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10/05/2012

La brocante Nakano Kawakami Hiromi

la brocante nakano,kawakami hiromi,romans japonais,romansLa littérature nipponne envahit mon horizon de lectrice-blogueuse, j'en vois partout. La vague japonaise ne me léchouille point trop le bout des pieds vu que mes rares tentatives d'immersion se sont souvent soldées par des marées d'ennui ( sauf pour Kafka sur le rivage, je l'avoue). Cependant, comme je peux varier d'avis, face à l'enthousiasme d'une amie, me voilà avec La brocante Nakano entre les pattes. On aurait pu faire pire, même si ma conviction n'est pas débordante. 

Nakano est le drôle de petit patron, ni despote, ni généreux, ni compatissant, ni vraiment attentif, d'une brocante à l'écart des mouvements citadins trépidants, au fond d'un quartier vague. Sont posés là les fruits de ses récoltes, de ses débarrassages de grenier : des objets anonymes, uniquement des "utilitaires de l'ère Showa" ( des survivants de, si j'ai bien compris, la "mode" décorative des années d'après guerre nipponne). C'est un bric à brac, un peu comme ses histoires de rien, ses trois femmes, sa maîtresse, la belle Sarako qui ne crie pas au lit et écrit des trucs érotiques trop compliqués pour lui.

Dans ce petit monde, il y a peu d'habitants : Nakano " règne" sur deux employés. Il a aussi une soeur. La première employée est sa vendeuse, Hitomi, c'est son regard que l'on prend sur la brocante et ceux qui en poussent parfois la porte : quelques vendeurs, des acheteurs du quartier, la soeur, le patron donc, elle et l'aide déménageur. Ils se posent là, au milieu de la vaisselle dépareillée, entre une affiche publicitaire géante vantant les mérites d'une machine à coudre d'un autre âge et un poële encore un peu en état de marche. Hitomi semble immobile dans ce temps-là, ce petit temps de la brocante, suspendue à un autre immobile, l'autre employé de Nakano, l'aide déménageur, Takéo. L'aime-t-elle ? on ne sait ... L'aime-t-il ? On ne sait ... Dès fois, ils lâchent des phrases, dès fois non, dès fois on peut penser que, et puis non. Ce qui fait que quand l'histoire s'esquisse, on a eu le temps de voir venir. De fois en fois, le temps s'écoule. La soeur passe, repasse, reste, ressort, revient, son amant disparait, revient. C'est tout de l'ordinaire, du pas dit, du pas vécu et pourtant si.

Lectrice qui cherche de la trépidation sentimentale, passe donc ton chemin, inutile de fouiller davantage dans ce bric à brac, ni joyeux, ni jouissif, plutôt gris et terne, d'objets, parfois vendus, parfois achetés, de personnages, comme une famille d'occasion recomposée, dans ce microcosme sans ordre ni necessité d'être là, ils semblent en aussi posés en attendant qu'il leur arrive quelque chose d'autre. Ce n'est pourtant pas ennuyeux, juste ciselé dans un presse papier ébréché en forme de grenouille.

Athalie

Commentaires

Bonjour Athalie,
La littérature japonaise (surtout contemporaine) m'a donné aussi un peu de mal. Je ne sais si c'est l'univers des romanciers, leurs thématiques ou leur style d'écriture... J'ai accroché davantage avec les romans d'aventures d'Eiji Yoshikawa et les nouvelles policières de Kidô Okamoto. De temps en temps, je tente une nouvelle incursion chez les Nippons, via les éditions Picquier, qui publient des classiques comme des bestsellers récents.

Écrit par : esperluette | 11/05/2012

Bonsoir,
Contente de voir qu'il n'a pas que moi qui peine ... Je suis entourée de fanatiques ! Ce qui me fait douter parfois de la validité de mes réticences. Mais quand je m'enthousiasme pour la littérature indienne contemporaine, c'est pareil dans l'autre sens ! Du coup, je blogue ...
A bientôt
Athalie

Écrit par : Athalie | 17/05/2012

je n'avais pas adoré ce roman, j'avais amplement préféré "les années douces"

Écrit par : Hélène | 11/05/2012

Bonjour,
Et merci du conseil, comme cet auteur japonais-là ne m'a pas complètement rebutée, je vais tenter "Les années douces" dont j'ai effectivement entendu beaucoup de bien.
A bientôt.
Athalie

Écrit par : Athalie | 17/05/2012

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