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29/01/2013

A l'angle du renard Fabienne Juhel

deco-enfant-mobile-un-reve-de-petit-marin--1336472-il-570xn-3063288652-325eb_big.jpgMis à part qu'il y a un peu trop de renards dans cette histoire ( je n'ai rien contre les renards, mais je n'ai pas toujours vu leur apport narratif, sauf évidemment qu'ils sont plutôt symboliques, traces d'une sauvagerie et d'une ruse rousse et des légendes à la longue queue retroussée sur des babines acérées ...)

J'ai adoré Arsène, le héros, enfin, le personnage principal, parce que c'est un peu un héros torve, pour un héros. Arsène Le Rigoleur. Absolument pas rigolo comme type, le genre à manger du renard tout cru sous une mine chafouine et à bricoler son tracteur en machine à broyer les petites filles. Arsène vit seul, il a bien un copain, mais c'est tout. Il est resté dans la ferme familliale, par choix ; la terre, il aime ça. La solitude aussi. Pour les besoins du bas ventre, il a son nécessaire, à dates fixes et n'en abuse pas. Le père est mort, la mère est à la maison de retraite. C'est pas qu'elle était si vieille que ça, c'est juste que c'est mieux comme ça. Il a bien fait un tour à Brest, une fois, mais c'était pour un enterrement, alors je ne sais pas si ça compte, comme distraction. Il a bien une soeur aussi, mais elle ne vient pas souvent, alors, elle ne le dérange pas trop. Il avait bien un frère, un plus jeune, François, mais il lui est arrivé des bricoles, et à sa tante aussi. Et puis à d'autres, aussi.

Arsène, c'est un taiseux, un bouseux, un rusé matois aux airs de Raminagrobis, planqué derrière ses rideaux et attablé à sa toile cirée, derrière son verre de cidre. Un peu à part de son village breton de l'intérieur, celui pour lequel la mer est loin, même quand elle est au bout du champ, où les auges en granit se transforment petit à petit en jardinières pour géraniums. Arsène en perd ses repères.

Alors, quand la gentille famille Massart vient s'installer dans la ferme rénovée d'en face de chez le Arsène, quand la petite Juliette s'invite chez lui en le surnommant tonton, quand son frère (roux) s'invite dans le poulailler, il n'y a pas que la mère qui s'inquiète, il y a aussi la lectrice.

Il faut dire que le Arsène, il a la rancune tenace et la haine froide pour ceux qui gêneraient son petit univers de souvenirs. Ce n'est pas qu'ils soient bien beaux, ni bien romantiques, mais ce sont les siens. Et il ne vaut mieux pas toucher à ce qui est à Arsène.

Comme c'est lui qui raconte, il nous donne des grains, comme il donnerait à ses poules. Il dose. Il prend son temps. La plume qui reconstruit derrière est solide, bien trempée dans un concret qu'elle nous donne à voir. J' ai aimé cette écriture, les paysages étroits qu'elle construit dans la tête d'Arsène, cette ruralité pas pitoyable, juste un peu tordue. Un beau personnage, pas beau du tout.

 

Athalie

Commentaires

Déjà lu !!!!
Ce serait bien un peu de neuf , d'inédit, de singulier , d'innovant, d'étonnant , d'inconnu, une surprise quoi (et une bonne de préférence...)
Moi je me régale avec ''L'espoir, cette tragédie'' de Salomon Auslander
extrait (de mémoire)
La mère (complétement givrée) au personnage principal (pas beaucoup mieux) il a une dizaine d'années:
- Tiens voilà il est temps que je te présente ton grand oncle Abraham (en lui tendant un abat jour)
- .... mais c'est écrit ' 'made in Taïwan???
- tu voudrais quand même pas qu'ils aient écrit '' made in Auschwitz''
(plus tard elle lui présentera une savonnette...) je crois qu'il faut être sacrément ''feuj'''pour apprécier alors j'apprécie...

Écrit par : Arkvador | 29/01/2013

Trop fastoche Arkvador ! tu crois que n'ai pas reconnu ta feilleuse vipérine ... j'attends tes commentaires sur tous les livres que n'a pas "déjà" lus ! Bises.

Écrit par : Athalie | 30/01/2013

J'avais trouvé ce roman très original, avec un ton particulier marquant.

Écrit par : Hélène | 30/01/2013

je crois bien que c'est chez toi que je l'avais noté d'ailleurs ... Moi, j'ai adoré le personnage d'Arsène, surtout, le côté "Carmen Cru" du terroir, mais en plus redoutable ...

Écrit par : Athalie | 30/01/2013

Alors là je note et je surligne parce que Carmen Cru, moi, ça me parle, et pas qu'un peu.

Écrit par : jerome | 30/01/2013

C'est un Carmen Cru rural, et qui passe à l'acte. Il y a quand même les renards en plus et une écriture un peu plus poétique. Par contre, ils ont tous les deux un vélo (mais je ne sais pas si ça compte comme point commun)

Écrit par : Athalie | 31/01/2013

je suis en train de lire du même auteure "les oubliées e la lande" et je dois dire que je m'ennuie mais je ne suis qu'à la page 50 j espère que ça va démarrer
l idée me semblait bonne
je ne suis pas partante pour un autre titre de cette auteure

Écrit par : luocine | 31/01/2013

Mince, je comptais le lire, l'idée me plaisait bien aussi, mais j'ai lu très peu de critiques sur celui-ci ! Je vais guetter ton impression finale.

Écrit par : Athalie | 31/01/2013

J'avais beaucoup aimé ce roman assez original à la belle écriture, et j'opine lorsque tu parles d'une beau personnage loin d'être beau

Écrit par : Yv | 06/02/2013

Ben oui, Arsène, je n'aimerais pas le rencontrer au coin d'un bois, mais dans ses pages, ça va, même pas peur ! Et puis, il est pratique comme garçon, du coup, j'ai appris qu'il ne fallait pas étendre son linge les nuits de lune rousse. Ce qui ne va pas changer grand chose à mon quotidien, mais j'ai bien aimé le savoir quand même, au cas où !

Écrit par : Athalie | 06/02/2013

Les commentaires sont fermés.