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27/10/2012

Le temps de l'innocence Edith Wharton

le temps de l'innocence,edith wharton,romans,romans américainsUne lecture doublement nouvelle pour moi. D'abord parce que je n'avais jamais lu cette auteure ( je crois qu'à chaque fois que je voyais son nom quelque part, je lisais à la place Enid Blyton, ce qui est parfaitement idiot). Ensuite, c'est aussi la première fois que je lis une histoire que je connais déjà quasi par coeur. A cause du film, dont j'adore les robes et l'atmosphère floutée, la comtesse Olanska, c'est mon autre "Sissi l'impératrice" à moi, la honte littéraire en moins. Le Newland, OK, il ne vaut pas le Robert Hossein d'"Angélique marquise des anges", déjà, il ne boite pas et ensuite, il est super coincé (alors que le personnage de Hossein, c'est l'incarnation de la révolte de l'esprit libertaire, ben, oui, rien que cela).

Au début, à l'opéra, il a même des accointances avec une potiche, un peu comme celles qu'il regarde de l'autre côté de sa loge, coincées dans leur baignoire, dont celle qui va devenir sa femme qui triture son bouquet de muguet (blanc et virginal), May. May est le symbole de ce qu'il faut comme femme à Newland. Issue de la meilleure société new-yorkaise, de ces familles qui tiennent le haut des pavés des convenances, elle lui est parfaitement accordée dans le respect du bon goût, de la façade de ce ce-qui-se-fait-et-de-ce-qui-ne-se-fait-pas.  Dans ce petit monde, on peut se coincer facilement les doigts dans la porte tant tout est verrouillé de l'intérieur, la moindre attitude disséquée, la moindre visite analysée. Alors, arrive la belle et mystérieuse comtesse Olanska, cousine sulfureuse de la pure May. On ne sait pas trop ce qu'elle a fait là-bas en Europe, mais sûrement pas du joli, joli. La rumeur court, elle a fait un drôle de mariage, il serait en tort, aurait collectionné les maîtresses, mais quand même, elle est partie, l'a quitté le comte richissisme, sa prison dorée, et elle ne veut pas un sous ? non, ce n'est pas vrai ?, une histoire avec un secrétaire de son mari, qui l'aurait aidé, elle aurait vécu seule, non, pas vrai,? mais si si, enfin c'est ce que l'on dit mais chut, c'est la cousine de May. Les lambris bruissent, l'Europe, les artistes, un parfum de bohème et de scandale feutrée, sa famille la soutient quand même, elle en est membre de droit, malgré ses dérapages. Donc, il faut lui éviter les prochains et leur honte, qu'elle fasse bonne figure et ne pas les faire déchoir, qu'elle réapprenne ce-qui-ce-fait-et-ce-qui-ne-se-fait-pas. Et c'est là évidemment que le Newland, le fiancé jusque là idéal, va être chargé, par amour pour la virginale May, d'éviter les ornières à la cousine diabolique. Là va se tisser ce qui devait forcément arriver, Newland va découvrir la saveur de l'originalité ... Bon, d'accord, il aimait déjà l'exotisme de la peinture italienne mais de là à ce que ... se laisser séduire, résister, puis encore résister, et la belle comtesse de même, ce qui fait que l'on se retrouve avec une parfaite histoire d'amour impossible, mais avec des oui-mais-quand-même-si, parfaitement orchestrés.

Du coup, comme je n'avais aucun doute sur la fin inéductable, que je connaissais mes scènes par coeur, je me suis laissée bercée dans la description de ce monde si lointain dans son herméneutisme, si recroquevillé dans sa norme qu'il en deviendrait drôle si Wharton avait la plume si subrepticement ironique d'une Jane Austen. Ce qui n'est pas vraiment le cas, mais presque, la plume est juste un peu plus sèche, on est dans la même dissection distanciée des règles sociales. On se régale à voir Newland se prendre les pieds dans la toile d'araignée que ne tisse même pas la belle comtesse. Par contre, se méfier de la May, qui maitrise son sujet, elle ...

 

Athalie

 

Commentaires

Peut être le roman de Wharton que je préfère mais pas tout à fait, j'aime aussi énormément "chez les heureux du monde" nettement plus méchant

Écrit par : Dominique | 27/10/2012

Bonjour Dominique,
Merci de ce conseil qui tombe à pic ! j'avais envie de poursuivre la découverte de l'univers de cette auteure avec un livre dont je ne connaitrais pas l'intrigue par coeur, parce que ça gache quand même un peu l'impression de "nouveauté" .... Je note donc " Chez les heureux du monde", parce qu'en plus, si il est plus méchant, il ne pourra que me plaire encore plus !

Écrit par : Athalie | 27/10/2012

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