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08/07/2012

L'étrange disparition d'Esme Lennox Maggie O'Farrell

Friperie-lyon-580x356.pngC'est un roman dont le charme romanesque monte en nostalgie au fur et à mesure, sans effets de cymbales, avec quelques invraisemblances narratrices, détours sentimentaux et même des clichés presque éculés, mais je n'en ai eu cure tant le personnage d'Esme a remporté mon adhésion, esprit critique tout amolli.

La première fois qu'elle apparait, elle n'est qu'une silhouette contemplative, une ombre mal aisée, en contre-jour d'une fenêtre, dans un hôpital psychiatrique d'Edimbourg. Elle a 76 ans et cela fait soixante ans qu'elle est enfermée là, effacée de la mémoire familliale et presque des archives du lieu. Elle y a été enfermée à seize, nul ne sait plus trop pourquoi ... L'hopital doit fermer, les pensionnaires doivent donc être recasées quelque part. Et Esme, n'a plus personne, sauf Kitty, sa soeur, atteinte de la maladie d'Alzeimer mais elles sont inconnues l'une à l'autre, depuis lontemps, et une arrière nièce, Iris, qui ignore tout de l'existence de la vieille folle. Iris est une jeune femme moderne, presque sans attaches, en tous cas, pas les bonnes, et qui va donc se retrouver à hériter d'Esme, au moins pour quelques temps.

La reconstruction des faits passés va se dérouler presque en dehors d'Iris, qui n'en saura finalement pas grand chose, alors que nous, on a accès direct aux tableaux de la mémoire d'Esme, et aux restes de la mémoire de Kitty. Le premier tableau se déroule en Inde, celle des colonies anglaises, Esme, Kitty, leur petit frère y vivaient avant. Et déjà, la petite fille insupporte sa mère, ne cadre pas avec les attentes, les déborde. Premier drame, et exil à Edimbourg, retour aux cadres toujours, chez la grand-mère grande bourgeoise, monde fermé, froid, de contraintes encore, et de règles de conduites à tenir. Kitty s'y plie. Esme rechigne, bute et tombe.

Soixante après, l'histoire d'Esme croise celle d'Iris, et sa propre voix celle de sa soeur, pour déplier les plis, et même un peu au-delà.

Soit, il y a de l'artifice dans cette construction-reconstruction, l'agencement des sentiments et des hasards, la cécité d'Iris (necessaire, pour que la fin arrive comme elle arrive) est confondante, la rebellitude d'une jeune fille de bonne famille finalement fort convenue ... Et pourtant, une écriture fluide qui m'a happée comme dans les plis de la robe d' Esme qui se déploie un peu au vent avant de retomber. Forcément, comme après un grand déballage ou un grand nettoyage d'automne.

Athalie

Le commentaire par où cette lecture est venue (mais il y en plein d'autres .....)

 http://metaphorebookaddict.wordpress.com/2011/06/04/letra...

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