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31/07/2012

Thon au lait de coco

la-boite-de-thon.jpgJe ne suis pas mes propres séries, ni mes propres recettes, c'est pas cohérent cette catégorie ... Tant pis, je vais dire la série "au lait coco", parce que j'en ai plein des recettes avec du lait coco, et des provisions de boîtes pour des dizaines de nouvelles propositions. Donc, celle-ci, magistralement excécutée par mon homme l'autre soir ( et non, il n'avait que nous, dommage pour A.L.M. qui n'a eu droit qu'aux pâtes aux légumes, et en plus sans flan coco).

Il faut aller chez le poissonnier, ce qui fait qu'on peut aussi coupler avec les crevettes au curry, en plus, les deux plats ont un parfum d'exotisme simplifié en commun. Vous demandez une darne de thon. (pour les non-initié(e)s, une darne, c'est une tranche dans le sens de la longueur, comme une tranche de pain, mais en thon). Ne pas se laisser avoir par un "dos", un "steack" ou je ne sais quelle autre appelation qui vous fait payer trois fois plus cher votre morceau de poisson sans que cela n'ait d'incidence sur le goût final. Si comme moi, vous me pouvez envisager de rentrer chez vous avec une darne en entier, et d'avoir à prendre un couteau pour enlever la peau et couper ensuite la chair en carré, vous demandez au poissonnier de le faire, ou vous laissez ( comme moi) votre homme s'en charger. La plupart du temps, je suis pour le partage des tâches, mais pour celle-là, je ne revendique aucune prérogative féministe... Une fois le morceau de thon coupé en carré, l'essentiel de la recette est terminé.

Je donne la suite quand même : vous mettez les morceaux de thon dans un petit fond d'huile d'olive, vous les laissez cuire, le temps qu'ils soient cuits, vous ajoutez des oignons blancs émincés, de l'ail haché, la boîte de lait de coco et du curry. Vous soupoudrez de ciboulette ("pour le vert" dit mon homme, "de coriandre", dis-je, pour le goût). Et voilà.

PS : La même démarche se décline avec du blanc de poulet, des gambas .... Ce qui fait que cela fait trois recettes en une note, et j'ai rattrapé mon retard dans la catégorie "A cuisiner", je vais pouvoir retourner à mes livres.

REPS : on peut aussi faire mariner les dés de thon dans du jus de citron vert deux ou trois heures avant, toujours pour l'exotisme, mais aussi parce que c'est dans la recette originelle que je viens de relire. Ce qui n'est jamais inutile, finalement !

 

29/07/2012

Ce crétin de Stendhal Jean Bernard Pouy

gare.jpgJ'adore Jean Bernard Pouy pour plein de raisons plus ou moins valables et pas vraiment littéraires et surtout pas objectives. D'abord, il dit qu'il aurait voulu être Pérec à la place de Pérec, ensuite, il a écrit "La Belle de Fontenay", un de mes polars français néo-polar préférés ( que je continue à conseiller sans jamais vouloir le relire, de peur d'être déçue, je préfère rester dans le flou de mes souvenirs de mon panthéon mythique), et "Larchmütz 5632" : un homme qui donne un pouvoir télépathique à une vache ne peut pas être foncièrement écolo-puriste, troisièmement, il a une maison en Bretagne et parle de cette région avec un regard qui sélectionne les instantanés décalés du tourisme, les papis mamies dans  des cafés en formica, les mamies derrière le comptoir, les papis devant, avec la mer en toile d'horizon, celle qui sert à pêcher des palourdes et des tourteaux, celle du lisier et des algues vertes. Il retourne la carte postale en restant dedans, et ça c'est fort. Et enfin, enfin, je ne sais pas, elle me touche, cette grande gueule des combats perdus, du temps où j'avais pris le néo polar français pour mes bibles, où  je découvrais Oppel avec "Brocéliande sur Marne", Daeninckx avec "Meurtres pour mémoire", "Le bourreau et son double", Dessaint et ses escargots dans la télé, Benaquista et ses madonnes-maldonnes .... et tous les autres, je vibrais aux social-traitres, et Jonquet balançait "Les orpailleurs" (soupirs et nostalgies ..... smileys à imaginer)

Depuis un moment cependant, je ne lis plus les polars de Pouy, souvent seuls les titres m'amusent et ses intrigues, trop farfelues et répétitives m'ont lassée. Ce qui n'enlève rien au goût que l'on peut avoir pour le bonhomme et ses idées rocailleuses, ses trouvailles tirées par le goût du jeu de mots. "Ce crétin de Stendhal" est donc arrivé par un chemin de traverse. "Le monde" a lancé pour cet été une série de publications de "petits polars" le jeudi, et A.L.M. lit le "Monde", donc en passant par le jardin, elle me l'a laissé. Evidemment, Stendhal n'a rien à faire dans cette histoire de vengeance improbable. L'intrigue ne vaut pas le début de la ficelle pour la nouer, je passe donc à l'essentiel de l'intérêt, pour moi, de cette nouvelle anecdotique : Pouy y décrit comme personne l'arrivée d'un train dans dans la gare de Rosporden. Et ça, c'est pas dans beaucoup de romans qu'on le trouve, il faut le dire. Juste une phrase pour le clin d'oeil : "Seuls quelques rares TGV s'y arrêtent, comme à contrecoeur, pour déverser des touristes qui ont décidé d'aller, coûte que coûte, se faire piéger dans la ville close de Concarneau." Effet facile, mais ça me fait rire, je visualise ...

A suivre, peut-être, dans la série des " petits polars du monde" : Caryl Ferey, le chouchou du moment, parce que j'arriverai peut-être enfin à lire un de ses textes jusqu'au bout, et Michel Quint pour retrouver, peut-être, le charme de "Cake walk".

Athalie

 

 

28/07/2012

Une maison de poupée Ibsen

ibsen,une maison de poupée,théâtreActe scène 1 : je survole la PAL de Ingannmic, quand une subite envie me prend, et si je lui proposais une "lecture commune", je ne sais pas trop en quoi cela consiste, mais ça a l'air rigolo. Je me lance, elle m'explique ; on décide, et toc ! relire Ibsen, "Une maison de poupée" : voilà qui va me sortir de mes sentiers du moment, du théâtre, du classique, une LC ...

Acte II scène 2 : me voilà devant mes étagères, je veux en ressortir Ibsen pour me le mettre sous le nez. Mes étagères (de livres) sont très bien rangées, (Pérec oblige, par genre, ordre alphabétique et chronologique en même temps, voire collections quand je peux, c'est compliqué, mais je m'y retrouve très bien normalement). I, I, I, pas d'Ibsen ... La lumière se fait, je réalise qu'en fait, je n'ai jamais lu "Une maison de poupée". J'avais confondu avec "Mademoiselle Julie" de Strinberg, dont je n'ai un souvenir si vague que je me demande comment j'ai pu mélanger une pièce que je n'ai jamais lue avec une autre dont je ne me souviens pas ...

Intermède : je vais donc acheter le bon bouquin et en profite pour faire main basse sur d'autres tentations dont "Vivre" de Yu Hua, l'auteur de "Brothers", excellentissime roman, découvert justement sur le blog de Ingannmic. Je me dis que c'est un signe. Tout va bien se passer.

 La scène se situe dans un jardin, une femme est assise sur un fauteuil à fleurs, elle tient "Une maison de poupée" à la main et semble concentrée. Un homme s'approche.

L'homme : j'ai fait les courses, je t'ai acheté un truc que tu adores : des fraises tagada ( du lait concentré nestlé, des palourdes, des escargots farcis ...)

La femme : c'est gentil, mon oiseau des îles, j'espère que tu n'as pas trop dépensé quand même ... Retourne dans ta cuisine, je dois rester un peu seule dans le bureau, j'ai à faire ma note pour ma lecture commune avec Ingannmic.

La transmutation spatio-temporelle s'était accomplie, j'étais dans la maison de poupée d' Ibsen, avec juste une légère inversion des rôles ... Parce que le Helmer, c'est comme cela qu'il lui cause, à sa Nora d'amour (en mieux écrit, évidemment). C'est simple, on a envie de lui filer des baffes, de lui mordre les bajoues, de lui arracher sa suffisance. Nora, c'est l'alouette, lui c'est le corbeau.

Je résume : le jour de Noël, Nora revient avec ses achats, des surprises et du plaisir pour son mari (le corbeau), ses enfants, un peu pour elle (des macarons, auxquels elle n'a pas le droit, normalement. Pourquoi ? Je ne sais pas trop mais c'est Helmer qui le dit, alors ...). Elle est tout guillerette, même un peu trop fofolle, femme-enfant gâtée, mais soit ... Helmer sort de son bureau (ben oui, c'est un homme, il travaille, lui !), lui rappelle qu'elle doit être raisonnable . Soumise, Nora cache ses macarons, et se plie. Pourtant, Helmer vient d'obtenir un nouveau poste, avantageux financièrement, c'est le début d'une nouvelle vie pour Nora, elle voudrait savourer le bonheur, la légèreté. Helmer n'a pas d'ailes, elle, un peu trop (on est parfois même à la limite de l'hystérie, il ne doit pas être facile à jouer, ce rôle). Ce rapport marital planté, se met en place le moteur de l'action, l'argent. Pas l'amour, soyons bien d'accord. Nora s'est endettée, a menti, a triché pour sauver, en cachette, la vie du corbeau (son mari). Et voilà que son usurier a besoin d'elle pour garder son emploi, elle doit convaincre Helmer de le garder, sinon, il dit tout et si il dit tout, Nora perd tout (même si je me dis que perdre un étau pareil ne serait pas vraiment une perte ...). Les rouages s'enclenchent, Nora s'affole et déploie toutes ses belles plumes pour que le mari n'arrive pas à la boîte aux lettres. En vain. Dévoilée, la vérité l'envoie vers la vérité, la sienne, enfin conquise.

Epilogue : je me renseigne sur Ibsen, la société qu'il décrit,dans laquelle il a écrit, la condition de la femme dans cette société, car si l'écriture m'a paru datée, le revirement final peu plausible, les personnages caricaturaux, j'ai vraiment aimé me retrouver à m'interroger sur ce que cette pièce pouvait avoir comme arrière fond : un féminisme problématique, une vie étouffée, cloisonnée à ce qui se fait, aux normes sociales acceptables. Une lecture critique, partagée avec plaisir de découvrir un monde loin du nôtre par certains aspects concrets, mais pas forcément idéologiques. Certes, une femme peut aujourd'hui avoir un compte en banque, mais un compte en banque empêche-t-il de s'enfermer dans les conventions imposées ? Pas si sûre. Pas sûre du tout en fait.

Athalie

Ma première lecture commune (surprise-partie ...), l'avis de Ingannmic est ici :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2012/07/une-maison-de...

 

 

25/07/2012

Little bird Craig Johnson

little bird,craig johnson,romans,romans américains,romans policiersCe ne sont pourtant pas les avertissements qui m'ont manqué (notamment ici et ), mais rien n'y a fait ... Walt Longmire, c'est fait, je vous aime ... Vu qu'on est quand même pas mal sur le coup, entre les lectrices et les personnages, je ne sais comment vous allez vous en sortir, alors que vous ne finissez quand même pas très frais après cette première aventure ( "Little bird" est le premier de la série, après c'est "Le camp des morts", après, je ne sais pas mais ce n'est pas dur à trouver, c'est très suivi comme addiction).

Pourtant, à-priori, Walt n'a pas vraiment la carrure d'un séducteur : dépressif ( sa femme est morte depuis quatre ans, il semblerait que ce soit la cause), il se laisse aller, négligé sur lui et autour de lui. Sa maison inachevée ressemble à une cage à souris en bois avec des trous, meublée en caisses de bières et quand il prend une douche dans sa baignoire desmaillée, le tombeur (involontaire) de ces dames se métamorphose en un "burrito de vinyl (...), scellé sous vide", vu que les rideaux de douche sont eux aussi irrésistiblement attirés par lui. Pas non plus surchargé de travail, pas ahomme d'action non plus, il traite vaguement les affaires courantes de la petite ville dont il est le shériff, entouré d'un adjoint à mi-temps, d'un incapable raciste, d'une adjointe mal dégrossie, fragile, mal mariée, mais efficace. Heureusement que la bourgade est placide, entre "journée des crèpes" et décoration urbaine à régenter.

Il y a quand même le dossier "Little bird" qui le turlupine, (parce Walt est lent, mais a le sens de la justice). Little Bird est le surnom de la jeune indienne handicapée qui a été violée par quatre jeunes imbéciles arrogants, et blancs. Condamnés à des peines ridicules, ils continuent à chasser, pêcher, jusqu'à ce que l'un d'entre eux s'étale définitivement au milieu d'un troupeau de moutons, totalement irrespectueux d'ailleurs. L'enquête peine à démarrer, les indices sont légers comme des plumes et on attend, un peu longtemps d'ailleurs que Walt se décide à y croire. En attendant, donc, on est très occupé à faire connaissance avec tout ce monde, un peu plouc, un peu déglingué. Et tout doucement, on se rapproche de la Réserve. Tout à côté de la bourgade, on dirait un autre monde, ignoré, où l'on accède pas sans passerelle, et celle de Walt est son meilleur ami, Henry, aussi trognon que lui, mais meilleur cuisinier, moins prude et surtout indien. Il tient un café par intermittances sociales et s'occupe pas mal de notre héros. Les liens d'une amitié virile et complice occupent autant leur temps que la recherche des fantômes indiens et autres. La solution de l'énigme (peu crédible) laisse notre Walt dans un sale état d'âme, dont on rêverait de le consoler ...

Une lecture souvent drôle et pourtant, la présence, invisible, de la communauté indienne, le mépris méfiant envers le personnage d'Henry, en dit bien autant que des discours moralisateurs sur les "grandes causes" à défendre.

Suite à venir, forcément !

Athalie

23/07/2012

A suspicious river Laura Kasischke

violee.jpgLeila a vingt quatre ans. Depuis quelque temps, elle est la réceptionniste la plus consciencieuse de l'hôtel Swan, un hôtel posé dans cette bourgade qui suinte l'ennui et les médisances de son enfance, posée à côté d'un lac où des cygnes vivotent. Des touristes y réservent des chambres mais des hommes seuls y sont aussi de passage, pour une nuit. Pour soixante dollars, ils ont une chambre, et pour soixante de plus, l'homme seul qui a fleuré la bonne occasion peut avoir Leïla pour un moment de sexe ; le temps qu'elle mette la pancarte "Je reviens dans un moment" sur le bureau de la réception, et elle se propose à leur porte. Jupe bleu marine, col en dentelles, ils n'en reviennent pas.

Leïla est mariée, Rick l'aime depuis leur seize ans, quoiqu'elle fasse, il la nourrit, l'entoure, bon gros nounours qui obéit à papa et maman. Mais, là, Rick maigrit, s'écarte. Leïla flotte à côté de lui, il y a longtemps qu'elle s'est écartée, elle. Elle met l'argent de son corps dans une boite, de plus en plus remplie, pour s'offrir quelque chose, ne sait pas quoi, un truc blanc, un truc pur. Le sexe monnayé se fait de moins en moins soft quand Gary pousse la porte de l'hôtel Swan. Gary est violent, vicieux, pervers, Laïla se laisse faire, absente de tout ce qu'il lui est fait et le sexe devient une suite d'acquiescements à sa propre chute.

Le récit de la descente de Leïla menée par Gary à un train d'enfer est entrecoupée de retour en arrière qui évoquent des épisodes de son enfance, tous axés sur les visions de sa mère à la beauté de femme fatale, sa mère la putain, qui part seins nus sur un voilier, son amant qui la prend, les mains dans la vaiselle, vite fait, pendant que le mari est parti chercher des bières dans le garage. Le mari, le père de Leïla, le frère de l'amant. Le mari vaincu, l'amant sanglant, le corps de la mère hantent l'esprit de Leïla qui s'allonge, suce, se laisse besogner comme une souche absente. Belle, pourtant disent-ils, ceux qui lui passent dessus.

Et moi, pauvre lectrice consentante, soit, mais quelque peu violentée aussi par ce roman que je me suis mise de moi-même dans les pattes, je me disais, mais pourquoi je continue, moi, pourquoi je le termine ( bon, je l'avoue j'ai parcouru les dernières pages en apnée) par masochisme ? Fais-moi mal Kasischke, Kasischke ? Par sadisme ? Fais-lui mal Kasischke, Kasischke ? Ou serais-je atteinte d'une autre perservion auto-destructrice ? C'est quoi cette histoire "telle mère pute, telle fille pas mieux" ? "Plus va la petite fille au lit qu'à la fin on la jette" ? Comment accrocher (finalement) à cette histoire aussi noire ?

Athalie

 PS : je mets le lien sur le site de l'artiste dont j'ai utilisé l'image en illustration, son travail me renvoie très subjectivement à cette lecture

http://www.monicaperezalbela.ch/barbie/barbie.htm

Autres commentaires sur ce blog d autres titres de la même auteure : En un monde parfait, La couronne verte

 

22/07/2012

Crevettes au curry

imagesCAUGUFMB.jpgElle est si facile cette recette-là que c'en est indigne, tellement simple qu'elle en est parfois négligée en ces temps de verrines à la mode. Je déteste les verrines, non point tant en manger, là, pas de souci, mais rien qu'à l'idée de superposer des couches de couleurs et de saveurs sans en mettre partout et qu'à la fin, ce soit joli ... Non, pas possible pour moi. Les crevettes au curry, je maitrise les bestioles, et le curry.

Achetez des crevettes roses, pas trop petites, autant que vous le souhaitez. Surtout pas de grises évidemment, éventuellement des gambas, mais bof. Déjà cuites, les crevettes, évidemment, et pas surgelées. Le temps de décongélation rajoute au temps de la préparation et ne fait pas gagner de temps pour les étapes suivantes (et moi je rallonge la sauce de la recette, parce qu'autrement, elle va être trop courte). Epluchez les crevettes. Pas comme des agrumes, mais comme des crevettes : on enlève la tête, puis l'écorce (?), la carapace (?), du corps de la crevette, avec ses ongles, tranquillement. On a le temps, c'est ce qu'il y a de plus long à faire, alors autant ne pas se presser, regarder par la fenêtre, écouter le rire des enfants qui reviennent de la plage, de la piscine, du champ de vaches voisin .... ne pas faire attention à la radio des voisins, aux cris de leur petit dernier qui a attrapé des coups de soleil. Non, se bercer d'illusions, se faire un film d'idéal, se croire dans Walt Disney, chez les bisounours  ....

Prendre une poêle, y déposer deux, trois, quatre gouttes d'huile, puis les crevettes. Ne pas oublier d'arrêter de regarder par la fenêtre, sinon, ça va cramer. Soupoudrez de curry. Et voilà, c'est déjà fini. Pour prolonger ce temps de solitude culinaire, quelques gouttes de tabasco sont possibles et j'ai vu servir avec des tranches de citron vert. Si, si, pour l'exotisme ...

Athalie

 

19/07/2012

Allmen et les libellules Martin Suter

imagesCAE6C2MW.jpgIl n'y a pas que les pavés compassés, il n'y a pas que les histoires glauques menées à un train d'enfer, il y a aussi les plans plan-plan, légers et courts, catégorie à laquel appartient ce policier atypique ( dans mes lectures à moi, mais pas que ...). Dans ce premier tome de ce qui commence à être une série (le second vient de sortir), on passe plus de temps à découvrir le décor, suisse, et les caractériques du personnage, suisse aussi, Allmen donc, qu'à suivre son enquête. D'ailleurs, d'enquête, on ne peut pas dire qu'il y en ai vraiment une, c'est plutôt une suite de tuiles, qui mises bout à bout font un bien agréable passe-temps.

Allmen a été riche, collectionneur de bon goût, voyageur de curiosités, dandy. Allmen est ruiné mais garde de son faste beaucoup de séduisants vestiges.

Allmen n'a pas d'argent, mais il fait (très bien) semblant d'en avoir beaucoup. Ce qu'il a en trop, c'est des dettes. Pour y échapper, il n'ouvre pas son courrier, ce qui est une tactique qui a ses limites.

Allmen a beaucoup, beaucoup, beaucoup de chance, trop pour être honnête, ce qu'il n'est donc pas.

Allmen n'est pourtant pas érotique. La seule conqûete qu'il va subir n'est pas vraiment à la hauteur de ses goûts raffinés.

Allmen vit dans la maison du gardien de ce qui fut sa propriété. La serre y est devenue son salon, il peut y jouer du piano ou contempler ses rayonnages. Allmen est un grand lecteur.

Allmen est un homme d'habitudes : il fait une sieste tous les après-midi, et quand il se résoud à voler quelque chose, c'est toujours la même chose.

Allmen est protégé par un domestique, Carlos, clandestin et bénévole, sans conteste le meilleur cireur de chaussures du monde mais très, très cachotier et très peu loquace.

Et l'intrigue ? Une histoire de libellules pas en toc dont Allmen et Carlos se sortent très bien, en attendant leur prochaine aventure.

Athalie

PS : friandise qui a sauté dans mon escarcelle grâce à

http://voyelleetconsonne.blogspot.fr/2011/06/une-enquetre...

 

17/07/2012

Le diable tout le temps Donald Ray Pollock

le diable tout le temps,donald ray pollock,romans,romans policiers,romans américainsJ'ai croisé mon ami Jack dans les croisées du salon du livre d'"Etonnants voyageurs". Mon ami Jack ( ce n'est pas un surnom, c'est son nom) est très, très grand, ce qui fait qu'on ne le loupe pas, même dans un salon du livre bondé. Il m'a lancé : "Va voir le Pollock, c'est du bon". Mon ami Jack étant un fin cinéphile et un amateur éclairé de polars américains, je n'ai pas vu le Pollock, j'en ai pris un sur la pile (après avoir lu la première page et surtout sans lire la quatrième, c'est ma technique habituelle quand on me lance sur un livre dont je ne sais strictement rien). Merci Jack ...

Est-ce un polar ? Un roman noir ? un road-movie immobile et à plusieurs vitesses, je ne sais, mais c'est un sacré bon bouquin. Comme on dit un sacré coup de rouge, je veux dire que ça tâche. A éviter si on aime les tables bien dressées avec nappe blanche. Le sourire vient parfois aux lèvres mais quand même un peu tendu parce que tous les personnages (ou presque) sont de sacrés saligauds. Les drames les plus épouvantables, horribles, répugnants, malsains se succèdent et pourtant jamais le coeur ne m'en est venu sur les lèvres tant l'écriture met à distance toute émotion, c'est écrit comme si tous ses crimes étaient, finalement, normaux, voire des sortes de gags, voire artistiques ....

Les deux villages où l'action se déroule sont presque limitrophes, un dans l'Ohio, et l'autre en Virginie Occidentale. Ce qu'il ont en commun, c'est qu'ils sont ruraux, très ruraux, et qu'ils sont liés par le chemin du personnage (on va dire principal), Arvin.

Arvin, c'est le fils unique de Willard Russel. Celui-là, quand il est revenu de la guerre du Vietnam, tout ce qu'il voulait, c'était rentrer chez lui, au fond des bois, chez sa mère, avec son oncle et basta. Pas envie de dire si les Japonais mangeaient au non leurs prisonniers. Rien. Sur le chemin du retour, il a, malgré tout, croisé du regard la belle Charlotte, serveuse de son état, aussi belle qu'une actrice de cinéma. Ils se marient, projettent de devenir propriétaires à la campagne, Arwin suit les traces de son père, mais Charlotte se meure et Willard dérape. A plein tube.

Roy est prédicateur, il s'arrose d'araignées pour montrer aux fidèles qu'il ne faut pas avoir la peur de l'amour de Dieu. Théodore, pour l'amour du même Eternel, a sacrifié ses jambes ( ce qu'il finira quand même par regretter), c'est donc sur son fauteuil roulant qu'il suit Roy en accompagnant ses sermons au violon. Jusque là, tout roule à peu près bien ... Où ils vont vraiment mal tourner, c'est lorsque Théodore va, égoïstement, encourager Roy à mettre à l'épreuve son pouvoir de résurrection. Je vous passe les histoires d'amour avec la femme flamant rose et autres aventures qui les mèneront, ben, vers une sorte de destin (?)

Suivent, ou s’entrecroisent, dans un cortège brinquebalant vers un enfer de pacotille : un couple de tueurs nymphomane-photographe, un prédicateur libidineux, un shérif véreux, quelques filles laides mais perdues de vertu quand même, et Arvin, l'enfant qui n'avait reçu qu'un pistolet en héritage, et un certain sens de la justice, un drôle d'ange quand même ...

 

 

 

14/07/2012

Délicieuses pourritures Joyce Carol Oates

imagesCA1MFET3.jpgAprès avoir été conquise par "Nous étions les Mulvaney", déçue par "Zarbie les yeux verts" et dans l'incapacité de lire "Le triomphe du singe araignée", je ne voulais pas râter mon nouveau dans la poursuite de la découverte des romans de Joyce Carol Oates. Pourquoi cet acharnement ? Ben, parce que je suis sûre qu'il y a d'autres pépites, dont "Bellefleur", pavé qui me fait les gros yeux doux. Je l'ai laissé encore un peu mariner et j'en ai pris un petit, au titre assez tentateur... Je sais maintenant qu'il est extrait d'un poème de D.H Lawrence, ce qui a son importance.

"Cherchez la jugulaire", "Allez plus profond", martèle Andre Harrow à ses étudiantes : un groupe d'une dizaine de ( plutôt jolies) filles de dix à vingt ans qui ont le privilège d'assister à ses cours de littérature anglaise, notamment sur D.H. Lawrence, son auteur fétiche, mais qu'il a relu à sa façon, pas forcément très littéraire ou trop littérale ... Ces étudiantes sont en quelque sorte des élues qui entretiennent entre elles et avec leur professeur, des rapports, disons, excessifs (?). Gillian, la narratrice en devient obsédée, elle vit, écrit, agit, pense, pour être remarquée par lui, aimée par lui.

Elle les espionne, lui et Dorcas, la femme d'Andre : une artiste libre (libérée ?). En dehors des normes sociales, elle sculpte comme un homme des totems aux formes féminines exarcerbées, très sexuées, trop aux goûts de certains. Darcas fascine aussi Gillian qui tente de s'approcher du domaine de ses dieux. D' étranges suspicions courent dans l'université : des débuts d'incendies, des alarmes dans la nuit, des comportements qui dévient, des rumeurs : Andre aurait des préférées, Docas prendrait des stagiaires ...

" Je vous aime, pourries, / Délicieuses pourritures" et en enlevant la virgule entre "aime" et "pourries", ça fonctionne aussi. Une excellente lecture, avec un goût de malsain, peut-être ...

Athalie

 

13/07/2012

Salade pastèque et féta

Je me demande ce qu'il y a de plus déprimant,  rédiger une recette d'été alors que la pluie sévit toujours dans mon jardin et alentours, ou, ne pas rédiger de recette d'été parce que la pluie sévit toujours dans mon jardin et alentours ... Moins torrentielle aujourd'hui qu'hier ou avant-hier, je ne sais plus, mais plus bruine tenace et constante qui détrempe un gazon qui n'en demandait pas tant ...

melon-d-eau-bioethanol-2009-500x500.jpgDeux ingrédients donc pour une salade d'été .... une petite pastèque entière bien dense, bien compacte vaut mieux qu'une grosse tranche déjà coupée qui a perdu son jus et son enthousiasme. Couper la chair encore sanguinolente en carrés, si possible, et si on ne peut pas tant pis. Ouvrir le bocal de féta déjà coupée en dés et noyée dans la sauce. Mettre les deux les uns à côté des autres. Soupoudrez de menthe ciselée et de quelques olives bien noiraudes. Mettre un peu de la sauce d'huile du bocal par dessus. Et basta. Mettre au frais (je veux dire, quand on peut mettre dans plus frais, parce que là, moi, c'est bon ...).

Athalie

PS : comment ça je suis de mauvais poil ....

REPS : et les pépins de la pastèque, ben on les laisse dedans, de toute façon, si quelqu'un trouve une pastèque mûre en ce moment, et bien, surtout ne pas venir me narguer en bavant du jus.

11/07/2012

La septième vague David Glattauer

la septième vague,david glattauer,romans,romans autrichiensBon, vu la stricte alternance que je tente en ce début d'été ( une recette, un livre), aujourd'hui aurait dû être jour de recette, mais une règle étant faite pour être déviée, ce sera jour de livre, la suite de Quand souffle le vent du nord, parce je vais vite fait trousser la bluette.

Je n'ai donc guère tardé à me procurer "La septième vague", me doutant bien que la grâce épistolaire serait éphémère, et bien non, c'est pire, le charme n'a pas du tout, du tout, du tout opéré, et l'ennui s'est très, très,très rapidement installé.

Rappel ( quand même, je trousse, soit, mais point trop n'en faut) : Emmi ne s'est pas rendue à l'ultime rendez-vous et Léo est parti comme prévu à Boston, toujours sans l'avoir vue en vrai, pour sauver son mariage (à elle) et raison retrouver. Emmi envoie des messages au manager du système .... Léo rentre et finit par répondre, nouveaux échanges sur le même modèle que ceux d'avant le départ, et c'est reparti.

Le but de la lecture de cette suite se réduisant à savoir :

  1. Si les deux tourtereaux en puissance vont enfin se décider à se rencontrer en vrai une bonne fois pour toute et qu'on en parle plus (enfin, si quand même un peu mais qu'on passe aussi à autre chose)
  2. Si cette rencontre va se conclure par la fin heureuse prévisible, et qu'on ne passe pas à autre chose, sinon, je ne crois plus aux contes de fées, et ce serait dommage, quand même à mon âge.

Les réponses sont tellement évidentes que les mails se rabachent : "Alors, tu m'as trouvé(e) comment ? - Toi d'abord, tu m'as trouvé comment ? - Non, toi ....", quelques mails plus tard (où ils se sont plus ou moins dit comment ils se trouvaient, bien, évidemment, ( et non, Emmi n'est pas obése et n'a pas de poil aux pattes, et non, Léo n'est pas obèse mais a du poil aux pattes) : "On arrête là, ce n'est pas possible - Oui, on arrête - Toi d'abord. - Non, toi d'abord, c'est toi qui as qui l'a dit. - Là j'arrête pour de vrai, j'écris le mot FIN"

Tiens, bonne idée.

Athalie

PS :  pour l'illustration, je cherchais quelque chose autour de "vague d'ennui", j'ai trouvé ce tableau. Sans commentaire.

REPS (post publication) : je ne résiste pas à ajouter deux liens vers des articles divergents mais  très drôles

http://croqlivres.canalblog.com/archives/2011/08/25/21742...

http://www.audouchoc.com/article-la-septieme-vague-daniel...

 

10/07/2012

L'âme des guerriers Alan Duff

l'âme des guerriers,alan duff,romans,romans nouvelle zélandeUn livre de lâches colères, de lâches violences, de lâches défaites et de lâches oublis. Moi qui cherchais partout des maoris dans la littérature nouvelle zélandaise ( ça se dit ça ?) et australienne, ben voilà, j'ai trouvé. Et ça cogne dur.

Beth Heke a échoué, comme tant d'autres maoris à la dérive, désocialisés, déclassés, dans la cité des pins, une cité pour maoris, pour maoris défoncés comme les trottoirs, suite de maisons de terrains vagues où les pneus poussent sur les pelouses à la place des fleurs. A côté, juste à côté, il y a le domaine de "M. salopard de blanc Trambert avec sa majestueuse maison de maîtres et ses prés à n'en plus finir qui viennent s'échouer contre la limite des cages minables construites (....) pour que l'on puisse héberger un autre lot de nullités à la peau marron." C'est Beth qui parle, pas encore saoûle, mais cela ne saurait tarder, pas encore battue, mais cela ne saurait tarder non plus. Parce que c'est comme cela dans la cité des pins, on est abonné à la crasse de l'âme, même quand la rage d'en sortir s'en mêle. Beth, dans le naufrage de cette vie là, tente parfois une certaine dignité, contre son homme, contre les autres, pour ses enfants. Elle tente, parfois quand elle le peut ,de les éduquer, de les soigner, de les aimer, de ne pas tout laisser aller. Mais elle a du mal. Beaucoup de mal, elle ne doit pas lutter que contre elle-même, mais aussi surtout contre son homme, Jack, aux rêves agités de violence, pour qui se battre est sa dignité à lui. Il est craint, redouté, on le flatte, on lui paye à boire, il aime cette reconnaissance illusoire, et préfère toucher les indemnités gouvernementales plutôt que de travailler, frapper, boire.

Le rêve de Nig, l'aîné, est de rejoindre un gang, celui qui singe tatouages et fraternité rituelles maori au bénéfice d'une même et autre violence, gratuite cette fois, être violent pour dire qu'on appartient à une communauté même si ce n'est que manipulation rémunérée des blancs pour que la basse besogne soit accomplie. Son plus jeune frère, Boogie, et sa plus jeune soeur, Grace tentent d'autres portes de sorties, mais il y a en peu, entre maison de redressement et des murs trop hauts pour être franchis.

Les coups de poing pleuvent sur "la tribu perdue" et l'on comprend que ce roman ait fait polémique à sa sortie en Nouvelle Zélande au moment des tentatives de construction-réhabilitation de la culture des ancêtres comme solution à la misère sociale et intellectuelle. Le narrateur ne les épargne pas, ces descendants de guerriers qui n'en sont plus que des fantômes, et si les blancs colonisateurs sont coupables, les maoris ne sont pas que des innocents ignorant de leur misère. Beth est lucide, se voit rouler dans le caniveau, y voit les autres s'y torcher en y prenant plaisir, saouls et placides, finalement, devant leur sort. Pour résumer, ce qui me semble être une sorte de morale romanesque et en reprenant certains titres de chapitres, certes, il y a "ceux qui possèdent l'histoire", qui l'ont confisquée à "ceux qui en ont une autre, mais "la vie est à ceux qui se battent"et sûrement pas avec les poings.

Beth encore : " Beth venait de réaliser que sa maison - non, pas seulement la sienne mais toutes les maisons dans lesquelles elle étaient entrée - ne contenaient pas de livres. Cette pensée l'avait frappée comme l'un des coups de poing de Jake, allez savoir pourquoi. (...) Au bout d'un moment, elle avait eu une sensation de perte, presque de deuil. Et elle avait pensé, Mais bon sang, qu'est-ce qui me prend ? Et même si cette maison ne contient pas de livres ? La belle affaire. Mais ça continuait à la ronger."

Athalie

 

 

09/07/2012

Salade de chorizo et oranges

salade,chorizo,orangeAprès les soupes froides et glacées mixées sur fond de pluies torrentielles ( toujours dans mon jardin et alentours), voici une petite série sur des salades rafraîssantes, mélangeant peu d'ingrédients, mais des ingrédients à priori peu compatibles.

Pour celle ci comme le titre l'indique, il faut seulement deux achats, des oranges et du chorizo : du doux ou du piquant, selon les goûts, moi, je prends du  piquant parce que j'aime bien pimenter un peu. Vous coupez des tranches plutôt fines mais pas trop, juste bien, si possible sans la peau, l'enlever avant de couper est plus simple. ( cela rallonge un peu le temps de préparation, mais on évite le bout de plastique coincé entre deux dents, gênant en société : soit il faut faire comme si de rien n'était, ce qui gêne la concentration sur la conversation en cours, soit il faut mettre les deux doigts dans la bouche pour enlever le bout coincé, et là, c'est les gens qui vous faisaient la conversation qui sont gênés, ou gênants.)

NB : les chorizos les moins chers et les plus bas de gamme sont les plus faciles à éplucher. Ce n'est pas gênant pour la qualité de la recette qui ne s'en ressent guère, surtout si le chorizo est piquant, ce pourquoi ...

Faire revenir les rondelles épluchées dans une poêle. L'huile d'olive est inutile, le gras est fourni dans le chorizo. Attendre deux minutes pour qu'elles soient légèrement grillées. Peler les oranges (pour avoir la technique infaillible, voir la recette "Terrine d'agrumes"). Coupez les quartiers en morceaux plus carrés, ou pas. Laisser en quartiers fait moins de jus sur la table.

Sur un plat, (plat, de préférence, pour l'esthétique), placez orange et chorizo. Pour la sauce, on peut soupoudrer d'un filet d'huile d'olive (mais le chorizo peut encore goutter du gras, donc se méfier quand même), éventuellement d'un filet de vinaigre. Par contre, ne pas oublier d'ajouter deux gousses d'ail finement écrasées.

J'allais négliger les proportions. Prévoir un seul chorizon et une orange par personne, ou moins, si vous avez des invités récalcitrants aux mélanges créatifs et qui pensent que la salade d'orange se mêle mieux à la fleur d'oranger qu'au gras du chorizo. Ce qui n'est pas faux non plus, mais beaucoup moins rigolo.

Athalie

08/07/2012

L'étrange disparition d'Esme Lennox Maggie O'Farrell

Friperie-lyon-580x356.pngC'est un roman dont le charme romanesque monte en nostalgie au fur et à mesure, sans effets de cymbales, avec quelques invraisemblances narratrices, détours sentimentaux et même des clichés presque éculés, mais je n'en ai eu cure tant le personnage d'Esme a remporté mon adhésion, esprit critique tout amolli.

La première fois qu'elle apparait, elle n'est qu'une silhouette contemplative, une ombre mal aisée, en contre-jour d'une fenêtre, dans un hôpital psychiatrique d'Edimbourg. Elle a 76 ans et cela fait soixante ans qu'elle est enfermée là, effacée de la mémoire familliale et presque des archives du lieu. Elle y a été enfermée à seize, nul ne sait plus trop pourquoi ... L'hopital doit fermer, les pensionnaires doivent donc être recasées quelque part. Et Esme, n'a plus personne, sauf Kitty, sa soeur, atteinte de la maladie d'Alzeimer mais elles sont inconnues l'une à l'autre, depuis lontemps, et une arrière nièce, Iris, qui ignore tout de l'existence de la vieille folle. Iris est une jeune femme moderne, presque sans attaches, en tous cas, pas les bonnes, et qui va donc se retrouver à hériter d'Esme, au moins pour quelques temps.

La reconstruction des faits passés va se dérouler presque en dehors d'Iris, qui n'en saura finalement pas grand chose, alors que nous, on a accès direct aux tableaux de la mémoire d'Esme, et aux restes de la mémoire de Kitty. Le premier tableau se déroule en Inde, celle des colonies anglaises, Esme, Kitty, leur petit frère y vivaient avant. Et déjà, la petite fille insupporte sa mère, ne cadre pas avec les attentes, les déborde. Premier drame, et exil à Edimbourg, retour aux cadres toujours, chez la grand-mère grande bourgeoise, monde fermé, froid, de contraintes encore, et de règles de conduites à tenir. Kitty s'y plie. Esme rechigne, bute et tombe.

Soixante après, l'histoire d'Esme croise celle d'Iris, et sa propre voix celle de sa soeur, pour déplier les plis, et même un peu au-delà.

Soit, il y a de l'artifice dans cette construction-reconstruction, l'agencement des sentiments et des hasards, la cécité d'Iris (necessaire, pour que la fin arrive comme elle arrive) est confondante, la rebellitude d'une jeune fille de bonne famille finalement fort convenue ... Et pourtant, une écriture fluide qui m'a happée comme dans les plis de la robe d' Esme qui se déploie un peu au vent avant de retomber. Forcément, comme après un grand déballage ou un grand nettoyage d'automne.

Athalie

Le commentaire par où cette lecture est venue (mais il y en plein d'autres .....)

 http://metaphorebookaddict.wordpress.com/2011/06/04/letra...

07/07/2012

Soupe glacée aux carottes

soupe glacée aux carottesComme ce devrait être l'été, mais que finalement, c'est encore un peu l'hiver (du moins dans mon jardin et alentours), dans la rubrique recette (qui alternera tout cet été avec les billets romanesques, après, je pense que je n'aurai plus de recettes tout court), je propose un mixte : les carottes pour l'aspect hivernal, comme la soupe aussi d'ailleurs, mais donc froide, voire glacée, si jamais il se mettait à faire chaud. Ce qui fait que c'est aussi une recette pouvant appartenir à la série "flemme", parce que quand il fait chaud, j'ai souvent la flemme, surtout d'avoir chaud dans ma cuisine.

Cette soupe peut se faire avec des carottes fraîches, je veux dire pas encore lavées, épluchées ni coupées en morceaux. Moi, j'achète un sac de carotte pré-cuites, sous vide, dans le rayon à côté des fraîches dans le supermarché du coin, plus deux oranges en passant (fraîches, par contre, je n'ai jamais encore essayé avec des oranges déjà pressées en boîte cartonnée, ma flemme a des limites). Pas la peine d'acheter le reste, on a tous (et toutes) de l'huile d'olive, un cube de bouilonn de volaille et du cumin dans les placards.

Les carottes sont, je le reprécise, pré-cuites, ce qui ne veut pas dire cuites. Donc, en rentrant des courses, les mettre dans l'eau bouillante environ quize minutes avec le bouillon de cube de volaille. Eplucher la gousse d'ail et la mettre avec les carottes cuites et égouttées, qui n'attendent que ce supplément d'ail pour être finement mixées avec le jus des deux oranges.

A ce stade, la soupe glacée n'est qu'une sorte de bouillie un peu liquide que vous mettez au frigidaire, en gardant de côté un peu de jus de cuisson au cas où. Préparez aussi des glaçons, toujours au cas où, surtout si vous êtes le soir et que les invités arrivent dans une heure. Pas la peine si vous êtes le matin et que les invités n'arrivent que le soir. Ce qui veut dire que vous êtes prêtes à prendre un bon bouquin ( si possible sous un soleil éclatant mais une légère brise) et à attendre que la soupe refroidisse d'elle même. Ce qu'elle fera très bien.

Athalie

 

 

06/07/2012

Bleu catacombes Gilda Piersanti

bleu catacombes,gilda piersanti,romans,romans policiersUn petit polar bien énervant et frustrant.

J'aurais dû m'en douter parce que cela a commencé dès le moment du choix devant les rayonnages. Je savais qu'il s'agissait d'une série de quatre romans, formant un cycle saisonnier ( "Les saisons meurtrières"), mais je voulais le premier, or pas moyen de savoir lequel l'était. Chaque titre comportant une couleur, je me suis dit bêtement que la couleur était symbolique de la saison. Donc, j'ai procédé logiquement (pour moi) : "Rouge abattoir" ? le rouge, c'est l'été, donc pas le premier. " Vert Palatino", le vert, c'est le printemps, donc pas le premier. Que je sache, l'année débute par l'hiver, même si on apprend à réciter les saisons à partir du printemps à l'école, ce qui n'est pas logique. (mais bon, c'est peut-être parce l'année scolaire commence en automne qu'après, c'est tout chamboulé, allez savoir ...). Le "Jaune ..." n'était pas là, mais je me suis dit que c'est n'était sûrement pas le premier, parce jaune, c'est proche de l'orange, et que donc, c'est l'automne. Donc, j'ai pris "Bleu catacombes", un peu par déduction, comme je viens de l'expliquer quelque peu longuement, et aussi parce que les catacombes, c'est la mort, le bleu celui des glaciers (très logique avec les catacombes), et donc l'hiver et donc le premier et enfin parce qu'il fallait bien que je me décide. Ben non, c'est le troisième de la série et c'est le printemps. (le bleu du ciel, sans doute ?)

Rome, le printemps, des têtes coupées en série, une escapade à Venise, un fond d'histoire de l'art (Judith et Holopherne, Arthémisia ...), un soupçon d'histoire romaine, le tout shaké bien malsain, il y avait tout pour me plaire.

Sauf que :

  • On connait les coupables dès le premier chapitre et les coupables sont des femmes fatales au charme envoutant.
  • Le récit s'attarde sur la description détaillée des sous-vêtements de l'enquêtrice avant leur lavage. Vu qu'elle ne veut pas les laver chez son nouvel amant qu'elle aime et qui l'aime ...
  • Que le commissaire a une otite et que son fils a disparu depuis longtemps (en Inde, je crois), que sa femme est malade depuis et que l'enquêtrice, c'est comme sa deuxième famille, parce que la première, elle n'est pas terrible.
  • Le petit copain de l'enquêtrice, il est historien d'art et sa collaboratrice lesbienne, ce qui ne change rien à leurs rapports ni à l'absence d'enquête (mais pas à l'absence d'enquêtrice, on ne voit qu'elle !)
  • Les concierges raisonnent en flic et les flics en concierge.
  • Les victimes sont aussi transparentes qu'un glacis sur une fresque du quatrocento ( ce qui ne veut rien dire, mais c'est exprès)

Pour conclure, des ingrédients savoureux noyés dans une sauce insipide.

Athalie

La note que j'aurais dû lire avant :

http://echappees-livres.blogspot.fr/2012/04/bleu-catacomb...

05/07/2012

La carte du monde invisible Tash Aw (2)

Session de rattrapage, parce que ma note est quand même très (trop ?) subjective ....

Athalie

04/07/2012

La carte du monde invisible Tash Aw (1)

la carte du monde invisble,tash aw,romans,romans nouvelle zélandeTash Aw, c'est le beau jeune homme sur lequel on a été plusieur(e)s à craquer lors du dernier "Etonnants voyageurs" (pas quand même à la hauteur du sombre solaire Joseph Boyden, mais presque). Charmant, intelligent, conquérant .... sauf que moi, finalement, je n'ai pas été si conquise que cela par ce roman présentée lors du festival comme "à l'origine d'une littérature du post-colonialisme", pas par l'auteur, évidemment, qui est trop chou pour ne pas être également modeste .... (rien que cela !) Je n'en attendais pas tant, bien sûr, ç'aurait été faire fi d'oeuvres "post coloniales" bien trop conséquentes pour je me lève de mon fauteuil de bureau pour aller en retrouver les titres sur mes étagères ... Mais je pensais avoir à faire à une sorte de fresque historique, plus historique que fresque et aussi plus au vitriol, et que finalement, l'histoire est bien là mais par petits morceaux et que le vitriol est un peu trop dilué à mon goût.

La fresque attendue s'entrevoit par l'évocation de parcours intimistes, des parcours croisés de personnages plongés dans la complexité de leur rapport avec l'Indonésie, avec leur origine, avec eux mêmes. Le personnage central est un jeune garçon, Adam. Il a vécu en orphelinat avec son grand frère avant d'être recueilli par Karl. Karl est hollandais et blond, comme les colonisateurs de l'île dont il a fait son pays, Nusa Pedro, au large très large de la ville pieuvre de Jakarta. Il s'est installé là après des années à fuir l'Europe. En voulant se plonger dans un exotisme à la Gauguin, il va s'en éloigner petit à petit, notamment en croisant Margaret. Margaret l'a aimé, jeune fille, puis elle a aussi croisé Bill et Mick. Mais ces croisements sont pour plus tard, et pas forcément amoureux. Il y a aussi le grand frère et sa famille d'adoption, mais ça va devenir compliqué comme note.

L'histoire commence alors que Karl est arrêté par les militaires indonésiens en pleine chasse anti communistes, dans les années soixante, avec des échos de guerre froide et de révolution de l'indépendance qui tourne à la dictature. . Karl n'est ni communiste, ni révolutionnaire de rien, mais bon, il fallait bien commencer par sa disparition pour que Adam se mette à sa recherche et avec de vagues indices, ne retrouve Margaret, Bill et Mick et que les fils se nouent. Des fils peu solides quand même et un tissage tellement lâche que souvent j'ai flotté. L'arrière fond politique est confus, les émeutes claquent en permanence et les manigances américaines pour conserver des liens avec le pouvoir en place se mêlent artificiellement à cette quête identitaire d'un orphelin suffisamment näïf et pataud qu'il manque devenir poseur de bombes entourloupé par la bonne parole d'un diablotin au double visage, universitaire le jour, extrémiste la nuit. Heureusement, il va être cueilli au passage par une princesse activiste. (Bon, là je suis un peu dure quand même ...)

Une première déception de la pêche ramenée de ce festival, mais pourtant ce roman a quelque chose, que je n'ai pas su saisir. Donc, je me garde de côté en session de rattrapage, le premier roman du même auteur "Le tristement célébre Johnny Lim".

On a toutes nos faiblesses ...

Athalie

 

03/07/2012

La teurgoule

teurgoule.jpgD'autres diraient du "riz au lait", alors que ce n'est pas du tout, du tout, du tout, la même chose. La preuve, mes enfants mangent parfois du riz au lait, à la cantine, quand ils y sont obligés vu qu'il n'y a pas d'autre dessert en pot tout fait, mais de la teurgoule faite maison, non. Mon fils y a goûté une fois, par compassion, parce que j'avais tellement l'air d'être contente d'en avoir fait, il a eu pitié, je pense. En plus, la teurgoule, c'est drôlement bon, le riz au lait je ne sais pas, je n'en mange pas ...

Ce n'est pas vraiment une recette de saison, mais vu que la saison, on ne sait pas trop laquelle c'est, vous pouvez la tenter dès maintenant, pour quand il fera vraiment plus froid, ou plus pluvieux ...

Vous prenez un plat assez grand pour contenir les quantités qui vont suivre et surtout qui va au four. Vous y versez 75 grs de sucre ( je mets du roux, bien sûr),  100 grs de riz rond (rond, c'est important), du beurre ( quantité indéterminée par ma recette, donc je coupe une tranche de la motte, pas trop, juste bien), on ajoute une pincée de sel et surtout, surtout, de la canelle. Evidemment, ne pas oublier le lait ( c'est cette similitude des deux ingrédients principaux qui fait la confusion avec le riz au lait), en faire bouillir un litre avant de le verser en flots, ou pas, dans le plat sur le riz et tout se mélange tout seul dans le flot déversé.

Y'a plus qu'à mettre au four, deux heures, à feu très très doux, à laisser l'odeur de canelle se répandre à flot aussi dans la maison et c'est cuit quand la légère pellicule qui se forme sur le dessus fait cloque-cloque et que sous son marron foncé se se laisse voir une sorte de brun doux, légèrement pâteux et crémeux. Ce qui prouve bien que l'on n'a pas affaire à un vulgaire riz au lait en pot, le riz au lait en pot ne provoquant aucune extase gourmande de cette ampleur.

Se mange ensuite en quantité non déterminée, vautrée sur son canapé (si possible en tenue d'intérieur Princesse Tam-Tam acquise en soldes), en se délectant du derrier opus de "L'amour est dans le pré", où d'un Rohmer qui se passerait en Normandie ( ce qui doit bien exister), parce que la teurgoule, c'est normand. D'ailleurs, sur la photo de ma recette, la "terrinée" de teurgoule, elle est placée sur une nappe à carreaux rouges et blancs. Pour faire rustique, je suppose.

Athalie

02/07/2012

Quand souffle le vent du nord Daniel Gluttauer


Denise au téléphone - Bande annonce Vost FR par _Caprice_

 

Attention, lecture légère, lecture en forme de coeur, lecture pour farniente, lecture en liberty, lecture au goût de crème glacée, fondante et sucrée, sucrée .... A dévorer pour se sentir comme une plume bercée par une brise d'amourette.

Une nouveauté littéraire malgré tout, un renouvellement du genre épistolaire, le roman par mails, enfin, des mails quand même mieux écrits que des vrais, sans fautes de frappe, ce qui est relativement rare dans le vrai courrier électronique. Des mails en toc, qui font pas vrai, des mails pour une histoire chabadabada.

Emmi Rothner veut résilier son abonnement à une feuille de chou locale, elle tombe par erreur sur la boite de Léo Leike, un homme qui n'avait rien demandé, quant à lui, tout cela parce qu'elle tape trop vite le "e" avant le "i". Erreur renouvellée pour des voeux de bonne année en envoi automatique d'un mail groupé. D'excuses en platitudes, ces deux-là vont se titiller, se prendre au jeu, érotiser puis fantasmer. Carrément. ( c'est la loi de la bluette, faut pas hésiter à en faire trop)

Lui est célibataire, et sort d'une rupture complexe, elle est mariée, aime son mari, a des enfants (pas vraiment les siens en fait, mais c'est tout comme, c'est pour dire qu'elle est heureuse et sans histoire, en fait.) Du moins, c'est ce qu'ils se disent, et c'est ce doute possible qui est drôle en tant que lectrice, on se dit sans arrêt qu'ils sont peut-être en train de se (nous) mentir, de s'inventer une vie virtuelle, un amour virtuel, un caractère virtuel. Elle, l'impertinente, jalouse par intérim, lui qui fait du cache-cache et parfois les échanges font du sur-place : on devrait se rencontrer, on va se rencontrer, oui mais dans un bar, comme ça on ne saurait pas qui on est, et puis oui, et puis non, et puis on devrait arrêter ces mails qui ne mènent nul part, ben oui, ben non, ils ne mènent nul part mais on continue quand même, pourquoi ? ben parce que ....

Comme la lectrice qui se dit : "C'est bien mince tout cela", ben oui, c'est mince, mais qu'est-ce que c'est bien le mince quand ça ne coince pas, que les pages se tournent et qu'on est à la fin avant même de s'être ennuyé. Ces deux-là, faut dire, ils sont attachants comme des chamallows....

Il y a une suite où il semblerait qu'ils se voient vraiment en vrai .... Une question angoissante se pose : leur amour virtuel résistera-t-il ? je ne suis pas sûre de passer tout l'été sans pouvoir répondre à cette angoissante attente .

Athalie

PS : bonne lecture à la grande fille de A.B., jeune mère surbookée, ce livre est pour toi !

REPS : l'extrait en tête de note, c'est "Denise au téléphone", une sorte d'ancêtre de Quand souffle le vent du nord, mais plus caustique et moins bluette