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19/08/2012

Vivre Yu Hua

vivre,yu hua,romans,romans chineOù l'on retrouve le monde de "Brothers", la campagne chinoise, à l'écart des centres des pouvoirs, l'ancien, puis le nouveau qui se met en place à coup de révolution, la guerrière, puis la culturelle, ses habitants, la pauvreté, comment s'en sortir, ou pas ... les conséquences du séïsme politique, ses répliques en vaguelettes miniatures vues d'en haut (mais le haut regarde-t-il le bas en ces temps de révolution?), mais ici, on les voit d'en bas, et les vagues sont bien plus grandes.

La construction romanesque est assez classique, centrée autour de la vie d'un personnage principal et de sa famille, contrairement à l'(excellent) pavé déjà cité du même auteur, la tonalité est aussi plus réaliste et le burlesque n'affleure que dans la première partie, très courte, qui campe la jeunesse inconséquente du héros, Fuiji. Alors fils d'un riche propriétaire terrien, il dilapide à la ville, très rapidement, un patrimoine déjà largement écorné par son propre père. Joueur, jouisseur, égoïste, provocateur de fort mauvais goût, il fait fie de tous ses devoirs jusqu'à la ruine complète, totale, définitive et honteuse. Cela fait, sa vie, la vraie, commence.

Perdues au jeu, ses terres sont passées entre d'autres mains, et Fuiji se retrouve paysan comme devant, incompétent mais doté de bonnes intentions.  Qu'à cela ne tienne, une bagarre et un hasard plus tard, il se retrouve Candide à la guerre, enrôlé de force dans une armée déjà décimée. De retour auprès des siens, tout reste à reconstruire avec ce qui reste, sa femme, qui ne méritait pas son sort mais valeureuse, fait face, son fils, qui ne le reconnait pas, et sa fille, sa fidèle et silencieuse fille ...

Quelques épisodes cocasses découlent encore des décisions absurdes du pouvoir ; la cantine collective qui qui s'épuise aussi rapidement que la collectivité du travail et des terres, la fonte des poêles domestiques dans un fondoir à eau qui demandera autant d'efforts qu'un résultat dérisoire. Mais, dans l'ensemble, c'est Fuiji qui est au centre, lui, sa famille, ses drames personnels, qu'ils soient liés à la grande Histoire ou au destin qui, vraiment, s'acharne. Il s'acharne tellement que ce sera mon seul bémol pour cette lecture, comme si on avait un condensé de malheurs possibles pour un hymne, finalement, à la beauté de la vie malgré tout, une acceptation des malheurs, causés par soi-même ou subis. Les dernières phrases ont sonné, pour moi, comme un glas à la Millet ; " Immense, la terre s'étendait nue et musclée devant moi. Il me semble entendre son appel, pareil à celui des femmes cherchant leurs enfants. La terre annonçait la nuit."

Le titre a, peut-être, son point d'exclamation en trop.

Athalie

Commentaires

Bonsoir,

Sans doute le titre de Yu Hua le plus connu, mais qui manque néanmoins à mon palmarès...
Vu ce que tu en écris, il semble différent de ce à quoi nous a habitué l'auteur dans d'autres romans : son humour parfois grivois mais jamais vulgaire et toujours réjouissant.
A voir...

Écrit par : Ingannmic | 25/08/2012

Bonsoir,
Tu m'apprends que c'est son livre le plus connu, peut-être parce qu'il a été adapté au cinéma ? En tout cas, même si ce n'est pas un mauvais roman, loin de là, je me suis moins régalée que dans "Brothers", c'est certain, le côté décalé et truculent, n'apparaît vraiment qu'au début, après, j'ai trouvé la narration plus classique. Mais tu auras peut-être une autre vision, parce qu'il y a quand même une verve succulente.

Écrit par : Athalie | 26/08/2012

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