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18/05/2012

Les mains rouges Jon Christian Grondhal

l-allemagne-a-efface-la-bande-a-baader,M15023.jpgDerrière le comptoir de la gare de Copenhague, un jeune étudiant solitaire réserve une chambre d'hôtel pour Sonja, une jeune fille qui descend du train, un grand sac à la main, l'air d'être là sans être là, charmeuse un peu. Suffisamment pour lui en tout cas. Avant de quitter la gare, elle lui confie la clef de la consigne où elle vient de déposer le grand sac. Elle disparaît, il garde la clef, il cherche son inconnue, la retrouve, la reperd, se retrouve toujours avec la clef, et seulement la clef et le souvenir d'elle, même une fois la clef déposée, pour cause d'ouverture de consigne, dans un poste de police. Fin du premier acte. Je me dis, que la valise va être légère à porter si l'histoire continue à faire autant de trous.

Un autre trou de quinze ans et l'on retrouve le narrateur, le jeune homme qui ne semble être devenu qu'un adulte terne, dont la seule vivacité semble être de ne jamais avoir oublier Sonja et sa petite cicatrice moqueuse sur le coin de la joue. Marié, sans enfant, sans passion, il retrouve Sonja par hasard, mariée, sans enfants. Il va la faire revenir sur ses pas perdus, de rencontres furtives dans des chambres d'hôtel en entretiens confidences, pour connaître l'histoire dont l'épilogue suivra.

Dans l'Allemagne des années 75, celle de la bande à Baader, Sonja flotte, sans passion, ni intérêt, sans aucune conscience politique, elle profite d'un moment vide de temps, dans la villa luxueuse de ses employeurs, partis en vacances. Une rencontre de hasard, elle se retrouve à cohabiter avec ceux qui agissent dans une violence revendiquée et légitimée. Sonja fait parti d'eux, sans le savoir, sans le vouloir voir, jusqu'à ce qu'elle se fasse, au détour d'une absence d'indifférence fugace, complice de ces terroristes à la grande cause finale. Quinze après, ces "années de plomb" version allemande, l'histoire la rattrape, sans qu'elle ait vraiment fui d'ailleurs, et le narrateur va suivre cette espèce de prise de conscience presque inutile, finalement, de sa responsabilité, qu'elle esquisse alors qu'elle aurait pu l'éviter. Ce qui a été un acte sans morale peut-il en prendre une si on le veut vraiment ? Il n'y a que le romanesque pour ne pas y répondre.

Dans une écriture très sèche et elliptique, le roman ne psychologise rien, et ce qui est sûrement son défaut en a fait pour moi, sa principale voire son unique qualité, vu que l'intrigue ne tient pas debout. Il ne démonte aucun mécanisme, ne pratique aucune fouille sociologique, c'est sûrement une tentative de dire l'histoire "autrement", mais du coup, c'est un peu froid.

Athalie

PS : le commentaire par où cette lecture est arrivée :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/search/label/Danemark

Commentaires

Dans un style un peu différent, il y a "Nada", le grand classique de Jean-Patrick Manchette.

Écrit par : esperluette | 19/05/2012

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