Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/09/2012

Louise Erdrich en vrai, ou presque

imagesCAPFX9U3.jpgAvec mes copines, on est allée voir Louise Erdrich (sauf une qui avait soit disant oublié, alors que je la soupçonne fortement d'être restée chez elle pour plier le linge de sa pile, pour laquelle elle semble avoir une affection toute particulière). Les deux autres étaient à l'heure mais pas dans la bonne file pour prendre les tickets réservés, alors que moi, je savais où aller, par contre, elles avaient le numéro de résa sur leur ephone. Mes copines, c'est des lectrices-geek. Moi, j'avais l'enregistreur de mon homme. On se complète avec mes copines.

Je ne reviendrai pas sur ma découverte éblouie de Louise Erdrich, et ses multiples défections, je l'ai  raconté et rabâché à mes copines si souvent que je m'en rends compte quand elles ne m'écoutent plus. Donc, méfiante, je me refusais à tout optimisme de bon aloi, tant qu'elle ne serait pas sur le plateau, elle pouvait avoir encore un fils qui avait la varicelle. Mais elle était là , finalement, de bottes chaussée. Royale, grande dame, genre Patty Smith mais sans les couettes, un sourire frappé de l'intelligence de celle qui a beaucoup vu et le regard posé de celle qui a beaucoup entendu ( les oreilles, je ne sais pas, elle n'avait pas les nattes de la squaw. Même pas de plumes). Une auteure, quoi, la voix chaleureuse, mais rare.

Non qu'elle n'avait rien à dire mais que, l'animatrice, quand elle arrivait enfin au bout de son exposé de son propre savoir sur la culture amérindienne, et posait ce que l'on pouvait penser être une question en étant de bonne volonté, ben l'auteure ( Louise Erdrich, je reprécise parce que j'essaye de faire une phrase aussi longue que l'exposé de l'animatrice, mais ce n'est pas évident, en fait), elle ne pouvait pas parler de ses livres, vu qu'il n'en avait pas été question. Or, n'en déplaise aux animatrices férues de leur propre savoir sur les us et coutumes des cultures primitives, avec ou sans plume, et leurs légendes ancestrales, quand on vient voir Louise Erdrich, on ne vient pas entendre un exposé ethnologique sur un peuple qui a été si injustement traité que cela continue encore, faut pas rêver ! mais on vient entendre Louise Erdrich, une auteure qui a fait une oeuvre littéraire, une oeuvre littéraire forte, prenante, éclairante, réflexive et tout et tout et j'en passe, une oeuvre qui parle aussi de la culture amérindienne, mais avec sa voix à elle, l'auteure, sa vision à elle, son vécu à elle, et pas le savoir, la voix, la vision de l'animatrice.

Du coup, on a bien vu Louise Erdrich, mais on ne l'a pas entendue. Et non, je ne suis pas une râleuse de mauvaise foi (sauf quand on me parle d'Angot, mais ça, on n'y revient pas) et non, je n'ai rien contre les conférences ethnologiques, la preuve, j'ai tout enregistré, même mes quintes de toux et les commentaires murmurées des copines. Par contre, je ne suis pas sûre de tout réécouter. Donc, si quelqu'un veut l'intégrale des deux heures, je peux le lui envoyer ( en plus, il y a un bonus, "les questions du public que l'on aurait pu poser en anglais, mais que finalement non").

J'espère qu'au festival América, où je ne serai hélas pas, Louise Erdrich sera plus considérée comme une auteure que comme une simple émanence culturelle.

Athalie

 

Commentaires

salut Athalie, je transmets de suite à ma collègue qui s'en est revenue avec les mêmes impressions de cette rencontre
pas -encore- lu Miss Erdrich, mais je fais du buzz pour ton blog !!

Écrit par : emmanuelle | 11/10/2012

Bonsoir Emmanuelle,
Contente de te voir "en vrai" sur ces pages, et contente aussi de voir que ma frustration n'a pas été complètement solitaire ... Tu as vu que "la recette du rôti de porc à l'ananas" te doit d'exister ? merci pour le buzz et à bientôt !

Écrit par : Athalie | 11/10/2012

Je confirme, j'y étais... il n'y a aucune exagération dans cette note. Elle est même posée et pondérée... moins agacée que nous ne l'étions en sortant. Par chance, quelques jours plus tard, dans le petit habitable de ma petite auto, j'ai pu écouter Louise Eldrich parler de ses livres, enfin ! Elle était au "grand entretien" sur France Inter et c'était comment dire ... moins pédant, plus sensible (et tout aussi bien traduit pour ceux qui ne posent pas leurs questions en anglais !)
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=468739

Écrit par : ao | 14/10/2012

Stupéfaction à la lecture de ton commentaire A.O.... J'aurais fait une note sans exagération, voire posée et pondérée ? Du coup, je me suis relue, histoire de voir si c'était bien moi qui avais écrit cela. Force m'est de reconnaître que tu as raison, on était bien plus énervées à la sortie. Merci pour le lien, je vais écouter ça, sans plus tarder. Bises.

Écrit par : Athalie | 14/10/2012

Les commentaires sont fermés.