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28/11/2012

Vice et vicissitudes à Versailles Alain Baraton

Vice et vicissitudes à versailles, Alain Baranton, Mon vice, mis à part d'autres non mentionnables, c'est le XVIIème siècle, les fastes Louis quatorziens, pas sa politique, ses guerres, ses famines. Non, un vice qui se nourrit de pacotilles et de bruissements courtisans, les coulisses, les intrigues, les amours .... des grands,  des maitresses prêtes à tout, des courtisans réduits à la plus vile flatterie. Mes peoples à moi, c'est la pauvre La Valière, la triomphante Montespan, la jolie et éphémère Fontange (La dernière, la belle veuve Scarron, la Maintenon, je suis moins fan !). Je suis quasi incollable en messes basses, mesquineries, jalousies, complots et poisons des amours du roi soleil, dont les alcoves sont bien plus drôles que n'importe quel article de "Gala" (en plus, "Gala", ça sent le soin dentaire, beurk !)

C'est à cause d'"Angélique marquise des anges", je suis tombée dans la guimauve quand j'étais petite et depuis, je bave encore un peu. Aussi n'ai-je pu que battre de mes deux paupières délicatement fardées lorsque mon ami historien préféré m'a offert ce livre. Le sous-titre ne pouvait qu'aggraver mon état " Crimes, trahisons et autres emprisonnements au palais du Roi-Soleil". Voilà qui ne pouvait que me faire m'agiter de l'éventail.

Soit, ce n'est pas de la "littérature", point n'est le propos d'ailleurs, le style se veut fluide, c'est tout, un peu facile dans l'analyse politique, mais point n'est le propos d'ailleurs non plus, ce qui n'empêche au passage quelques remises au point sur la morale élémentaire et quelques fantômes tragiques passent, dont ceux des insurgés de la Commune, relégués dans l'Orangerie en attendant que les orangers n'y reprennent leur place ( les pauvres, ils allaient geler dehors) et que les hommes ne partent pour leur exil lointain..

Celui que j'ai préféré de fantôme, c'est le taquin, celui de Marie Antoinette, qui se sort de sa grotte à dates fixes, et que certains amoureux attendent, dont l'auteur, Alain Baraton, amoureux du lieu et qui vous y promène, aussi légèrement sans doute que les belles à mouches ne couraient entre jardin et fontaines, du plus vite qu'elles le pouvaient vers leurs plaisirs éphèmères. Le peuple, Alain Baraton lui fait une place, malgré tout, en tout cas plus que les belles qui se pâmaient au parfum trop fort des tubéreuses.

Une lecture à réserver aux amateurs (trices) d'anecdotes historico-paysagères, le livre d'un amateur passionné d'un lieu passionnant. Si j'ai bien compris, l'auteur est jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles. Si j'ai bien compris, toujours, il habite dans le domaine, une maison où aurait séjourné Molière, et le soir, il promène son chien dans les allées ... Moi, dès qu'il fait rebeau, je mets une laisse à mon chat et Lully à fond pour arpenter mon allée de gravillon, je sens que mon rosier va se pâmer ...

Athalie

25/11/2012

Un oiseau blanc dans le blizzard Laura Kasischke

un oiseau blanc dans le blizzard,laura kasiske,romans,romans américainsLes profondeurs labyrinthiques et oppressantes de Laura Kakischke m'ont une fois de plus aspirées, un peu moins profond que "En un monde parfait" et " A suspicious river", mais tant mieux, on ne peut pas être noyée à chaque fois quand même.

Kat est une jeune fille déjà bien poussée quand commence la première narration en 1986. C'est l'année de la disparition de sa mère, Eve. Disparue, volatilisée, atomisée, elle n'a rien emporté, n'a été vue nul part. Kat le sait, elle ne reviendra jamais, d'ailleurs, elle a téléphoné pour le dire, seulement ça. Kat le mentionne puis passe à autre chose, mais à la même chose en fait, sa mère, sa rage rentrée, des petites escarmoches du quatidien. Se dessine une femme aigrie, un mari fantôche, genre le Charles Bovary en presque pire, de celui qui va aux toilettes tous les soirs après le repas, tire consciencement la chasse, et ronfle dans le lit conjugal, dont on se demande ce qu'il peut avoir de conjugal, d'ailleurs.

Dans ce paradis américain, Eve a tout tiré à quatre épingles, le couvre lit froufroutant, le congélateur. Encore séduisante, Kat la montre jalouse, frustrée et totalement asséchée, déçue par sa fille, dont les cheveux ne bouclent pas, malgré les bigoudis, dont le corps grossit, grandit, qui n'est plus son petit animal domestique mais devient une branleuse qui s'éclate au lit avec le juvénile Phil. Alors Eve achète un canari (mais sans garantie de réussite), et une mini jupe. Puis disparait. Kat fait avec, du moins, semble.

Tout au long de ses quatres années, (chaque narration commence en janvier), Kat cerne et gratte à la porte de ses rêves, sa mère est peut-être enfermée dedans, et le mystère aussi, le silence définitif des femmes qui font les gâteaux qu'il faut, aux dates qu'il faut et vont chercher leur fille chérie à l'école, en s'obstinant à faire pousser des pétunia dans leur jardin de banlieue semi-chic. N'est pas Emma qui veut.

Un récit glaçant, mais pas tant que ça, (finalement, la Kat, elle ne la déteste pas tant que cela la Eve disparue) ou alors, j'ai l'armure "anti-récit-glauque" blindée.

 

Athalie

 

Surce même blog du même auteur en plus des titres cités en début de note :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/03/19/la-cour...

 

PS ; ne pas suivre le lien sur congélateur, je n'y suis pour rien ... 

 

21/11/2012

Betty Indridasson

betty,indridasson,romans,romans islandais,romans policiersIntérieur noir, noir et blanc, la vamp en robe de soie descend les marches d'un cinéma salle de conférence où vient d'avoir lieu une intervient sur la régulation des quotas de la pêche des poissons et ses incidences dans le marché européens (pas glop, pas glop, Pussy cat ...). Betty tient la rampe, le décolleté  sur les seins nus, chevillette chera entourée d'une mince chainette, la soie se tend sur la cuisse .... Clic clac. Le narrateur est dans dans la boite. Betty est une femme fatale, Betty fume des cigarettes grecques qui lui font un long cou et la voix rauque, Betty a un mari violent mais riche, si riche ... Betty est audacieuse, Betty est sensuelle, Betty ment, un peu beaucoup énormément, comme un exercice de style sur le glamour.

"Hollywood en Islande" =  engrenages machiavéliques, coups tordus, mais tordus dans dans l'autre sens, pas le même que, mais presque, sauf que c'est dans l'autre.

A lire

 

Athalie

 

PS : ai-je fait assez court, A.M. ? En plus long, mais tout aussi élogieux ( et préservant tout le mystère de ce retournement d'un sens mais pas dans l'autre quoique ...)  :

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2012/04/betty-arnaldu...

 

Du même auteur sur ce même blog :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2011/03/12/la-rivi...

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/05/29/la-mura...

Dictionnaire des idées reçues Flaubert

220px-Gustave_flaubert.jpgUne note de Ingannmic sur "A rebours" de Huymans, m'a menée de fils en aiguilles pas logiques à relire le "Dictionnaire des idées reçues" de Flaubert, pas logiques mais presque, ces deux-là, pouvant être reliés par la même détestation de leur époque mesquine et embourgoisée, engoncées dans des certitudes petites bourgeoises haïssables. Huymans en a fait un catalogue des fuites esthétiques possibles, dont le systématisme peut lasser la lecture. Flaubert dans son dictionnaire, qui fait souvent suite à sa mise en oeuvre "romanesque", "Bouvard et Pécuchet" dans les éditions actuelles, liste dans une sorte de "manuel de savoir-vivre" les attitudes et paroles à avoir dans le monde petit bourgeois sur lequel il tire à vue.

Contre le romantisme : "Lac : avoir une femme près de soi quand on se promène dessus"

Pour les voyageurs : " Oasis : auberge dans le désert"

Pour les musiciens : " Fait penser à un tas de choses. Adoucit les moeurs. Ex : La Marseillaise"

Contre les climats : " Indolence : résultat des pays chauds", mais l'humidité est "cause de toutes les maladies ", on ne saurait mieux dire ...

Pour la santé : "Pruneaux : tiennent le ventre libre"

Pour les oreilles des jeunes filles : "Pucelle : ne s'emploie que pour jeanne d'Arc, et avec "d'Orléans". Ces dites jeunes filles qui sont "Toutes pâles et frêles, toujours pures. Eviter pour elles toute espèce de livres, les visites dans les musées, les théâtres et surtout le jardin des plantes, côté singe". Par contre le "Jeune homme" est "Toujours farceur. Il doit l'être. S'étonner quand il ne l'est pas", sans compter que "Introduction : Mot obsène".

Etc, etc, etc ...

Moi, ça me fait rire ...

 

Athalie

 

18/11/2012

Ombre et soleil Ake Edwardson

ombre et soleil,ake edwardson,romans,romans suédois,romans policiersAlors, pour celui-là, ce n'est pas comme pour "Le septième fils", j'ai vraiment regretté d'avoir pris la série en route ( c'est le troisième, si j'ai bien compris). Le premier, c'est "Danse avec l'ange", le titre que j'avais noté sur mon-petit-carnet-qui-ne-me-quitte-pas-ou-presque sauf que le livre n'était pas sur les étagères devant lesquelles j'étais et que comme j'avais une fringale de polar, j'ai pris le dessert avant l'amuse gueule.

Ceci dit, ce n'est pas vraiment gênant pour la compréhension de l'histoire, même si l'on sent que les personnages ont déjà du vécu ensemble. Du coup, j'aurais préféré les cueillir encore tout frais et sans histoire : le beau Winter et son allure de Dandy, sa dulcinée d'Angéla avant qu'elle ne soit enceinte, j'aurais aimé les prémisses, quoi ...

Nous sommes donc dans une série, un série que je sens bien "chausson", du genre Ed Mac Bain ou John Harvey, dont on reprend sans faim mais avec appétit. On a une ville, une brigade, un tueur, des équipes qui patrouillent et quadrillent. Sauf qu'au début, le chef n'est pas là, Winter a dû partir pour Malaga, son père s'y meurt. Dans la banlieue espagnole pour Suédois en retraite, Winter s'observe avec quelques détours plus exotiques dans la vieille ville. Ce qui n'a rien à voir avec la suite policière, mais un peu avec la suite sentimentale.

Pendant qu'il déambule, il retrouve sa mère, puis arrive sa soeur, retardée par une grippe. Evidemment, dit comme cela, on ne transpire pas trop nous, mais on s'installe en famille et dans un confort de lecture certain.

En Suède, les choses tranaillent aussi, les équipes rôdent dans les rues de l'avant an 2000 en ayant à l'oeil la jeunesse suédoise qui y vadrouille, dont une fille de pasteur (e) et son ami, attachant fils d'alcoolique avant de devenir témoin numéro un d'un meurtre sonorisé et macabre à souhait. Les choses s'accélèrent un peu au retour de Winter, alourdi quand même par sa future maternité, sans compter que le téléphone traque Angéla et que le tueur semble bien plus proche qu'on ne le souhaiterait ...

Une intrigue un peu convenue et balisée, mais je sens que je vais rapidement récidiver ...

 

Athalie

15/11/2012

La fille des Louganis Mertin Arditi

greece-cyclades-tickets-heraklia-travel-agent-aigaio.jpgPeste, peste rage !!!! Surtout ne pas lire la quatrième de couv'. D'accord, ce n'est pas un roman à suspens, mais ce n'est quand même pas une raison pour donner toutes les infos avant, de grâce ...

Bon, ma lecture n'en a point été trop gâchée parce que l'écriture est tournée au poil de raz de marée près, de vaguelettes, même. Mais du coup, je tente une note sans aucune info, ce qui n'est pas ma tasse d'eau de mer.

Prenez le livre en confiance sur la pile, ne le retournez pas et ne commencez votre lecture qu'avec l'explosion initiale. En quelques mots vous plongerez dans le drame lumineux et sombre de ce qui est une tragédie-tendre. La tragédie c'est au début, la tendresse c'est après. Sea, sexe and sun, tout aurait pu y être, au départ, sauf que c'est autre chose, en fait.

Donc, il y a une explosion meurtrière, et après, il y a une jeune ado devant sa glace qui se mire et aimerait être convoitée par qui ne la convoite pas. Sa robe et son corps lui sied, mais IL ne les voit pas, IL aime ailleurs, pas pareil. Pourtant, moi, je l'ai tout de suite trouvée belle, Pavlina, fille de pêcheurs et de taiseuses, dans la beauté sèche et solaire de son île grecque. Elle aime nager, pêcher, elle l'aime surtout Lui, son beau cousin Aris, d'un amour sensuel et total, plein, elle prend tout, même ce qu'il ne lui donne pas : ses regards, son corps, ses désirs. Elle le dévore et le protège. Une histoire inassouvie, ou presque.

Lorsque Pavlina devra quitter son île, ce sera avec le souvenir de lui, et un autre secret aussi, plus pesant que ceux qui lui ont volé sa vie, loin du ponton en bois d'où elle se laissait tomber dans la grande bleue. Elle ne vivra pas ce qui aurait pu être, et pourtant son histoire est belle, dure et tendre même quand elle devient plus grise, à Athènes, puis à Genève, parce que son exil croisera, loin de son île bleue, celui d'autres exilées, pas de belles et jeunes sirènes, mais des femmes avec des plis et de l'histoire autour. Chrissoula et Myrtho mangent des tartiflettes quand il ne peut plus être question de moussaka. sans regret, car "Nous sommes nos souvenirs" et dès fois cela suffit.

Bon, pas sûre de ne pas avoir laissé filtrer quelques pistes, mais moins quand même. 

 

Athalie

 

Du même auteur sur ce même blog :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2011/11/13/loin-de...

 

 

12/11/2012

L'étrangère Sandor Marais

l'étrangère, sandor marais,romans,romans hongroisUn roman en plusieurs tableaux et trois actes, et la première fois depuis le peu de temps que je fréquente cet auteur que ne je finis pas un de ses titres complètement enthousiasmée, mais seulement complètement charmée.

Premier acte : une sorte de préambule musical sur le rythme de "Mort à Venise" fait entendre les rumeurs et les bruissements d'une société cosmopolite, sous fond de couverts qui croincent sur les assiettes, petites bourgeoisies en villégiature dans un hôtel qui fut de luxe, au bord de la mer, sur la côte Adriatique. Nous sommes au printemps, et il fait chaud, très chaud pour la saison. Du coup, on bouge immobile. Dans cet écrin un peu lézardé, l'auteur nous cisèle de son écriture un ballet surané : le fabricant de porcelaine allemand, un "type" délicatement parodié jusqu'à la caricature, la belle jeune femme légère qui traîne son "Rilke" jusqu'au terrain de tennis, se détachent de la galerie des estivants, quelque peu échoués là, quand même ... Emerge un petit homme, nerveux, crispé, il reçoit un coup de téléphone, vite, il doit partir, il monte l'escalier, se dirige vers sa chambre, la belle touriste le précède, il hésite, lui a-t-elle vraiment lancé une invitation ? cette hésitation si discrète serait-elle pour lui ? Alors que l'on ne sait rien, tout est joué.

 Deuxième acte : où l'on en apprend un peu plus sur Askenazi, l' homme nerveux, un intellectuel petit bourgeois venu en ces lieux pour se reposer d'un adultère commis avec une actrice de peu. Plus que d'elle, de la vraie femme, ou de sa "faute" sociale, c'est à sa question intime qu'il tente d'échapper. C'est que ça le torture, ce qu'il y a au delà du désir, de la "gymnastique du lit", qu'est-ce fait que la femme, cette étrangère, est un manque qui l'englouti ?

Troisième acte : c'est là que j'ai lâché un peu, la quête m'a intriguée sans que je la comprenne vraiment. Tout ce que je puisse en dire, c'est que le narrateur a peut-être trouvé sa réponse, mais moi, je n'ai plus trop compris la question.

Pas grave, c'est beau quand même, et c'est sans doute moi qui suis trop rationnelle face à cette écriture (sublime, j'insiste) qui a des accents d'un d'un si terrible désespoir, d'une solitude si infinie qu'elle m'en a gênée, à la limite de cette gêne qui serait celle de la lecture d'un vrai journal intime.

 

Athalie

 

Du même excellent auteur sur ce même blog :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/08/12/les-bra...

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/01/22/l-herit...

 

09/11/2012

Le septième fils Arni Thorarinsson

le septième fils,arni thorarinsson,romans,romans islandais,romans policiers"AhhhAhhhAhhh",AhhhhhhhhhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh", comment dit-on baillements en islandais ?

A peu près au milieu de la lecture en survol de plus en plus plané de cette lecture , je me suis dit "Tiens je vais prendre celle-là en note". Vu que, pour une fois, je lisais près d'un stylo, je l'ai fait. Le narrateur-journaliste mène l'enquête et en même temps, il pense à des choses essentielles, comme les rapports hommes-femmes, ce qui donne : " Tandis que je rentre à l'hôtel dans l'air froid et tranquille, une phrase d'Agatha Christie me revient en mémoire : un archéologue est le meilleur des époux que puisse trouver une femme : plus elle avance en âge, plus il s'interresse à elle".

Je me suspecte moi-même ne n'avoir poursuivi que pour en trouver d'autres, des comme celle-là. Plus loin encore : " Mon appel de ce matin l'a déconcertée, mais grâce à ma dextérité et et la souplesse naturelle qui me caractérise dans les échanges humains, elle m' autorisé à passer la voir (...)" On pourrait se dire que c'est de l'autodérision, ben non. Parce que notre narrateur, il est cultivé, faut pas croire. Ainsi : " Ainsi, le temps a suspendu son vol numérique pendant que la maison brûlait" ou encore " La vue qui s'offre (...) sur le rivage et sur le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle" ou alors le traducteur s'ennuyait autant que moi, je compatis ... Faut dire que des fois l'action est palpitante : " Des filets de pluie s'écoulent le long de la vitre. j'attrape un morceau d'essuie-tout pour éponger l'eau qui a goutté par terre". Ouf, j'avais eu peur ... Il se serait passé un truc que j'aurais loupé pendant les trois ou quatre derniers chapitres ? Heureusement, non. Faut dire qu'il ne se passe pas grand chose, mais qu'est-ce qu'il en cause, le gars ....

Une maison incendiée, une vieille, historique, dans le fin fond de l'Islande, un camping car volé à des touristes lithuaniens dont on peut,évidemment, se demander ce qu'il font là, trois adolescents gothiques, une commissaire revêche qui fait de la poèsie, un brigadier chef plus réactionnaire qu'alccolique, des avions qui passent leur temps à ne pas décoller, et donc notre journaliste-enquêteur-narrateur, plus une palanquée de personnages qui n'ont pas vraiment d'utilité utile à une intrigue plate à n'en plus pouvoir d'attendre qu'elle se termine ....

Sur la couverture, il est marqué "l'autre islandais", je préfère l'autre.

 

Athalie

 

 

07/11/2012

Le rapport de Brodeck Philippe Claudel

le rapport de brodeck,philippe claudel,romans,romans françaisNon, je n'ai pas lu le dernier Claudel, ni même l'avant dernier, je suis restée coincée entre Les âmes grises et Le rapport de Brodeck, deux anciennes lectures. Ce qui m' a fait revenir sur celle-ci est un article de Dominique à propos d' un livre qui porte le titre de "L'antisémitisme en Pologne après A".

J'aime parfois me dire que l'homme est bon pour l'homme, j'aime parfois me bercer d'illusions ....

Donc, j'ai repris Le rapport de Brodeck, parce que les illusions, c'est bien joli, mais c'est même pas vrai. Je relis, entre les lignes romanesques, l'histoire d'un homme à qui l'humanité normale ( pas des bourreaux anonymes, ce serait trop facile, des voisins, pour reprendre le titre de Dominique) a fait tant de misères crasses qu'il aurait dû tomber par terre, mais non Brodeck s'est fourré encore plus bas pour que le malheur ne l'attrape plus.

Brodeck  est un tout petit homme, d'un petit village. Il y est arrivé il y a longtemps, dans la charette de la vieille Fédorine, première guerre et premier exil. Il y a grandi, il a même été enfant de choeur. Aidé par son instutiteur, il est parti faire des études à la Capitale, où les "comme lui", c'est-à-dire les "pas comme les autres" ont commencé à s'en prendre plein la figure, sérieusement. Ni vraiment lache, ni vraiment courageux, avec sa belle fiancée Emélia, il est revenu auprès des siens. La guerre arrive dans le village et avec elle, les soldats de l'armée qui demandent que la Purification soit faite. Alors, parce que la communauté des hommes "comme les autres" est ce qu'elle est, il va être donné. Dans le camp, il sera "le chien Brodeck" mais il survit et revient retrouver Emélia, une autre Emelia, mais son amour quand même. Dans son silence, il se tisse son bout de vie. Jusqu'à ce qu'un autre arrive, à son tour, troubler l'ordre de ce qui se fait, l'Anderer, une sorte de magicien, ou de peintre, un drôle de bonhomme qui regarde la noirceur des hommes et la leur renvoit, même sans rien dire. Le village, cette fois, n'aura pas besoin d'une idéologie de la terreur pour faire disparaître celui qui doit être sacrifié au bonheur de brouter en rond.

La trame narrative est bien plus complexe que mon petit résumé. Comme Brodeck, le livre s'emmêle, tourne et retourne les grandes questions : la culpabilité, ça finit où ? et l'innocence, c'est son contraire ou son double ? Peu seront sauvés par l'écriture à la fois poisseuse et ample de Claudel. Pas même Brodeck. 

J'avais adoré la force de ce roman dont on peut lire parfois qu'il semble plus apologue que romanesque, parfois empli d'un symbolisme un peu trop manichéiste et sombre, soit. Mais il a le mérite de s'empoigner avec les marécages, qui eux aussi ont une histoire, et comme dans "Certaines n'avaient jamais vu la mer", de laisser trace de voix, réelles, historiques, qui sans le roman pourraient s'effacer.

 

Athalie

PS : je rajoute une note de eeguab, parce que je suis "trop" d'accord avec lui :

http://eeguab.canalblog.com/archives/2008/02/27/7955563.h...

 

 

 

05/11/2012

Lonesome dove II Larry McMurthy

Lonesome dove II, Larry McMurthy, romans, romans américains, westernLes destins de femmes, écrits par des femmes, je commençais à me dire qu'il fallait que je sorte de la spirale avant de rester complètement bloquée dans le sac de l'aspirateur à malheur.

Donc, j'ai empoigné mon destrier "Lovesome dove II" et suis partie au grand galop voir si Angustus avait bien tiré Lorena, la belle ex-putain du saloon, des pattes de l'affreux et cruel Blue Duck qui l'avait enlevée à la faveur de la désertion amoureuse de Jake, le salaud, parti jouer aux cartes au lieu de veiller sur elle. Il y avait bien Newt qui était chargé de la protéger, mais il a été un peu débordé, le pauvre !

On retrouve le rythme du western en cinémascope comme si on ne l'avait pas quitté au soleil couchant : une fois l'affaire Lorena traitée de main de maître, le troupeau, le chariot, les cow-boy tout le petit monde, tient son cap vers le nord, le Montana, terre promise par Jack (mais pas sûr qu'il y arrive, lui, par contre ...) mené d'une main, de fer, cette fois, par Call. Faut dire qu'il faut se farcir : les pluies diluviennes, les nuages de sauterelles, les voleurs de chevaux, les virées en ville (les jeunots, ils doivent bien en tâter, un jour ou l'autre ...), les grizlis et autres fariboles. Toujours pas d'indiens sanguinaires en vue, mais on se doute bien que cachés derrière une colline ou une autre, ils vont bien finir par dévaler sur les hautes plaines et que là, les plumes vont voler.

Call tient donc son cap, alors que Angustus faribole à sa façon, retrouve son amour d'adolescence : la Clara, devenue maîtresse femme dresseuse de chevaux, dure en coeur comme en affaire, accueillante cependant aux détresses en tout genre dont celle du pauvre Shériff toujours à la poursuite de sa femme qui n'en veut pas  (Qu'est-ce qu'il a comme monde à se croiser par hasard dans les grandes plaines ... les troupeaux, de plus en plus clairsemés, quand même, de bisons n'en croient pas leurs yeux).

Bref, rien ne change et tout continue à l'allure de vachettes au galop, une équipée que l'on lit comme on verrait défiler des images animées. J'espère ( mais j'ai bien peur que non) qu'il y a un III ème épisode, parce qu'il y en a de la bande qui restent en plan à la fin et que si ça se trouve, Angustus va venir leur chatouiller les pieds, ce qui serait bien son genre. Et je ne voudrais pas râter ça.

 

Athalie

02/11/2012

Où je me livre

imagesCASMP85G.jpgUn tag, je le dis pour mes copines d'Aleslire, parfois peu familières de la chose "bloguesque", c'est un questionnaire qui circule. Vous répondez ou pas. Moi, là je réponds parce que c'est Philisinne Cave qui m'a mis dans sa liste, que j'aime bien son blog, que j'adore Nick Cave (même si cela n'a rien à voir ?) et parler bouquins, que ne pas aimer parler bouquin pour une nana qui fait un blog de ses lectures serait un comble étrange, que j'adore aussi tenter de ne pas tricher, en trichant quand même un peu.

Le livre que j'ai particulièrement aimé ?

ça commence bien, je cale. Dans la catégorie " Romans à lire", il y en a un certain nombre. "Particulièrement", cela veut-il dire : le seul, l'unique ? ou un livre "singulier", un qu'on n'aurait pas cru aimé, un qui a résisté, un qui a coûté de l'effort (recompensé) ? Je prends cette option pour "Expiation" de Mc Ewan. démarrée au moins trois fois, calée en cours, de plus en plus de pages à chaque fois, puis, zut, encore loupé, une lecture qui grince et qui couiiinne. Et puis, un soir, allez savoir pourquoi, la révélation, je l'ai terminé quasi d'une traite puis j'ai repris le début pour voir ce qui n'allait pas. Rien en fait. Depuis, un auteur que je ne lâche pas, malgré, toujours, des pics et des pas pics.

 

Un livre qui ne m'a pas plu ( et non, je ne peux pas faire le coup de Angot, vu que je n'ai jamais lu en entier un Angot). Dans les "Romans Aéviter", je pioche "La route" de Mc Marthy : rarement un livre m'aura escargacé les nerfs en pelote à ce point.

 

Un livre qui est dans ma "pile prévue" ou sur mes petits bouts de papier que je ne sais jamais où ils sont, ou sur mon carnet que j'ai presque toujours dans mon sac en cas d'urgence : je pioche celui que je viens d'y ajouter "Cent ans" de Wassmo, d'abord parce je viens de l'ajouter, ensuite, parce que "Le livre de Dina ", c'est du pur chef-d'oeuvre en fusion, que la trilogie de Tora, pareil mais en plus triste, qu'il vient de sortir en poche, que en poche, les pages sont blanches. Mais Gaïa a peut-être abandonné les pages roses, depuis le temps ....

 

Le livre qui est dans mes souhaits de lecture ?

Pirouette, cacahouette, le prochain Echenoz. Rendez-vous dans deux ans.

 

Le livre auquel je tiens ?

Tous (je commence à tricher ...) Y'en a un, un exemplaire d'un polar de Jean Bernard Pouy, avec une dédicace "à la Pouy", un truc un peu barré en décalage, et qui me fait rire, uniquement parce que c'est lui qui l'a écrit.

 

Un livre que je voudrai vendre ou troquer ?

Aucun (maintenant que j'ai commencé à tricher, je continue) je ne troque pas mes livres. Je ne vends pas mes livres. J'achète des étagères. Je fais des piles. J'envahis mon espace. Je tasse. je fais des double rangées. Je compile, je relis "Ranger/classer" de Perec. Je m'en inspire. je classe, reclasse, rerange, dérange, invente un nouveau classement, rachète une étagère.

 

Un livre que je n'ai pas réussi à terminer ?

Le dictionnaire ? Les pages jaunes ? trop facile .... "Sujet Angot", cinq ou six pages avant de le balancer d'écoeurement. Record ensuite battu par "Les petits" de la même : deux pages dans une librairie avant de le laisser retomber sur sa pile.

 

Le livre dont je n'ai pas encore parlé sur mon blog ?

"Le septième fils" de Thorarinsson, je suis en train de lire. Depuis que je me suis convertie à la chronique bloguesque, toutes mes lectures y passent (sauf les BD, parce que je ne sais pas quoi dire des dessins). Ce pourquoi, maintenant, je me souviens de ce que j'ai lu. Et ne passe plus mon temps à rechercher un bouquin sur mes étagères, vu le reclassement constant, cela pouvait être long, voire infructueux.

 

Lecture commune ?

Aucune pour l'instant. J'ai bien aimé mon unique expérience, avec " La maison de poupée" d'Ibsen mais je ne pense pas devenir fan, en bonne fervente de Pérec, j'aime bien les failles dans les contraintes. Mais il y a quand même une "Pile prévue" à cet effet.

 

Athalie

PS : évidemment, là où je triche le mieux, c'est dans l'illustration !!!!