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03/08/2012

Les affligés Chris Womersley

lucioleprolfixeclair1.jpgQui sont les affligés dans cette histoire ? Un des rares reproches que je ferai à ce roman, c'est ce titre, je tourne et retourne les sens du mot dans ma tête, et je ne vois pas. De l'affliction, il y en a, c'est sûr, mais le mot ne suffit pas. "Bereft", est le titre original, et rajoute,"endeuillés, démunis", c'est mieux, je trouve, au moins on voit de qui il s'agit, et puis, c'est plus complet, "démunis dans le deuil", oui ce serait quelque chose comme cela, comme sentiment général. Autant vous dire que ce n'est pas gai. Mais pas malsain, juste entre tendresse et rédemption, plongée dans le passé et découverte peut-être de soi, d'un autre soi. Les thèmes sont convenus, certes, mais l'écriture, comme l'indique le titre anglais, très littéraire, permet à cette histoire de se lire presque comme une aventure intérieure. La couverture est d'ailleurs, je trouve, un résumé à elle toute seule de ce qui fait le charme prenant de cette histoire. ( ce qui fait que je pourrais me contenter de l'insérer ici, et de passer à autre chose, mais comme je suis bavarde, je ne peux pas.) .Des arrêts, des accélérations, quelques gros plans, des scènes arrêtées, comme au cinéma, des poses, sur un visage, un geste, il y a une grande douceur dans cette histoire tragique. (Et surtout pas de description des grands espaces "nature writing", je fais une overdose en ce moment) Même si l'action se déroule en Australie, c'est une Australie très ressérée. Rien ne semble y bouger, juste trois quatre personnages, quelques moribonds et trépassés, quelques silhouettes de maisons du bourg de Flint, les bois autour.

Quin Walter s'est enfui de son village dix ans auparavant, après avoir été accusé du viol et du meurtre de sa soeur. Il faut dire qu'on l'a retrouvé hagard, ensanglanté, le couteau à la main, et que ces deux-là s'aimaient tellement ( il l'aimait tellement en tout cas) que des rumeurs couraient dans la famille, dans le village. Et pourtant, ce n'est pas lui. Pourquoi revient-il, de retour de la grande guerre, poumons brûlés, gueule à moitié cassée ? Il ne le sait pas trop, entre pardon et vengeance, il erre dans les bois, autour de sa maison, autour de la chambre de sa mère, qui s'y meurt de cette épidémie qui ravage le pays que l'on dit être la peste espagnole, mais que certains dans le village disent "La Peste". Puis, Quin s'approche, parle, ne dit pas toute la vérité, mais quête les mots qui pourraient lui refaire une innocence.

Dans les bois rôde aussi son oncle, celui qui, avec son père, a juré de l'abattre si il revenait un jour. Le jeune frère de sa mère, chasseur, prédateur et chargé de faire respecter la loi dans le bourg, ce qui est fait un encore plus redoutable traqueur d'innocence. Quin tourne, s'échoue, quelques scènes racontent son enfance, d'autres son errance, sa guerre, ses violences et ses leurres : le courage sur les champs de bataille, c'est quoi quand on a laissé tuer sa soeur ? sa lumière viendra d'une drôle de luciole, Sadie, fille d'une présumée sorcière, morte il y a peu. Elle aussi rôde dans les bois, fourrée dans une cabane abandonnée comme dans un terrier. Elle attend que son frère revienne, lui aussi, de la guerre de l'Europe. C'est une belle figure romanesque, enfantile et lucide, elle est la lampe de poche de Quin, mais la proie de certaines ombres ....

Thèmes convenus, soit, mais atmosphère d'aquarium, étouffante, saturée de la moiteur des non-dits, qui englue sa lectrice dans une lecture diablement prenante, tant il y a quelque part une corde tendue. Donc, attention ! se lit d'une traite, à ne pas commencr au début de la nuit sous peine de cernes sous les yeux le lendemain !

Athalie

Un avis plus concis et moins foutraque ...

http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/06/les-afflige...

Commentaires

Un superbe roman en effet. Et l'image de "l'atmosphère d'aquarium" est fort bien trouvée.

Écrit par : jerome | 03/08/2012

Bonsoir,
Je n'ai mis le lien vers votre commentaire que tardivement, je n'arrivais plus à retrouver votre note sur votre blog ... Je ne suis pas très organisée, il faut dire ! Du coup, je suis restée traîner dans vos étagères bien fournies d'idées. Merci pour votre visite et votre commentaire en tout cas.

Écrit par : Athalie | 03/08/2012

Lors du festival Étonnants voyageurs, j'ai acheté deux livres : le Pollock et celui-là...

Écrit par : Ys | 03/08/2012

Et c'est aussi dans ce lieu de perdition que j'ai craqué sur "Les affligés"... J'attends tes avis sur ces acquisitions intempestives liées à l'ivresse des profondeurs des allées du salon du livre, et la profondeur des fauteuils de la salle Maupertuis. (ou autre, je ne sais plus où j'ai entendu Chris Womersley). En tout cas, pas de déception pour l'instant, j'espère qu'il sera de même pour toi

Écrit par : Athalie | 03/08/2012

Les commentaires sont fermés.