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17/07/2012

Le diable tout le temps Donald Ray Pollock

le diable tout le temps,donald ray pollock,romans,romans policiers,romans américainsJ'ai croisé mon ami Jack dans les croisées du salon du livre d'"Etonnants voyageurs". Mon ami Jack ( ce n'est pas un surnom, c'est son nom) est très, très grand, ce qui fait qu'on ne le loupe pas, même dans un salon du livre bondé. Il m'a lancé : "Va voir le Pollock, c'est du bon". Mon ami Jack étant un fin cinéphile et un amateur éclairé de polars américains, je n'ai pas vu le Pollock, j'en ai pris un sur la pile (après avoir lu la première page et surtout sans lire la quatrième, c'est ma technique habituelle quand on me lance sur un livre dont je ne sais strictement rien). Merci Jack ...

Est-ce un polar ? Un roman noir ? un road-movie immobile et à plusieurs vitesses, je ne sais, mais c'est un sacré bon bouquin. Comme on dit un sacré coup de rouge, je veux dire que ça tâche. A éviter si on aime les tables bien dressées avec nappe blanche. Le sourire vient parfois aux lèvres mais quand même un peu tendu parce que tous les personnages (ou presque) sont de sacrés saligauds. Les drames les plus épouvantables, horribles, répugnants, malsains se succèdent et pourtant jamais le coeur ne m'en est venu sur les lèvres tant l'écriture met à distance toute émotion, c'est écrit comme si tous ses crimes étaient, finalement, normaux, voire des sortes de gags, voire artistiques ....

Les deux villages où l'action se déroule sont presque limitrophes, un dans l'Ohio, et l'autre en Virginie Occidentale. Ce qu'il ont en commun, c'est qu'ils sont ruraux, très ruraux, et qu'ils sont liés par le chemin du personnage (on va dire principal), Arvin.

Arvin, c'est le fils unique de Willard Russel. Celui-là, quand il est revenu de la guerre du Vietnam, tout ce qu'il voulait, c'était rentrer chez lui, au fond des bois, chez sa mère, avec son oncle et basta. Pas envie de dire si les Japonais mangeaient au non leurs prisonniers. Rien. Sur le chemin du retour, il a, malgré tout, croisé du regard la belle Charlotte, serveuse de son état, aussi belle qu'une actrice de cinéma. Ils se marient, projettent de devenir propriétaires à la campagne, Arwin suit les traces de son père, mais Charlotte se meure et Willard dérape. A plein tube.

Roy est prédicateur, il s'arrose d'araignées pour montrer aux fidèles qu'il ne faut pas avoir la peur de l'amour de Dieu. Théodore, pour l'amour du même Eternel, a sacrifié ses jambes ( ce qu'il finira quand même par regretter), c'est donc sur son fauteuil roulant qu'il suit Roy en accompagnant ses sermons au violon. Jusque là, tout roule à peu près bien ... Où ils vont vraiment mal tourner, c'est lorsque Théodore va, égoïstement, encourager Roy à mettre à l'épreuve son pouvoir de résurrection. Je vous passe les histoires d'amour avec la femme flamant rose et autres aventures qui les mèneront, ben, vers une sorte de destin (?)

Suivent, ou s’entrecroisent, dans un cortège brinquebalant vers un enfer de pacotille : un couple de tueurs nymphomane-photographe, un prédicateur libidineux, un shérif véreux, quelques filles laides mais perdues de vertu quand même, et Arvin, l'enfant qui n'avait reçu qu'un pistolet en héritage, et un certain sens de la justice, un drôle d'ange quand même ...

 

 

 

Commentaires

Je n'ai pas croisé ton ami Jack à Saint-Malo, mais sur conseil de mon ami François, un grand lui aussi, cinéphile et grand amateur de mauvais genres, j'ai aussi pris le Pollock aux Étonnants Voyageurs... nous nous sommes donc croisées...

Écrit par : Ys | 17/07/2012

Ben ça alors !!! c'est vraiment trop de coïncidences ... Ne quittons donc pas des yeux l'année prochaine les grands hommes qui se promènent dans les allées, une lectrice blogeuse anonyme sous le bras ... (je voulais mettre un smiley, mais je ne sais comment faire, donc un smiley virtuel à insérer ici)
Blague à part, je viendrai évidemment voir ce que tu écriras du Pollock sur ton blog, et enfin un livre que tu ne me donneras pas envie d'acheter (un autre smiley virtuel à insérer en pensée)
A bientôt

Écrit par : Athalie | 18/07/2012

j'ai raté les étonnants voyageurs .. qui se passent en face de chez moi.. donc je n'ai pas pu vous rencontrer, je ne sais pas trop si j'apprécie des grandes messes où les auteurs deviennent des vendeurs de leurs œuvres, j'y vais régulièrement mais je ne suis jamais conquise.
Ce n'est pas le sujet.. j'adore ce que tu dis de ce livre et pourtant je sais que je ne le lirai pas , je n'aime pas trop la violence .
Je trouve que les auteurs américains adorent ça et pourtant quand on se promènent chez eux (surtout dans les petites villes!) on a l'impression d'un pays si propre et si policé
Luocine

Écrit par : luocine | 17/07/2012

C'est vrai qu'il y a un côté grand messe et promotion parfois sur ce festival, mais en prenant les à-côté, il y a aussi de jolies rencontres et j'y découvre souvent une, deux, trois même, lecture(s) marquante(s) dont ce Pollock.(et puis, il y a les terrasses et les copines aussi, faut dire ...)
C'est vrai aussi que la littérature américaine est marquée par cette violence qui sourd, peut-être justement de ce côté policé. Mais, je ne suis qu'une lectrice qui a une tendance (perverse ? smiley virtuel)à aimer le noir et je n' ai jamais mis les pieds aux USA ...

Écrit par : Athalie | 18/07/2012

Tant de dégénérescence dans ce bouquin a commencé,puis a fini par me lasser.J'y reviens sur mon blog prochainement.

Écrit par : Eeguab | 22/07/2012

Bonjour,
Merci de votre visite, j'irais voir sur votre blog vos remarques sur ce livre. Je comprends que cette noirceur systématique et généralisée puisse lasser. En ce qui me concerne, c'est vraiment l'écriture sèche, le côté "freaks" aussi que j'ai aimé.
A bientôt.

Écrit par : Athalie | 22/07/2012

Un roman sombre, très sombre, mais c'est ce qui fait tout son charme. Et puis n'oublions pas que c'est un 1er roman. Le tour de force est encore plus magistral !

Écrit par : jerome | 03/08/2012

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