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14/08/2012

L'année brouillard Michelle Richmond

imagesCAGOBWIY.jpgAbby aime Jack et Jack aime Abby. Abby a la trentaine, des aventures amoureuses passées, et est photographe. Elle aurait aimé d'art, mais pour l'instant, c'est de mariage et d'anniversiares. Jack est prof. Il a eu une femme, Lisbeth, qui lui a donné une fille et est partie sans plus en prendre de nouvelles, ni de l'un de l'autre. Emma est la fille de Jack, elle a six ans, c'est une adorable petite fille au caractère bien trempée et qui a peur de l'eau. Abby commençait à l'apprivoiser, à l'aimer, et l'inverse. Abby et Jack allait se marier. Un truc à l'eau de rose, quoi. Sauf que (ben ouais, il faut bien un "sauf que", sinon, on n'aurait pas de roman, du moins, pas un plutôt bon roman).

Emma portait des chaussures bleues pointure trente trois le matin où elle est allée se promener sur la plage d'Océan Beach avec sa presque future belle-mère qui lui a lâché la main juste un moment. Le temps était au brouillard épais, la plage est réputée dangereuse, il y a souvent des lames de fond. La petite s'est un peu éloignée, Abby a pris une photo d'un bébé phoque, elle voulait le montrer aussi à la petite, mais la petite n'est plus là. Quelques secondes avant qu'Abby ne plonge dans l'irrémédiable espace temps qui sépare la normalité de la stupeur. Drôlement bien raconté d'ailleurs. Abby cherche aux alentours, logiquement, puis plonge dans la bascule et réalise : Emma n'est pas derrière la digue, Emma n'est pas retournée à la voiture, Emma a disparu et personne n'a rien vu.Il faut téléphoner à Jake, organiser les recherches, lancer des appels, distribuer les affichettes. L'affaire Emma monopolise les médias, puis moins, le temps l'éloigne, les éloigne, éloigne tout le monde d'Abby, la responsable, même pas l'accusée.

Seule, Abby reste sûre qu'Emma est vivante, que le secret des retrouvailles est dans les quelques images qu'elle a gardées dans sa rétine ; une moto, un van, un postier ... En même temps quadrille absurdement la ville, affichettes à la main, déteste les enfants encore là, ceux qui n'ont pas été enlevés, les familles normales, ce qu'ils auraient dû être, elle, Jack et Emma si, si, si, elle n'avait pris le temps d'une photo de bébé phoque.

On suit Abby dans les différentes étapes de cette perte, de cette histoire rythmée par le temps qui passe et qui efface les maigres pistes  de sa mémoire, et de celle des autres, la perception du temps devient autre, quand la répétition devient ressassement. Un roman qui parle aussi des mécanismes de la mémoire, de l'oubli, de ses rapports avec la photographie aussi, et ce que les photos ont de liens avec les traces de la réalité, mais pas forcément avec la vérité.

Athalie

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