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10/08/2012

Porterhouse Tom Sharpe

preservatifs92.jpgPorterhouse est une sorte de Thélème à l'envers,  enclavée, figée, une université anglaise fortifiée de l'intérieur contre le reste du monde ( dirait l'agent OOO7 dans son ultime combat contre les forces du mal ...) . Depuis des siècles, les mêmes traditions y sont perpétrées, les mêmes cérémoniaux, les mêmes idées courtes, ces idées se limitant en gros à la reprise des mêmes, toujours dans le même sens, ce qui fait que cela fait un moment qu'il n'y a pas eu d'air frais à ciculer entre ces hauts murs. Marmiton en est le gardien (portier, officiellement) depuis quarante-cinq ans il protège les intérêts de Porterhouse, dont il a fait son âme. Dévoué à cette unique perpétuation de ce qui existe : les aristocratiques en haut et les autres en bas, et c'est comme ça. il va rentrer en guerre contre le nouveau maître, désigné par le pouvoir, Sir Godber. Ce sir-là se dit de gauche, a perdu ses illusions en route, subit sa ladie de femme, véritable tyran des causes humanitaires, et livre ici son dernier round pour exister. Modernisation, dit-il dans cette enceinte décrépite. Modernisation voulant ici dire mixité, self-service, recrutement des étudiants en fonction de leurs compétences et non de leur pédigré ... Les membres ventrus du "comité directeur" sonnent la révolte, pas question de toucher à quoique ce soit et surtout, surtout, pas à la cuisine, le principal pilier porterhousien. Amidonnés, tous vont tenter de résister à cette révolution. Leur agitation de perruques poudrées se limitent à quelques pantalonnades peu efficaces, car, mine de rien, le Sir Godber posséde des atouts que les vieux schnocks ont bien du mal à parer, jusqu'à ce qu'une histoire de distributeur de préservatifs ne mette en branle la machine Marmiton, le portier se met à bouillir et la grand bouffe se transforme en grande lessive où tout va y passer, les torchons, comme les serviettes.

Evidemment, une peinture de l'université anglaise pas à prendre au sérieux du tout, mais loufoque et bien construite, on tombe de scènes vraiment drôles ( j'ai adoré le combat titanesque entre l'homme-étudiant et l'animal-préservatif, qui semble s' autoreproduire au fur et à mesure de sa destruction , génial !) à d'autres plus plates, mais sans langueur.

A savourer les deux pieds dans un tube de crème autobronzant.

Athalie

PS ! et comme ça, A.B. ne pourra plus me dire "Mais comment est-ce possible ? Tu n'as jamais lu Tom Sharpe ? Et toc ! dirait la Gidouille.

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