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28/06/2012

L'histoire de Bone Dorothy Allison

l'histoire de bone,dorothy allison,romans,romans américains,romans autobiographiquesCe livre aurait mérité de ne pas être lu en tronçons, saucissé en quelques pages par ci-par-là, entrelardé d'autres envies, envies de lectures plus légères, plus oisives. Pauvre Bone, déjà que ça ne partait pas très bien elle, dans sa vraie-fausse vie (puisqu'il semblerait que ce roman soit en grande partie autobiographique)

Bone, c'est juste son surnom, "os", on peut faire plus affectif. Son prénom, a été choisi par sa tante, vu que sa mère ne pouvait le faire, inconsciente après l'accident de voiture provoqué par son oncle ivre, elle avait été éjectée par le pare-brise et a accouché sans le savoir. Du coup, la tante, elle a donné au bébé le même prénom que le sien, Ruth, et Ruth-bis se dit "Bone" dans cette famille-là. Il reste le nom de famille. Le truc pour cette partie-là de l'identité, c'est que son père, un vil séducteur, est parti et Bone est enregistrée comme batarde. Anney, sa mère, a seize ans, pas de travail, mais Bone, sa fille, qu'elle va l'aimer et protéger, comme elle le pourra, comme le pourra aussi toute sa famille d'oncles, et tantes, de cousins, de grand-mère branlante à la chique bien pendue, sous les auvents des maisons du Sud, lézardé par la misère.

La famille, les Boatwright, sont solidaires, s'aiment et  se soutiennent. Le souci est qu'ils sont tous à moitié branques, les frères surtout, violents, coureurs, alcooliques, multirécidivistes, ils traînent les bars et les petits boulots. La racaille du coin. Les femmes, les soeurs, font les enfants, prennent les affaires en main quand la misère tourne trop mal et ne peuvent rien faire d'autre que de tenter de résister et d'éléver la bande de "mioches", à coup de thé glacé et de gâteaux au ketchup. Tous aussi pauvres les uns que les autres, tribu de petits blancs racistes et sans autre dignité que celle de leur couleur de cheveux, la même ou presque de génération en génération à cause du grand-père qui aurait été Cherokee, mais rien n'est moins sûr, en fait.

La mère de Bone, Anney, commence sa vie de mère en mère courage : elle se bat contre l'étiquette de batârde, tente de l'enlever à sa fille, ne fricote pas dans le bar où elle gagne sa vie, ne se laisse pas aller dans cette misère crasse. Mais, bon, le sort s'acharne ; un premier mari, gentil laisse la place à un second, qui le sera beaucoup moins. Au début, il essaie, il tente, Anney y croit, ils vont faire une vraie famille, ils vont y arriver ( il y a eu une petite soeur entre temps), se sortir de là. Sauf que "Papa Glen", n'y arrive pas, éternel looser, sa haine se focalise sur Bone. Bone grandit, obstinée, obstinée à aimer quand même, à devenir elle, malgré la protection déficiente qu'elle cherche partout.

A chaque fois que j'y revenais, il y avait une nouvelle tuile, un nouvel "os" et Bone s'enfonçait, jusqu'à la fin dans un malheur d'aimer poignant. Le titre en anglais révèle la violence dévastatrice qui ronge la petite, "Bastard out of Carolina", comme la ronge l'amour de sa mère.

Athalie

PS : une lecture qui vient de A.B. Merci A.B. parce que plus j'y pense, plus je trouve le bouquin bien.

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