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21/04/2012

Avenue des géants Marc Dugain

avenue des géants,marc dugain,romans français "Etre, c'est être coincé" nous annonce Dugain en citant Cioran avant de commencer son histoire. Pour sûr, Al Kenner, le narrateur de cette histoire est coincé de toutes parts : coincé entre ses divers aieux déglinglés, mère, pére, grand-mère... coincé entre son corps et son mental. Le pauvre gars mesure 2m20 et a un QI exceptionnel, ce qui semble toujours être un paradoxe. Mais aussi coincé dans son époque (les années 60 au USA) qu'il ne comprend pas parce qu'elles ne lui ressemblent pas. Al n'est pas le monstre du Dr Frankenstein, ni  George de Steinbeck pas plus qu'il n'est Ignatus de "La conjuration des imbéciles" de John Kennedy Tooole. Et pourtant on ne peut s'empêcher de penser à ces géants prisonniers de leur corps luttant contre un monde qui n'est pas à leur mesure. La différence, c'est que Dugain ne rend jamais Al un tantinet sympathique. Pas de sympathie donc, ni même d'empathie, terme que le narrateur finit par employer lui-même vers la fin du récit. Ce qui transporte le lecteur, c'est le regard mauvais que jette Al sur ces années qui souvent nous fascinent. Les hippies:"On n'avait jamais vu une humanité si loqueteuse, peinturlurée des pieds à la tête (...). Ce parti pris de l'enlaidissement devait bien correspondre à quelque chose". Al ne comprend pas et Dugain ne livre que peu d'indices pour remettre le phénomène hippie dans son contexte social et politique.  Ce n'est probablement pas son sujet et c'est un peu là le problème de ce roman: les passages psychologisants du début cèdent la place à une sorte de road movie mais on va où? Difficile à dire, mais il reste un rythme, des passages en couleurs dans un roman en noir et blanc, des passages qui tentent de brosser un tableau abstrait de l'innocence et de la culpabilité.

Sur cette avenue, Al semble être le seul géant, et çà, c'est insoutenable.

Anonymous

Du même auteur sur le même blog : L'insomnie des étoiles

Commentaires

Si ma mémoire est bonne , on ne peut pas dire qu'Ignatus ait été un protagoniste éminemment sympathique non plus.

Écrit par : Ark vAdor | 22/04/2012

Je suis plus débitative qu'Anonymous sur ce livre, après l'avoir avalé sur les chapeaux de roues, je me suis mise à coincer au milieu ; être dans la peau, sans l'être vraiment, d'un tueur en série sans remords,qui se justifie et devient parfois justifiable (notamment par les erreurs de diagnostique prononcés officiellement sur son cas) est une position acrobatique pour un lecteur. Ceci dit, Dugain écrit toujours aussi bien, finement, efficacement et avance ses rouages avec une précision mécanique qui ne peut laisser au bord de la route.
Ceci dit, je ne veux pas dire, mais je trouve Ark vAdor bien plus tendre avec Anomymous qu'avec Athalie ...
Et ceci dit, aussi, bonne soirée électoralissime ....
Athalie

Écrit par : Athalie | 22/04/2012

Etrange insinuation....
Anonymous aurait-il un côté obscur qui m'aurait échappé ? Aurait-il apprécié à sa juste valeur '' La route '' ? Kifferait-il Terminator ( le 2eme volet bien sûr) ? Serait-il un grand amateur de bière ?

Écrit par : Ark vAdor | 22/04/2012

Moi qui vient de l'acheter... Tout de suite, je suis moins impatiente de m'y mettre! Je te dirai une fois lu.

Écrit par : Lily | 24/04/2012

Bonsoir Lily,
Je suis désolée d'avoir pu laisser entendre que ce n'était pas un bon livre ( d'ailleurs Anonymous a beaucoup apprécié), c'est rudement bien écrit et mené,mais c'est juste que je me suis sentie au bout d'un moment mal à l'aise coincée dans le point de vue d'un homme avec lequel aucune empathie n'est possible. j'attends ton point de vue, et j'espère que tu ne seras pas déçue !
Athalie

Écrit par : Athalie | 25/04/2012

Les commentaires sont fermés.