

bene-tim-willocks.jpgUn roman fleuve qui a mérité une note fleuve ;

Parfois, il y a, justement, un peu trop de fleuves, de sang, d'entrailles, de vicières, de vomis, de merdes et de toutes autres substances que les organismes peuvent  lâcher et laisser dégouliner, parfois trop de ces substances collent aux armures quand le sexe s'en mêle. Parfois, au contraire ou en même temps, un peu trop de glamour prévisible, mais qui repose du sadisme ordinaire de l'âme guerrière. Mais, comme je l'ai dit et fait, on peut passer quelques paragraphes, survoler quelques coups d'arquebuses et de fléchettes, quelques assauts épiques pour se laisser porter par cet héroïsme d'un autre âge, par cette  grandiloquente fresque, pleine de mots et de fureurs. Quand les clichés se font archétypes à ce point, il n'y a qu'à lire. Bravo l'artiste.

Athalie

 

22/02/2012

La religion Tim Willocks ( 3, 4 et 5)

bene-tim-willocks.jpgTroisième jour de lecture :

Carla vient de se faire enlever par un sale prêtre qui pue l'oignon, aux ordres de l'affreux inquisiteur qui pue l'onction de la chair brûlée. Quelques coups de traquenards et crucifixion de juif vendeur de poivre plus tard ; la petite bande part pour Malte : Carla, Tannhauser, Amporo, Bors, l'inquisiteur, lui, il est à Rome, mais s'en méfier comme de la peste turque ou pontificale.

Je nage un plein roman romesquitisme quand mon homme préféré me rappelle que l'on a une cuisine à acheter et des copains à venir manger. Je laisse donc la bande vaquer à ses occupations habituelles. On n'a évidemment pas acheté de cuisine et les copains avaient déjà lu La religion. Je les ai sommés de ne pas m'en dire un mot. Ce qui fait qu'on a parlé cuisine.

Quatrième jour de lecture :

Je décide de tenir un journal de lecture, sinon, à la fin, je ne vais plus m'y retrouver. A Malte, ça barde de tous les côtés, je ne suis pas sûre de retrouver la petite bande vivante demain. Je m'acharne,  j'ai les yeux qui pleurent et l'estomac qui crie famine. En plus, voilà Carla qui devient mystique ... Tannhauseur se perd entre deux amours, Bors est sauvé pour l'instant, c'est déjà ça. Et le fils inconnu, on ne peut rien en dire, sinon, c'est trop.

Cinquième jour de lecture :

Pendant la nuit, à Malte, le fort de Saint Elme est tombé .... et Tannhauser s'est évanoui dans la boucherie pendant qu' Amparo et Clara jouent dans la nuit des décombres, toute sensualité dehors. Et revoilà l'inquisiteur ...

Je faiblis, ne résiste plus à la tentation ( moi non plus ...) de passer quelques paragraphes de sang coagulé, de récits d'assauts sans fin et sans but que la seule gloire de deux dieux que seuls les hommes opposent. Je me mets à aimer Tannhauser, son immoralité, les chausse trappe de la fiction me font sourire. Quand c'est trop, je me réfugie dans la vérification des sous-titres : on est à Malte pour combien de temps encore ?  Je m'étiole, va voir sur internet qui était La Valette, comment s'est finie cette guerre. Je sature. Les héros aussi. ça va, je suis encore avec eux. Pas question de lâcher.

Athalie

21/02/2012

La religion Tim Willocks (1 et 2)

bene-tim-willocks.jpgPremier jour de lecture :

Hésitations : j'attaque au pas ? Il est énorme. Je suis en vacances. Il n'était pas sur la liste prévue. J'ai envie de le lire. A quoi ça sert de faire une liste si on ne la tient pas ? Soit. Mais à quoi ça sert de faire une liste si on n'en devie pas ? La liste, c'est pour le plaisir de la liste, en dévier c'est aussi se faire plaisir. ( voir Pérec, qui en sait beaucoup sur le sujet, et comme je suis d'accord avec lui ....)

Donc La religion, c'est décidé. Templiers, Malte, 1565, je pars. Premières pages. Ben, c'est quoi ce truc ? On n'est pas à Malte et ça crache le sang tout de suite, on me tue l'angélique petite soeur dès les 10 premières pages. Même pas eu le temps de voir le truc venir. Mathieu dans la forge, une chanson et hop, le déchainement. Moi, je croyais entrer dans un roman historique, saga genre Les piliers de la terre, ( j'ai une dent contre Le scandale Modigliani, mais bon, Les piliers de la terre, j'avais aimé en tourner les pages) on a le temps de voir les alentours, le cadre, le dessous des cartes ... Là, non, le Mathieu gentil fils de forgeron, devient tueur sans état d'âme en moins de temps qu'il n'en faut à d'autres pour trousser une chemise. Style lyrique, épique, échevelant, tout mélangé. Je pose le pavé sur le côté, à l'envers comme d'hab et vais faire un tour dans le jardin (même si il n'y a pas grand chose à y faire à cette époque) juste histoire d'éviter de prendre un objet plus identifiable dans la pile correspondant à la liste prévue.

Deuxième jour de lecture :

J'avais laissé dans le nord de l'Europe un gamin tueur enlevé par un somptueux janissaire turc surgi de la gueule de l'enfer et je retrouve un Tannhauser jouisseur, propriétaire d'un coupe gorge baroque à Messine. Je m'adapte. Sans compter les turcs, enfin là ou presque, décidés à faire table rase de Naples, une troublante comtesse, une sauvageonne devineresse dans un jardin aux rossignols, où l'on apprend pourquoi certaines roses sont rouges, un inquisiteur même pas lubrique, tranchant comme un coupe-gorge, des gorges justement tranchées.... La machine à histoires est lancée, c'est génial ce truc.

Athalie

 

19/02/2012

Purge Sofi Oksanen

mouche1.jpgDans la toile de l'araignée, il y a une mouche, ou deux mouches. Dans la vieille maison de la vieille Allide, sa vieille ferme estonienne, celle qui a tout connu, il y a plusieurs toiles d'araignées et plusieurs mouches. Et la mouche change de taille selon la possibilité grossissante de la loupe à travers de laquelle on la nous donne à voir. C'est la même chose pour les araignées.

La première mouche, c'est celle que tente d'attraper Allide dans sa cuisine, celle qui veut pondre dans la saucisse. Allide veut finir de préparer ses conserves. Dans la pièce, tout semble épais, on dirait qu'il y a plusieurs couches et que ça gratte en dessous. La mouche va conduire Allide à la fenêtre, et dans la cour, elle voit, un tas de vêtements, puis une jeune femme toute abimée et pas très cohérente, terrorisée, Zara. La vieille Allide n'aime pas les mouches, mais pas vraiment les humains non plus. Faut dire qu'il n'en reste pas beaucoup autour d'elle, on dirait que l'Histoire a fait le ménage ... Faut dire aussi qu'au moment où l'Estonie se dégage de l'emprise de l'URSS et veut courir vers sa démocratie, une femme, même veuve, d'un fidèle excécutant du parti communiste, n'est pas forcément en position de force. On pourrait presque même en avoir pitié ...

C'est un drôle de ballet qui va se jouer entre ces deux mouches là, la Allide et la Zara, quasi à huis-clos, toujours au milieu des bocaux, des conserves, des remèdes, des choses qui cuisent, des souvenirs qui rampent et éclosent des oeufs. Des oeufs d'enfance, de tresses, d'écuissons de pionnères, de jalousies aussi, de l'autre côté le silence et une grand mère exilée qui ne voit dans le ciel nocturne qu'un grande ourse. Des oeufs bien puants : Zara est en fuite, poursuivie par son souteneur, Sacha, un russe aux rêves plein de dollars, pour lesquels elle a payé la fin des siens, de rêves. Il va la retrouver, elle en est sûre. Acculée là, face à la vieille dans la tête grouille de méfiances, de mensonges, de caches. Une vraie poupée russe à elle toute seule. Mais qui ne s'ouvre pas beaucoup.

Les deux femmes s'épient, on attend qu'elles se confient, se sauvent peut-être, en finissent avec les conserves. On se dit que les bocaux, on les fait pour nourir une famille, autour d'une grande table, un cliché comme ça ... Mais la logique des poupées russes est parfois sinueuse, alors que c'est un roman qu'on lit tout droit, vite, les informations arrivent lentement mais prennent exactement une place dans la toile, alors on plonge dans le poisseux de l'histoire, vu du côté du coprs des femmes.

Très fort !

Athalie

 

18/02/2012

The Fucking Iron Lady (Phyllida Lloyd)

 

iron lady,la dame de fer,phyllida llooyd,meryl strepJ'aurais préféré écrire un petit mot sur un bouquin ou un film que j'ai aimé. En général, les gens qui grognent me gonflent, mais là, désolé, je ne peux pas me retenir. Ces derniers temps on a loué - souvent avec raison, comme "The Queen" de Frears- les auteurs ou réalisateurs qui s'attaquent à l'histoire contemporaine et propose une vision bien sûr subjective mais souvent éclairante d'évènements ou de personnages qui ont marqué ces dernière décennies. Avec La Dame de Fer, on atteint le degré zéro du biopic fait à la hâte, sans aucune mise en perspective et une narration calamiteuse. Je tiens tout de suite à préciser que mon aversion totale pour la politique de Mme Thatcher n'a rien à voir avec mon jugement sur ce film. J'avais adoré lire le premier tome de ses mémoires (The Downing Street Years), qui contrairement au film permettait au lecteur de juger la fameuse dame non pas sur quelques phrases choc du genre :"we will stand on principles or we will not stand at all", affirmation qui à elle seule semble justifier la guerre des Malouines, mais sur son analyse, que je conteste, mais recevable, de la société brittanique dans les années 80. Je mentionne les années 80, car à ce sujet, celui de la chronologie, le film est égalemment un désastre : on mélange sans vergogne la grève des mineurs (1984), les grèves de la faim en Irlande du Nord (1981), etc... sans essayer de donner aux plus jeunes des spectateurs quelques éléments qui permettraient de s'y retrouver.

En sortant de la séance, je pensais que ce film était une simple hagiographie de Mme Thatcher, sauvée un petit peu par la performance de Meryl Steep.

Quelques heures plus tard, je pense que c'est pire : un sujet passionnant non traité par paresse intellectuelle et une excellente actrice condamnée à un pitoyable exercice d'imitation.

Anonymous

17/02/2012

Meurtres en bleu marine C.J. Box

meurtres en bleu marine,roman américain,roman policierVoilà du bon vieux polar, robuste, bien calibré, solidement mené. Les bons et les méchants, bien nets, bien brillants, les intrigues croisées qui se nouent au bon endroit juste comme on avait compris, mais trop trop non plus. Et puis, on a bien peur, peur entre autre de céder à la tentation d'aller voir plus loin, juste quelques pages, juste pour voir si ou deux ou trois noms sont bien toujours là. Heureusement, les chapitres sont courts, ce qui fait qu'on peut vite être rassurée, ou non, faut quand même se méfier ....

D'abord, il y a Annie et son petit frère, William, leur mère Monica. Maman pas très sage, un peu cabossée de l'amour. Est passé par son lit un un beau mâle, Tom, ce qui ne serait pas trop grave, sauf qu'il n'a pas eu la délicatesse de s'éclipser avant le petit déjeuner des enfants et voilà la maman prise en flagrant délit de promesse non tenue et sa Annie en colère. William pas trop, il est très content de pouvoir, peut-être aller à la pêche ... Autre promesse non tenue. Sauf par Annie, qui de colère l'entraine au bord de la rivière.

De pêcheurs potentiels, les deux enfants deviennent gibier, parce que'ils vont voir ce qu'ils n'auraient pas dû voir : l'excécution froide d'un homme par quatre autres. Et ces quatre là, ce ne sont pas des gardons ni des truites d'élevage, plutôt le genre brochet mâtinés barracuda. Et ils savent lancer le filet, resserer les mailles et manipuler le menu fretin de ce coin perdu des USA, l'Idaho, petit coin de bouseux qui menacent parfois ruine.

Heureusement, parmi les bouseux manipulés, il y a aussi les gentils, surtout un en fait. Cabossé aussi, taiseux, et les deux bottes du bon côté de la cloture : un homme bien des grandes montagnes, enraciné dans son ranch, l'intégrité faite cow-boy, et aussi d'autres figures qui relancent l'allure : une postière de mauvaises rumeurs, un banquier qui a peu dérapé, un flic à la retraite débarqué là et accroché à sa derniere quête sans avoir vraiment l'habitude de la pêche au gros.

Du classique donc, les méchants puissants et retors, les gentils impuissants, mais tellement mignons, qu'on ne voudrait pas, surtout pas,  d'une surprise loin des sentiers battus, qu'un ours mal placé sorte du bois, qu'un cheval au galop ne saute pas les obstacles.

Athalie

PS : merci Annie pour ce joli passe vacances.

15/02/2012

Ben oui c'est tout rechangé...

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14/02/2012

Ben oui, c'est tout changé ....

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Le gardien du phare Catherine Hermany-Vieille

imagesCALP07YF.jpgUn roman d'atmosphère, pas vraiment ma tasse de café. Un roman de femmes qui commence par une mystérieuse traversée pour un non moins mystérieux exil. Trois femmes (condamnées ? consentantes ?) se retrouvent coincées sur un îlot minuscule visiblement, sans vivres ni abri, non loin de l'île aux chiens d'où elles viennent. Pas avenant, plein de brumes hivernales du grand nord canadien. Un univers rude de marins et fermé, bien clos, sauf aux vents, évidemment, et aux poissons. Un monde de taiseux rabougris ; le curé, le médecin, le notaire, un père, et de taiseuses sans enchantement ; les mères, l'épicière, les exilées elle mêmes ; Mathilde, la scandaleuse, la révoltée par le sexe, Anne, l'étrangère, venue s'échouer là pour perdre un amour fantômatique, Camille, la fragile aveugle à la peut-être langue de vipère. Chacune va livrer sa petite histoire au compte gouttes. Et encore, on n'a pas toutes les gouttes. Sur l'île aux chiens, ceux qui y pensent donnent d'autres liens bien ténus.

Tout cela respire l'artifice à plein poumons et du coup on sent à peine la mer, ce qui est dommage vu qu'il y en a partout. Remarquez, on ne sent pas non plus les poissons, ce dont on ne peut pas se plaindre. Et puis, le coup du gardien du phare reconverti en ange de la mort ... Et la vie des femmes est parfois bien dure, ben oui, ma bonne dame ! Heureusement, c'est pas mal écrit et tellement court qu'on s'ennuie peu et que l'on passe à autre chose ...

Athalie

13/02/2012

Une bouffe de A

barbie-foot.jpgUne bouffe de A, c'est une longue préparation. D'abord, il faut caler entre deux bouffes de filles. Dans une bouffe de filles, y'a que des filles, mais pas forcément des A, ce peut être de futures A, des A épisodiques, des A non A, mais geek, ou pas. Dans une bouffe de A, normalement, il n'y a que des A. Pas toutes , la A. lozérienne étant généralement excusée. D'autres peuvent être absentes pour cause qu'elles n'ont pas été prévenues par la A qui devait le faire. D'autres cas pourrait surgir, on ne sait pas, on a réussi qu'à en faire qu'une pour l'instant ... On tente la deuxième, là.

Ensuite, il faut que les A qui ont les mails des autres que les autres n'ont pas, les communiquent. Ce qui n'est pas une mince affaire, comme quoi toutes les A. ne sont pas des geek, y'en a même qui ont du boulot. Il faut aussi que les A regardent leur mail, voire y répondent. Le téléphone existe encore, soit, mais une A au téléphone, c'est plus long à raccrocher, ça peut même se mettre à parler bouquins et alors, là, évidemment, on peut se dire "mais à quoi peut servir une bouffe de A, si elles parlent bouquins avant ?" , ben à se répéter en fait. Ou à parler d'autres choses.

Après, il faut regrouper les réponses selon les dates possibles : les A sont souvent occupées à faire autre chose qu'à lire tranquillement : il y en a même une qui fait du sport, elle dit que ça lui fait du bien ... Une autre qui habite loin et qui rêve toujours de son week-end dans le Cotentin sous la couette, mais on n'est pas encore prêtes à décentraliser, déjà qu'on a du mal à regrouper, une autre qui a sans arrêt des bouffes de filles, et une autre qui serait capable d'oublier de venir ou de se tromper de resto, sans compter celles qui se remettent à des études TRES prenantes, ou qui ont repris le travail après des études TRES prenantes, ce qui fait que ...

Rappel avant les inscriptions : pour être une A., il faut être aller au moins une fois à Etonnants voyageurs (ou connaître une A qui y est allé plusieurs fois). Possibilité de rattrapage : avoir pris l'apéro au moins une fois sur la terrasse de l'"Univers" avec une A qui y était.... En cas d'inscriptions en trop grand nombre, savoir répondre à la question suivante : pourquoi ne verra-t-on jamais Benaquista à Saint Malo ?

Athalie

 

 

 

12/02/2012

Mistero doloroso Anna Maria Ortese

Botticcelli_Zephora-2.jpgDans ce livre, les mots ont une odeur de pois de senteur : vagues mais entêtants, fleurs qui s'égrainent sur une liane têtue, impossible bouquet à faire, trop fragiles et tendres, une tenace fugacité.

Je n'ai jamais autant regretté de ne pas connaître l'italien, en italien ces mots là doivent être odeurs de rose et d'égouts et musique aussi, un truc un peu baroque, sans trop, un vieux concerto de Vivaldi, mais en vinyl, pour les grincements. L'histoire ne tient que dans cette musique sacrée et populaire, une histoire de regards croisés entre un prince et une petite poucette simplette de la catégorie de ceux qui sont au service de, que l'on ne regarde pas.

A Naples, à la fin du XVIII ème, une petite fille, fille d'une couturière, va lever les yeux vers son éblouissement, un charmant, mais triste charmant, désabusé de l'être avant même d'avoir existé. Dans une silencieuse incantation en quelques rencontres, elle, Flori se remplit de sentiments vagues, mais bruissants, pour l'image rêvée de Cirillo, le prince. Mais un prince peut briser, sans même vouloir y toucher, la lumière des petites filles pauvres. Pourtant, lui, il avait le choix entre deux prétendantes, deux comme lui, aussi lumineuses qu'un lustre de pacotille, l'une et l'autre de soie et de brocart vêtues. Qu'avait à regarder de simples pieds nus et une couronne de romarin ? L'amour semble naître en même temps que sa triste et douloureuse révélation, entre un ange sorti d'un tableau du quattrocento et un trop nostalgique prince. Le livre conclut : "Et le reste n'est qu'un profond ennui".

On joue avec les codes du conte, d'une douce mais si douce cruauté que les mots cisèlent le meurtre d'un rêve en bleu et or. Quelque chose du Magasin zinzin, voire Du domaine des murmures

Athalie

11/02/2012

Rumba de Dominique Abel et Fiona Gordon

 

Un petit bijou et les meilleurs moments sont loin d'être dans la bande annonce ....

Athalie

10/02/2012

Toute passion abolie Vita Sackeville-West

76704c96b2783fc3ba7a0e1759956f05-300x300.jpgBon d'accord, ce peut être un projet de vie d'abolir toute passion, pourquoi pas. On n'est pas obligé de faire dans le Phèdre tous les jours, ça fatigue le complètement passionnel et ça ne rentre pas toujours, il faut bien le dire, dans les grilles horaire d'une A-lectrice normale. Vous voyez Phèdre faire cuire des pâtes ( voire un boeuf bourguigon) avant d'aller bruler  l'Hippolyte de sa fureur ? Ou madame Bovary mettre une machine de linge à tourner avant de se payer une partie de jambes en l'air avec Rodolphe ?. Mais à force d'abolir, on frise la platitude, quand même.

Le mari de Lady Slane vient de mourir, grande figure de la vie politique anglaise, il a été vice roi des Indes, et elle donc, vice-reine, ce qui aurait pu être palpitant ou romanesque, quand même ... et bien non. Elle a accompli ses devoirs de dame du grand homme, sans grande passion (pas encore abolie, mais presque), et conjugaux sans doute aussi (c'est vraiment pas raconté, cet aspect là des choses, faut dire) mais il faut le croire puisqu'elle se retrouve entourée de ses enfants qui, pas passionnés ni passionnants, la considèrent plus ou moins comme une gentille potiche, quelque peu irresponsable et anecdotique. Faut dire qu'ils lui font concurrence : entre la célibataire pas collectionneuse, le célibataire collectionneur d'astrolabes, les radin-mesquin et l'autoritariste rigoriste, on se demande quelque peu ce que l'on fait là, nous. Il n'y a que la servante, Genoux, toute revêche dévouée, qui palpite un peu, mais comme le Lady n'a pas l'air de s'en aperveçoir, qu'elle a une bonne pleine de potentiel fusionnel, on est bien obligée de la laisser tomber nous aussi. Ce qui m'a fait peine.

Bon, après, ça ne se corse pas non plus. La lady veut refaire sa vie notamment en louant une maison, aperçue trente ans auparavant. C'est dire si elle sait retarder la pulsion. Bon, miracle, elle est à louer. La lady va donc pourvoir y vivre sa nouvelle vie, en compagnie de deux vieux monsieurs excentriques à souhait mais toujours aussi peu explosifs. D'une femme en sourdine, elle devient l'égérie de son propriétaire puis l'héritière d'un viel soupirant, même pas éconduit, pas la peine, pas de passion, je vous dit. Ce qui fait que la Lady, statue de marbre qui se voulait artiste, même en un style joliment tourné, moi, elle a commencé me languir sérieux.

Athalie

 

06/02/2012

Les lieux sombres G. Flynn

diable_dop.jpgDes lieux sombres comme des boites de carton entassés où grouillent des souvenirs ensanglantés. Libby Day ne veut pas les ouvrir. Dedans, il a les petits bouts de la mémoire de sa famille : sa mère , ses deux soeurs, massacrées par son grand frère Ben, une nuit, dans leur ferme. Elle a couru et a survécu, juste deux trois orteils en moins et un béant en plus. Avant, la fuite, elle a vu son frère tuer. Enfin, presque. Et ce presque, elle ne veut pas l'ouvrir non plus. Fait assez noir dans cette histoire ça.

Autre lieu sombre, c'est sur son témoignage de petite fille de six ans que repose l'accusation contre Ben, en  prison depuis vingt ans. Enfin, presque uniquement. Ne pas ouvrir non plus l'album de famille : le grand frère qui s'était mis à la dérive du bateau famillial dèjà pas mal cahoté, disputant "les filles", se mettant à l'écart, se disputant avec sa mère, se teignant les cheveux en noir, révoltes dérisoires puis les massacrant à coups de fusil et  de hache.

Des lieux sombres comme ceux où Ben trainait, amoureux fou lamentable, jouet des autres, plus beaux, plus riches, plus défoncés.

Seulement voilà, Libby Day a besoin d'argent. Depuis "le drame", "l'affaire", elle vit de la curiosité publique, de l'argent qu'elle procure. Elle a tout fait, tout monnayé ou presque, mais d'autres histoires sordides prennent la place de la sienne, prennent le devant de la scène. Les fonds baissent. Il y a des souvenirs à vendre dans les boites et des gens pour les acheter (Ben oui, c'est sordide, c'est pour cela que c'est bien !). Pas le choix, faut racler les fonds de tiroirs, et draguer la clientèle, en l'occurence un "fan club" organisé en comité de soutien, que des femmes (mais mon dieu d'où sort ce troupeau caricatural, ça existe ça  ? ...) persuadée de l'innocence de Ben, le doux, le gentil Ben.

Et Libby va accepter de refaire le chemin, de revoir son frère, de retrouver les protagonistes et le fil de l'histoire, l'histoire de cette journée où Ben a tué, rouages cassés et parfois grinçants d'une traque et d'un piège.

C'est parfois ( souvent) trop, ça tient debout par un pilotis de guingois, on se raccroche aux cordes (parfois même aux grosses ficelles) d'une narration qui joue des coups de trompettes et des coups de théâtre, mais parfois aussi en solo et sourdine. Le diable surgit de la boite toutes grimaces dehors, grand guignol satanique aux effets faciles, puis les souvenirs de Libby s'attardent dans la ferme familliale, clopin-clopant, sur un album d'autocollant, des hambergers ramasse-miettes, un lapin orne la cuvette des toilettes, une mère courage qui ne le savait même pas.

Plein de hauts et de bas, mais quand on se laisse prendre, ça propulse dans l'abysse.

Athalie

03/02/2012

Les vacances arrivent, c'est chouette !

img096.jpgEt avec elles, tous les projets de ce que nous ferons pas, mais voudrions faire :

Le ménage complet de toute la maison, définitivement,

Un voyage en Egypte sans attentat, ni match de foot, ni révolution, parce que les lectrices sont profondement pour, mais que ça ralentit le rythme de lecture.

 Un week-end sous un édredon dans le fin fond du Cotentin,

Devenir championne de la vraie vie,

Faire un boeuf bourguigon, ou une blanquette de veau, voire des oeufs à la coque,

Se poser les fesses et regarder les nuages passer,

Passer une journée devant un écran géant, en pyjama Princesse Tam Tam à manger des fraises Tagada en se matant l'intégrale de Bruce Willis, de Sissi l'Impératrice, de ce que l'on veut, mais seules et avachies .... surtout avachies. On peut tolérer la présence de son homme à soi, à condition qu'il devienne muet et/ou béat d'admiration devant notre pyjama ou/et notre capacité à avaler du chocolat Côte d'or sans mettre des miettes partout.

Comme ceci ne sera pas, voici mon nouvel achalandage, vous me commenterez si vous en avez déjà lus, histoire que je passe mon chemin :

Toute passion abolie Vita Sackville-West : celui-là, trop tard pour m'annoncer qu'il est nul, je l'ai commencé, et il n'est pas gros. J'aime bien les livres pas gros, en ce moment.

Le coeur glacé Almuneda Grandes : celui-là pas sûr pour ce coup-ci, très gros.

Le garçon dans la lune Kate O'Riordan : jouable, moyen gros.

Meurtres en bleu marine C.J Box : moyen gros, mais très jouable, offert par une amatrice très fiable du genre sanguinolent et tout plein de noirceurs de l'âme humaine. Je m'en retrousse les babines d'avance.

Le gardien du phare  : C. Hermany-Vieille : à s'avaler en guise de cure-dent.

Brothers  Yu Hua : énorme ! pas jouable. Juste très envie de le lire. Mais là, pour arriver au bout, d'ici la fin des vacances, il me faudrait une croisière en transalantique jusqu'en Egypte mais trainée par des ânes italiens,  ou sardois. L'âne normand étant moins disponible. Sans parler de la chèvre lozérienne.

Le temps de la colère T. O'Dell

La souris bleue K. Atchinson

Prodieuses créatures Tracy Chevalier

Les trois derniers sont un peu honteux, penauds, sans histoires, juste des moyens gros, bien sympathiques qui attendront leur tour, peut-être pris par d'autres, des plus neufs, des plus ou moins ventrus, des qui ressemblent à une cerise sur l'imaginaire.

Athalie