Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/04/2012

Bifteck Martin Provost

bifteck,martin provost,romans françaisIl était une fois un bébé boucher, baptisé platement André. Il n'a pas ni chateau, ni coursier blanc mais des parents, propriétaires d'une boucherie, à Plomeur, en Bretagne, Bretagne  qui semble profonde. Prédestiné successeur de ce royaume étriqué, son premier mot sera "Bifteck", ses lectures du soir se contenteront d'un os à moelle à ronger, son alphabet à la liste des noms des morceaux d'animaux tranchés et découpés, qui en deviennent parfois poétiques. Il n'est même pas beau, cheveux gras et corps adipeux, quand il est content, il se tâte les entrecôtes. La bidoche comme passion, ça sent pas le prince charmant. Et pourtant ... L'acorte Jeannine Le Meur, comme un aimant attiré, va être la première à profiter et à gouter de ses talents jusque là ignorés  : il fait " chanter la viande" et vibrer d'extase celle de sa conquête involontaire. La langue de Jeanine ne va pas en rester là et soucieuse du bien être de ses congénères, dont les maris sont partis à la guerre, elle répand la nouvelle merveille. c'est alors que la queue se fait devant la boutique pour tâter de la bestiole sous couvert de ravitaillement ( j'ai oublié de dire que cela se passe pendant la première guerre mondiale ...) : il y en a tellement que l'élue sait qu'elle est l'élue lorsque le morceau de choix, l'araignée, lui échoit.

Evidemment, toutes ses copulations mirifiques ( et derrière la cathédrale) ne sont pas sans conséquences ... Et comme les six mains et une princesse au petit pois, arrive l'élément perturbateur. Les maris au front reviennent du front et l'amant va devenir papa-bifteck et entrainer ses petits dans une étrange odyssée,bien loin de la boucherie et des femmes à la chair blanche.

Un conte, une fable, une affabulation, un Rosa Candida mais à la sauce bien mineure, pas sanguine, mais moins lumineuse, sans roseraie mais avec île. Ce n'est pas le même étrange charme mais pourtant le même fil de ce que l'amour paternel fait aux grands enfants. C'est drôle et distancié au début, et puis on finit  on finit par s'égarer dans une sorte de remake de Vendredi ou les limbes du pacifique, plutôt pas appétissant et dans le pied de nez final, j'avais perdu l'entrain.

Athalie 

Commentaires

Ton billet par contre est drôle jusqu'au bout !

Écrit par : Ys | 29/04/2012

Bonsoir Ys,
Merci ... A bientôt !
Athalie

Écrit par : Athalie | 02/05/2012

Bonjour Athalie,

Merci pour ce billet. J'ai lu beaucoup de commentaires sur ce livre, presque toujours très positifs, et cela me rend généralement méfiante. Je devrais peut-être vérifier par moi-même ou me rabattre plutôt sur "Rosa Candida"...

Écrit par : esperluette | 01/05/2012

Bonsoir Esperluette,
Il y a pas mal de billets positifs voire très positifs sur ce livre, et pourquoi pas ... mais aussi d'autres plus nuancés, sur le blog d'Amanda Meyre, notamment, en tout cas, il faut peut-être se laisser tenter, mais juste en ce qui me concerne, "Rosa candida" gagne largement le "match" des romans sur "l'amour paternel" ...
Athalie

Écrit par : Athalie | 02/05/2012

Bonjour Athalie,
Ma liste à lire augmente aussi dangereusement. Il va falloir que j'établisse des priorités! Merci en tout cas pour vos billets originaux... cela change des autres blogs.

Écrit par : esperluette | 03/05/2012

Les commentaires sont fermés.