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15/03/2012

Prodigieuses créatures Tracy Chevalier

220px-Maryanning.gifLe truc facile, évidemment pour l'entame de cette note, ce serait "prodigieuse lecture", sauf que non, on ne peut pas aller jusque là. "Prodigieuse surprise" non plus, alors cela va être "bonne pioche" plutôt, parce que après avoir adoré La jeune fille à la perle, comme beaucoup et plein de monde, en un temps lointain où le blog des A se tenait à la terrasse d'un troquet après avoir fait le marché des Lices, plutôt que sur la toile, où l'on ne peut même pas se couper la parole en commandant un deuxième verre de vin blanc ( c'est un temps tellement lointain que certaines A. ne l'ont même pas connu), j'avais été super déçue par La dame à la licorne. Du coup, j'avais classé Tracy Chevalier dans la catégorie "auteur que je ne lirai plus". Et puis, finalement, un avis en entrainant un autre ...

Dans Prodigieuses créatures, foin de licorne et de perles, foin de peintre et artisan tisseurs au long cours, mais des gratteuses de falaises, par tous temps et tous vents, découvrant leurs trésors enfermés dans la glaise, par le temps, l'autre, celui qui dure. Pour l'une, les trésors, c'est les poissons fossiles, en plus, elle s'appelle Elisabeth Philpot, vieille fille de sucroit pas trop contrariée. Avec ses deux soeurs, pour équilibrer des intérêts familiaux bien pensés et raisonnables, leur frère les a plantesé à Lyme Regis, une sorte de futur centre balnéaire démodé avant même d'exister. 

Leur petit cottage est ciré à la théière. Leur vie aussi dans ce coin de la côte anglaise où les mondanités se résument aux bonnes oeuvres et aux cancans, et où les notables se piquent de curiosité, d'abord, pour les trois arrivantes. Puis, moins. Il faut dire que la passion des poissons fossiles, ce n'est pas très affriolant. Elizabeth se voit étiqueter excentrique, c'est marqué sur sa robe et sur ses gants troués. Ramasser des poissons fossiles, ça sali, et les gants troués d'avance, c'est plus pratique. ( c'est fou ce que l'on apprend des trucs dans les romans !)

Sur la plage, Elisabeth rencontre Mary Anning. Trop jeune fille piquée aux fossiles aussi, mais terrestres, cette fois. Les deux vont faire la paire. Mal vue aussi Mary, mais elle parce qu'elle vient du village ( comme quoi, c'est bien aux femmes qu'on en veut dans cette histoire, des femmes qui n'ont pas à savoir, ni à chercher à savoir, surtout pas à savoir scientifique ...). La famille de Mary est pauvre. Pour vivre, elle va faire le commerce de ses ammonites, gryphies et autres traces d'un monde disparu. Ces preuves des ratages de dieu se ramassent à Lyme Régis, à la même vitesse que A.O. cueille les palourdes sur la grève de S.J à marée basse, c'est là où l'on de la chance qu'elle préfère les palourdes vivantes au "crocodiles" morts. Ce commerce est aussi celui de la  passion de Mary  que les scientifiques londoniens vont utiliser à leur guise, sans même prendre conscience de son importance à elle, la découvreuse, la cheville laborieuse : condescendants péroreurs, parfois plus sympathiques, parfois plus loufoques, rarement reconnaissants.

Un roman bien solide et bien écrit, classique un rien féministe ( mais pas virulent), un rien historique ( mais ce voit à peine) , un rien romanesque ( ce qui n'est pas dérangeant ...)

Athalie

Commentaires

Cette ambiance-là me plait bien. Et comme je n'ai lu que "La jeune fille à la perle", je suis prête à retenter l'aventure Tracy Chevalier.

Écrit par : Ys | 15/03/2012

Bonjour Ys,
Effectivement, c'est un roman (aussi) d'atmosphère, de petites pluies froides, de vues étroites des humains alors que le monde nouveau du temps du déluge s'ouvrait à leurs yeux. Un roman qui m'a plu alors que moi, les fossiles et la préhistoire, franchement, c'est pas mon truc à priori... Comme quoi, le sujet d'un roman, parfois, peut avoir peu à dire et plus à se laisser surprendre.
A bientôt !
Athalie

Écrit par : Athalie | 16/03/2012

Bonjour,
Pour ma part, c'est justement la toile de fond historique (le 19ème siècle) et préhistorique (les fossiles) qui m'a attiré. J'ai largement préféré Les Prodigieuses créatures à La jeune fille à la perle (qui avait un petit coté bluette agaçant).

Écrit par : esperluette | 03/04/2012

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