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28/02/2013

L'homme de Lewis Peter May

l'homme de lewis,peter may,romans policiers,romans historiques,écosse,romans angleterreDans ce deuxième tome, ça y est, Fin Macleod a définitivement largué les amarres. Son divorce d'avec sa femme-amie, est prononcé, sa démission donnée, il n'est plus policier et peut s'installer sur son île, Lewis, et y retrouver tranquille ses fantômes : ses parents morts il y a longtemps dans un accident, son amour de jeunesse, Marsailis, en cours d'exhumation, et son fils , Fionnlag, exhumé au premier tome,  et jeune père peu reconnu depuis peu, à peine esquissé dans  "L'île des chasseurs d'oiseaux". Fin emmène quand même avec lui dans sa nouvelle vie, un autre fantôme, son autre fils, tué  il y a peu aussi, par un chauffard, impuni ( du moins jusqu'ici ...). Sa nouvelle vie se limite ( du moins en théorie) à un seul projet, restaurer la maison qui fut celle de son enfance perdue, quand son père repeignait tout en violet, il s'installe dans sa tente, battue par les vents et les pluies.

Seulement voilà, Fin ne va pas avoir vraiment le temps de n'y poser ne serait ce qu'une poutre sur la charpente de sa maison en ruines, tant sur Lewis se bousculent les affaires à régler, tant privées, qu'intimes ou publiques, en plus, elles se mélangent. Un corps momifié a été retrouvé par hasard dans la tourbière et va réveiller pas mal de souvenirs morts-vivant. Ce pourrait être une découverte historique, et on ne parlerait alors que de " La découverte de l'homme de Lewis", sauf que Néenderthal n'avait pas de tatouage d'Elvis Presley sur le bras. Ce qui complique. Sans compter que ces souvenirs enfouis,  ils sont cachés dans le crâne d'un narrateur qui, chose incongrue, est atteint de la maladie d'Alzeimer. (Qu'à cela ne tienne, une fois qu'on a admis le principe romanesque .... ) C'est donc du fond de la mémoire cassée de Tumord Mac Donald, le père de Marsailis, le grand-père de Fionnlag, le quasi ex-futur beau père de Fin, en fait, que l'histoire va se dessiner, suivie de près par Fin qui sait décoder les signes et anticiper même les restes d'un destin si fragile.

La mémoire intérieure de Tumord fait  surgir une histoire sombre et enfouie sous les varechs et dans la mémoire des landes, avant de l'être dans la tourbe, une histoire de misères et d'orphelins, son histoire et celle de son frère et aussi un peu celle d'une autre petit fille guerrière, une histoire d'orphelinat pas catholique, de défis et d'enfants qui s'aimaient, de fidélité à cet amour et à celui de la mère, une histoire de protection et de fuites. Les silhouettes qui les accompagnent sont peu rassurantes, une histoire d'enfants turbulents que les prêtres en noir et les soeurs silencieuses plaçaient, pour ne pas s'en souvenir, aux bons soins de ceux qui voulaient bien d'eux, sur une île encore plus petite que Lewis, plus fruste, plus encore battue par les vents, où les enfants vont tenter une survie précaire. La délivrance ne sera bien sûr pas celle de la rédemption, mais d'un calvaire enfoui que l'homme de Lewis a fait ressurgir. Et on finira, par maints chemins tortueux par boucler les boucles.

Parce que on met du temps à revenir au point de départ, que c'est bancal et parfois un peu frustant (perso, j'aurais bien aimé avoir un éclairage plus large sur cette histoire de traffic d'enfants), mais c'est une ballade écossaise qui mérite son détour et une halte.

 

Athalie

 

 

26/02/2013

Montserrat Emmanuel Roblès

imagesCAXBKIP6.jpgBon, il va falloir que tu t'y mettes à cette note ...

Pas sûre, pas obligée, non plus.

Faut l'enlever de A. actualité, parce que cela fait un moment que cette lecture, elle ne l'est plus d'actualité...Faut laisser la place : y'a "L'homme de Lewis" qui piaffe, derrière.

Piaffe, piaffe homme de Lewis, tu en chériras encore plus la mer ... (sic !!!)

Pas idée non plus de te mettre à lire du théâtre. Le théâtre, ça se regarde et ça s'écoute. A la lecture, ça perd, à moins d'imaginer, et du coup, la lecture se fait polyphonie virtuelle.

Mais c'est bien le virtuel, ce serait comme un blog où t'entendrait les voix.

Montserrat ou la polyphonie pas corse, en somme, et Athalie en Jeanne d'Arc.

Sous-titre : comment lire du théâtre ?

En allant le voir.

Sous-titre : se mettre quand même à raconter l'histoire au lieu de bavasser.

Montserrat est un officier espagnol, appartenant l'armée despotique qui massacre ceux qui s'opposent à elle dans un pays qui est dit être le Vénézula, en 1812. Mais ce pourrait être ailleurs, à d'autres moments.  Il connait la cachette de Bolivar, un des chefs de l'armée des patriotes qui porte comme il peut l'étendard mal en point de la liberté à conquérir. Bolivar, caché, malade, en fuite, il n'est pas sûr qu'il puisse encore se battre.

Pourtant Montserrat le protège. Si il parle, Bolivar ne s'en sortira pas, la liberté non plus. Si il ne parle pas, il reste peut-être un espoir....

Montserrat est dans les mains de ce dilemne et surtaout dans celles de Izquierdo, cynique massacreur d'hommes, violeurs de femme, et tortureur avisé de consciences.

Six otages sont face à Montserrat, piochés dans la rue par Izquierdo, piochés dans le peuple pour lequel Montserrat doit les sacrifier, six individus qui n'ont rien demandé à la grande cause, et surtout pas à mourir pour elle, en tout cas, pas là ni maintenant : Ricardo, 20 ans, Eléna, 18 ans, la mère 30 ans, dont les deux enfants sont restés seuls et qui vont mourir sans elle, le comédien, qui a joué les héros sur scène, le potier qui a beaucoup d'enfants, le marchand, qui a une si belle femme. Si Montserrat parle, ils sont libres, si Montserrat ne parle pas, ils seront excécutés.

Un par un, ils vont plaider leur cause, ou accepter leur mort. Parfois Montserrat doute. Nous aussi : l'odieux Izquierdo sachant parfaitement mettre à jour l'intime qui fait mouche : sont-ils dignes de cette liberté, du sacrifice de Montserrat ? Ne sont-ils que des pions remplaçables, négligeables par rapport à la grandeur de la Cause  ? Que pèse le poids de l'individuel face à l'abstraction de la notion de liberté collective, surtout quand on est mort, et que la liberté n'est même pas certaine.

La responsabilité individuelle face à l'inertie collective : un texte qui résonne. Même à lire seulement.

 

Athalie

 

Athalie

 

 

22/02/2013

Quand l'empereur était un dieu Julie Otsuka

220px-Instructions_to_japanese.pngDans une ville moyenne des USA,une femme distinguée et encore charmante lit une affiche sur la vitrine d'un magasin. Sans que l'on sache vraiment pourquoi, elle se prépare alors à un départ. Elle se met en oeuvre, range les souvenirs, la vaiselle, quelques biens, les met de côté, pour "plus tard". Elle fait des valises, des courses. Elle mène les gestes à terme les uns après les autres, dans le grand silence de l'après-midi où ses enfants sont encore à l'école et le vieux chien dans le jardin et le perroquet dans sa cage. Pour le rosier, elle ne pourra pas faire grand chose. Tant pis, résignée, sans révolte, pragmatique, elle organise un départ pour un retour probable.

Un retour probable mais dans un temps incertain. Petit à petit, on comprend que ce sera pour quand les habitants des USA d'origine japonaise ne seront plus considérés comme des ennemis sur le sol où ils vivent, travaillent, ne demandent rien en se faisant petit, invisibles,ou chinois.

Le mari a déjà été arrêté, en pantoufles, au milieu de la nuit. Il envoie depuis des cartes postales d'un bagne où il fait toujours beau et où tout se passe bien ça va, merci, et vous ...

Maintenant, c'est les autres, tout les autres, les vieux, les familles, que l'état doit regrouper et mettre de côté, hors d'état de nuire, au cas où, dans un camp d'internement. C'est le temps de l'attente et de l'inaction, ni tortures ni sévices, ni travaux forcés, juste ça, être enfermé dans un temps qui s'étire et un lieu qui n'a pas de sens. Un temps de vide avant que des plaques indicatives ne soient installées dans les allées où les arbres ne poussent quand même pas. C'est le temps du petit garçon, de son père rêvé et du retour fantasmé, un temps de vide qui va finalement, être plus long qu'une mémoire de son père. Le temps s'étiole entre les baraquements dans le désert, et le petit garçon regarde par touches sa mère et sa soeur changer, tromper à coups de balais et de cordes à sauter, les vrais sentiments qui ne disent plus rien du temps d'avant.

Et puis, le retour, pas celui qu'ils pensaient, du tout. Pour le chien et le perroquet, de toute façon, c'était trop tard. Il restait l'espoir du rosier ...

Ce roman comble un peu les non dits de "Certaines n'avaient jamais vu la mer", mais ce n'est pas une suite, du tout. Pas de nous, mais un "eux", indéfini cependant, une famille, comme d'autres de ce temps-là, celui de leur résignation, puis du silence. Aucun pathos, la même écriture blanche, tremblante de justesse comme par peur de trop en dire, comme tremble un rosier sur un bout de trottoir, ou une famille au bord de la grande histoire, qui ne leur a rien demandé, ni de sublime, ni de grandiose, ni rien laissé d'autres.

 

Athalie 

18/02/2013

Chez les heureux du monde Edith Wharton

accessoires-coiffure-etoile-filante-1195118-dscn2168-6712b_big.jpgJ'ai eu du mal à m'y mettre à cette note là, non pas que le roman ne soit pas excellent, il l'est, mais je me demandais comment j'allais caser Racine dedans (dans la note, pour le roman Edith Wharton l'a très bien fait). Rien de moins, la grande tragédie dans les grandes largeurs de l'intime et de la parole des autres qui poussent la pauvre Lilly à sa chute. Rien de plus, et rien de moins.

Le faux pas, l'engrenage, la fuite en avant, le piège se referme avc la belle Lilly dedans, "ni tout à fait coupable ni tout à fait innocente". Bienvenue, donc, chez les heureux du monde  et s'ils ne le sont, heureux, du moins sont-ils persuadés que le bonheur ne peut se mesurer qu'à leur hauteur. Les heureux, ce sont les membres de la coterie la plus fermée qui soit, la haute bourgeoisie new-yorkaise du début du XXème siècle. Les X, les Y, les Z, tiennent la dragée haute à tous ceux qui voudraient entrer dans leur saint des saints, leur cercle de privilégiés, leurs villégiatures, leur bridge, leur bal .... Dans ce monde-là, madame, on se marie entre soi, on se reçoit entre soi, on se monnaye des faveurs et on se déverse un poison fiellé à coup de petits fours qui peuvent être un vitriol.

Dans le bocal, Lilly tourne en rond. Elle est orpheline, sans fortune, mais recueillie par une tante fortunée, elle connait les codes d'entrée, elle est demandée, un peu subalterne quand même, et déjà un peu en danger de vaciller. Parce que Lilly n'est pas encore mariée, qu'elle le cherche justement, ce mari fortuné qui fera enfin d'elle une Dame opulente et respectée. Elle est belle, elle est fine, elle joue stratégique, elle n'a que ses seuls charmes pour appâter, enfin, le gros poisson, le ferrer et l'amener à lui mettre la bague au doigt. Une stratégie qui doit rester cependant invisible,car se jouant sous des yeux avertis, et que Lilly pense maîtriser.

Son premier faux pas : alors qu'elle se rendait dans une villégiature amie ( où le gros poisson peut rôder), elle loupe son train, sur le quai rencontre Sedden, qu'elle connait et à qui elle plait bien, comme une curiosité, ou un bibelot, et se rend chez lui boire un thé rafraichissant. Ce qui n'a l'air de vraiment rien. Sedden n'est pas une proie pour elle. Bien que célibataire, il est sans argent, bien que séduisant et cultivé, il est sans argent. Il reste que, en ce court moment loin des regards qui sont le théâtre habituel de la traque de Lilly, elle va juste sentir une voie autre possible passer, une certaine complicité, liberté ... qu'elle ne peut pas prendre, surtout pas, sinon, elle va dévier.

Sauf que, le mirage est tenace, une lente descente dans les Enfers mondains va s'amorcer, d'erreurs en erreurs, de ragôts en rumeurs, le cap bien huilé du mariage, s'éloigne. A chaque fois, Lilly le regarde passer, presque malgré elle. Elle aurait pu aller à la messe et gagner ainsi les faveurs de l'insipide Mr Gryce ; elle aurait pu laisser Mr Rosedale, le nouveau riche, faire d'elle sa locomotive mondaine, elle aurait pu ne pas servir de paravent à des tromperies mondaines, en regardant derrière son dos, là où l'amie allait frapper ... Mais Lilly, si elle se plie, ne se vend pas, même au plus offrant des galants.

Une bien belle héroïne, en forme d'étoile filante, manipulatrice manipulée, danseuse étoile et petit rat à la fois du théâtre d'une société fort cruelle, où les chasse trappes n'ont pas d'échelle, un superbe roman dont l'écriture décortique finement et sans appel les rouages du triomphe des apparences.

Pauvre, pauvre, Lily

 

De la même auteure sur ce même blog :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/10/25/le-temp...

 

 

14/02/2013

Rêves de garçons Laura Kasischke

150_672-pierredominique_com_wiking020549_cabriolet_ouvert_ford_mustang_64_rouge_interieur_blanc.jpgComme d'habitude chez Kasischke, la tension commence dès la première phrase. Tendue comme un arc, on se dit qu'on va juste attendre la flèche, en espérant une cible pas trop sensible quand même, et surtout de ne pas être sur la trajectoire. Cette écriture a le don de faire des gros plans en couleur sur des détails qui font qu'on va se faire manger tout cru si on a le malheur de rentrer dans la photo.

Ainsi, la Mustang rouge où commence l'histoire, roulant, capote ouverte, vers le lac des amants, devient, dès les premiers de sa trajectoire romanesque, un sanguinolent éclair sous un ciel d'un bleu électrique strié d'avoins qui ne vont pas tarder à exploser en plein vol, sans épargner les oiseaux innocents.

Dans la voiture rouge, il y a trois belles filles, trois pom-pom girls, échappées de leur camp-de vacances-entrainement, aux bengalows perdus dans la stridence obsédante des cigales. Toutes les trois sont belles, comme peuvent être belles des pom-pom girls américaines, lisses, soignées, sexys de papier glacé de magasines à la mode. La conductrice vise à cette perfection, c'est son squelette, ce qui lui tient lieu d'intimité. Elle sait sourire, a toujours été élue déléguée, miss sourire sourit de manière automatique. C'est Kristy, celle qui lèche ses doigts poissés de caramel, appuyée sur l'aile de sa voiture, dans une station service désertée et torride, sans même voir les deux jeunes bouseux qui la matent de leurs deux yeux fois deux, elle et les deux autres sylphides en plastique débarqués dans leur monde.

La voisine sur la banquette passager, c'est Désirée, une blonde à la carosserie affriolante, la salope de service, celle qui se tape tous les mecs qui passent, comme on mâche un chewing-gum, en pensant à autre chose. Les deux meilleures amies du monde, la plaque chauffante et le frigidaire.

Derrière, il y a la rousse, la pièce rapportée : Kristi, avec un i, dite aussi "l'autre Kristy", la comparse qui fait un peu tâche, mais laiteuse, elle complète le tableau de toutes les beautés possibles, dans cette mustang rouge, sur ce parking de station service, sous le regard ébahis des deux bouseux qui n'en demandant pas plus qu'un vague sourire de Kristy, comme une promesse étourdie. Eux y ont vu autre chose qu'une mécanique de petite fille modèle et la break s'engage dans le sillage de la mustang qui file vers le lac maudit.

Et après ? Ben, après le roman file de corps bronzés en accouplements nocturnes, baignages et feux de camp ... Mais que sont les deux garçons devenus ? On attend, guettant la pointe de flèche dans le mille, écoutant le petit bruit des ongles vernis parfaitement aiguisés de nos jolies pom-pom girls ...

 

Athalie

12/02/2013

Le tag des titres

5937932-tas-des-livres-ouverts-et-des-verres.jpgUn petit en forme de liste :

 

Décris-toi : La comtesse de Riccotta  (mais juste pour le côté Riccotta ...)

Comment te sens-tu ? En un monde parfait ( Comment cela ???? quelqu'un a vu des problèmes quelque part ?)

Décris où tu vis actuellement : mon Eldorado (modeste)

Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu ? Sous le soleil des Scorta ou "Sous le soleil, tout simplement"

Ton moyen de transport préféré ? Dans les coulisses du musée (les autres vont trop vite pour moi)

Toi et tes amies vous êtes ?  Les trois lumières ( sauf qu'on est plus en fait)

Comment est le temps ? Solaire ( forcément !)

Ton moment préféré de la journée ? Le dîner

Qu'est la vie pour toi ? Du domaine des murmures

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? Délire d'amour

Ta peur ? Il faut qu'on parle de Kévin (je crois que je ne m'en suis jamais remise de celui-là !)

Ta pensée du jour ? Le plaisir ne saurait attendre

Comment aimerais-tu mourir ? L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Splivet (mais est-ce vraiment nécessaire ?)

La condition actuelle de ton âme ? L'étrange disparition d'Esme Lennox ..... (parce que je ne sais pas où elle est passée, celle-là ...)

 

Athalie 

 

PS : une idée de liste vue autrement  venue de chez Philisine Cave et relayée par Evalire ....

10/02/2013

Liste de petits biens

5937932-tas-des-livres-ouverts-et-des-verres.jpgL'idée de cette note vient de mon homme, une de mes sources d'inspiration de notes (mis à part les livres, évidemment !), généralement culinaires, vu que c'est lui qui s'y colle pendant que je me colle à l'ordi pour raconter ses recettes, derrière son dos, ou collée à mon bouquin, vu que la littérature, ça ne gâche pas une sauce mais ça laisse se crâmer les plats  ...

Mon homme lit beaucoup. Mon homme arrive souvent le nez au vent sur mes bouquins. Je lui dis des livres bien, vu que je ne lui donne que de bons conseils, les miens, évidemment. Souvent, il choisit des gros bien. Moi, les gros bien, j'ai peur de gâcher, de passer à côté ! Du coup, j' ai fait une liste de petits biens (par petits biens, j'entends, courts, en poche, peu couteux en énergie intellectuelle ... mais bien quand même, quoi), histoire de ne pas gâcher, des petits biens pour un homme qui aime lire mais fait souvent autre chose, si cela peut servir ...

Claudel P. : La petite fille de Monsieur Linh,

Les âmes grises (chose étonnante, mon homme fait un blocage sur Claudel)

Dugain : La chambre des officiers ( à cause de Dugain, les autres, il les a lus)

Ferney A. : L'élégance des veuves (pour qu'il n'oublie pas de rester féministe)

Frégni R. : Elle danse dans le noir (pour le faire pleurer, comme moi, j'ai pleuré ...)

Gaudé L. : Eldorado,

Le soleil des Scorta (ben oui, il bloque aussi sur Gaudé, allez savoir ...)

Kasischke : En un monde parfait (pour qu'il n'oublie pas de faire super gâffe aux barbies girls qui peuvent se révéler plus coriace qu'on ne le pense ...)

Keegan C. : Les trois lumières (parce que c'est très beau )

Lamaison : Oedipe roi (parce qu'il faut parfois réviser ses classiques)

Marai S. : L'héritage d'Esther (parce qu'il n'a pas encore lu Marais et que ça m'énerve !)

Marias F. : Je vais mourir cette nuit ( euh ... )

Mc Ewan : Délire d'amour (les autres, il les a lus)

Miano L. : L'intérieur de la nuit

Odojowski : Une saison à Venise

Olasdottir A. : Rosa Candida (parce qu'un conte tout doux, ça fera du bien, après la fureur du monde de Miano)

Petterson P. : Pas facile de voler des chevaux

Prior : La cucina

Vanderbeke B. : Le dîner de moules (pour qu'un repas de famille ne ressemble jamais à un "dîner de moules")

Wassmo : Les limons vides (le premier tome du Livre de Dina)

La véranda aveugle (le premier tome  de la trilogie de Tora)

Wells R. : Les divins secrets des petites ya-ya (parce que les fortes femmes font de belles figures littéraires)

 

Bon,je n'ai fait pas les policiers, sinon, je fiche le zouk dans le rangement aléatoire et équilibriste de mes étagères et en plus, je me gâche le plaisir d'une autre liste à venir !

 

Athalie

 

 

08/02/2013

La ballade de Sean Hopper Marine Pourchain

34nqh_480x270_1a1e58.jpgBud, le héros, doit avoir quelque chose comme 13 ans, une mère épisodique qui est partie chercher la gloire ailleurs que dans son bled paumé, quelque part entre rien et pas grand chose, un bar à paumés, une supérette sans anti-vol. Bud va de temps en temps à l'école, mais pas souvent quand même. Bud vit avec sa grand mère, une vieille indienne qui lui a appris des choses de la nature, des trucs d'indiens, d'oiseaux, de cailloux et de nuages, avant de se taire.

Comme Bud a peu de choses à faire, finalement, et peu de compagnie, il passe beaucoup de temps à observer son voisinage immédiat, qui se limite à la maison de Sean Hopper, ce qui n'est pas très reluisant non plus.

Dans la maison de Sean Hopper, vit Sean Hopper, sa gentille compagne Bonnie, gentille mais qui ne va pas tardé à se faire la malle, ce qui fait qu'il ne restera plus à Bud que la vague compagnie de Dad, le père de Sean, qui vit au fond du cabanon et ne reconnait plus personne, mais défend ses tablettes de chocolat avec la même obstination qu'il met à fuguer.

Sean Hopper, c'est un vrai méchant. Il est tueur aux abattoirs du coin. Avec d'autres, pas mieux que lui, mais lui, c'est le vrai méchant, à la sale réputation, à la réalité de tueur de vaches convaincu, pas sadique mais froid, il aime ça. Et puis, il boit aussi, trop, évidemment, frappe. Sean Hopper, il s'en fout, de tout ... De lui, de la gentille Bonny, de son père, des autres, il conduit, ivre mort. Et puis un jour, un accident, et Sean Hopper va voir la vie vraiment autrement ....

Un roman qui partait avec un lourd handicap, pour moi : il est estampillé "jeunesse" ( je sais, il y a de très bons livres "jeunesse", dont celui-là fait sûrement parti). C'est l'estampille qui me file de l'urticaire. J'ai fait une overdose, il y a quelques années, pour cause d'injections massives, et là, j'étais en pose jeûne. En plus, la narration, prise en charge par un jeune garçon gentil et naïf, je me suis dit, ça craint le pathos : le jeune en mal d'affection et le méchant paumé, il y a de la rédemption dans l'air, ça sent les ficelles.

Et puis, non, j'ai bien aimé cette ballade du côté de Sean, Bud et Bonnie, sans prétention et bien ficelée, une certaine distance ironique sur les poncifs ( évités, du coup), et puis, il y a quelque chose de "La ballade de Jimmy" de Souchon, alors forcément ...

 

Athalie

 

PS : A.B, tu n'aurais pas des romans jeunesse sous le coude, par hasard ?

 

05/02/2013

La petite cloche au son grêle Paul Vacca

quartierParcGuermantes.jpgLa petite cloche qui a un son grêle, là, c'est moi. J'ai la sonorité vasouillarde pour parler de ce petit bouquin qui m'a laissé sur sa rive et sur mon envie de madeleine.

Le narrateur est un garçon de treize ans, il a des soucis à l'école, des trucs de reconnaissance de soi, avec les filles et tout. Il a une maman, une belle maman, qui aime les fleurs et son fils, son mari aussi, mais surtout son fils, parce qu'ils sont complices et tout. Le papa, il est gentil aussi, il aime le foot et ses clients dans son café au bord de la nationale, mais cela n'empêche pas. (Foin des préjugés !)

Donc, ils vivent tous les trois dans le café, genre formica et habitués qui picolent (mais pas le papa, ni la maman), qui picolent gentillement quand même et la porte quand elle s'ouvre, ça fait tinter la petite cloche, d'où le titre.

Cafetiers dans le nord de la France, ça fait pas cultivé. Mais la maman, elle est persuadée que son fils va devenir écrivain, alors elle lui lit des livres et conspue la maitresse qui lui descend les rédactions de la progéniture sans aucun ménagement ( elle m'a fait froid dans le dos, la salopitude !).

Et puis un jour, une belle actrice lyrique qui sent l'iris va oublier dans l'herbe de son jardin le livre, celui qui va tout remettre en ordre, " Du côté de chez Swan". Le jeune garçon s'en empare,  hume, puis lit.  C'était donc cela la littérature ! une révélation ! ? la mère attendrie, y voit la confirmation. Tous les deux sont pris alors d'une fringale d'échanges littéraires et de madeleines de Proust à leur sauce à vous en faire retourner la béarnaise. (non, cela n'a rien à voir). Ils vont relire leur village à l'aune du salon des Verdurin. Le papa va s'y mettre, il n'y a pas de raison, sauf que ce qui l'inquiète lui, c'est que le Proust ne déteigne pas sur son fils. Comprendre qu'il ne devienne pas homo, "de la jaquette", quoi. Entre deux tonneaux dans sa cave, il s'interroge en lisant l'abécédaire de Proust.

L'épidémie va ensuite contaminer tout le village, surtout après une mémorable soirée lecture de Pierre Arditi dans le café converti en salon de lecture high-tech pour l'occasion. Et oui, "Longtemps, je me suis couché de bonheur", ça emballe sec.

Y'a des coups de baguettes magiques qui se perdent dans l'eau. Malgré de belles pages ( si, si, il y a un truc), j'ai attendu la sonnerie de la récré.

 

Athalie

01/02/2013

Sur un lit de fleurs blanches Patricia Parry

Les-enfants-du-paradis_portrait_w858.jpgIl faisait longtemps que lecture ne m'avait autant réjouie, une lecture de couette, forcément, vu le titre. Eviter quand même d'étendre sous la dite couette, des branches de lilas blancs, même si l'odeur doit en être envoutante, au départ, je vous dit pas le boulot quand c'est fané, et puis le brave docteur Victor Dupuy, le héros, y est allergique. Le lilas lui provoque des crises terribles, et des crises terribles d'héroïsme sous la couette, c'est pervers.

Sans compter que vous en aurez votre compte des pervers dans le romans, ils fourmillent, voire grouillent, s'auto-tamponnent. Le théâtre s'ouvre, les rideaux sanglants laissent voir le décor, Paris, XIX, les cafés, les bouges, les hopitaux, les cimetières ... Tremble, boulevard du crime, ils sont tous là ....

Une prostituée de luxe au caractère trempé et presque au grand coeur, au charme presque angélique et à toutes épreuves.

Un médecin, métis ( ce qui n'est pas sans conséquences ...), brillant, orphelin, affligé d'un grand-père héroïque, d'un lourd secret de famille et d'un sérieux penchant de tendresse pour la belle courtisane ci-dessus.

 Un professeur de médecine, pas machavélique pour une goutte, mais qui a quand même quelque peu tendance à se tromper dans ses doses.

Un journaliste homosexuel, fort évidemment pas déclaré, mais malgré tout alcolique à ses heures, nègre d'un grand écrivain syphilitique, alors qu'il n'est même pas noir.

Un comte, à la peau trop bleue pour être véridique.

Une mère religieuse aux airs peu catholique.

Des comparses torves, criminels dans le sang, aux complots nébuleux et profitables, du moins pour eux.

Et les victimes : de jeunes orphelins perdus dans les bas-fonds de la misère parisienne, petits mitrons à la gouaille enfarinée, retrouvés égorgés et vidés de leur sang, quelques messes noires plus tard, couchés sur des tombes du père Lachaise, sur des lits de branches de lilas blancs .... et que la police, elle s'en bat le coquillard comme de son premier Dumas venu !

Vous secouez, mélangez, mettez à la sauce secret de famille et tatonnements scientifiques, un brin d'Eugène Sue, une effluve de Balzac ( celui qui écrit comme un cochon "La femme de trente ans" en se gourant dans les chapitres) et vous avez un succulent roman labyrintho-historique où les personnages se perdent dans une intrigue à ne pas tenir debout, meme un mort pas vidé de son sang, un régal de roman feuilleton revisité par une plume qui sait où elle va et où sont ses références (même si moi par moments, je ne savais plus trop qui était qui, où allait où, et pourquoi ...)

Bon appétit !

 

Athalie 

 

Par où cette lecture est venue :

http://ray-pedoussaut.fr/?p=2933