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20/05/2012

Le vrai monde Natsuo Kirino

imagesCAE1WJR2.jpgSi ce monde-là est le vrai monde, alors il fait glacial dans le dos, des sueurs vous en poussent sous les masques de petites filles modèles, si ce monde ressemble un peu soit peu à celui qui est dans les têtes juvéniles des poupées nippones, alors il faut aller d'urgence numéroter les abattis des survivants ...

Quatre jeunes filles, quatre amies, de ce qui semble de la classe moyenne, fréquentent le même lycée, subissent les mêmes règles exigeantes de la réussite scolaire, habitent dans des quartiers résidentiels, ont des familles en gros "normales", elles sont amies, elles semblent partager une certaine complicité, amitié, normalité : portables roses, goût des garçons ou des filles ...  un léger dédoublement de la personnalité, un double nom, un jeu des apparences. C'est lisse, ça bout sous le karaoké.

Tour à tour, elles vont prendre la parole et raconter comment "ça" va leur péter à la figure. Toschi, la plus sérieuse, Kiranin, la plus gentille, Yusan, la presque la plus sincère et pour finir Térouchi, la plus philosophe des tueuses. Toschi commence. Elle se prépare, comme tous les matins pour se rendre à ses cours de préparation intensive, lorqu'elle entend un bruit étrange chez les voisins. Peu s'en soucie vraiment, croise le lombic, le fils des voisins, qui lui chaut peu, d'où ce surnom qu'elle lui a donné et qui lui restera tout au long du roman. Parce que le lombic a une drôle d'allure, celle d'un besogneux fade, et qu'elle a autre chose à faire dans son vrai monde à elle. Seulement voilà, on lui vole son vélo et son portable, et il se trouve que c'est ce lombic-là qui les a, vu que le matin le bruit bizarre, c'est parce qu'il était en train de tuer sa mère à coups de base-ball, elle ne faisait rien que le critiquer, alors vous comprenez, il en a besoin pour fuir. Ben non, là, je ne comprends pas, je n'adhère pas, surtout que Toschi, ça l'énerve cette histoire, non pas tant que le lombic ait massacré sa mère de sang froid et sans culpabilité aucune, mais de se retrouver mêlée à cette vicissitude de l'existence de l'autre, et que ses trois copines s'en mêlent elle aussi, toutes se jouant de l'idée du monstre comme de leur première paire de soquettes blanches et même avec une certains fascination pour l'être palichon qui, de lombic passe au stade de super héros, ou d'objet de curiosité, voire de pitié compatissante.

Elles sont glaçantes de frivolité ces petits papillons attirées par ce lombic sans colonne directrice, tant tout sentiment vrai semble avoir été absorbé par le mécanisme intégré, pesant mais intégré, du modèle de la réussite scolaire de l'excellence imposé par des parents tout aussi pris par eux-mêmes. Le crime du lombic les ramène à leur coeur d'ombre, sans que le geste criminel ne soit problématique. Ce qui compte, c'est comment, tour à tour, s'en sortir, ou pas.

Glaçant.

Athalie

PS : le lien vers le billet d'Esperluette qui m'a fait découvrir ce roman :

http://echappees-livres.blogspot.fr/2012/04/le-vrai-monde...

Commentaires

Ce roman est perturbant. L'auteur y dresse un portrait de la société japonaise qui fait froid dans le dos. Sur un thème similaire, il y a aussi "Parade" de Yoshida Shuichi.

Écrit par : esperluette | 22/05/2012

"Parade" attend désespérément dans ma PAL et je note celui-ci!:)

Écrit par : cathulu | 02/06/2012

Bonsoir,
Je ne connais pas "Parade" et je n'ai pas vu de note sur Echappées livres. Tu recommandes ? C'est aussi "Trash" ? Parce que si oui, je vais attendre un peu, ma petite âme sensible aime bien être secouée, mais je crois avec le recul de quelques semaines, que ce qui est vraiment terrifiant dans ces jeunes filles, c'est qu'elles sont "normales ... Un peu comme pour les parents du "Dîner" de Herman Koch.

Écrit par : Athalie | 02/06/2012

De cette auteur , j'avais lu " Disparitions" que j'avais beaucoup aimé.
Je l'ai lu il y'a déjà longtemps,mais il ne se laisse pas facilement oublier

Écrit par : Mior | 11/09/2014

Je note "Disparitions", même si j'ai eu mon compte de romans perturbants ces derniers temps, mais il faut croire que je n'arrive à m'arrêter ... Entre deux lectures de OLNI ( concept que je pique à keisha, une fois de plus ...), il faudrait que je me remette à lire de la bluette.

Écrit par : Athalie | 11/09/2014

Bon c'est sûr , dans le genre bluette ça ne le fera pas, va falloir trouver autre chose...mais noter celui là ;)

Écrit par : Mior | 11/09/2014

Les commentaires sont fermés.