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08/08/2012

Le serpent du destin Igor Stiks

icones_00140.pngQuand à trop vouloir tirer sur la pépite de l'auteur inconnu, on tombe sur un os qui sonne creux.

Richard Richter est un écrivain reconnu, la cinquantaine, plus ou moins coincé dans son marasme intellectuel, après avoir été un jeune homme en colère et un écrivain engagé. Séparation, crise identitaire, il décide de retourner se ressourcer dans l'appartement natif, celui qu'occupe toujours sa tante, à Vienne. Tante Ingrid l'a élevé et lui a servi de mère, vu que la sienne, elle est morte juste après sa naissance, pendant la seconde guerre mondiale, et son père, juste après aussi, en revenant du front de l'Est. Un écrivain bavard qui traîne sa peine, et moi aussi. Vu que ce n'est que le début, c'est inquiétant. A Vienne, Richard décide de faire des travaux dans l'appartement de sa tante, histoire de passer le temps, sans doute. Donc, la tante s'en va faire un tour et il commence à abattre les murs, enfin, un seul, ce qui suffira ( d'ailleurs, il n'est jamais dit ce qu'il advint des gravats, ni comment la tante va virer la poussière, ce qui est un sujet qui peut, parfois, m'intéresser). Et là ! qu'estce qu'il trouve caché dans le mur ? Non, pas le coup du coffret et de la lettre secrète ? Ben si ! Un carnet bleu, la vérité sur sa naissance, sa conception plutôt, rédigée de la main de sa mère alors qu'il gigotait encore dans son bidon. Son père n'est pas son père, sa mère l'a épousé pour éviter de se retrouver dans la mouise, et le vrai était juif d'origine yougoslave, et communiste, et a disparu, dénoncé par on se sait qui. Sauf qu'on se doute quand même un peu ... mais on n'a la confirmation à la fin, seulement, ce qui laisse encore pas mal de pages à lire.

Evidemment, cela lui fait un choc à l'écrivain, surtout que la tante ne veut rien dire de plus. Qu'à cela ne tienne, l'écrivain va partir à la recherche de son géniteur, dans Sarajevo assiégé, muni de sa seule aura d'intellectuel ex-engagé.  Après maints bavardages et considérations verbeuses sur le rôle du journalisme en temps de guerre, et de l'évolution de ses états d'âme, grâce à une succession de hasards, à des rôles figés ( l'ami fidèle, Ivor, la femme séduisante , Alma, mais mariée et doublement piégée, Simon, le sage mystérieux qui a les clefs mais les donne quand il veut, en plus, il a des faux airs de l'ermite dans "Le retour à la terre", ce qui ne m'a pas aidée), Richard arrivera à la réécrire sa tragédie oedipienne et moi à finir le livre.

Même si je me suis globalement ennuyée à cause de la sempiternelle parole de cet écrivain plein de mots, annonciateur de son propre malheur, l'évocation de Sarajevo, abandonnée de tous, des dérisoires humanités de ses habitants, m'a souvent rattrapée de justesse, comme on fait de la varape en fait (du moins j'imagine ...). Il est aussi beaucoup question d'un texte que je ne connaissais absolument pas "Homo Faber" de Frisch, un auteur suisse allemand qui, semble-t-il , est un un classique, et que j'ai fichtrement envie de lire maintenant. Un classique suisse découvert dans un roman serbe, ça vaut la boîte secrète dans le mur, mais c'est tout.

Athalie

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