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17/04/2012

Olive Kitteridge Elizabeth Strout

olive.jpgLe quatrième de couverture annonce que l'on va découvrir une femme, " une personnalité hors norme " et contradictoire, au destin cependant fort ordinaire, à la fois tyrannique et capable de coups de folie de bonté, de coups de semonces humanistes (enfin, je traduis un peu). C'est en partie vrai, même si la fameuse Olive, brutasse en paroles, femme d'un délicieux pharmacien, humaniste sous perfusion constante en ce qui le concerne, est en fin de compte plutôt un fil conducteur, rouge, qu'un personnage. Quelques chapitres la suivent, la livrent, et d'autres s'éparpillent autour d'elle, son fils, ses brues, les habitants de la petite ville où elle vit, où elle a été professeur de mathématiques pendant des années, certains personnages la connaissent, d'autres pas ou peu, de réputation.

La construction du roman m'a fait penser à celle de La vie mode d'emploi (et finalement, ce titre lui irait bien aussi, sauf que de mode d'emploi, justement, de ce drôle de truc qu'est la vie, il n'y en a pas vraiment). En plus linéaire quand même, sans les contraintes oulipiennes, et sans Bartheby, qui est parti voir ailleurs et Moby Dick qui s'en fiche comme de son premier navire déchiqueté.

On entre dans quelques maisons, sans pousser la porte, sans grincements, et on regarde qui y bouge. Au début, je me suis dit "Bon, il va finir par y avoir un lien, les histoires des maisons vont se croiser... " Ben parfois oui, vaguement, et parfois non, vaguement aussi. Et puis, j'ai fini par abandonner l'idée des narrations à tiroir, puisqu'il n'y en avait pas et j'ai poursuivi ma visite du village : Crosby, sa marina et ses donuts.

Il y a la pianiste Angéla qui boit un peu trop pour se donner chaque soir le courage de jouer les mêmes standards du blues dans le même bar. Il y a Harmon, le père de cinq fils qui sont partis et le mari d'une femme qui est restée, la même, aussi. Il y a Molly, la gentille épicère dont le mari vient de mourir et qui ne méritait pas ça. Il y a la mère de Julie qui voudrait bien abattre à coups de fils son ex-futur gendre alors que son homme construit un bateau dans leur cave, sans savoir vraiment si la porte en sera assez grande pour qu'il puisse flotter un jour.

Et Olive, quand même, qui se retrouve parfois aux croisements, ou en ombre chinoise, quelque peu encombrante, trop grosse et trop grande gueule, qui aime planter des tulipes et n'a pas su faire grandir son fils à ses côtés, Christopher, dépressif podologue qui doit s'enfuir pour s'affranchir. Olive, l'éléphanteau.

Aussi délicates que soient ces histoires, je me suis sentie rentrer en manque d' éclats, de rire ou autres sourires, d'un truc un peu gai, sans trop de nostalgies et de de mariages ratés, sans trop de départs loupés et d'amours ratés, juste à côté. Ou alors d'un bon vieux truc qui saigne, genre La religion, mais bon, le donut retient son nutella, faut croire.

Athalie

Commentaires

J'ai prévu de lire le roman d'Elizabeth Strout. J'aime beaucoup les histoires de gens ordinaires. Les passions et destins étriqués me fascinent.

NB: "La Religion" de Tim Willocks: excellent roman ! Je l'ai beaucoup prêté autour de moi, avec toujours autant de succès.

A bientôt!

Écrit par : esperluette | 18/04/2012

Bonsoir,
Moi aussi j'aime bien quand le feu couve sous la cendre, et n'explose même pas, ou plutôt explose dans la mesure où il le peut.
Mais je pense que je l'aurais mieux apprécié après des lectures plus jubilatoires ...
C'est quand même, j'ai trouvé, un bon roman, où les destins sont étriqués, oui, mais pas mièvres, et j'ai vraiment un faible pour Olive !Ce qui fait que j'ai pensé à La religion, qui n'a rien à voir, mais elle aurait fait un tabac à Malte !
Athalie

Écrit par : Athalie | 18/04/2012

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