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05/10/2012

Pour seul cortège Laurent Gaudé

pour seul cortège,laurent gaudé,romans,romans françaisQuand Gaudé fait du Gaudé, ce n'est plus du souffle épique qui tournoie les pages, c'est de la marche forcée de la lectrice essouflée quelque peu, vers le sublime grandiose, ou le grandiose sublime, de la destinée brisée par l'histoire.

Je ne peux pas dire si j'ai aimé ce livre ou pas en fait, toujours pas, ce qui me contrarie. En plus, tout le monde, ou presque, connaît l'histoire, sait que Gaudé a une fois de plus, prit l'Histoire Antique à bras le corps des mots pour étreindre rien de moins que la figure d'Alexandre Le Grand et lui trousser sa chemise romanesque à sa sauce Gaudé. Pimentée ou pas ? Je ne sais toujours pas.

Aux premières pages, Le Conquérant danse le pas de deux avec sa Douleur, dans la flambloyance de sa Gloire en son Palais. Puis Le Conquérant tombe, se meurt doucement, puis définitivement. Mais avant le dépeçage des héritiers guerriers autour de la dépouille, le texte convoque : en un, l'âme chevauchante d'un de ses anciens fidèles, toujours fidèle, qui vient lui dire sa conquête et sa Gloire pour le ramener vers la vie dare-dare, en deux, une princesse oubliée. Enfin, qui voudrait bien être oubliée, parce que le Sublime et le Grandiose, elle a déjà eu sa dose. Enfermée volontaire loin de l'Empire, l'Empire va venir la tirer par les pieds hors de son monastère où les moines l'allégeaient du poids du monde en suivant son corps des mains et en balançant du safran en l'air. ça a l'air simple, comme ça, mais en fait, ça ne marche pas vraiment.

La princesse qui voudrait bien que le Grandiose Sublime lui fiche un peu la paix, c'est Drytéis, fille de Darius, le vaincu d'Alexandre, elle a déjà vu une civilisation se casser la figure et elle n'a pas envie de recommencer, en plus, elle a eu un fils, et de la Malédiction du Pouvoir, elle ne veut plus, surtout pas pour lui, l'enfant. Et pourtant, le seul cortège vrai d'Alexandre, ce sera Elle, Elle, et les chevaliers du Gandhara, exilés volontaires et fantômatiques, déserteurs des combats fratricides que les héritiers du Grand Empire ne pouvaient que se livrer pour que le monde soit monde.

La quête du Pouvoir, la soif de Gloire, l'Humilité d'une femme et d'une Mère, le Sacrifice de Soi pour un grain d'Humanité planté quelque part, ou quelque chose comme ça ... c'est parfois beau comme un chromo, parfois essouflant comme une écriture tellement flambloyante que j'en devenais sourde. Un parfum de relu jusqu'à plus soif, et pourtant ....

Ai-je aimé, je crois que oui, mais je n'en suis pas sûre. Ce qui M'énerve, maintenant.

 

Athalie

Un autre commentaire en demi-teinte : http://jemelivre.blogspot.fr/2012/09/pour-seul-cortege-la...

Et sur ce même blog du même auteur : Le soleil des Scorta, un must pour moi, avec La mort du roi Tsongor et aussi Eldorado (moins mais quand même ...)

Commentaires

J'ai assez bien aimé mais je l'ai trouvé confus, alambiqué au possible. Certes la prose est magnifique (car Gaudé écrit parfaitement comme toujours) mais j'ai eu l'impression qu'il naviguait à vue (sans trop savoir où placer son roman). Bref un Gaudé sympa mais largement en-dessous de ce qu'il est capable de rédiger. Bises. (je prends le lien)

Écrit par : Philisine Cave | 06/10/2012

Merci pour le lien, je vais aussi ajouter le tien, vu que nous sommes toutes les deux des fans mitigées ... J'ai moi aussi eu cette impresion de navire qui ne savait trop où aller vraiment, au point de me demander si ce n'était pas un livre de commande, ou plutôt si "il ne fallait pas un nouveau Gaudé pour la rentrée littéraire". Mais j'ai très mauvais esprit ! Et reste pour l'essentiel, sous le charme de cet homme aux cheveux poivre et sel, au regard intense, à la parole ... oups, cette écriture érudite , voulais-je dire ...

Écrit par : Athalie | 06/10/2012

je vais le recevoir sous peu, je verrai bien...

Écrit par : Hélène | 06/10/2012

J'irai évidemment voir ton commentaire ( et y mettre mon grain de poivre et sel )! A bientôt, donc ...

Écrit par : Athalie | 06/10/2012

je suis heureuse de trouver un billet un peu réservé, toutes les critiques que j'ai lu sont ultra positives et je ne les comprends pas
j'ai eu le coup de foudre pour "le soleil des Scorta" mais là je me suis ennuyée et surtout je n'ai pas compris l'intention de Gaudé
Alexandre passe au second plan et cette princesse ne m'a pas séduit du tout,
on a l'impression qu'il a hésité entre deux romans !!
je n'ai pas fait de billet sur le livre pour le moment

Écrit par : Dominique | 07/10/2012

Bonsoir Dominique,
Beaucoup de commentaires très élogieux sur ce livre, effectivement. Et plus je les lis (mais je vais bientôt arrêter), plus je suis confuse, en accord avec les arguments sur la beauté de l'écriture et autres qualités mais pas convaincue non plus. Un roman entre deux, je trouve moi aussi que la princese aurait pu exister sans Alexandre, et Alexandre sans la princesse ... En attendant le prochain, si tu n'as pas lu La mort du roi Tsongor, là, c'est du grand Gaudé.

Écrit par : Athalie | 07/10/2012

Lu un extrait : je trouve ça chichiteux, trop recherché, du toc quoi...

Écrit par : Ys | 10/10/2012

Trop de recherches stylistiques tue les recherches stylistiques, trop de Gaudétissimes lasse sa lectrice, même de bonne volonté ...

Écrit par : Athalie | 10/10/2012

Je suis assez d'accord avec toi. Je n'ai pas accroché à ce roman, et me lasse de la patte Gaudé, trop prétentieuse à mon goût. A quand une bonne fresque romanesque bien prenante chez cet auteur? A la Saint Glin glin. Bref, je crois que je vais arrêter avec cet écrivain, qui m'a au maximum bien plu (hormis Le soleil des Scorta, son meilleur à mes yeux).

Écrit par : Nico | 25/10/2012

Il faut quand même espérer que le saint Glin Glin ne soit pas trop loin ...

Écrit par : Athalie | 26/10/2012

On peut toujours rêver ;)

Écrit par : Nico | 26/10/2012

Les conquêtes sont des guerres perdues d'avance mais oser les entreprendre en vaincu que l'on se sait déjà est une des choses les plus troublantes et exaltantes qui soient !
Et quand le désir de conquête ne s'embarrasse plus du corps , quand ce désir survit à la tombe, qu'il se dresse , tombé d'avance, mais qu'il se dresse encore....
j'entends la voix des morts qui n'en finit pas d'envahir l'espace , tellement plus belle que la voix des vivants

Écrit par : Arkvador | 22/01/2013

Evidemment, dit comme cela ... Je regrette du coup encore plus d'être restée entre les deux : admiration et agacement.

Écrit par : Athalie | 23/01/2013

Les commentaires sont fermés.