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25/11/2012

Un oiseau blanc dans le blizzard Laura Kasischke

un oiseau blanc dans le blizzard,laura kasiske,romans,romans américainsLes profondeurs labyrinthiques et oppressantes de Laura Kakischke m'ont une fois de plus aspirées, un peu moins profond que "En un monde parfait" et " A suspicious river", mais tant mieux, on ne peut pas être noyée à chaque fois quand même.

Kat est une jeune fille déjà bien poussée quand commence la première narration en 1986. C'est l'année de la disparition de sa mère, Eve. Disparue, volatilisée, atomisée, elle n'a rien emporté, n'a été vue nul part. Kat le sait, elle ne reviendra jamais, d'ailleurs, elle a téléphoné pour le dire, seulement ça. Kat le mentionne puis passe à autre chose, mais à la même chose en fait, sa mère, sa rage rentrée, des petites escarmoches du quatidien. Se dessine une femme aigrie, un mari fantôche, genre le Charles Bovary en presque pire, de celui qui va aux toilettes tous les soirs après le repas, tire consciencement la chasse, et ronfle dans le lit conjugal, dont on se demande ce qu'il peut avoir de conjugal, d'ailleurs.

Dans ce paradis américain, Eve a tout tiré à quatre épingles, le couvre lit froufroutant, le congélateur. Encore séduisante, Kat la montre jalouse, frustrée et totalement asséchée, déçue par sa fille, dont les cheveux ne bouclent pas, malgré les bigoudis, dont le corps grossit, grandit, qui n'est plus son petit animal domestique mais devient une branleuse qui s'éclate au lit avec le juvénile Phil. Alors Eve achète un canari (mais sans garantie de réussite), et une mini jupe. Puis disparait. Kat fait avec, du moins, semble.

Tout au long de ses quatres années, (chaque narration commence en janvier), Kat cerne et gratte à la porte de ses rêves, sa mère est peut-être enfermée dedans, et le mystère aussi, le silence définitif des femmes qui font les gâteaux qu'il faut, aux dates qu'il faut et vont chercher leur fille chérie à l'école, en s'obstinant à faire pousser des pétunia dans leur jardin de banlieue semi-chic. N'est pas Emma qui veut.

Un récit glaçant, mais pas tant que ça, (finalement, la Kat, elle ne la déteste pas tant que cela la Eve disparue) ou alors, j'ai l'armure "anti-récit-glauque" blindée.

 

Athalie

 

Surce même blog du même auteur en plus des titres cités en début de note :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/03/19/la-cour...

 

PS ; ne pas suivre le lien sur congélateur, je n'y suis pour rien ... 

 

Commentaires

Pas lu mais tentant. Il me reste cependant "Les revenants" dans ma PAL, qui devrait me plaire, j'aime décidément la façon dont cette femme décrit la société des apparences.

Écrit par : Yspaddaden | 25/11/2012

J'ai aussi noté "Les revenants" et d'autres titres comme "Rêves de garçons" qu'il me semble avoir vu chez toi. Les apparences qui s'effritent et se délitent, c'est son truc à la Kasischke, et c'est rudement secouant dès fois, mais j'apprécie aussi beaucoup le scalpel.

Écrit par : Athalie | 26/11/2012

De cet auteur, je n'ai lu que rêves de garçons. C'est un univers assez glauque et angoissant qui me plait à petite dose. Il faudrait que j'en tente un second.

Écrit par : jerome | 26/11/2012

"Rêves de garçons", j'en rêve, mais je vais attendre un peu, il me faut moi aussi espacer les doses de Kasischke, sous peine d'angoisse prégnante. Dans ce que j'ai lu, si tu n'aimes que les petites consommations de glauque, évite " A suspicious river", parce là, c'est l'overdose assurée. Par contre, "En un monde parfait" est un peu plus respirable.

Écrit par : Athalie | 26/11/2012

J'ai La couronne verte, que tu m'avais conseillé, sur ma PAL... Bon, allez, je note aussi celui-là !!

Écrit par : Ingannmic | 27/11/2012

Je sens que je sui partie pour lire tous les titres de cette auteure, mais vu la quantité, j'en ai pour un moment, comme on ne peut pas, à moins d'être suicidaire, les enchaîner. Sans compter qu'il faut alterner avec les Oates, en plus !
Bonnes lectures en tout cas !

Écrit par : Athalie | 28/11/2012

Il est des livres que l'on a envie de lire juste pour leur titre. Ainsi j'ai choisi comme ça "Sur un lit de fleurs blanches". Je ne le regrette pas. Celui-là fait partie des livres dont le titre m'attire. Heureusement que je lis ta chronique,je m'aperçois que c'est pas du tout pour moi, quelle que soit sa qualité. Moi,je fais surtout dans le polar! Merci de m'avoir évité un achat que j'aurais regretté :-)

Écrit par : Ray | 12/12/2012

Bonsoir Ray,
Il y a bien une disparition, un policier et beaucoup de noir autour, mais ce n'est pas du tout un polar, effectivement, tu peux laisser de côté ! Une déception, ma librairie préférée n'avait pas "Sur un lit de fleurs blanches".... Zut, il va me falloir attendre un peu ! A bientôt !

Écrit par : Athalie | 12/12/2012

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