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28/07/2012

Une maison de poupée Ibsen

ibsen,une maison de poupée,théâtreActe scène 1 : je survole la PAL de Ingannmic, quand une subite envie me prend, et si je lui proposais une "lecture commune", je ne sais pas trop en quoi cela consiste, mais ça a l'air rigolo. Je me lance, elle m'explique ; on décide, et toc ! relire Ibsen, "Une maison de poupée" : voilà qui va me sortir de mes sentiers du moment, du théâtre, du classique, une LC ...

Acte II scène 2 : me voilà devant mes étagères, je veux en ressortir Ibsen pour me le mettre sous le nez. Mes étagères (de livres) sont très bien rangées, (Pérec oblige, par genre, ordre alphabétique et chronologique en même temps, voire collections quand je peux, c'est compliqué, mais je m'y retrouve très bien normalement). I, I, I, pas d'Ibsen ... La lumière se fait, je réalise qu'en fait, je n'ai jamais lu "Une maison de poupée". J'avais confondu avec "Mademoiselle Julie" de Strinberg, dont je n'ai un souvenir si vague que je me demande comment j'ai pu mélanger une pièce que je n'ai jamais lue avec une autre dont je ne me souviens pas ...

Intermède : je vais donc acheter le bon bouquin et en profite pour faire main basse sur d'autres tentations dont "Vivre" de Yu Hua, l'auteur de "Brothers", excellentissime roman, découvert justement sur le blog de Ingannmic. Je me dis que c'est un signe. Tout va bien se passer.

 La scène se situe dans un jardin, une femme est assise sur un fauteuil à fleurs, elle tient "Une maison de poupée" à la main et semble concentrée. Un homme s'approche.

L'homme : j'ai fait les courses, je t'ai acheté un truc que tu adores : des fraises tagada ( du lait concentré nestlé, des palourdes, des escargots farcis ...)

La femme : c'est gentil, mon oiseau des îles, j'espère que tu n'as pas trop dépensé quand même ... Retourne dans ta cuisine, je dois rester un peu seule dans le bureau, j'ai à faire ma note pour ma lecture commune avec Ingannmic.

La transmutation spatio-temporelle s'était accomplie, j'étais dans la maison de poupée d' Ibsen, avec juste une légère inversion des rôles ... Parce que le Helmer, c'est comme cela qu'il lui cause, à sa Nora d'amour (en mieux écrit, évidemment). C'est simple, on a envie de lui filer des baffes, de lui mordre les bajoues, de lui arracher sa suffisance. Nora, c'est l'alouette, lui c'est le corbeau.

Je résume : le jour de Noël, Nora revient avec ses achats, des surprises et du plaisir pour son mari (le corbeau), ses enfants, un peu pour elle (des macarons, auxquels elle n'a pas le droit, normalement. Pourquoi ? Je ne sais pas trop mais c'est Helmer qui le dit, alors ...). Elle est tout guillerette, même un peu trop fofolle, femme-enfant gâtée, mais soit ... Helmer sort de son bureau (ben oui, c'est un homme, il travaille, lui !), lui rappelle qu'elle doit être raisonnable . Soumise, Nora cache ses macarons, et se plie. Pourtant, Helmer vient d'obtenir un nouveau poste, avantageux financièrement, c'est le début d'une nouvelle vie pour Nora, elle voudrait savourer le bonheur, la légèreté. Helmer n'a pas d'ailes, elle, un peu trop (on est parfois même à la limite de l'hystérie, il ne doit pas être facile à jouer, ce rôle). Ce rapport marital planté, se met en place le moteur de l'action, l'argent. Pas l'amour, soyons bien d'accord. Nora s'est endettée, a menti, a triché pour sauver, en cachette, la vie du corbeau (son mari). Et voilà que son usurier a besoin d'elle pour garder son emploi, elle doit convaincre Helmer de le garder, sinon, il dit tout et si il dit tout, Nora perd tout (même si je me dis que perdre un étau pareil ne serait pas vraiment une perte ...). Les rouages s'enclenchent, Nora s'affole et déploie toutes ses belles plumes pour que le mari n'arrive pas à la boîte aux lettres. En vain. Dévoilée, la vérité l'envoie vers la vérité, la sienne, enfin conquise.

Epilogue : je me renseigne sur Ibsen, la société qu'il décrit,dans laquelle il a écrit, la condition de la femme dans cette société, car si l'écriture m'a paru datée, le revirement final peu plausible, les personnages caricaturaux, j'ai vraiment aimé me retrouver à m'interroger sur ce que cette pièce pouvait avoir comme arrière fond : un féminisme problématique, une vie étouffée, cloisonnée à ce qui se fait, aux normes sociales acceptables. Une lecture critique, partagée avec plaisir de découvrir un monde loin du nôtre par certains aspects concrets, mais pas forcément idéologiques. Certes, une femme peut aujourd'hui avoir un compte en banque, mais un compte en banque empêche-t-il de s'enfermer dans les conventions imposées ? Pas si sûre. Pas sûre du tout en fait.

Athalie

Ma première lecture commune (surprise-partie ...), l'avis de Ingannmic est ici :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2012/07/une-maison-de...

 

 

Commentaires

Bonjour Athalie,

J'aime beaucoup ta note (et les fraises tagada aussi....).
J'ai les mêmes réserves que toi à propos de ce texte (l'aspect caricatural, la fin peu crédible, parce qu'elle vient un peu comme un cheveu sur la soupe, même si ce sont les dernières répliques que j'ai préférées...). Comme toi, j'ai eu envie de baffer Helmer, mais aussi Nora, à vrai dire !
Seulement, j'ai l'impression que ces bémols t'ont moins gênée que moi.

On remet ça quand tu veux !

Bonne journée..

Écrit par : Ingannmic | 28/07/2012

Beaucoup de bémols pour moi aussi, mais je n'ai pas eu envie de trop m'y attarder dans ma note, je me suis trop amusée à l'idée de la lecture commune et le texte m'a paru trop loin de moi, en fait, un peu comme une (pré)histoire féministe à connaître. Tout à fait partante pour une deuxième LC !!!
Bonne journée.

Écrit par : Athalie | 28/07/2012

Les commentaires sont fermés.